[m-yaz 2022] Kintsugi
#1
En espérant que ça vous plaira, voici donc Kintsugi.

« Papa, raconte-moi une histoire. »
« Quel genre d’histoire ? »
« Une histoire qui fait peur ! »
Depuis que la Nouvelle peste prive peu à peu les humains de leur mémoire, que les monstres rôdent dans les zones condamnées, nous ne faisons que survivre. Pour des doses de memsine, pour se souvenir un peu, les mercenaires tels que vous sont prêts à accomplir la sale besogne. Comme assassiner une femme, dans un train.
C’est cette mission que vous lui racontez. Même si votre mémoire vous trahit, peu à peu, un récit se dessine. Est-ce la vérité ? Qu’avez-vous réellement fait ce jour-là ? Avec son aide, c’est à VOUS de le décider.
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#2
merci MerlinPinPin
ta mini-AVH est la dixième, pour l'heure, à concourir
bonne chance !
Louanges à linflas et Outremer !
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#3
Salut MerlinPinPin,
C'est excellent, j'y reviendrai plus tard. Juste une petit précision : quand on recommence avec une nouvelle valeur de mémoire, on efface les codes, j'assume aussi qu'on raye toutes ses possessions ? Merci!
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#4
@Flam : oui, effectivement, on ne garde aucun objet non plus !
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#5
Épuisé... suis... épuisé...
Wow c'était quelque chose, superbe mini-avh. Premièrement, j'ai adoré le concept de la mémoire, la mise en place initiale, l'ambiance de ce monde un peu post-apocalyptique, l'homme qui raconte l'histoire à l'enfant par petits bouts... L'ambiance est excellente dans cette gare détruite, bourrée de monstres qui sortent de la brume, pleins d'appendices voraces. Et puis tout est lié, le fait que justement ces créatures qui volent les souvenirs soient attirées par notre score de mémoire s'il est élevé. Tout a un sens, les personnages, Séléna, l'enfant, etc. Et puis on gratte et on colle de plus en plus de morceaux, à mesure que les souvenirs reviennent. Bien qu'il n'y ait que 50 paragraphes, j'ai eu l'impression d'avoir assemblé un énorme casse-tête. Je sais pas trop pourquoi, ça m'a fait un peu pensé à l'architecture de Dans l'angle mort. L'aventure est très difficile, combinée au fait qu'on doit la réussir de différentes manière, chaque fois en commençant avec un nouveau score de mémoire (au moins ça fait un peu office de point de sauvegarde, c'est parfois un peu décourageant malgré tout). Bref ça m'a pris un nombre incalculable de tentatives pour obtenir la fin ultime, mais ça valait le coup!

Petite erreur au P3 : Pas âme qui vit, ça ne serait pas âme qui vive?
Une autre peccadille : peut-être utilisé le code HAC au lieu de demander si on a la hache, ça serait plus consistant avec le reste.

J'ai vraiment aimé l'idée, l'ambiance, le texte, la jouabilité, l'équipement... franchement bravo!!!
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#6
Waouh, merci Flam ! Ce retour me fait vraiment chaud au coeur : je te souhaite un bon repos à présent Sleep ^^. Sérieusement, je suis touché que tu aies perçu la cohérence de l'ensemble, c'était très important pour moi.

Concernant la hache, effectivement je pense que tu as raison. En fait, je voulais que le joueur comprenne bien qu'il avait le choix de prendre le risque de l'utiliser ou non, mais j'aurais pu poser la question autrement et me limiter au code (transparent, d'ailleurs ^^) comme dans d'autres sections.
Pas âme qui vive ! Bien sûr Gne

Pour la difficulté, c'est vrai que le principe de l'AVH pousse naturellement le curseur assez loin. Oui, j'espère que le score de mémoire initiale joue son rôle de sauvegarde et donne un sentiment de progression. J'attends d'autres retours pour savoir s'il serait judicieux de mettre à disposition une petite aide de jeu (avec un système de conseils peut-être sous forme de dialogue entre l'enfant et le narrateur, par exemple). J'ai essayé de placer des indices (surtout pour la fin, mais il faut avoir compris "le but" de cette dernière partie - j'essaie de ne pas trop spoiler pour l'instant).

