02/06/2026, 12:33
Nouvelle version mise en ligne sur Litteraction, avec rajout d'une carte (avec l'aide de Flam, merci à lui) qui aidera ceux qui ne sont pas québécois à mieux comprendre la géographie de l'histoire.
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A la lisière des mondes (mini-yaz 2026)
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02/06/2026, 12:33
Nouvelle version mise en ligne sur Litteraction, avec rajout d'une carte (avec l'aide de Flam, merci à lui) qui aidera ceux qui ne sont pas québécois à mieux comprendre la géographie de l'histoire.
04/06/2026, 17:13
Deuxième AVH historique de grattepapier que je lis, deuxième fois que j’apprends des trucs. Décidément !
Avant la brève notice historique, l’AVH commence sur une séquence crue, particulièrement violente et aux détails insoutenables. L’ensemble m’a rappelé la scène du Vieux Fusil. Ceux qui ont vu le film comprendront. Sinon sur 50 paragraphes, 11 sont annoncés comme des fins. Ce qui augure une AVH très courte. En effet. Premier essai, je termine « LA FAIM SERA TA FAIM ». Pas grave je recommence. « RETROUVER UN FRÈRE, EN PERDRE UN AUTRE ». Bon, les bonnes fins ce n’est pas mon truc. Troisième essai. « UN AVANT-GOÛT DE L’ENFER ». RHAAAAA !!!!! L’avantage c’est que les sessions sont très courtes, donc on y revient sans hésiter. D’autant plus que, format mini-AVH oblige, les péripéties s’enchaînent, on ne s’ennuie pas. Les combats rapide et nerveux sont juste ce qu’il faut pour ce type d’AVH. « ANCIEN MONDE, NOUVEAU DÉPART ». Enfin ! Outre le travail documentaire, le respect du thème et l’histoire qui baigne dans l’intime, la vraie force de cette AVH ce sont ses fins. Bonnes ou moins bonnes, elles se valent toutes. Je veux dire que, bien qu’elles puissent être très différentes les unes des autres, elles sont toutes crédibles. Aucune ne fait wtf ou posée là comme ça. Et mine de rien, ça n’a pas dû être si évident que ça à mettre en œuvre. Autre point à souligner, je n’ai pas senti une fin supérieure à une autre parmi les bonnes fins. Comme si c’était volontaire. Enfin c’était avant que je lise ta réponse à Flam. Ah et j’ai jouquiné la V1 sans carte et son absence ne m’a pas du tout gêné.
06/06/2026, 09:56
(Modification du message : 06/06/2026, 17:54 par grattepapier.)
(04/06/2026, 17:13)Zanbar Bone a écrit : Deuxième AVH historique de grattepapier que je lis, deuxième fois que j’apprends des trucs. Décidément ! Merci pour ton retour, Zanbar Bone. Content que cette AVH t'ait plu et que, comme Skarn, tu ne l'ais pas jugé trop facile (Flam m'avait mis le doute). Rien à redire sur tout ce que tu as écris, car tu as vu juste sur bien des points : Cette histoire a demandé beaucoup de documentation en amont et j'avais le souhait de partager ce que j'avais appris avec le lecteur. La séquence d'introduction violente est conforme à la réalité historique rapportée dans de nombreux témoignages concordants. Elle était indispensable pour montrer le traumatisme du personnage. Et au niveau des détails gore, elle reste bien en deçà des témoignages écrits de l'époque, qui sont beaucoup plus longs et détaillés... Ce récit a aussi effectivement un grosse dimension "intime" dans le sens où j'avais à coeur d'offrir au lecteur des dilemmes moraux et une questionnement sur l'identité, voire une plongée dans l'inconscient du personnage. GROS SPOILER : La diversité des fins était un de mes souhaits de départ, parce que j'adore les LDVELH et AVH qui proposent une multitude de fins (comme "Les démons des profondeur", "Coeur de glace" ou encore "D'écume et de Sang" de Voyageur Solitaire par exemple). C'est à mon avis l'un des intérêts de la littérature interactive de permettre au lecteur d'accéder à plusieurs destins à partir d'un même point de départ. A partir du moment où il y a une pluralité de choix il parait logique qu'il y ait une pluralité de conséquences. C'est ce que j'avais proposé dans "Dans l'ombre des sept collines" où il y a 12 épilogues différents. Après cela n'empêche pas le lecteur (et l'auteur !) d'avoir ses propres préférences sur ce qui est la meilleure fin, en fonction de ses valeurs : famille, intégration sociale, liberté individuelle...
