Le premier paragraphe
Introduction et premier paragraphe de Tibestan (Khiva la princesse des steppes) qui clôturera la saga des Fils du soleil.
L'action devait initialement se dérouler dans le désert de Talishan mais je l'ai transposée dans les plaines de Korushun et les montagnes de Khor, inspirées de la Mongolie, de l'Afghanistan et du Tibet.

- Ma nièce, donne un dernier baiser à ton fiancé, c'est ce qu'il aurait voulu.
Frémissante, vous vous penchez sur le corps de Teyaspa, ce dernier semblant dormir, serein, allongé dans son sarcophage de bois peint, sur un lit de fleurs, paré de ses plus beaux atours. Autour de vous mugissent les trompes funèbres et les lamentations des pleureuses tandis qu'un nuage d'encens embrume le ciel. Peut-il faire aussi beau, un soleil si insolent, alors que règne la mort ? Alors que celui que vous aimiez repose, froid, pour l'éternité condamné au noir de l'autre monde ? Vous avez un dernier sursaut de révolte quand les esclaves s'avancent pour fermer et sceller le sarcophage et votre oncle vous tire à lui, vous pressant contre ses colliers de turquoises et d'argent.
- Sois forte ma nièce. Pour lui. Viens maintenant.
Comme une automate, vous regagnez votre tente tandis que tous s'inclinent sur votre passage. Ils sont tous là, les seigneurs des autres clans, le profil fier, leur casque d'acier bordé de fourrure à la main, certains ayant leur aigle au poing. Ils sont venus présenter leurs respects à votre oncle, Nim Khan, l'Ordo Khan, le Seigneur des steppes. Ce dernier est votre tuteur depuis la mort de votre père, jusqu'à votre majorité toute proche, où il vous laissera le trône des steppes. Oui, ils sont là par dizaines, bardés d'acier, d'or et d'ambre, leurs étendards de soie claquant au vent. Ils devaient venir célébrer votre union prochaine et ils viennent enterrer un mort... Un simple accident de chasse et tout un monde bascule... Vous passez sans le voir devant votre oncle, en un tel moment, ses condoléances sont la dernière chose que vous voulez entendre. En fait, vous ne voulez plus rien entendre, ni les trompes de bronze, ni les lamentations et les cris des guerriers qui scandent le nom du défunt tandis que l'on ferme les portes du tumulus funéraire. Vous ne voulez que le silence et la solitude. A l'entrée de votre yourte vous attend Krull, le regard triste. Cet orque massif et osseux, la peau vert bronze, est peut-être le seul qui puisse comprendre votre douleur. Ne veille-t-il pas sur vous depuis votre enfance, depuis que votre père l'a acheté au marché aux esclaves de Kurrum ? Ne vous a-t-il pas appris à vous battre, se montrant un pédagogue patient et exigeant ? Au fil des ans, il est devenu un confident, une présence familière et rassurante bien que restant un esclave, votre père ayant toujours refusé de l'affranchir. Tête baissée, il s'écarte pour vous laisser entrer, vous suivant comme une ombre.
Et maintenant, rendez-vous au 1.

1

Enfin seule, vous vous asseyez en tailleur sur un divan aux coussins chamarrés, ne sachant quoi faire. Vous vous sentez si vide au fond de vous, comme une enveloppe insensible que son âme aurait déserté. Avec une attention délicate, Krull a enlevé tous les objets familiers du défunt, tout ce qui pourrait accroître votre douleur, à l'exception de ses armes, enterrées avec lui, comme le cheval et les deux esclaves sacrifiés pour l'accompagner dans l'autre monde. Devant ce vide, vous n'avez même pas envie de pleurer. Vous restez simplement immobile, silencieuse et le regard perdu tandis que passent les heures. Il faut que Krull vous touche l'épaule pour vous sortir de l'abandon où vous cherchiez l'oubli.
- Petite maîtresse, pardonne-moi mais... Nous devions aller aux marché aux esclaves demain afin de compléter ta maison avant ton avènement. Je pense que tu devrais venir avec moi. La vie continue et c'est ce que le maître Teyaspa aurait voulu, j'en suis sûr. Mais si tu préfères, j'irai seul.
Vous restez silencieuse, jouant distraitement avec vos colliers d'ambre et de perles. Oui, la vie continue, votre avènement approche, vous serez bientôt reine des steppes. Et Teyaspa aurait régné à vos côtés… Tout cela semble si dérisoire aujourd'hui…
Si vous acceptez d'accompagner Krull le lendemain, rendez-vous au 52.
Si vous préférez rester au camp, rendez-vous au 101.
Anywhere out of the world
[+] 1 personne remercie Voyageur Solitaire pour ce message !
Répondre
Intro d'un petit truc rapide, sur le mode de dialogue de "l'hôtel des culs tournés"