A ce propos, j'aurais une petite question : quelle fin as-tu obtenu (n°1 ou n°2) ?
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#7
J'ai tout fait (je pense), j'ai obtenu la fin 2 en premier, puis j'ai rejoué (en repartant avec la mémoire à 4) pour avoir la fin 1.
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#8
Bon, bah, c'est très bien.

Après un léger trébuchement à l'introduction, où on a un peu de mal à croire qu'une histoire aussi écrite soit supposément un récit oral destiné à un enfant, l'aventure trouve son rythme de course et se poursuit sans faiblir jusqu'à sa conclusion.

La structure est très maîtrisée, peut-être même plus encore que dans Prisme puisque ça tient « vraiment » en 50 sections. En particulier, j'ai beaucoup aimé comment était traité le réagencement de l'aventure à chaque gain de mémoire, mécanique de jeu excellemment justifiée par la narration, par exemple dans le comportement des monstres.

La difficulté est plutôt haute, mais reste selon moi raisonnable pour une mini-aventure à mécaniques apparentes, où on va mathématiquement vite finir par tomber sur les sections où se trouvent les codes, et celles les demandant, et donc pouvoir relier les points.

Le seul truc qui m'a un peu perdu au début, c'est cette histoire de scores de Mémoire initiale et de Mémoire. Peut-être quelque chose à renommer ici, par exemple en ayant explicitement la Mémoire qui serait la somme de deux autres scores, la Mémoire Vache (non remise à zéro) et la Mémoire Éléphant (remise à zéro).

... Oui, bon, cet exemple là est un peu trop référentiel. Par contre, la confusion possible « Mémoire initiale »/« Mémoire », elle, est réelle.

Pas de bugs à proprement parler, mais y'a bien quelque chose dont je me demande si c'est volontaire :
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Ces pinailleries mises à part, pas grand chose à dire, c'est un quasi sans faute.

@Merlinpinpin : Si tu ne l'as pas lu, je te conseille La Mouise de Zyx qui joue aussi avec une histoire racontée dans l'histoire (de grand-père à petits-enfants cette fois).
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#9
Merci beaucoup Skarn !

J'ai passé beaucoup de temps à affiner la structure et j'ai vraiment aimé faire évoluer le comportement de Séléna et des monstres. J'aurais d'ailleurs voulu améliorer aussi la manière dont les premiers paragraphes pouvaient changer de signification à mesure qu'on avançait (des sortes de paragraphes convergents mais sur une dimension temporelle plutôt que spatiale, si on peut dire), mais écrire un texte suffisamment souple pour se prêter à cela m'a paru finalement trop difficile dans ce contexte.
D'où la présence des paragraphes suivants qui jouent ce rôle de manière moins subtile mais non moins nécessaire (avant l'arrêt du train).

Pour le score de mémoire initiale, effectivement au début cela peut prêter à confusion (d'autant que je n'écris aucune règle). Je vais réfléchir à ta proposition (au passage, sympa d'avoir précisé pour la référence, sinon je serais passé à côté ^^)

