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Bonjour,
J'écris depuis pas mal d'années (et pas seulement des AVH), mais il y a un truc qui m'a toujours ennuyé : la documentation.
Or, j'ai l'impression que de nombreuses personnes ici sont des spécialistes en la matière vu les AVH très documentées qu'on a la chance de lire. Je suis très admiratif de votre travail ! Et je pose donc la question pour pouvoir améliorer ma propre façon de faire (voir plus bas) :
Comment vous organisez-vous pour la documentation ? Lisez-vous des livres spécifiquement pour une AVH ou un roman ? Comment prenez-vous vos notes ? Et comment faites-vvous pour les intégrer à votre histoire ? Gardez-vous toujours vos notes à côté de vous quand vous écrivez ?
Pour ma part, j'écris pas mal dans le genre policier. Donc au fil des années, je me suis fait une bibliothèque sur tout ce qui concerne la police, les voyous, les méthodes de police scientifique etc...Quand je veux trouver une info, je sais dans quel bouquin elle se trouve, et je m'y réfère. J'ai aussi intégré beaucoup de choses dans ma mémoire au fur et à mesure ce qui me facilite les choses. Et quand je cherche une info ponctuelle sur un sujet spécifique (mais qui parfois me prend des heures), je fais des recherches sur internet, généralement au moment où j'écris.
Donc j'ai l'impression d'être un peu aux deux extrémités en la matière (recherche sur internet au moment de l'écriture et intégration longue au fil de mes lectures sans que je sois forcément en train d'écrire un roman). J'aimerais trouver un juste milieu pour plus d'efficacité.
Vos réponses m'aideraient beaucoup !
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• PetitPeyre, grattepapier
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Je ne pense pas que je vais beaucoup pouvoir t'aider, Yome. Ma méthode de travail risque de te déprimer d'avance.
Je suis d'une certaine façon un professionnel de la documentation, puisque ma formation initiale fait de moi un chercheur en sciences humaines. Je travaille dans le champ de la philosophie et de l'anthropologie. Quand je prépare un essai académique ou un roman, ma démarche est toujours à peu près la même. D'abord, je choisis un thème que je maîtrise déjà très bien; j'évite en tout cas d'écrire sur un sujet que je maîtrise mal. Cela implique donc des dizaines d'années de lectures au préalable. Je lis aussi avant d'écrire à peu près tous les livres disponibles sur le sujet, après les avoir soigneusement recensés. Et, quand j'ai besoin d'une information spécifique, bien sûr, j'utilise les moteurs de recherche, ou maintenant parfois les LLM Chatbots (même s'ils commettent beaucoup d'erreurs, je trouve, dès qu'on aborde des sujets pointus et techniques; ils sont en revanche très efficaces de mon point de vue pour la documentation non technique).
Si j'étais toi, je m'en tiendrais à des lectures sommaires, aux moteurs de recherche et aux Chatbots pour régler les points importants de documentation, et j'éviterais surtout de parler de sujets que je ne maîtrise pas. Un roman ou une AVH n'a pas besoin d'être très documentée. Si elle l'est, tant mieux, c'est un genre à part entière. Mais il y a plein de beaux romans et de belles AVH qui ne mobilisent pas de connaissances importantes à l'arrière-plan, et qui ne sont pas déplaisantes pour autant. Le pire, à mon avis, c'est encore une fois de vouloir parler d'un sujet qu'on maîtrise mal.
Par exemple, nous avons ici plusieurs auteurs qui écrivent de superbes AVH historiques. Il y a pour le mini-Yaz grattepapier, ledahu, steflip... Mais on peut aussi situer l'intrigue dans un monde imaginaire, comme Feldo, Outremer ou Lady V (etc.), et ça n'est pas moins bon pour autant.
Quant à donner des conseils pour se documenter, cela me paraît difficile. Il faut lire, lire et lire encore, annoter les livres, faire des fiches de lecture et des fiches thématiques par sujet, etc. C'est le travail d'une vie. Tout le monde ne peut pas faire ça.