############### Pitch

1679. Paris. Louis XIV crée la Chambre Ardente pour résoudre l'affaire des poisons. 
La rumeur enfle dans les ruelles. Des noms circulent, des aveux tombent, des bûchers s’élèvent.
Vous êtes Marie Bosse, marchande de gants. On vous accuse d’avoir vendu des poudres, des secrets… et des morts.
La Chambre Ardente vous attend.
Défendez-vous ou brûlez.

###############

On vous fait entrer.

La porte se referme derrière vous avec un bruit épais, comme si le bois lui-même voulait vous retenir.
L’air est lourd, les chandelles suintent la suspicion. La fumée monte en filets gris vers un plafond digne d'une église, tout le monde est petit, ici.

On vous désigne un banc. Vous vous asseyez.

Vous n'avez pas le temps de distinguer la foule venue au spectacle. Tout va très vite, votre souffle est court. 
Derrière vous, vous sentez le public : une masse contenue, serrée, impatiente. Des étoffes froissent par-ici, quelqu’un tousse par-là. 

Devant vous, la table des juges, grande, massive.

Au centre, le Président. Visage immobile.
À sa droite, un homme sec, aux doigts tachés d’encre. Il note déjà.
À gauche, un regard qui ne vous quitte pas. Pas hostile. Curieux.

On déplie des parchemins.

Vous ne tournez pas la tête, mais vous l’imaginez très bien : dehors, dans la cour, le bois s’empile. Ce n'est pas un tas, c'est une structure savamment pensée pour bruler ni trop rapidement, ni trop lentement. 

Un greffier se lève, ajuste ses lunettes et déplie un autre parchemin.
Sa voix est nette, administrative.

- Marie Bosse, dite Desmares. Née à Paris. Âgée d’environ quarante ans. Épouse de Claude Bosse. Marchande de gants, exerçant rue Saint-Honoré. Vous avez été arrêtée le vingt-quatrième jour de janvier mil six cent soixante-dix-neuf et inculpée pour commerce de poisons, pratiques superstitieuses et correspondance avec des personnes déjà détenues.

Un murmure parcourt la salle, on chuchote.  

Vous relevez les yeux.

On déroule le premier acte d’accusation.

Le Président parle sans élever la voix :
- Il a été trouvé en votre demeure des poudres suspectes…

Un silence. Tous attendent votre réaction.

Vous comprenez alors la règle implicite : ce procès ne se gagnera pas par l’innocence, il se gagnera par le renversement.

Il n'y a qu'un seul renversement qui fera mouche : l'inversion accusatoire.

Trois fois la même erreur de type de renversement…et le feu fera le reste.
[+] 1 personne remercie ledahu pour ce message !
Répondre
Remarques rapides en vrac :
- On vous accuse d'avoir vendu des morts. Au début, j'ai compris le mot "morts" dans le sens de "défunts" et je comprenais pas trop, elle était accusée d'avoir vendu des cadavres ? Et puis j'ai compris que le mot "morts" signifiait le fait de mourir. Mais la formule ne me paraît pas très adroite. Peut-être serait-il mieux d'écrire au singulier : "d'avoir vendu des poudres, des secrets... et la mort".
- La fumée monte en filets gris. Je dirais plutôt "en volutes grises".
- Des étoffes froissent. Je dirais plutôt : "Des étoffes se froissent". Ou alors : "Froissement d'étoffes par-ci, toussotement par-là".
- On déplie des parchemins. Je dirais plutôt : "On déroule des parchemins". Ou alors : "On déplie des documents".