06/06/2026, 13:54
Ps : nouvelle version mise en ligne avec qq corrections mineures (crédits pour la carte, rajout d'une phrase en italique au début du 50 qui avait disparu quand j'avais déplacé des paragraphes...)
07/06/2026, 18:26
(06/06/2026, 09:56)grattepapier a écrit : La séquence d'introduction violente est conforme à la réalité historique rapportée dans de nombreux témoignages concordants. Ah mais la violence ne m'a pas dérangé en soit ; justement parce que c'est raccord et justifié avec l'histoire et "l'univers" si je puis dire. C'est juste que commencer comme ça... ça ne rigole pas ^^ Pour rebondir sur ton spoiler :
14/06/2026, 09:53
(Modification du message : 14/06/2026, 19:38 par Voyageur Solitaire.)
Première tentative et premier aperçu. Premier échec aussi.
Une aventure profondément dépaysante, avec en plus un petit côté "chamanique" (esprits des morts, homme-médecine, faiseurs de rêves et autres) qui ne peut que plaire à l'infatigable voyageur à la sensibilité païenne et animiste que je suis. Le cadre historique est bien détaillé, informatif, on découvre donc cette coutume étrange d'adopter un vivant, même étranger, pour remplacer un mort. Encore plus surprenant est cette sorte de syndrome de Stockholm, avec ces colons devenus pleinement indiens et refusant de revenir à leur vie précédente. Cela m'a fait penser à Gonzalo Guerrero, un naufragé espagnol recueilli par une tribu maya dont il deviendra un puissant chef de guerre, combattant les espagnols pour qui il était devenu "le renégat". Le dépaysement et l'immersion sont donc là, pas de problème. Le système des codes à noter, c'est pas mon truc comme je l'ai déjà signalé dans d'autres sujets, pour moi ça casse l'immersion. Mon premier échec s'est terminé par la famine ou du moins la disette et j'ai beaucoup apprécié le jeu de mots cynique de mon épilogue : la faim sera ta fin. Le gros bémol pour moi se situe au niveau de l'écriture avec ce que j'appelle "l'effet catalogue". Les phrases manquent cruellement de liant, de coordination, de fluidité. On a une suite de phrases qui se succèdent, comme une énumération du genre : Je dis ceci. Il répond cela. Un chien aboie. Je m'en vais. Le soleil brille. Du coup, pour moi, l'ensemble reste uniquement descriptif, énumératif et manque de vie, de mouvement. La cloche de l’église sonne. Des chiens aboient à mon passage. Au loin, j’entends le grondement des rapides. Perso, j'écrirais : La cloche de l’église sonne. Des chiens aboient à mon passage tandis qu'au loin j’entends le grondement des rapides. Dans le bois, j’avise un arbre mort déjà couché au sol et commence à le débiter. Je mets toute ma rage dans mes coups. Perso, j'écrirais : Dans le bois, j’avise un arbre mort déjà couché au sol et commence à le débiter, mettant toute ma rage dans mes coups. Jacques Rivard et Guillaume Paquet. Deux garçons du village avec qui j’avais l’habitude de pêcher. Leurs visages sont figés dans une expression de souffrance. Perso, j'écrirais : Jacques Rivard et Guillaume Paquet, deux garçons du village avec qui j’avais l’habitude de pêcher, leurs visages figés dans une expression de souffrance. L'utilisation de la première personne m'a surpris mais uniquement par manque d'habitude je pense. L'illustration de couverture est à tomber. Le titre m'emballe aussi. Merci pour ce moment d'évasion et de dépaysement sympathique !
Anywhere out of the world
14/06/2026, 10:15
Moi, je n'ai pas encore terminé l'AVH de Grattepapier: comme je viens de découvrir Littéraction, je lis énormément d'AVH, mais je me contente en général pour l'instant des premiers paragraphes et d'un survol global, afin de me faire une idée du style de chacun. Ce que j'ai lu de "La lisière des mondes" m'a en tout cas beaucoup enthousiasmé. Moi aussi, comme Voyageur solitaire, j'ai une très forte fibre animiste et païenne. Il se trouve par ailleurs que je voue une sorte de culte intérieur au peuple iroquois, qui m'a toujours fasciné. Alors inutile de dire que je suis séduit!