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• grattepapier
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Je pense encore à autre chose. Comme toi, j'écris des AVH policières. La documentation dans ce domaine n'est pas aisée. La littérature criminologique est souvent peu instructive, car les méthodes policières relèvent moins d'une théorie que d'une pratique. On y trouve tout de même des données intéressantes, mais rarement exploitables dans les romans. La documentation par le biais des moteurs de recherche est limitée. Les Chatbots en revanche sont ici précieux et assez bien achalandés en informations.
Pour les procédures criminelles, c'est plus délicat. Les Chatbots, comme les moteurs de recherche, sont soumis à une censure très stricte. Ils ne délivrent aucune information, même tout à fait basique, sur la façon dont s'organisent les filières clandestines. Si ton souci est de créer une impression de réalisme, comme moi, tu vas donc te trouver dans une forme d'impasse. On est parfois obligé de s'en remettre aux informations distillées dans les romans écrits par d'anciens policiers ou espions, sans savoir toujours quelles données sont valables, fictives ou franchement fantasmées. Comme mes récits sont situés dans le futur, je peux toujours invoquer l'évolution des pratiques au fil des décennies.
Si je devais écrire des romans policiers contemporains, je serais un peu désemparé. Nous ne vivons plus à l'époque de Maigret, quand Simenon écrivait ses histoires policières après avoir assisté à quelques cours de criminologie à la faculté et rencontré quelques dealers ou proxénètes du milieu. C'est pourquoi, en ce qui me concerne, je me détourne du policier contemporain en tant qu'auteur. Je situe mes romans soit dans le futur, soit dans le passé. Mais je reconnais que c'est frustrant. J'aurais préféré pouvoir t'apporter une réponse plus constructive: pardonne-moi.
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• grattepapier
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29/07/2026, 16:51
(Modification du message : 29/07/2026, 16:58 par Voyageur Solitaire.)
En ce qui me concerne, il y a peu de documentation puisque mes AVH se situent dans le monde Fantasy imaginaire que j'ai commencé à créer il y a dix ans avec Les Tambours de Shamanka. Et qui dit monde imaginaire dit certaine et grande liberté de création.
Après, comme j'aime à le rappeler, ce n'est pas parce que c'est un monde imaginaire qu'on peut y mettre et y faire n'importe quoi... C'est même le contraire, c'est parfois bien difficile de rendre un monde imaginaire crédible et cohérent.
Quid de la documentation donc ?
Etant donné que chaque AVH de ma saga se déroule dans une région inspirée d'une région réelle (l'Afrique, les Cyclades, l'Amérique précolombienne, la Russie féodale...), je me documente un minimum sur les régions en question, via mes propres souvenirs de voyage, des documentaires, des images de paysages, des faits historiques, voire des musiques (j'écris toujours en musique). Je prends ici et là tel détail, telle image et je l'incorpore à une base qui reste Fantasy avant tout. Shamanka n'est pas l'Afrique, c'est un monde Fantasy inspiré de l'Afrique, Shamayan n'est pas l'Amérique précolombienne, c'est un monde Fantasy inspiré de l'Amérique précolombienne, Septentrion n'est pas la Russie médiévale, c'est un monde Fantasy inspiré de la Russie médiévale...
Après, je termine par des recherches et donc une documentation plus poussée sur la faune et la flore principalement. L'univers proposé a beau être imaginaire et comporter des créatures imaginaires, je dois éviter de proposer un tigre dans un univers africain ou un baobab dans un univers cycladique. Je veille donc à ce que mes descriptions correspondent un minimum à l'univers évoqué et il y a donc toute une documentation qui là, vient majoritairement de Tata Wikipédia. Il y a aussi une recherche sur les noms (de localités, de régions, de PNJ) afin qu'ils aient une sonorité qui corresponde à l'univers décrit. Pour Du sang sur la neige par exemple, qui se déroule dans Septentrion, région inspirée de la Russie, j'ai des noms comme Oslav, Vladistok, Uzbek, Arkadievna... Là, je m'inspire de films, séries, chansons ou livres (la baronne Arkadievna est nommée comme l'héroïne du livre Anna Karenine) ou de noms existants que je transforme (la ville de Vladistok bien sûr inspirée de Vladivostok) pour "faire russe".