Pour le parcours que tu signales :
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Merci encore pour le retour (et pour le conseil) !
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#10
Concernant le spoiler, tu as raison :
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Pour la petite histoire, je reste traumatisé par la corne et l'ivoire depuis Dragon d'Or 6, où il y a un gauche-droite mortel nécessitant de connaître ce jeu de mots antique pour ne pas y passer. Comme quoi, on s'instruit (dans la douleur) avec les livres-jeux.
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#11
Une première tentative infructueuse et agréable pour moi. Je ne sais malheureusement pas à quel point j'aurai le temps d'approfondir les AVH avant le vote (ni même si je pourrai voter), je livre donc une impression à chaud très partielle.
D'abord j'aime beaucoup le style, l'ambiance, et l'univers. L'idée d'une amnésie collective est trè riche, on sent qu'il y a un mystère là-dessous, peut-être une révélation ? et surtout je ne pense pas que ce soit gratuit mais que c'est d'abord une métaphore de notre monde actuel (je crois bien que c'est Miche Serres que j'avais entendu dire que l'homme déportait sa mémoire dans les ordinateurs, et il semble que ce débat a déjà eu lieu au moment de la naissance de l'écriture).
Sur ce premier essai, je n'ai pas vu à quoi servait la mémoire, même si à la fin j'ai cru comprendre qu'il y avait un fonctionnement cumulatif, un peu comme dans Prisme d'ailleurs.
D'ailleurs, en parlant de Prisme, apparemment tu aimes bien les trains !
J'aime bien l'idée de l'histoire qu'on reconstruit dans sa mémoire aussi (il y a une certaine analogie avec une AVH que je suis en train d'écrire, mais qui est plutôt en sommeil). Bref, ça me donne envie de m'y replonger, sauf que j'ai trop de choses à faire Sad
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#12
@gynogege : oui, j'adore les trains, je l'avoue, que ce soit dans une fiction ou dans la réalité ! De nombreuses histoires à bord (trains, bateaux, vaisseaux) m'ont marqué durablement (notamment plusieurs Hercule Poirot, Titanic, source code, Alien, le transperceneige, vol 93, etc.). Il y a un lien avec le passage du temps, avancer tout en étant immobile, vivre dans un monde en autarcie aussi. Quelque chose d'inspirant !
Mais comme dans Prisme, finalement, l'histoire y commence sans s'y limiter totalement. Je revendique donc le droit à une troisième AVH ferroviaire pour aller jusqu'au bout de mon amour pour le rail ^^

Sinon, merci de ce retour à chaud, et pour les commentaires sur la toile de fond. Effectivement, l'idée d'amnésie collective est fortement liée à une perte de soi, notamment - même si c'est devenu un cliché - par l'envahissement des "nouvelles technologies" (d'ailleurs je sous-entends que les monstres en sont peut-être nés, et le héros fait une allusion aux machines). C'est une métaphore, et je ne vais pas plus loin dans les explications par manque de place (d'autres enjeux prennent le dessus) - parce que le mystère a son pouvoir aussi - mais l'une des impulsions à l'écriture se trouve précisément là. J'y reviendrai sans doute un jour.
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#13
comme à mon habitude, je n'ai pas lu au dessus pour ne pas etre influencé, mais force est de dire qu'il n'y a pas besoin d'etre influencé pour dire que cettte mini-AVH est parfait, enfin presque pour les pinailleurs.

le recit est tres bien ecrit, aere, prenante, surprenante, on lit et relit jusqu'à trouver la fin et la deuxieme fin, et je me suis arrete là Smile
il y a tres peu de chose à dire tant le manuscrit tiens de la perfection, mais je vais ecrire les points qui m'ont interrogés :

- la peste efface la memoire, la technologie se perd, les connaissances aussi, et pourtant, malgre cela, la technologie et la science sont tres presentes. j'ai meme etait surpris qu'on puisse reparer la locomotive.
- j'ai du mal a comprend les monstres, non pas par leurs comportements, mais par leurs formes. sont ils brumeux ou solides ? les descriptions sont parfois contradictoire comme un monstre decrit comme simiesque et qui se retrouve etre un mille-pattes. l'effet est cependant, peut etre, voulu. je me suis demandé si les monstres etaient bien reel ou simplement le fruit de la peste, n'effacant pas seulement la memoire, mais propageant des mirages.
- niveau typo, parce que je vois le soucis de l'auteur à rendre un travail parfait, il y a deux petits elements. il faut retirer les espacements entre les paragraphes, dialogues compris. dans le dialogue, le retrait est en premiere ligne, pas pour le reste, comme dans un paragraphe.

sinon, pour conclure, il m'en reste beaucoup à lire, mais kintsugi est clairement en tete.
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#14
Merci frogeaters pour ce chouette retour et pour les conseils de typographie : j'essaie effectivement de m'améliorer aussi dans ce domaine, donc tes remarques sont très bienvenues (et complètent les passionnants posts récents sur le sujet).

Concernant les autres points que tu soulèves, la science est effectivement en repli mais certaines nuances expliquent selon moi la possibilité de circulation des trains et l'usage de quelques objets spécifiques (le disque bouclier, les armes, les batteries, générateurs, etc.). Tout d'abord je pense que si nous perdons nos souvenirs et notre humanité, nous perdons surtout la capacité à inventer, à créer. La transmission de techniques relativement simples me semble encore possible (notamment via la mémoire musculaire, les manuels, etc. sans compter une éventuelle assistance au pilotage comme j'ai essayé de le mentionner). Ensuite, les compagnies pharmaceutiques - omnipotentes - disposent des moyens de contrer en partie ce phénomène (la fameuse memsine ou autres médicaments) : que leurs efforts se soient alors concentrés sur l'aspect militaire me semblait assez logique, compte tenu de l'émergence des monstres...