La langue sobre et hachée du roman ne m'a pas gêné, pour ma part. Je comprends bien sûr la remarque de Voyageur solitaire. Mais ça m'a plu. Le style évoque la prose d'Albert Camus, je trouve. On se croirait dans L'Etranger. Et nous lisons bien l'histoire d'un Etranger, en l'occurrence, ce qui est d'autant plus amusant. Le flot heurté des phrases sans cesse interrompues crée une impression de détachement, d'étrangeté au monde, à mes yeux. Je ne voudrais sans doute pas lire ça dans tous les romans qui me tombent entre les mains, mais le style me paraît adéquat au propos et ne gâche pas du tout mon plaisir.
14/06/2026, 21:46
(Modification du message : 14/06/2026, 22:07 par grattepapier.)
Merci Voyageur Solitaire et Sisyphe pour vos retours !
(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : Une aventure profondément dépaysante, avec en plus un petit côté "chamanique" (esprits des morts, homme-médecine, faiseurs de rêves et autres) qui ne peut que plaire à l'infatigable voyageur à la sensibilité païenne et animiste que je suis. Le cadre historique est bien détaillé, informatif (...). Le dépaysement et l'immersion sont donc là, pas de problème. (...) Merci pour ce moment d'évasion et de dépaysement sympathique ! (14/06/2026, 10:15)Sisyphe a écrit : Ce que j'ai lu de "La lisière des mondes" m'a en tout cas beaucoup enthousiasmé. Moi aussi, comme Voyageur solitaire, j'ai une très forte fibre animiste et païenne. Il se trouve par ailleurs que je voue une sorte de culte intérieur au peuple iroquois, qui m'a toujours fasciné. Alors inutile de dire que je suis séduit! Content de savoir que cette première lecture vous a plu à tous les deux. C'est effectivement un sujet sur lequel je me suis beaucoup documenté. J'espère que les lectures suivantes vous apporteront autant de plaisir. N'hésitez pas à m'indiquer les fins que vous atteindrez ! (14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : L'utilisation de la première personne m'a surpris mais uniquement par manque d'habitude je pense. Je suis de plus en plus attiré par une écriture à la première personne du singulier (j'y avais déjà eu recours dans "A vendetta"). J'ai l'impression qu'elle est plus appropriée pour un récit "intime" : à mon avis, quand on exprime des sentiments extrêmes (type haine), c'est plus simple pour un lecteur d'accepter un texte qui dit "Je ressens cela" qu'un texte qui dit "vous ressentez cela" (le lecteur peut avoir l'impression qu'on lui impose qqchose). Pour le titre, il y a évidemment un double sens : un personnage est à la lisière du monde des français et celui des iroquois, un autre (son "double") entre le monde des vivants et celui des morts. J'avais d'ailleurs failli appeler ce récit "Entre deux rives" (en référence au St Laurent... et au Styx). En ce qui concerne le style... (14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : Le gros bémol pour moi se situe au niveau de l'écriture avec ce que j'appelle "l'effet catalogue". Les phrases manquent cruellement de liant, de coordination, de fluidité. On a une suite de phrases qui se succèdent, comme une énumération (...) Tu es constant dans tes retours : tu m'avais fait la même remarque pour "Conte du Griot Céleste" et "Un cargo pour Mourmansk" ! Je comprends ton point de vue et le respecte, d'autant que j'admire son style. Et j'aime aussi des auteurs comme Gustave Flaubert, capable de dérouler de longues phrases, qui fourmillent de détails et d'idées. Et en en même temps, je suis impressionné par des auteurs qui écrivent "à l'économie", sans fioriture, de façon presque "minimaliste", comme Kraken, Outremer, Skarn ou Gynogene (mais aussi Ray Bradbury, Isaac Asimov, Philippe K. Dick, Chuck Palahniuk...) qui donnent l'impression de raboter au maximum leurs phrases. Quand je relis mes deux premiers livres, en particulier "Conte du Griot Céleste", j'ai tendance à trouver que j'écris de façon trop verbeuse, que j'utilise deux fois trop de mots pour exprimer qqchose, que je sur-explique tout... J'essaie de lutter contre cette tendance, et de me rappeler que "Less is more" et qu'il faut faire confiance à l'intelligence des lecteurs. Les lecteurs sont capables de faire le lien entre deux phrases, deux détails, deux idées. Et