Donc au final, la documentation est peu importante chez moi puisque, comme expliqué plus haut, s'agissant d'un univers imaginaire, je peux me permettre une grande liberté. Je me contente du minimum pour que le lecteur ait l'impression d'être en Afrique quand il est à Shamanka, d'être dans les Cyclades quand il est dans l'archipel des Tékélès...
J'imagine bien que pour une AVH historique, policière où "contemporaine", une documentation bien plus solide et poussée est nécessaire.
Je serais curieux de savoir si les auteurs d'AVH de SF utilisent une documentation et si oui, laquelle.
Car comme la Fantasy, la SF étant imaginaire, on y est bien plus libre. Malgré tout, un auteur d'AVH de SF se documente-t-il par exemple sur les effets du voyage dans l'espace, sur les dernières découvertes scientifiques, astronomiques, les trous noirs...
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• grattepapier
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29/07/2026, 18:51
(Modification du message : 29/07/2026, 18:55 par Sisyphe.)
Dans mon cas, c'est un peu particulier... D'abord, je suis vraiment obsédé par le travail de documentation. J'adore les notes de bas de page, les bibliographies. Je compile les sources d'informations sur des listes. Je vis entouré de livres et de prises de note. Par ailleurs, j'écris de la SF dans le registre de l'anticipation: j'aime mettre en scène des futurs proches et crédibles. Donc, oui, je traite le sujet avec un grand souci d'exactitude, même si le cadre imaginaire laisse en théorie une certaine liberté.
A titre d'exemple, je suis friand d'ouvrages de futurologie: autrement dit, à quoi ressemblera le monde dans 50 ans? Quelles évolutions politiques, sociétales, technologiques, médicales? Je lis beaucoup d'ouvrages spécialisés dans les domaines que je maîtrise, et des ouvrages de vulgarisation dans ceux que je ne maîtrise pas. L'AVH que j'écris en ce moment, et que je ne diffuserai pas avant plusieurs années sans doute, puisque j'en ai d'autres en réserve, concerne l'innovation médicale et les thérapies géniques. Je compulse dès lors énormément d'ouvrages concernant ces domaines, afin d'imaginer de manière vraisemblable ce que pourrait être la science de l'avenir. Idem pour le problème de l'automatisation, auquel j'avais d'ailleurs consacré un essai académique il y a de nombreuses années, et où je parlais à l'époque beaucoup des robots et des IA, avant qu'elles ne soient commercialisées.
Mais ce sont juste des marottes. Je ne pense pas évidemment que ce soit nécessaire à la réussite d'un bon livre de SF. Tout dépend du type de roman, à vrai dire. Arthur C. Clarke avait de solides compétences scientifiques et les utilisait dans ses récits. C'était moins le cas de Philip K. Dick ou de William Gibson: ça ne les a pas empêchés d'écrire de solides romans, avec souvent beaucoup de justesse dans l'anticipation malgré tout.
Mais j'en reviens au propos initial de Yome, qui cherchait une bonne méthode. De mon point de vue, si l'on veut se documenter, et l'on doit toujours le faire un peu sans doute, soit il faut le faire très en amont et accumuler des bases de connaissance très vastes, puis compléter ensuite selon les besoins du roman, soit il faut se contenter de connaissances vagues, d'une documentation complémentaire de dernière minute, et donner la priorité aux ambiances, en s'épargnant l'accumulation de détails qui sont de toute façon assez insignifiants.
Encore une fois, à mes yeux, tout dépend du registre qu'on souhaite adopter. On peut produire de bons romans sur le mode de la fantaisie. Le risque, ce serait plutôt d'essayer de faire un roman réaliste et de ne pas pouvoir l'assumer, faute de travail préalable. Comme on risquerait d'amoindrir le charme d'un roman fantaisiste en accumulant les références documentaires hors-de-propos.
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• grattepapier
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Cela dit, si le but est d'accumuler des informations, le seul moyen probant à mon avis, c'est de faire des fiches. Sur mon PC, j'ai des tonnes de dossiers archivés, avec des documents séparés dans lesquels je copie-colle toutes les informations utiles autour de thèmes données. Ensuite, je m'y reporte quand j'ai besoin d'écrire quelque chose en particulier.
