A la lisière des mondes (mini-yaz 2026)
#16
Nouvelle version mise en ligne sur Litteraction, avec rajout d'une carte (avec l'aide de Flam, merci à lui) qui aidera ceux qui ne sont pas québécois à mieux comprendre la géographie de l'histoire.
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#17
Deuxième AVH historique de grattepapier que je lis, deuxième fois que j’apprends des trucs. Décidément ! Big Grin   Avant de commencer mon retour, je tenais à saluer le travail de recherche et de documentation de grattepapier. Ça se ressent sur toute l’AVH.

Avant la brève notice historique, l’AVH commence sur une séquence crue, particulièrement violente et aux détails insoutenables. L’ensemble m’a rappelé la scène du Vieux Fusil. Ceux qui ont vu le film comprendront.

Sinon sur 50 paragraphes, 11 sont annoncés comme des fins. Ce qui augure une AVH très courte. En effet. 
Premier essai, je termine « LA FAIM SERA TA FAIM ».
Pas grave je recommence. « RETROUVER UN FRÈRE, EN PERDRE UN AUTRE ». Bon, les bonnes fins ce n’est pas mon truc.
Troisième essai. « UN AVANT-GOÛT DE L’ENFER ». RHAAAAA !!!!! 

L’avantage c’est que les sessions sont très courtes, donc on y revient sans hésiter. D’autant plus que, format mini-AVH oblige, les péripéties s’enchaînent, on ne s’ennuie pas. Les combats rapide et nerveux sont juste ce qu’il faut pour ce type d’AVH.
« ANCIEN MONDE, NOUVEAU DÉPART ». Enfin !  Cool Maintenant que je connais bien l’AVH, je recommence. Ça y est, j’ai tout exploré en un peu plus de 2 heures. Très court mais plaisant. 

Outre le travail documentaire, le respect du thème et l’histoire qui baigne dans l’intime, la vraie force de cette AVH ce sont ses fins. Bonnes ou moins bonnes, elles se valent toutes. Je veux dire que, bien qu’elles puissent être très différentes les unes des autres, elles sont toutes crédibles. Aucune ne fait wtf ou posée là comme ça. Et mine de rien, ça n’a pas dû être si évident que ça à mettre en œuvre.

Autre point à souligner, je n’ai pas senti une fin supérieure à une autre parmi les bonnes fins. Comme si c’était volontaire. Enfin c’était avant que je lise ta réponse à Flam.
Ah et j’ai jouquiné la V1 sans carte et son absence ne m’a pas du tout gêné.
[+] 2 personnes remercient Zanbar Bone pour ce message !
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#18
(04/06/2026, 17:13)Zanbar Bone a écrit : Deuxième AVH historique de grattepapier que je lis, deuxième fois que j’apprends des trucs. Décidément ! Big Grin   Avant de commencer mon retour, je tenais à saluer le travail de recherche et de documentation de grattepapier. Ça se ressent sur toute l’AVH.

Avant la brève notice historique, l’AVH commence sur une séquence crue, particulièrement violente et aux détails insoutenables. L’ensemble m’a rappelé la scène du Vieux Fusil. Ceux qui ont vu le film comprendront.

Sinon sur 50 paragraphes, 11 sont annoncés comme des fins. Ce qui augure une AVH très courte. En effet. 
Premier essai, je termine « LA FAIM SERA TA FAIM ».
Pas grave je recommence. « RETROUVER UN FRÈRE, EN PERDRE UN AUTRE ». Bon, les bonnes fins ce n’est pas mon truc.
Troisième essai. « UN AVANT-GOÛT DE L’ENFER ». RHAAAAA !!!!! 

L’avantage c’est que les sessions sont très courtes, donc on y revient sans hésiter. D’autant plus que, format mini-AVH oblige, les péripéties s’enchaînent, on ne s’ennuie pas. Les combats rapide et nerveux sont juste ce qu’il faut pour ce type d’AVH.
« ANCIEN MONDE, NOUVEAU DÉPART ». Enfin !  Cool Maintenant que je connais bien l’AVH, je recommence. Ça y est, j’ai tout exploré en un peu plus de 2 heures. Très court mais plaisant. 

