14/06/2026, 21:46
(Modification du message : 14/06/2026, 22:07 par grattepapier.)
Merci Voyageur Solitaire et Sisyphe pour vos retours !
Content de savoir que cette première lecture vous a plu à tous les deux. C'est effectivement un sujet sur lequel je me suis beaucoup documenté. J'espère que les lectures suivantes vous apporteront autant de plaisir. N'hésitez pas à m'indiquer les fins que vous atteindrez !
Je suis de plus en plus attiré par une écriture à la première personne du singulier (j'y avais déjà eu recours dans "A vendetta").
J'ai l'impression qu'elle est plus appropriée pour un récit "intime" : à mon avis, quand on exprime des sentiments extrêmes (type haine), c'est plus simple pour un lecteur d'accepter un texte qui dit "Je ressens cela" qu'un texte qui dit "vous ressentez cela" (le lecteur peut avoir l'impression qu'on lui impose qqchose).
Pour le titre, il y a évidemment un double sens : un personnage est à la lisière du monde des français et celui des iroquois, un autre (son "double") entre le monde des vivants et celui des morts. J'avais d'ailleurs failli appeler ce récit "Entre deux rives" (en référence au St Laurent... et au Styx).
En ce qui concerne le style...
Tu es constant dans tes retours : tu m'avais fait la même remarque pour "Conte du Griot Céleste" et "Un cargo pour Mourmansk" !
Je comprends ton point de vue et le respecte, d'autant que j'admire son style. Et j'aime aussi des auteurs comme Gustave Flaubert, capable de dérouler de longues phrases, qui fourmillent de détails et d'idées. Et en en même temps, je suis impressionné par des auteurs qui écrivent "à l'économie", sans fioriture, de façon presque "minimaliste", comme Kraken, Outremer, Skarn ou Gynogene (mais aussi Ray Bradbury, Isaac Asimov, Philippe K. Dick, Chuck Palahniuk...) qui donnent l'impression de raboter au maximum leurs phrases. Quand je relis mes deux premiers livres, en particulier "Conte du Griot Céleste", j'ai tendance à trouver que j'écris de façon trop verbeuse, que j'utilise deux fois trop de mots pour exprimer qqchose, que je sur-explique tout... J'essaie de lutter contre cette tendance, et de me rappeler que "Less is more" et qu'il faut faire confiance à l'intelligence des lecteurs. Les lecteurs sont capables de faire le lien entre deux phrases, deux détails, deux idées. Et parfois, l'espace laissé entre les deux, leur laisse plus de liberté pour interpréter le texte comme ils le souhaitent, en se basant sur leur ressenti et leur imagination.
Ma première intention était que le texte donne l'impression d'avoir été écrit par un jeune paysan de 17 ans, sans grande éducation (comme "Less Than Zero" de Bret Easton Ellis donne vraiment le sentiment d'avoir été écrit par un adolescent californien décervelé), mais j'ai vite abandonné cette idée qui aurait accouché d'un texte probablement pénible à lire.
En définitive, avec ce style heurté, j'ai voulu exprimer le sentiment d'urgence et de confusion. Les phrases courtes qui se succèdent donnent un rythme soutenu, adapté aux scènes d'actions. Et ces phrases qui se bousculent permettent de retranscrire les pensées qui se bousculent dans la tête du personnage, d'exprimer le tumulte et la violence de ses sentiments. Dans les 3 exemples que Voyageur Solitaire citaient, le PJ est en colère dans les deux premières séquences, et terrifié dans la troisième.
@VS : je ne connaissais pas Gonzalo Guerrero... Je suis allé regarder sur Wikipedia... intéressant !
(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : Une aventure profondément dépaysante, avec en plus un petit côté "chamanique" (esprits des morts, homme-médecine, faiseurs de rêves et autres) qui ne peut que plaire à l'infatigable voyageur à la sensibilité païenne et animiste que je suis. Le cadre historique est bien détaillé, informatif (...). Le dépaysement et l'immersion sont donc là, pas de problème. (...) Merci pour ce moment d'évasion et de dépaysement sympathique !
(14/06/2026, 10:15)Sisyphe a écrit : Ce que j'ai lu de "La lisière des mondes" m'a en tout cas beaucoup enthousiasmé. Moi aussi, comme Voyageur solitaire, j'ai une très forte fibre animiste et païenne. Il se trouve par ailleurs que je voue une sorte de culte intérieur au peuple iroquois, qui m'a toujours fasciné. Alors inutile de dire que je suis séduit!