Sinon, on oublie les informations au fur et à mesure. Je ne suis pas certain que le cerveau puisse fonctionner autrement. Mais j'ai peut-être tort!
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• grattepapier
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Merci pour vos réponses !
(29/07/2026, 16:51)Voyageur Solitaire a écrit : Je serais curieux de savoir si les auteurs d'AVH de SF utilisent une documentation et si oui, laquelle.
Car comme la Fantasy, la SF étant imaginaire, on y est bien plus libre. Malgré tout, un auteur d'AVH de SF se documente-t-il par exemple sur les effets du voyage dans l'espace, sur les dernières découvertes scientifiques, astronomiques, les trous noirs...
A ce sujet, j'avais commencé il y a quelques mois un roman policier SF avec une machine à voyager dans le temps. Et je peux te dire que je me suis documenté là-dessus, même si ça n'existe pas à proprement parler, car il y a eu quand même pas mal de recherches théoriques à ce sujet. Cela m'a permis d'avoir une petite explication sur le fonctionnement de ma machine. Je pense que les lecteurs, s'il y en a un jour car je suis sur un autre projet actuellement, seront sensibles à cet effort. En tout cas, moi, ça me plaît.
(29/07/2026, 19:00)Sisyphe a écrit : Cela dit, si le but est d'accumuler des informations, le seul moyen probant à mon avis, c'est de faire des fiches. Sur mon PC, j'ai des tonnes de dossiers archivés, avec des documents séparés dans lesquels je copie-colle toutes les informations utiles autour de thèmes données. Ensuite, je m'y reporte quand j'ai besoin d'écrire quelque chose en particulier.
Sinon, on oublie les informations au fur et à mesure. Je ne suis pas certain que le cerveau puisse fonctionner autrement. Mais j'ai peut-être tort!
OK, mais quel genre de fiches ? Comment peut-on savoir à l'avance ce qui va être intéressant pour un futur roman ? Et comment organiser tout ça de façon à facilement récupérer l'info quand on en a besoin ? Je manque sans doute de méthode...
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(01/08/2026, 10:50)Yome a écrit : OK, mais quel genre de fiches ? Comment peut-on savoir à l'avance ce qui va être intéressant pour un futur roman ? Et comment organiser tout ça de façon à facilement récupérer l'info quand on en a besoin ? Je manque sans doute de méthode...
Pour ce qui concerne les fiches thématiques, je déconseille d'imiter totalement ma méthode, à moins de travailler à un très haut de niveau de documentation. J'ai des fiches papiers, mais surtout maintenant des fiches Word, archivées dans des dossiers et des sous-dossiers par thèmes. A l'intérieur de chaque fiche, je note toutes les références bibliographiques précises que je trouve: le livre, l'auteur, la page. Je classe par sous-catégorie. J'y place aussi les documents récupérés en ligne. Bref, il s'agit d'une vrai arborescence thématique autour de tous les sujets qui m'intéressent... et à peu près tout m'intéresse. Mais ce degré de maniaquerie encyclopédique n'a aucun intérêt pour écrire une AVH.
Ce que je recommande personnellement est plus modeste. Si tu travailles sur un roman policier, tu crées un dossier "Docu roman". Dedans, tu crées deux ou trois sous-dossiers: par exemple, "Procédures policières", "Filières criminelles", "Infos sur la ville". Tu copies-colles à l'intérieur de ces dossiers tous les docus que tu trouves lors de tes recherches en ligne. Quand tu as besoin d'une info, tu te reportes au dossier et au sous-dossier concerné: tu auras vite fait de retrouver tes sources et tu pourras t'en inspirer aisément pour écrire.
Maintenant, quelles recherches documentaires mener? Là, ça dépend vraiment de ton AVH, il est difficile de te répondre dans l'absolu. Le mieux est de s'adapter à l'intrigue qu'on élabore. Selon les thèmes abordés dans ton livre, réfléchis d'une part aux informations que tu dois rassembler pour être certain de ne pas écrire quelque chose d'invraisemblable, et réfléchis aussi d'autre part aux petits éléments en eux-mêmes sans importance que tu pourrais introduire dans ton roman pour "faire vrai".
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• Yome, grattepapier
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01/08/2026, 15:29
(Modification du message : 01/08/2026, 16:02 par ledahu.)