Bonne continuation !
Anywhere out of the world
[+] 2 personnes remercient Voyageur Solitaire pour ce message !
Répondre
(19/07/2025, 09:58)Voyageur Solitaire a écrit : Introduction et premier paragraphe de Tibestan (Khiva la princesse des steppes) qui clôturera la saga des Fils du soleil.
L'action devait initialement se dérouler dans le désert de Talishan mais je l'ai transposée dans les plaines de Korushun et les montagnes de Khor, inspirées de la Mongolie, de l'Afghanistan et du Tibet.

Bien hâte de lire, c'est un cradre intéressant. Je me demande si l'orque aura un rôle important (tu ne nous a pas habitués gobelins et cie).

Rien à dire sur le texte, sauf le mot ''automate'' qui m'a surpris au premier coup d'oeil. Ça pourrait avoir du sens ou pas selon l'année du récit (semble que ça date de 1534 ou quelque chose comme ça).
Répondre
Merci pour le retour et la remarque sur "automate" qui n'est pas approprié effectivement.
Pour l'instant, je suis à fond, l'inspiration étant là, sur le sixième tome dont le titre a changé pour devenir Entre le sable et la mer (Parusati la princesse esclave). On restera sur le continent de Shamayan, dans une atmosphère inspirée du nord du Mexique et du sud-ouest américain, désert minéral, cactus, coyotes et pumas, canyons et cités préhispaniques adorant le dieu soleil, toussa...

D'ailleurs, je ne crois pas avoir encore posté au sujet de cet avant-dernier tome. En voici donc l'introduction :

Au sud-ouest de Shamayan se profile la péninsule de Cotezuma, longue bande de terre qui s'enfonce comme un stylet dans le bleu de l'océan. Ici, sous le soleil ardent se succèdent les îles bordées de récifs et de corail au large desquelles croisent les baleines, les déserts de pierre parsemés de cactus géants, de broussailles et de grottes où des peuples disparus ont peint autrefois de mystérieux pétroglyphes… En remontant vers le nord apparait un univers de gorges, ravines et canyons aux falaises bordés de pins où rôdent les chiens sauvages, les coyotes et le furtif puma. C'est ici que l'Ancien Empire exploitait les mines de cuivre et d'argent, les gisements de turquoises et d'opales… Isolée du reste du continent par la cordillère et ses volcans éteints, Cotezuma a été épargnée par la guerre civile qui a marqué l'effondrement de l'Ancien Empire. Elle est restée elle-même avec les domaines des riches seigneurs cultivant l'agave, les champs d'avocatiers et le coton blanc, ses cités-états aux remparts de briques derrière lesquels on adore le soleil et la lune du haut de pyramides tutoyant les cieux…
(Voyageur Solitaire, Chroniques d'or et de feu)