Content de savoir que cette première lecture vous a plu à tous les deux. C'est effectivement un sujet sur lequel je me suis beaucoup documenté. J'espère que les lectures suivantes vous apporteront autant de plaisir. N'hésitez pas à m'indiquer les fins que vous atteindrez !
(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : L'utilisation de la première personne m'a surpris mais uniquement par manque d'habitude je pense.
L'illustration de couverture est à tomber.
Le titre m'emballe aussi.
Je suis de plus en plus attiré par une écriture à la première personne du singulier (j'y avais déjà eu recours dans "A vendetta").
J'ai l'impression qu'elle est plus appropriée pour un récit "intime" : à mon avis, quand on exprime des sentiments extrêmes (type haine), c'est plus simple pour un lecteur d'accepter un texte qui dit "Je ressens cela" qu'un texte qui dit "vous ressentez cela" (le lecteur peut avoir l'impression qu'on lui impose qqchose).
Pour le titre, il y a évidemment un double sens : un personnage est à la lisière du monde des français et celui des iroquois, un autre (son "double") entre le monde des vivants et celui des morts. J'avais d'ailleurs failli appeler ce récit "Entre deux rives" (en référence au St Laurent... et au Styx).
En ce qui concerne le style...
(14/06/2026, 09:53)Voyageur Solitaire a écrit : Le gros bémol pour moi se situe au niveau de l'écriture avec ce que j'appelle "l'effet catalogue". Les phrases manquent cruellement de liant, de coordination, de fluidité. On a une suite de phrases qui se succèdent, comme une énumération (...)
Tu es constant dans tes retours : tu m'avais fait la même remarque pour "Conte du Griot Céleste" et "Un cargo pour Mourmansk" !
Je comprends ton point de vue et le respecte, d'autant que j'admire son style. Et j'aime aussi des auteurs comme Gustave Flaubert, capable de dérouler de longues phrases, qui fourmillent de détails et d'idées. Et en en même temps, je suis impressionné par des auteurs qui écrivent "à l'économie", sans fioriture, de façon presque "minimaliste", comme Kraken, Outremer, Skarn ou Gynogene (mais aussi Ray Bradbury, Isaac Asimov, Philippe K. Dick, Chuck Palahniuk...) qui donnent l'impression de raboter au maximum leurs phrases. Quand je relis mes deux premiers livres, en particulier "Conte du Griot Céleste", j'ai tendance à trouver que j'écris de façon trop verbeuse, que j'utilise deux fois trop de mots pour exprimer qqchose, que je sur-explique tout... J'essaie de lutter contre cette tendance, et de me rappeler que "Less is more" et qu'il faut faire confiance à l'intelligence des lecteurs. Les lecteurs sont capables de faire le lien entre deux phrases, deux détails, deux idées. Et parfois, l'espace laissé entre les deux, leur laisse plus de liberté pour interpréter le texte comme ils le souhaitent, en se basant sur leur ressenti et leur imagination.
(14/06/2026, 10:15)Sisyphe a écrit : La langue sobre et hachée du roman ne m'a pas gêné, pour ma part. Je comprends bien sûr la remarque de Voyageur solitaire. Mais ça m'a plu. (...) Le flot heurté des phrases sans cesse interrompues crée une impression de détachement, d'étrangeté au monde, à mes yeux. (...) mais le style me paraît adéquat au propos et ne gâche pas du tout mon plaisir.
Ma première intention était que le texte donne l'impression d'avoir été écrit par un jeune paysan de 17 ans, sans grande éducation (comme "Less Than Zero" de Bret Easton Ellis donne vraiment le sentiment d'avoir été écrit par un adolescent californien décervelé), mais j'ai vite abandonné cette idée qui aurait accouché d'un texte probablement pénible à lire.
En définitive, avec ce style heurté, j'ai voulu exprimer le sentiment d'urgence et de confusion. Les phrases courtes qui se succèdent donnent un rythme soutenu, adapté aux scènes d'actions. Et ces phrases qui se bousculent permettent de retranscrire les pensées qui se bousculent dans la tête du personnage, d'exprimer le tumulte et la violence de ses sentiments. Dans les 3 exemples que Voyageur Solitaire citaient, le PJ est en colère dans les deux premières séquences, et terrifié dans la troisième.
@VS : je ne connaissais pas Gonzalo Guerrero... Je suis allé regarder sur Wikipedia... intéressant !

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