Outre le travail documentaire, le respect du thème et l’histoire qui baigne dans l’intime, la vraie force de cette AVH ce sont ses fins. Bonnes ou moins bonnes, elles se valent toutes. Je veux dire que, bien qu’elles puissent être très différentes les unes des autres, elles sont toutes crédibles. Aucune ne fait wtf ou posée là comme ça. Et mine de rien, ça n’a pas dû être si évident que ça à mettre en œuvre.

Autre point à souligner, je n’ai pas senti une fin supérieure à une autre parmi les bonnes fins. Comme si c’était volontaire. Enfin c’était avant que je lise ta réponse à Flam.
Ah et j’ai jouquiné la V1 sans carte et son absence ne m’a pas du tout gêné.

Merci pour ton retour, Zanbar Bone.
Content que cette AVH t'ait plu et que, comme Skarn, tu ne l'ais pas jugé trop facile (Flam m'avait mis le doute).
Rien à redire sur tout ce que tu as écris, car tu as vu juste sur bien des points :
Cette histoire a demandé beaucoup de documentation en amont et j'avais le souhait de partager ce que j'avais appris avec le lecteur.
La séquence d'introduction violente est conforme à la réalité historique rapportée dans de nombreux témoignages concordants. Elle était indispensable pour montrer le traumatisme du personnage. Et au niveau des détails gore, elle reste bien en deçà des témoignages écrits de l'époque, qui sont beaucoup plus longs et détaillés...
Ce récit a aussi effectivement un grosse dimension "intime" dans le sens où j'avais à coeur d'offrir au lecteur des dilemmes moraux et une questionnement sur l'identité, voire une plongée dans l'inconscient du personnage. GROS SPOILER : 
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La diversité des fins était un de mes souhaits de départ, parce que j'adore les LDVELH et AVH qui proposent une multitude de fins (comme "Les démons des profondeur", "Coeur de glace" ou encore "D'écume et de Sang" de Voyageur Solitaire par exemple). C'est à mon avis l'un des intérêts de la littérature interactive de permettre au lecteur d'accéder à plusieurs destins à partir d'un même point de départ. A partir du moment où il y a une pluralité de choix il parait logique qu'il y ait une pluralité de conséquences. C'est ce que j'avais proposé dans "Dans l'ombre des sept collines" où il y a 12 épilogues différents. Après cela n'empêche pas le lecteur (et l'auteur !) d'avoir ses propres préférences sur ce qui est la meilleure fin, en fonction de ses valeurs : famille, intégration sociale, liberté individuelle...
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#19
Ps : nouvelle version mise en ligne avec qq corrections mineures (crédits pour la carte, rajout d'une phrase en italique au début du 50 qui avait disparu quand j'avais déplacé des paragraphes...)
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#20
(06/06/2026, 09:56)grattepapier a écrit : La séquence d'introduction violente est conforme à la réalité historique rapportée dans de nombreux témoignages concordants. 

Ah mais la violence ne m'a pas dérangé en soit ; justement parce que c'est raccord et justifié avec l'histoire et "l'univers" si je puis dire. C'est juste que commencer comme ça... ça ne rigole pas ^^

Pour rebondir sur ton spoiler :

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#21
Première tentative et premier aperçu. Premier échec aussi.

Une aventure profondément dépaysante, avec en plus un petit côté "chamanique" (esprits des morts, homme-médecine, faiseurs de rêves et autres) qui ne peut que plaire à l'infatigable voyageur à la sensibilité païenne et animiste que je suis. 
Le cadre historique est bien détaillé, informatif, on découvre donc cette coutume étrange d'adopter un vivant, même étranger, pour remplacer un mort. Encore plus surprenant est cette sorte de syndrome de Stockholm, avec ces colons devenus pleinement indiens et refusant de revenir à leur vie précédente. Cela m'a fait penser à Gonzalo Guerrero, un naufragé espagnol recueilli par une tribu maya dont il deviendra un puissant chef de guerre, combattant les espagnols pour qui il était devenu "le renégat". 
Le dépaysement et l'immersion sont donc là, pas de problème.

Le système des codes à noter, c'est pas mon truc comme je l'ai déjà signalé dans d'autres sujets, pour moi ça casse l'immersion.
Mon premier échec s'est terminé par la famine ou du moins la disette et j'ai beaucoup apprécié le jeu de mots cynique de mon épilogue : la faim sera ta fin.