Le soleil frappe cruellement malgré la grande toile rayée tendue en travers du pont. Tout est d'un silence pesant, en dépit du craquement de la charpente, du grincement des cordages et du chuintement des eaux bleues et profondes fendues par l'éperon de bronze. Avec un soupir, vous vous accoudez au bastingage, les yeux mi-clos. Combien de jours depuis que vous vous êtes aventurés dans ces eaux inconnues, combien de jours passés à user votre regard sur le morne horizon ? Engourdie par l'ennui et la chaleur, vous remontez plus loin encore, aux temps glorieux où, princesse d'Atualpa, vous montiez chaque matin aux côtés de votre père au sommet du temple du soleil pour saluer l'astre du jour. Mais c'était avant… Avant ce jour maudit où Vazkor le boucanier et ses hommes ont pris à l'abordage le navire royal, enlevant au milieu des flammes et des clameurs une jeune femme hurlante qui se débattait. Bientôt un an déjà. Un an que la fière princesse est devenue le jouet d'un pirate aux mains rouges de sang. Mais l'envie de vivre a été plus forte que la honte et la soumission et vous avez tenu sans rompre là où d'autres seraient mortes. Oui, vous la princesse choyée avez appris ce que c'était que de devenir l'esclave d'un homme. Bien des fois, vous avez été tentée de saisir la dague de votre maître endormi et de vous délivrer de cette captivité infâme mais vous ne l'avez pas fait. Et Vazkor n'a jamais réussi à vous soumettre totalement. Il y a toujours une partie de vous, enfouie profondément, qu'il n'a jamais réussi à atteindre. C'est certainement quelque chose qui l'excite, comme un défi à relever. Et c'est sans doute ce qui fait que vous êtes toujours là. Car vous appris à connaître le personnage : quand il est las d'une femme, il la vend ou il la tue. Si vous êtes pour tous son esclave, il ne vous a pas soumise pour autant. A vos pieds, sur le pont, les marins vont et viennent, le pas lourd, le visage maussade. Eux aussi se demandent la raison de votre présence ici, loin des villes, des routes commerciales et des ports aux tours blanches. Une voix que vous ne connaissez que trop bien vous tire de votre rêverie :
- A quoi penses-tu ma belle ?
Vous frémissez quand une main passe dans vos cheveux avant de vous retourner vers l'homme qui vient de vous rejoindre, grand et mince, la musculature nerveuse et le teint mat, le visage taciturne au nez busqué évoquant un faucon. Même si pour vous, il ressemble plus à un serpent.
- A rien, je suis un peu lasse, c'est tout, répondez-vous.
- Pas de ma compagnie hein ? Allons, quelles pensées cache ce joli visage ?
Vous frémissez à nouveau quand Vazkor vous prend le menton entre le pouce et l'index pour plonger son regard froid dans le vôtre.
- Bas les pattes, je ne suis pas une de tes putains habituelles mais une princesse.
Un sourire mauvais se dessine sur les lèvres minces.
- Tu étais princesse avant que mes hommes ne t'enlèvent ma beauté. Maintenant, tu es ma putain et je dispose de toi à ma guise. Veux-tu que je t'offre à mon équipage ? Ils n'attendent que ça depuis des lunes, tu sais.
Vazkor ponctue sa question d'un rire avant de reprendre, vous caressant la joue :
- Non, tu n'as rien à craindre, tu n'es qu'à moi. Tu es étonnamment forte ma beauté, il y a quelque chose en toi qui me résiste toujours. Je me demande si je me lasserai de toi, comme je me suis lassé de toutes celles qui t'ont précédé…
Le cri de la vigie vient interrompre ce moment désagréable et tout l'équipage se précipite au bastingage.
- Terre ! Terre droit devant !
Vazkor se détourne également et, mettant sa main en visière, affiche un soulagement doublé d'une sombre satisfaction.
- Enfin… murmure-t-il avant de donner ses ordres.
La voile est tendue à se rompre, le navire grince et gémit tandis qu'il prend de la vitesse et que le rivage inconnu se rapproche.
Et maintenant, rendez-vous au 1.
Anywhere out of the world
[+] 3 personnes remercient Voyageur Solitaire pour ce message !
Répondre
Bon.... moi j'adore, je suis fan. 
Un seul mot me taquine "chuintement" pour des eaux, clapotis &co serait passé crème. (en fait, j'aime pas le mot "chuintement", me demandez pas pourquoi)

Pour le reste, je kiffe.
Angélique... Marquise des anges, c'est l'image qui m'a claqué les yeux...

" où, princesse d'Atualpa " Moi je dirais "où, en tant que princesse..."

plus exactement :

Citation :vous montiez chaque matin aux côtés de votre père au sommet du temple du soleil pour saluer l'astre du jour. Mais c'était avant… Avant ce jour maudit où Vazkor le boucanier et ses hommes ont pris à l'abordage le navire royal, enlevant au milieu des flammes et des clameurs une jeune femme hurlante qui se débattait. Bientôt un an déjà. Un an que la fière princesse est devenue le jouet d'un pirate aux mains rouges de sang.

