Le premier paragraphe
Introduction et premier paragraphe de Tibestan (Khiva la princesse des steppes) qui clôturera la saga des Fils du soleil.
L'action devait initialement se dérouler dans le désert de Talishan mais je l'ai transposée dans les plaines de Korushun et les montagnes de Khor, inspirées de la Mongolie, de l'Afghanistan et du Tibet.

- Ma nièce, donne un dernier baiser à ton fiancé, c'est ce qu'il aurait voulu.
Frémissante, vous vous penchez sur le corps de Teyaspa, ce dernier semblant dormir, serein, allongé dans son sarcophage de bois peint, sur un lit de fleurs, paré de ses plus beaux atours. Autour de vous mugissent les trompes funèbres et les lamentations des pleureuses tandis qu'un nuage d'encens embrume le ciel. Peut-il faire aussi beau, un soleil si insolent, alors que règne la mort ? Alors que celui que vous aimiez repose, froid, pour l'éternité condamné au noir de l'autre monde ? Vous avez un dernier sursaut de révolte quand les esclaves s'avancent pour fermer et sceller le sarcophage et votre oncle vous tire à lui, vous pressant contre ses colliers de turquoises et d'argent.
- Sois forte ma nièce. Pour lui. Viens maintenant.
Comme une automate, vous regagnez votre tente tandis que tous s'inclinent sur votre passage. Ils sont tous là, les seigneurs des autres clans, le profil fier, leur casque d'acier bordé de fourrure à la main, certains ayant leur aigle au poing. Ils sont venus présenter leurs respects à votre oncle, Nim Khan, l'Ordo Khan, le Seigneur des steppes. Ce dernier est votre tuteur depuis la mort de votre père, jusqu'à votre majorité toute proche, où il vous laissera le trône des steppes. Oui, ils sont là par dizaines, bardés d'acier, d'or et d'ambre, leurs étendards de soie claquant au vent. Ils devaient venir célébrer votre union prochaine et ils viennent enterrer un mort... Un simple accident de chasse et tout un monde bascule... Vous passez sans le voir devant votre oncle, en un tel moment, ses condoléances sont la dernière chose que vous voulez entendre. En fait, vous ne voulez plus rien entendre, ni les trompes de bronze, ni les lamentations et les cris des guerriers qui scandent le nom du défunt tandis que l'on ferme les portes du tumulus funéraire. Vous ne voulez que le silence et la solitude. A l'entrée de votre yourte vous attend Krull, le regard triste. Cet orque massif et osseux, la peau vert bronze, est peut-être le seul qui puisse comprendre votre douleur. Ne veille-t-il pas sur vous depuis votre enfance, depuis que votre père l'a acheté au marché aux esclaves de Kurrum ? Ne vous a-t-il pas appris à vous battre, se montrant un pédagogue patient et exigeant ? Au fil des ans, il est devenu un confident, une présence familière et rassurante bien que restant un esclave, votre père ayant toujours refusé de l'affranchir. Tête baissée, il s'écarte pour vous laisser entrer, vous suivant comme une ombre.
Et maintenant, rendez-vous au 1.

1

Enfin seule, vous vous asseyez en tailleur sur un divan aux coussins chamarrés, ne sachant quoi faire. Vous vous sentez si vide au fond de vous, comme une enveloppe insensible que son âme aurait déserté. Avec une attention délicate, Krull a enlevé tous les objets familiers du défunt, tout ce qui pourrait accroître votre douleur, à l'exception de ses armes, enterrées avec lui, comme le cheval et les deux esclaves sacrifiés pour l'accompagner dans l'autre monde. Devant ce vide, vous n'avez même pas envie de pleurer. Vous restez simplement immobile, silencieuse et le regard perdu tandis que passent les heures. Il faut que Krull vous touche l'épaule pour vous sortir de l'abandon où vous cherchiez l'oubli.
- Petite maîtresse, pardonne-moi mais... Nous devions aller aux marché aux esclaves demain afin de compléter ta maison avant ton avènement. Je pense que tu devrais venir avec moi. La vie continue et c'est ce que le maître Teyaspa aurait voulu, j'en suis sûr. Mais si tu préfères, j'irai seul.
Vous restez silencieuse, jouant distraitement avec vos colliers d'ambre et de perles. Oui, la vie continue, votre avènement approche, vous serez bientôt reine des steppes. Et Teyaspa aurait régné à vos côtés… Tout cela semble si dérisoire aujourd'hui…
Si vous acceptez d'accompagner Krull le lendemain, rendez-vous au 52.
Si vous préférez rester au camp, rendez-vous au 101.
Anywhere out of the world
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Intro d'un petit truc rapide, sur le mode de dialogue de "l'hôtel des culs tournés"