Le gros bémol pour moi se situe au niveau de l'écriture avec ce que j'appelle "l'effet catalogue".
Les phrases manquent cruellement de liant, de coordination, de fluidité. On a une suite de phrases qui se succèdent, comme une énumération du genre :
Je dis ceci.
Il répond cela.
Un chien aboie.
Je m'en vais.
Le soleil brille.
Du coup, pour moi, l'ensemble reste uniquement descriptif, énumératif et manque de vie, de mouvement.

La cloche de l’église sonne. Des chiens aboient à mon passage. Au loin, j’entends le grondement des rapides.
Perso, j'écrirais :
La cloche de l’église sonne. Des chiens aboient à mon passage tandis qu'au loin j’entends le grondement des rapides.

Dans le bois, j’avise un arbre mort déjà couché au sol et commence à le débiter. Je mets toute ma rage dans mes coups.
Perso, j'écrirais :
Dans le bois, j’avise un arbre mort déjà couché au sol et commence à le débiter, mettant toute ma rage dans mes coups.

Jacques Rivard et Guillaume Paquet. Deux garçons du village avec qui j’avais l’habitude de pêcher. Leurs visages sont figés dans une expression de souffrance.
Perso, j'écrirais :
Jacques Rivard et Guillaume Paquet, deux garçons du village avec qui j’avais l’habitude de pêcher, leurs visages figés dans une expression de souffrance.

L'utilisation de la première personne m'a surpris mais uniquement par manque d'habitude je pense.
L'illustration de couverture est à tomber.
Le titre m'emballe aussi.

Merci pour ce moment d'évasion et de dépaysement sympathique !
Anywhere out of the world
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#22
Moi, je n'ai pas encore terminé l'AVH de Grattepapier: comme je viens de découvrir Littéraction, je lis énormément d'AVH, mais je me contente en général pour l'instant des premiers paragraphes et d'un survol global, afin de me faire une idée du style de chacun. Ce que j'ai lu de "La lisière des mondes" m'a en tout cas beaucoup enthousiasmé. Moi aussi, comme Voyageur solitaire, j'ai une très forte fibre animiste et païenne. Il se trouve par ailleurs que je voue une sorte de culte intérieur au peuple iroquois, qui m'a toujours fasciné. Alors inutile de dire que je suis séduit!

La langue sobre et hachée du roman ne m'a pas gêné, pour ma part. Je comprends bien sûr la remarque de Voyageur solitaire. Mais ça m'a plu. Le style évoque la prose d'Albert Camus, je trouve. On se croirait dans L'Etranger. Et nous lisons bien l'histoire d'un Etranger, en l'occurrence, ce qui est d'autant plus amusant. Le flot heurté des phrases sans cesse interrompues crée une impression de détachement, d'étrangeté au monde, à mes yeux. Je ne voudrais sans doute pas lire ça dans tous les romans qui me tombent entre les mains, mais le style me paraît adéquat au propos et ne gâche pas du tout mon plaisir.
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#23
Merci Voyageur Solitaire et Sisyphe pour vos retours !

(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : Une aventure profondément dépaysante, avec en plus un petit côté "chamanique" (esprits des morts, homme-médecine, faiseurs de rêves et autres) qui ne peut que plaire à l'infatigable voyageur à la sensibilité païenne et animiste que je suis.  Le cadre historique est bien détaillé, informatif (...). Le dépaysement et l'immersion sont donc là, pas de problème. (...) Merci pour ce moment d'évasion et de dépaysement sympathique !

(14/06/2026, 10:15)Sisyphe a écrit : Ce que j'ai lu de "La lisière des mondes" m'a en tout cas beaucoup enthousiasmé. Moi aussi, comme Voyageur solitaire, j'ai une très forte fibre animiste et païenne. Il se trouve par ailleurs que je voue une sorte de culte intérieur au peuple iroquois, qui m'a toujours fasciné. Alors inutile de dire que je suis séduit!

Content de savoir que cette première lecture vous a plu à tous les deux. C'est effectivement un sujet sur lequel je me suis beaucoup documenté. J'espère que les lectures suivantes vous apporteront autant de plaisir. N'hésitez pas à m'indiquer les fins que vous atteindrez !