Je comprends le mouvement cinématographique, mais : on passe d'un "vous" à un "la princesse". Charge au lecteur de comprendre que c'est toujours "vous". Je pense que tu coupes un mouvement d'immersion géniale, en faisant une sorte de zoom arrière. Bref, je trouve que, là, ce n'est pas une jeune femme, c'est le lecteur, et que c'est trop tôt pour claquer un pas de recul.
donc : " VOUS enlevant au milieu des flammes [...] "
" Un an que la fière princesse est devenue le jouet " => "Un an que vous, princesse, êtes devenue le jouet [...] "

Ce que je veux dire, c'est qu'au moment où tu nous colles à la vitre, paf, en deux phrases, un pas en arrière. non.
Autrement dit, je pense qu'à cet instant, même si littérairement, ça passe, c'est joli, ça se tient; ben... pour le lecteur, c'est le moment de lui dire qui il est. Il faut pas qu'il souffle à mon avis, il faut enfoncer le clou.  
Tu quittes le "vous" pendant 2 ou 3 phrases, et je pense que ça casse le toboggan.

Bref, un avis du samedi  tard, ni plus ni moins.

Je veux lire la suite !
Répondre
Merci pour cette remarque qui ne m'était pas venue à l'esprit.
Je la garde à l'esprit pour le moment, redoutable et redouté, de la relecture finale.
Anywhere out of the world
Répondre
Comme d'habitude avec toi, VS, c'est très bien. Dans un style qui t'est propre, tu as le chic pour instaurer très rapidement un univers howardien avec ce qu'il faut de méchants bien identifiés et de tension dramatique. Bravo, et on attend la suite.
Répondre
(28/02/2026, 22:40)Voyageur Solitaire a écrit : ce jour maudit où Vazkor le boucanier et ses hommes ont pris à l'abordage le navire royal, enlevant au milieu des flammes et des clameurs une jeune femme hurlante qui se débattait. Bientôt un an déjà. Un an que la fière princesse est devenue le jouet d'un pirate aux mains rouges de sang. Mais l'envie de vivre a été plus forte que la honte et la soumission et vous avez tenu sans rompre là où d'autres seraient mortes.

Coïncidence : j'ai moi aussi relu The pool of the black one il n'y a pas longtemps :

Citation :the life she had lived before Zaporavo tore her screaming from the flaming caravel his wolves had plundered. She, who had been the spoiled and petted daughter of the Duke of Kordava, learned what it was to be a buccaneer's plaything, and because she was supple enough to bend without breaking, she lived where other women had died
Répondre
Je ne le nierai pas, le tout début de l'aventure est largement inspiré de cette histoire d'Howard.
Anywhere out of the world
Répondre
L'idée n'est pas mauvaise, quoi qu'il en soit. Mais quel genre de système de jeu comptes-tu employer ? Je présume que Parusati n'est pas une héroïne à la Valéria et qu'elle ne sait donc pas se battre.
Répondre
Exact !
Je pars en effet sur une héroïne non combattante au départ et qui va être amenée à évoluer.

En fait, sans trop spoiler, l'AVH va se diviser en deux parties : une première dans un milieu maritime où Parusati va devoir s'échapper et va être confrontée à toutes sortes d'épreuves. Une seconde, "terrestre", où elle devra reconquérir son trône, usurpé, en se cherchant des alliés.

Pendant toute la première partie, on pourra gagner des points d'évolution, qui vont traduire l'évolution de notre héroïne, des points qui seront gagnés suite à certaines décisions, certains choix, certaines rencontres. Et il faudra avoir un certain nombre de points d'évolution pour accéder à la seconde partie. Arrivée là, Parusati aura changé, sera passée de princesse captive à une femme endurcie, plus déterminée, qui aura appris à se battre et prête à aller de l'avant. Si le nombre de points d'évolution n'est pas atteint, l'aventure s'arrêtera là, Parusati n'étant pas assez forte, moralement et physiquement, pour aller plus loin.