parfois, l'espace laissé entre les deux, leur laisse plus de liberté pour interpréter le texte comme ils le souhaitent, en se basant sur leur ressenti et leur imagination. (14/06/2026, 10:15)Sisyphe a écrit : La langue sobre et hachée du roman ne m'a pas gêné, pour ma part. Je comprends bien sûr la remarque de Voyageur solitaire. Mais ça m'a plu. (...) Le flot heurté des phrases sans cesse interrompues crée une impression de détachement, d'étrangeté au monde, à mes yeux. (...) mais le style me paraît adéquat au propos et ne gâche pas du tout mon plaisir. Ma première intention était que le texte donne l'impression d'avoir été écrit par un jeune paysan de 17 ans, sans grande éducation (comme "Less Than Zero" de Bret Easton Ellis donne vraiment le sentiment d'avoir été écrit par un adolescent californien décervelé), mais j'ai vite abandonné cette idée qui aurait accouché d'un texte probablement pénible à lire. En définitive, avec ce style heurté, j'ai voulu exprimer le sentiment d'urgence et de confusion. Les phrases courtes qui se succèdent donnent un rythme soutenu, adapté aux scènes d'actions. Et ces phrases qui se bousculent permettent de retranscrire les pensées qui se bousculent dans la tête du personnage, d'exprimer le tumulte et la violence de ses sentiments. Dans les 3 exemples que Voyageur Solitaire citaient, le PJ est en colère dans les deux premières séquences, et terrifié dans la troisième. @VS : je ne connaissais pas Gonzalo Guerrero... Je suis allé regarder sur Wikipedia... intéressant !
Hier, 05:43
(Modification du message : Hier, 05:49 par Voyageur Solitaire.)
Je comprends tout à fait cette volonté d'écrire plus sobre.
Je m'y suis mis moi-même au fil des ans, l'écriture de La piste du jaguar, dernière de mes AVH en date, est plus sobre que celle des Tambours de Shamanka qui date de 10 ans. Je pense que cela dépend surtout du moment décrit. Si par exemple on décrit un vaste et impressionnant paysage ou une brillante métropole que le héros découvre soudain du haut d'une colline, ou même un personnage important, il me paraît normal d'écrire des phrases plus longues, plus descriptives. Après, l'énumération peut être sympa mais je préfère l'utiliser sans verbe, avec virgules et points de suspension. Par exemple : "Vous vous enfoncez dans les marais. Chaleur lourde, torpeur viciée, moiteur étouffante... Ciel crayeux, vrombissement des insectes..." ou pour une succession d'actions très rapides et saccadées, comme une poursuite : " Bruit de pas précipités, jurons et cliquetis des harnachements... La lueur de torches, le reflet de la lune sur l'acier... Ils vous poursuivent !" Mais au final, les phrases longues pour moi, c'est avant tout une question de fluidité, de mouvement et de rythme plus que de détails et de descriptions. Je suis d'accord sur le "less is more", là c'est une question de vocabulaire, il faut soigneusement choisir ses mots. Avec deux/trois mots bien choisis, qui sonnent juste, on peut dire autant sinon plus qu'avec toute une phrase de description. Les phrases à la Flaubert, c'est quand-même trop. Après, si on prend un auteur comme Clark Ashton Smith, spécialiste des phrases longues, chargées, au vocabulaire riche et aux tournures assez lourdes, ça correspond à l'atmosphère de ses univers, des mondes agonisants, des civilisations corrompues et décadentes, aux décors exotiques et chargés, au luxe presque étouffant. "J'aime le mot décadence, tout ruisselant de pourpre et d'or" disait Verlaine. Un Robert Howard, qui décrit avec Conan un monde jeune et violent, un héros énergique et direct, a une écriture bien plus sobre et dynamique. Mais je pars dans le hors-sujet là et m'en excuse. Je ferai un nouvel essai sur ton AVH prochainement.
Anywhere out of the world
Il y a 8 heures
Je ne me suis pas encore plongé dans cette AVH mais en général je me reconnais assez dans le style de grattepapier et j'apprécie qu'il me cite comme exemple
Tu parles de Bret Easton Ellis et Moins que Zero, effectivement pas facile de retranscrire ce sentiment de néant intellectuel en AVH ! Après, je ne sais pas si tu as déjà lu la première partie du Bruit et la Fureur de Faulkner, on passe un degré supplémentaire |
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