(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : L'utilisation de la première personne m'a surpris mais uniquement par manque d'habitude je pense.
L'illustration de couverture est à tomber.
Le titre m'emballe aussi.

Je suis de plus en plus attiré par une écriture à la première personne du singulier (j'y avais déjà eu recours dans "A vendetta").
J'ai l'impression qu'elle est plus appropriée pour un récit "intime" : à mon avis, quand on exprime des sentiments extrêmes (type haine), c'est plus simple pour un lecteur d'accepter un texte qui dit "Je ressens cela" qu'un texte qui dit "vous ressentez cela" (le lecteur peut avoir l'impression qu'on lui impose qqchose).
Pour le titre, il y a évidemment un double sens : un personnage est à la lisière du monde des français et celui des iroquois, un autre (son "double") entre le monde des vivants et celui des morts. J'avais d'ailleurs failli appeler ce récit "Entre deux rives" (en référence au St Laurent... et au Styx).

En ce qui concerne le style...

(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : Le gros bémol pour moi se situe au niveau de l'écriture avec ce que j'appelle "l'effet catalogue". Les phrases manquent cruellement de liant, de coordination, de fluidité. On a une suite de phrases qui se succèdent, comme une énumération (...)

Tu es constant dans tes retours : tu m'avais fait la même remarque pour "Conte du Griot Céleste" et "Un cargo pour Mourmansk" !
Je comprends ton point de vue et le respecte, d'autant que j'admire son style. Et j'aime aussi des auteurs comme Gustave Flaubert, capable de dérouler de longues phrases, qui fourmillent de détails et d'idées. Et en en même temps, je suis impressionné par des auteurs qui écrivent "à l'économie", sans fioriture, de façon presque "minimaliste", comme Kraken, Outremer, Skarn ou Gynogene (mais aussi Ray Bradbury, Isaac Asimov, Philippe K. Dick, Chuck Palahniuk...) qui donnent l'impression de raboter au maximum leurs phrases. Quand je relis mes deux premiers livres, en particulier "Conte du Griot Céleste", j'ai tendance à trouver que j'écris de façon trop verbeuse, que j'utilise deux fois trop de mots pour exprimer qqchose, que je sur-explique tout... J'essaie de lutter contre cette tendance, et de me rappeler que "Less is more" et qu'il faut faire confiance à l'intelligence des lecteurs. Les lecteurs sont capables de faire le lien entre deux phrases, deux détails, deux idées. Et parfois, l'espace laissé entre les deux, leur laisse plus de liberté pour interpréter le texte comme ils le souhaitent, en se basant sur leur ressenti et leur imagination.

(14/06/2026, 10:15)Sisyphe a écrit : La langue sobre et hachée du roman ne m'a pas gêné, pour ma part. Je comprends bien sûr la remarque de Voyageur solitaire. Mais ça m'a plu. (...) Le flot heurté des phrases sans cesse interrompues crée une impression de détachement, d'étrangeté au monde, à mes yeux. (...) mais le style me paraît adéquat au propos et ne gâche pas du tout mon plaisir.

Ma première intention était que le texte donne l'impression d'avoir été écrit par un jeune paysan de 17 ans, sans grande éducation (comme "Less Than Zero" de Bret Easton Ellis donne vraiment le sentiment d'avoir été écrit par un adolescent californien décervelé), mais j'ai vite abandonné cette idée qui aurait accouché d'un texte probablement pénible à lire.
En définitive, avec ce style heurté, j'ai voulu exprimer le sentiment d'urgence et de confusion. Les phrases courtes qui se succèdent donnent un rythme soutenu, adapté aux scènes d'actions. Et ces phrases qui se bousculent permettent de retranscrire les pensées qui se bousculent dans la tête du personnage, d'exprimer le tumulte et la violence de ses sentiments. Dans les 3 exemples que Voyageur Solitaire citaient, le PJ est en colère dans les deux premières séquences, et terrifié dans la troisième.

@VS : je ne connaissais pas Gonzalo Guerrero... Je suis allé regarder sur Wikipedia... intéressant !
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#24
Je comprends tout à fait cette volonté d'écrire plus sobre.
Je m'y suis mis moi-même au fil des ans, l'écriture de La piste du jaguar, dernière de mes AVH en date, est plus sobre que celle des Tambours de Shamanka qui date de 10 ans. 