Ce système implique l'absence de combats "classiques" durant la première partie. Une absence qui sera remplacée par des PFA ou des pertes de points de vie suivant certains choix. Il y aura un ou deux combats qui seront scénarisés et où la victoire ou la défaite dépendront des choix. 
Dans la seconde partie, Parusati étant devenue une combattante, les combats seront "classiques", avec les mêmes règles que dans le reste de la saga.
Anywhere out of the world
Répondre
(03/03/2026, 17:14)Voyageur Solitaire a écrit : Pendant toute la première partie, on pourra gagner des points d'évolution, qui vont traduire l'évolution de notre héroïne, des points qui seront gagnés suite à certaines décisions, certains choix, certaines rencontres. Et il faudra avoir un certain nombre de points d'évolution pour accéder à la seconde partie. Arrivée là, Parusati aura changé, sera passée de princesse captive à une femme endurcie, plus déterminée, qui aura appris à se battre et prête à aller de l'avant. Si le nombre de points d'évolution n'est pas atteint, l'aventure s'arrêtera là, Parusati n'étant pas assez forte, moralement et physiquement, pour aller plus loin.


L'idée est tout à fait intéressante. Obtenir les objets magiques nécessaires pour faire face à des épreuves à venir est un objectif classique dans les AVH/LDVH, mais le fait que le protagoniste doive lui-même grandir en force intérieure et extérieure est plus rare.
[+] 1 personne remercie Outremer pour ce message !
Répondre
J'avais déjà expérimenté cette idée d'évolution avec Timkat, le héros d'Alshaya, qui passait de jeune guerrier pétri des codes et mentalité de son clan à quelqu'un de plus ouvert et comprenant que le monde était bien plus complexe. Mais ça se passait uniquement au niveau de l'écriture. L'évolution de Parusati se fera, elle, au niveau du gameplay également.

Bien sûr, bien que l'AVH parte sur 450 paragraphes minimum, il y aura des raccourcis : une personne n'évolue pas et ne passe pas de princesse à guerrière comme ça (même si Parusati, du fait de sa captivité, a déjà commencé à changer). Cette évolution sera donc certainement plus rapide qu'elle ne le serait dans la réalité. Ou alors, il faudrait une AVH de 800 paragraphes... 
On va dire que c'est la magie de la Fantasy.
Anywhere out of the world
Répondre
Je me lance aussi, une aventure fantastique dans un monde d'inspiration arabe. L'héroïne doit rechercher un enfant convoité et briser la malédiction des djinns. Au menu : magie, pistes, tapis volants, politique, bazars, déserts, ... Le projet en est à ses débuts et j'anticipe peut-être 300 paragraphes.

Voici l'intro et le P1, version beta :


Le désert a toujours quelque chose à dire, et c'est encore plus vrai la nuit. Misashan se retourne sur le sol poudreux, puis blotti ses mains engourdies de froid dans le poil des chèvres. La faim, elle, ne dort jamais. Regarde-la se recroqueviller, elle qui compte les respirations des bêtes ruminant dans l'obscurité. Leur odeur musquée lui procure un vague réconfort.
Le désert apporte toujours quelque chose. Un murmure, un avertissement, parfois un répit... L'enfant écoute les sifflements du vent qui s'insinuent dans la cabane au torchis fissuré. Elle imagine les petits grains qui roulent, qui s'agglutinent en courbes jusqu'à former des dunes. C'est comme ça qu'elle parvient à s'endormir. Misashan rêve qu'elle marche sur le sable sans laisser de traces. Personne ne la retrouverait. Personne ne la chercherait de toute façon.
Le désert prend toujours quelque chose.