############### Pitch

1679. Paris. Louis XIV crée la Chambre Ardente pour résoudre l'affaire des poisons. 
La rumeur enfle dans les ruelles. Des noms circulent, des aveux tombent, des bûchers s’élèvent.
Vous êtes Marie Bosse, marchande de gants. On vous accuse d’avoir vendu des poudres, des secrets… et des morts.
La Chambre Ardente vous attend.
Défendez-vous ou brûlez.

###############

On vous fait entrer.

La porte se referme derrière vous avec un bruit épais, comme si le bois lui-même voulait vous retenir.
L’air est lourd, les chandelles suintent la suspicion. La fumée monte en filets gris vers un plafond digne d'une église, tout le monde est petit, ici.

On vous désigne un banc. Vous vous asseyez.

Vous n'avez pas le temps de distinguer la foule venue au spectacle. Tout va très vite, votre souffle est court. 
Derrière vous, vous sentez le public : une masse contenue, serrée, impatiente. Des étoffes froissent par-ici, quelqu’un tousse par-là. 

Devant vous, la table des juges, grande, massive.

Au centre, le Président. Visage immobile.
À sa droite, un homme sec, aux doigts tachés d’encre. Il note déjà.
À gauche, un regard qui ne vous quitte pas. Pas hostile. Curieux.

On déplie des parchemins.

Vous ne tournez pas la tête, mais vous l’imaginez très bien : dehors, dans la cour, le bois s’empile. Ce n'est pas un tas, c'est une structure savamment pensée pour bruler ni trop rapidement, ni trop lentement. 

Un greffier se lève, ajuste ses lunettes et déplie un autre parchemin.
Sa voix est nette, administrative.

- Marie Bosse, dite Desmares. Née à Paris. Âgée d’environ quarante ans. Épouse de Claude Bosse. Marchande de gants, exerçant rue Saint-Honoré. Vous avez été arrêtée le vingt-quatrième jour de janvier mil six cent soixante-dix-neuf et inculpée pour commerce de poisons, pratiques superstitieuses et correspondance avec des personnes déjà détenues.

Un murmure parcourt la salle, on chuchote.  

Vous relevez les yeux.

On déroule le premier acte d’accusation.

Le Président parle sans élever la voix :
- Il a été trouvé en votre demeure des poudres suspectes…

Un silence. Tous attendent votre réaction.

Vous comprenez alors la règle implicite : ce procès ne se gagnera pas par l’innocence, il se gagnera par le renversement.

Il n'y a qu'un seul renversement qui fera mouche : l'inversion accusatoire.

Trois fois la même erreur de type de renversement…et le feu fera le reste.
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Remarques rapides en vrac :
- On vous accuse d'avoir vendu des morts. Au début, j'ai compris le mot "morts" dans le sens de "défunts" et je comprenais pas trop, elle était accusée d'avoir vendu des cadavres ? Et puis j'ai compris que le mot "morts" signifiait le fait de mourir. Mais la formule ne me paraît pas très adroite. Peut-être serait-il mieux d'écrire au singulier : "d'avoir vendu des poudres, des secrets... et la mort".
- La fumée monte en filets gris. Je dirais plutôt "en volutes grises".
- Des étoffes froissent. Je dirais plutôt : "Des étoffes se froissent". Ou alors : "Froissement d'étoffes par-ci, toussotement par-là".
- On déplie des parchemins. Je dirais plutôt : "On déroule des parchemins". Ou alors : "On déplie des documents".

Bonne continuation !
Anywhere out of the world
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