Je pense que cela dépend surtout du moment décrit.
Si par exemple on décrit un vaste et impressionnant paysage ou une brillante métropole que le héros découvre soudain du haut d'une colline, ou même un personnage important, il me paraît normal d'écrire des phrases plus longues, plus descriptives. 
Après, l'énumération peut être sympa mais je préfère l'utiliser sans verbe, avec virgules et points de suspension. Par exemple : "Vous vous enfoncez dans les marais. Chaleur lourde, torpeur viciée, moiteur étouffante... Ciel crayeux, vrombissement des insectes..." ou pour une succession d'actions très rapides et saccadées, comme une poursuite : " Bruit de pas précipités, jurons et cliquetis des harnachements... La lueur de torches, le reflet de la lune sur l'acier... Ils vous poursuivent !"

Mais au final, les phrases longues pour moi, c'est avant tout une question de fluidité, de mouvement et de rythme plus que de détails et de descriptions. Je suis d'accord sur le "less is more", là c'est une question de vocabulaire, il faut soigneusement choisir ses mots. Avec deux/trois mots bien choisis, qui sonnent juste, on peut dire autant sinon plus qu'avec toute une phrase de description.

Les phrases à la Flaubert, c'est quand-même trop.
Après, si on prend un auteur comme Clark Ashton Smith, spécialiste des phrases longues, chargées, au vocabulaire riche et aux tournures assez lourdes, ça correspond à l'atmosphère de ses univers, des mondes agonisants, des civilisations corrompues et décadentes, aux décors exotiques et chargés, au luxe presque étouffant. "J'aime le mot décadence, tout ruisselant de pourpre et d'or" disait Verlaine. Un Robert Howard, qui décrit avec Conan un monde jeune et violent, un héros énergique et direct, a une écriture bien plus sobre et dynamique.

Mais je pars dans le hors-sujet là et m'en excuse.
Je ferai un nouvel essai sur ton AVH prochainement.
Anywhere out of the world
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#25
Je ne me suis pas encore plongé dans cette AVH mais en général je me reconnais assez dans le style de grattepapier et j'apprécie qu'il me cite comme exemple Smile C'est vrai que dans mon processus d'écriture un grand travail est de raccourcir des phrases, mais aussi modifier des structures pour gagner en dynamisme. Après dans la Vierge des Vents je me suis essayé à une écriture plus verbeuse, dans les intros au moins. Je pense que le fond doit être adpaté à la forme et vice-versa, je n'ai jamais été gêné par le foisonnement de l'écriture de VS, je trouve que c'est cohérent avec l'univers qu'il déploie, avec les sentiments qu'il veut faire passer (en tous cas ce que je ressens en le lisant). Je n'ai pas l'impression que c'est surchargé alors que c'est un exercice délicat !

Tu parles de Bret Easton Ellis et Moins que Zero, effectivement pas facile de retranscrire ce sentiment de néant intellectuel en AVH ! Après, je ne sais pas si tu as déjà lu la première partie du Bruit et la Fureur de Faulkner, on passe un degré supplémentaire Smile
[+] 2 personnes remercient gynogege pour ce message !
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#26
(15/06/2026, 20:13)gynogege a écrit : Tu parles de Bret Easton Ellis et Moins que Zero, effectivement pas facile de retranscrire ce sentiment de néant intellectuel en AVH ! Après, je ne sais pas si tu as déjà lu la première partie du Bruit et la Fureur de Faulkner, on passe un degré supplémentaire Smile

J'avoue que je n'ai rien lu de Faulkner. J'avais ouvert "Tandis que j'agonise", mais j'ai trouvé ça vraiment difficile à lire. En définitive, je le connais surtout pour sa contribution aux scénarios de qq films comme "Le grand sommeil". Je me demande par ailleurs si le personnage de William « Bill » Mayhew (le romancier alcoolique) qu'on voit dans "Barton Fink" n'est pas partiellement inspiré de lui...
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#27
C'est vraiment une très belle AVH, Grattepapier... J'avais juste commencé à la lire la semaine dernière, et je l'ai terminée cette semaine, avant d'en explorer ensuite la mécanique de manière plus exhaustive et technique. Il m'a bien sûr fallu plusieurs tentatives pour obtenir une "bonne" fin. Je rejoins les commentateurs précédents pour dire à quel point chaque conclusion, quoique très différente des autres, est dramatiquement juste et donne donc l'impression d'être le seul épilogue possible au premier abord. Néanmoins, chaque conclusion amène aussi des éléments spécifiques qui complètent les autres épilogues et permettent en définitive de dresser un tableau d'ensemble narratif et thématique plus global, plus riche.