***
Oncle lui relève le menton, repousse sa tignasse noire et sale. Misashan le déteste, cet homme qui la roue de coups de bâton, juste pour passer sa rage quand l'envie lui prend. À présent, le soleil darde la chèvrerie de ses rayons et attise l'odeur tenace de crottin. Oncle discute avec un étranger et empoche les dirhams qu'on lui tend.
— L'enfant est maudite, dit Oncle. La'na. Elle est matricide et patricide.
— Comment ça ?
— Sa mère, elle l'a si bien ouvert que la pauvre a perdu trop de sang en lui donnant le vie. Et une semaine plus tard, mon frère devient fou de chagrin, et il maudit les ancêtres et les dieux. Et voilà qu'il se met à parler à l'envers, pour finir par marcher à quatre pattes comme un chacal, au beau milieu du désert... Mort de soif, c'est comme ça qu'on l'a retrouvé. La fille ne sera jamais bonne à rien.
— Oh, elle sera bien bonne à une chose, quand on l'aura nettoyée et remplumée.
L'étranger porte une longue toge brune et un turban noir, un fouet à la taille. Sa peau à la couleur du sable au crépuscule. Ses doigts, qu'il enfonce dans la bouche de la fillette pour tâter ses dents comme il le ferait d'un cheval, goûtent le sel et la poussière. Misashan mord, et l'homme extirpe sa main ensanglantée en hurlant.
— Petite pute ! Petite chienne ! Tu vas voir !
Il serre ses doigts blessés sur la gorge de l'enfant tout en saisissant son fouet. Misashan ressent le vent qui se déchaîne au creux de son ventre, ce qui arrive parfois quand Oncle la bat. Et tout d'un coup le marchand d'esclaves est projeté contre le mur. Misashan entend un craquement sec, et le bras qui tenait le fouet pend à présent d'une manière grotesque. L'homme cri, Oncle cri aussi. Les chèvres effarouchées courent et bondissent, et la fillette en profite pour s'enfuir dans le désert, par-delà les plantations de blé irriguées. Misashan retient ses larmes. Plus jamais on ne lèvera la main sur elle.
Ce qu'elle ne comprend pas vraiment, c'est comment elle a pu repousser l'homme. Misashan a la gorge sèche, et les pieds engourdis d'avoir marché trop longtemps, et la peau brûlée par le soleil. Alors elle apprend à se déplacer la nuit, et le jour elle se repose à l'ombre d'un acacia ou d'un dattier. Elle évite la grande mer de sable et ses dunes mouvantes. Quelquefois, le vent lui montre où creuser pour trouver de l'eau. Elle souffre, mais moins que chez Oncle.

***
Le temps s'écoule, et Misashan apprend à maîtriser le pouvoir du vent comme on apprend à porter une blessure : en silence. Elle passe des saisons entières à l'orée du désert, seule avec le murmure du sable. Elle n'arrive pas à savoir si la magie est en elle, ou autour d'elle. Ni même ce qu'il faire au juste pour qu'elle se manifeste. Ça arrive, tout bonnement. Pas besoin de bâton, de gemme ou d'amulette. Elle se demande pourquoi elle a ce pouvoir et pas les autres. Si c'est une malédiction, si c'est ça être la'na. Mais les gens qu'elle croise, ils disent : « Regardez-là, c'est la sâhirat, la fille qui parle au vent. Voyez, c'est la sorcière du désert. » On la craint, souvent on l'évite, mais cela convient à son tempérament solitaire. Sauf que le vent, ça ne remplit ni la bourse ni l'estomac, alors Misashan s'arrête parfois dans les villes afin de se procurer ce qui lui est nécessaire : travail, dirhams, nourriture ou vêtements.
Les années passent mais ne semblent que l'effleurer, glisser autour d'elle. Misashan ne sait pas qu'elle âge elle peut bien avoir mais elle sait ceci : tel brocanteur de Djelam qui avait la barbe noire arbore maintenant une barbe blanche ; telle femme du souk qui autrefois attirait les regards de tous les hommes les repousse à présent.


Rendez-vous au 1.
1
La caravane soulève des nuages de poussière qui s'effilochent dans la douceur mauve du crépuscule. On croirait entendre la terre pousser un soupir de soulagement alors qu'elle exsude la chaleur accumulée du jour. Le mince ruban de la Nijole ondoie tel un serpent, comme si la rivière cherchait à s'enfoncer sous son propre lit boueux. Misashan serre son voile contre son visage. Les marchands voyagent à dos de dromadaires, mais elle préfère le sable qui glisse comme de la cendre sous ses pieds. Les bêtes sont chargées de rouleaux de tissu chamarré, d'étoffes rouges, bleues, et dorées, des soies les plus fines, presque diaphanes... Misashan se demande quelles femmes s'en drapent, princesses, concubines ou esclaves ? Si les plus douces sont destinées au plaisir des femmes ou plutôt à celui des hommes. Au fond peu importe, tant qu'on la paie pour assurer la protection de la caravane.
Donc Misashan marche, tenant Personne par la main, car l'enfant a peur des dromadaires. Elle songe aux deux cavaliers vêtus de daraas azur et blanches, leurs grands sabres au flanc, l'éclat d'or des dinars échangés, puis le garçon confié aux marchands voilà bientôt deux semaines... Elle lui avait alors demandé son nom, et l'enfant avait simplement répondu « Personne », et elle avait dit que personne n'est pas un nom, et lui avait répliqué qu'un nom est un nom. Et le premier soir, alors que l'on dressait le campement, l'enfant s'était plaint d'avoir mal aux pieds, et il avait dit « demain tu me porteras », ce qu'elle avait simplement ignoré.