Pour les créatures, précisément, je voulais qu'elles gardent un aspect assez mystérieux notamment pour les rendre plus terrifiantes et parce qu'elles échappent par nature à la conscience humaine (les émanations de la brume notamment) voire à notre logique. Même celles dont la forme s'approche des animaux devaient avoir quelque chose de profondément anormal et dérangeant (les insectes sur le torse, les pattes "humaines", la malfaisance du félin, etc.)
Néanmoins la créature simiesque et le mille-pattes ne sont juste pas les mêmes monstres (l'un sévit dans le passage entre les halls, l'autre du côté du hall C).
Ta remarque sur la réalité des monstres est intéressante, même si ce n'est pas celle que j'ai retenue (mais chacun peut se faire son idée vu que le texte ne livre pas d'explication aux phénomènes).
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#15
Une vraie claque cette aventure. Merlinpinpin, c'est désormais mon écrit favori de ta part, et à coup sûr l'une de mes mini-AVH préférées.
Tout est bon, même très bon.
Le contexte en premier lieu avec ce thème presque post-apo, mais qui sort des sentiers battus avec des idées éminemment originales : cette fuite des mémoires et ces créatures dévoreuses d'esprit. Même les gadgets futuristes sont inventifs. J'ai pensé parfois à The Myst (ou Brume) et aussi à Snowpiercer. En plus, les informations sur cet univers effroyable sont distillées de façon très élégante. Je regrette presque qu'on n'en apprenne pas plus, mais on est dans une mini-AVH.
L'écriture est parfaitement maîtrisée, avec un bel équilibre entre les dialogues et la narration, d'une manière nerveuse quand il faut mettre la pression et se permettant par ailleurs des élans descriptifs de haute volée.
Le scénario est très prenant, débutant par du survival haletant et se développant par la suite sur la compréhension plus globale des enjeux qui sous-tendent la catastrophe en cours.
L'intérêt du jeu consiste à explorer et trouver son chemin dans une structure complexe sans être labyrinthique. Comme dans Texaco Bang Bang, le procédé de narration extérieure en filigrane pour justifier les nouvelles tentatives après un échec est d'une élégance rare. La course aux bons choix et bons codes pour parvenir à l'une des deux fins heureuses tient en haleine jusqu'au bout.
Enfin, la difficulté / longévité est très bien dosée. C'est plutôt ardu, mais chaque lecture aboutit à un sentiment du genre "ah, je sais comment faire maintenant, je vais essayer ça." Donc zéro frustration ni lassitude. Je suis pour ma part arrivé à la fin numéro deux, après 4 ou 5 retours au 1er paragraphe.
 
Après cette avalanche de louanges, il faut bien que je gâche ta joie, mais ça va être difficile de rester pertinent.
Le titre me convainc moins que le reste. Malgré l'explication liminaire et l'illustration, malgré son utilisation par la femme dans une conversation pour le justifier, je trouve la métaphore trop nébuleuse, trop distante avec le propos de l'aventure.
Sans être frustrante, la fin que j'ai obtenue m'a un peu interrogé. Volontairement évasive et d'une sensibilité farouche, elle conserve volontairement beaucoup de zones d'ombres. J'aurais bien aimé un peu plus d'explications.
SPOILER :
Si j'ai bien compris (mais j'ai un doute maintenant!), notre "fils" est le petit garçon du train et la femme, notre cible du début. Dans ce cas, je trouve un peu étrange qu'il demande des histoires et qu'il réclame celle du train comme une autre, alors qu'il y tient un rôle pivot.

Toujours au niveau cohérence, son intervention avec la grenade face au monstre humanoïde en haut du train m'a paru bien balèze, de la part d'un gamin qui faisait vraiment jeune.
Mais bon, c'est pour pinailler tout ça, rien ne m'a sorti de l'aventure. Félicitations!
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