L'arborescence est techniquement très bien conçue, permettant une avancée progressive après une succession d'échecs initiaux, sans difficulté excessive.

La qualité documentaire de le reconstitution est remarquable, d'abord sur le plan de la présentation historique, certes très rigoureuse et précise, mais aussi fluide et limpide, ce qui est d'autant plus digne de louanges. Plus encore, la peinture des moeurs iroquoises et coloniales est d'une sidérante justesse. L'attention portée aux détails de la vie quotidienne, aux traditions et aux manières de penser témoigne d'une rare sensibilité. J'ai moi-même longuement étudié l'historiographie des peuples aborigènes et je travaille dans le champ de l'anthropologie culturelle: je suis vraiment stupéfait par la finesse du portrait que tu dresses de cette époque de l'histoire des Amériques.

Ton récit a l'immense mérite d'échapper aux travers classiques de l'idéalisation, ou de la fascination pour les peuples autochtones exotiques. Au contraire, tu ne cesses de mettre en lumière la violence et la dureté de leur comportement, tout en rappelant aussi la violence et la dureté des colons, qui s'exprimait toutefois selon des modalités anthropologiques distinctes. Tu parviens même à faire percevoir les similitudes et les écarts entre ces deux mondes.

Le lien étrange entre la sphère physique des vivants et la sphère spirituelle des morts est traité avec une forme de sobriété et de distance qui rend la tension entre ces deux dimensions d'autant plus forte, comme dans les nouvelles fantastiques de Maupassant. L'aspect mystique de l'AVH n'en est que plus marquant, précisément parce que l'aventure peut aussi être interprétée de manière purement rationnelle. La charge psychologique s'en trouve exacerbée, amenant un questionnement intérieur lancinant. Les dilemmes moraux prennent ici tout leur sens.

Mais ce qui m'a le plus impressionné en définitive, c'est la simplicité de l'écriture et l'extraordinaire naïveté du récit, qui s'étaye néanmoins à partir d'une représentation complexe, nuancée, ambivalente voire tragique de la vie. Combiner les deux est une vertu extrêmement rare. Cela me fait un peu penser à certains films de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton. Il n'y a pas beaucoup d'exemples d'une telle combinaison d'innocence et de profondeur. Ton AVH pourrait presque avoir été publiée dans une collection classique de LDVELH, alors qu'elle dispose de grandes qualités littéraires. Loués soient les auteurs capables d'exprimer des sentiments aussi fins sur un mode aussi épuré et accessible, presque enfantin parfois. Je suis d'autant plus admiratif que je n'en suis pas capable moi-même. Vraiment, bravo!
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#28
(18/06/2026, 09:26)Sisyphe a écrit : C'est vraiment une très belle AVH, Grattepapier... (...) Vraiment, bravo!

Waouh, quel retour ! Merci beaucoup. Tes mots me touchent beaucoup, ton analyse de cette histoire et du récit que j'en fais est à la fois très fine et très juste, et tes compliments me font chaud au coeur. Parce qu'on écrit peut-être d'abord pour soi, mais aussi pour les autres. Et sans ses lecteurs cette histoire ne peut vivre. Donc très content qu'elle ait été autant appréciée. Un grand merci !
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#29
Ma première tentative s'est achevée sur la mauvaise fin "Un avant-goût de l'enfer". Pour être honnête, je l'ai trouvée un peu injuste, car il est assez facile de se retrouver dans cette situation sans avoir obtenu le code Vision, indispensable pour nous tirer d'affaire. Je ne suis pas opposé au fait que des éléments apparemment surnaturels jouent un rôle dans une AVH historique et globalement réaliste (c'était déjà le cas avec Dans l'ombre des sept collines), mais j'ai trouvé que c'était un poil trop le cas dans cette œuvre-ci.