***
Voici que le ciel se pare d'un manteau d'étoiles. On boit du vin, on mange des dattes et de la chèvre grillée autour du feu de bouse. Les marchands, morne file silencieuse durant le jour, retrouvent l'usage de la parole. Alors ils argumentent sur le cours de la soie, s'il faut vendre au bazar de Sekmet et non à celui de Djelam, si telle oasis sera luxuriante ou desséchée, si les hanches des danseuses du sérail de Balqirah sont plus rondes que celles du harem de Samarqil... Les plus hardis, ceux qui supportent le moins le vin, jettent vers Misashan des regards dérobés.
Elle s'éloigne pour admirer les étoiles. Là, un méandre de la Nijole forme un étang à l'ombre des palmiers. Elle aperçoit le palefrenier qui entre tout juste dans l'eau, sa peau frissonnant sous le vent froid de la nuit, baignée par les rayons d'argent. Misashan se dissimule derrière un buisson rachitique. Elle observe le dos, les fesses et les cuisses musclées de l'homme. Elle songe qu'un jour elle va l'attirer dans sa tente, même si ça la déshonore et pas lui... Mais soudain il se retourne, elle fixe son membre et lui scrute dans sa direction. Misashan recule sans faire de bruit.

***
Les marchands fournissent à Misashan une vaste tente en peau de chèvre, soutenue par des piquets, avec un brasero et des couvertures. Alors elle s'étend et découvre Personne, tout enfoncé dans les coussins. Le garçon, qui a peut-être huit ans, ne la quitte plus d'une semelle. Mais quel genre d'enfant est-ce donc, un enfant dont la peau blanche n'a pas connu le soleil, un enfant qui n'a pas de nom mais qui parle avec le ton du commandement ? Elle ébouriffe les mèches qui tombent sur ses yeux clos, dans lesquels elle a lu la même solitude qui l'habite.
Ainsi elle cherche le sommeil, quand le vent se met à forcir au beau milieu de la nuit. Les pans de la toile frémissent, elle entend des frottements, puis elle croit discerner des ombres mouvantes. Elle se redresse, figée par une peur glacée et les voix désincarnées qui s’entremêlent aux cris du vent. Un pan de l'entrée se soulève lentement, la lueur du brasero tremblote... et soudain une bourrasque s'engouffre ! Un tourbillon de voiles qui fusent telles des flèches, qui l'instant d'après s'enroulent en trois silhouettes vides, rappelant les femmes du désert enveloppées de leur melhfa. Une rouge, une blanche mouchetée de noir, et une émeraude, avec des bras fantomatiques et griffus, entraperçues le temps d'un souffle, et aussitôt les virevoltes frénétiques reprennent autour d'elle. La spirale se resserre, se décuple en milles rubans, et Misashan ressent des picotements sur sa peau, aiguilles brûlantes qui glissent dans sa chair. Mais il n'y a pas que des diables sous la tente, car voilà que deux hommes tout en noir s'emparent de Personne et se ruent au-dehors. Misashan se débat et les djinns se moquent. Son esprit vacille sous l'appel des djinns...

Si Misashan tente de repousser les Djinns en invoquant le vent, rendez-vous au 233. Si elle tente plutôt de leur lancer les braises mourantes, rendez-vous au 84.
Répondre




Utilisateur(s) parcourant ce sujet : 10 visiteur(s)