Cela n'empêche nullement que le cadre historique de cette aventure soit d'excellente qualité. Il a le mérite très important de l'originalité, en portant (tout comme Un cargo pour Mourmansk l'an dernier) sur des évènements historiques assez méconnus aujourd'hui. L'environnement et les diverses cultures en présence sont très bien décrits. On sent qu'il y a eu un travail très solide de documentation. J'ai de plus apprécié le fait que l'histoire évite complètement les clichés modernes qui feraient des Indiens des peuples pacifiques et gentils tout plein.

La situation très particulière dans laquelle se trouve le héros au début de l'histoire est très bien mise en valeur. J'ai beaucoup apprécié cette façon de le placer psychologiquement entre deux mondes, sans que la narration n'incite généralement à pencher d'un côté ou de l'autre. Il est très appréciable que le héros (comme c'est manifeste d'entrée de jeu) soit appelé à faire des choix qui pourront changer du tout au tout le cours du reste de sa vie.

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Le système de jeu est simple et fluide (à vrai dire, j'ai eu l'impression que l'usage des dés aurait pu être complètement retranché). J'ai parfois un peu hésité à dépenser des points de Bravoure parce que je pressentais que notre score en la matière finirait par jouer un rôle (ce qui est effectivement le cas au 29).

La structure offre à la fois une liberté et une longueur tout à fait raisonnables. C'était quelque chose de particulièrement important compte tenu du scénario : trop de dirigisme ou de brièveté aurait beaucoup affaibli l'impact de l'histoire.

Le style est très correct la grande majorité du temps. Sans rejoindre tout à fait les observations de Voyageur Solitaire, il m'a cependant semblé qu'il y avait ici et là trop de retours à la ligne, de "phrases-paragraphes". Ce n'est pas quelque chose que j'avais remarqué dans Un cargo pour Mourmansk ou les AVH précédentes.

Il y a un détail (secondaire mais regrettable) au sujet duquel je vais me montrer négatif à 100% : l'illustration de couverture. Je considère l'IA pseudo-artistique comme une abomination, et plus son usage se banalise, moins je le supporte.
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#30
Concernant la question des "phrases-paragraphes", il me semble que le procédé est surtout utilisé au début de l'AVH. Ensuite, le style reste sobre, détaché et un peu haché, dans un ton disons "camusien", mais les paragraphes sont plus longs. Etant donné la violence et la dureté de l'entrée en matière, ainsi que l'incompréhension panique du jeune héros devant ce qui lui arrive, le procédé stylistique, au demeurant plutôt localisé, me paraît donc personnellement bien exploité.

J'avais oublié aussi de commenter l'illustration de couverture. Je la trouve pour ma part plutôt jolie, et surtout inspirée. Ce qu'on appelle improprement l'"IA" produit en général des images fades, très standardisées. Il est difficile et paradoxalement très technique d'en tirer quelque chose de correct. Mais, là, puisqu'il s'agit d'une illustration amateur, je trouve la couverture plutôt réussie, et de meilleure qualité que bien des couvertures "professionnelles" réalisées par des illustrateurs médiocres (parce que ça existe aussi, malheureusement, même si dans le domaine du LDVELH nous avons la chance d'avoir en très grande majorité des illustrateurs de qualité).

Je comprends tout à fait les réserves philosophiques, politiques ou économiques à l'endroit des "IA" (je suis même écologiste radical: je n'ai pas de voiture ni de smartphone). Ce n'est donc pas à ce niveau que je situe présentement mon discours. Et je suis très sensible aussi à une foule de problèmes sociétaux ou artistiques connexes posés par l'"IA", tels que le formatage de l'imaginaire. Mais, en toute honnêteté, je trouve qu'une couverture comme celle-ci est un atout charmant, du point de vue de l'agrément de la lecture. L'illustration me semble avoir été réalisée avec soin et bon goût. Encore une fois, ce n'est pas le cas de toutes les illustrations réalisées à la main, même dans le commerce professionnel du livre.

Pour le reste, nous avions eu avec Grattepapier, sur un autre fil de discussion, un débat concernant les illustrations intérieures. J'y ai repensé en lisant "A la lisière des mondes". Je reconnais avec le recul qu'un roman comme celui-là se passe très bien d'images multiples. Il est très évocateur, les ambiances sont bien posées. Davantage d'images desserviraient alors le texte.
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