Citation :Je serais curieux de savoir si les auteurs d'AVH de SF utilisent une documentation et si oui, laquelle.
Dans ce cas là, je cherche côté JDR.
Citation :Et comment organiser tout ça de façon à facilement récupérer l'info quand on en a besoin ?
Par anticipation d'un avenir proche (1 à 2 ans), pour ceux qui aiment faire des fiches, des notes, je vous invite à faire des fiches au format texte, avec des noms de fichiers explicites, dans des répertoires explicites, avec des meta-tag (date, mots-clefs, etc) dans les fichiers, genre maniaco-psychorigide.
En effet, l'avenir de l'IA est local : une petite IA locale, qui tourne sur votre ordi, qui utilise et cherche dans vos données sans rien sortir de votre machine, sans que la question de la vie privée ou des filtres se pose. Ça va venir.
Or, les IA ont besoin de DataSet de qualité = fichiers texte simples, mais organisés de façon sur-explicite, chargés et structurés.
Pour ma part, je ne fais pas de fiches, j'utilise, bien évidemment, une boucle IA <-> web.
Les LLM sont fondamentalement et avant tout des moteurs de recherche sémantiques.
Aussi, c'est plus la méthode d'utilisation qui est importante :
- réponses sourcées
- multiples requêtes du général au particulier pour établir un contexte solide et précis.
- pas de changement de sujet en cours de session
- vérifications
Exemple : Dans une de mes AVH (Minotaure), il me fallait un titre "réel" d'une histoire qu'un PNJ lisait (oui, @voyageur, il n'y avait pas de livres...  )
- LLM : une dizaine de réponses pour le contexte antique Grec spécifié.
- lecture des sources dont "Hero et Leandre" : nickel, vérification => https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9ro_et_L%C3%A9andre
- ça matche. zou !
Mais je ne me documente pas avant. Je me documente pendant.
Autrement dit, j'ai besoin de "ceci" dans mon récit, et je cherche pour assurer la cohérence. Pour moi, c'est le mot : cohérence.
Mes récits ne sont jamais, ou rarement, dépendants du monde/univers. Donc la documentation est là pour coller à un réel, pas à la trame, et éventuellement appuyer la trame.
Dans " la plume de Maât ", j'ai la scène de la procession, j'ai besoin d'un vrai nom de dieu, je m'en fiche de qui. C'est la procession qui m'intéresse, la mise en scène. Par contre, je creuse, si le nom de dieu est fertile en idées annexes, j'exploite pour renforcer. Ce qui n'est pas le cas pour cette scène, mais l'est pour Bastet : il me fallait le Dieu (Déesse en l’occurrence) de la fertilité, ce qui a des conséquences sur le reste du récit.
Par contre, j'imagine bien que Grattepapier (ou Steflip dans cette MiniYaz26), dans ses "Histoire dont vous êtes le héros", documente à mort en préalable.
Je me rappelle d'une phrase de E. Morin : "le plus difficile est d'arrêter de lire, pour écrire". Un truc du genre, mais vous avez compris le sens
Et c'est vrai, pour moi. Je creuse, encore et encore, comme dans Minecraft.
Si un jour je me lance sur un policier, je pense que je me ferais du NCIS et autres séries TV, nécessairement documentées.
Avant de me lancer dans "La plume de Maât", je me suis fait pour la Xème fois "Gods of Egypt". De la "documentation" couverte des soupirs exaspérés de mon épouse...
Enfin, il y a un site : https://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/M...tiveTropes
que je n'utilise pas assez, mais qui est une mine : les archétypes, les stéréotypes... j'adore.
Est-ce de la documentation ? Je ne sais pas... mais j'y passerais facilement des heures.
bref, pour moi la documentation est nécessaire dans le sens où elle est une exigence de cohérence, un souci du détail, un respect du lecteur. Souvent (systématiquement?), en plus, la documentation est inspiratrice.
Mais elle n'est jamais (sauf exception explicite) la condition du récit, de l'histoire : elle en est l’exhausteur.
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02/08/2026, 11:10
(Modification du message : 02/08/2026, 11:11 par PetitPeyre.)
(29/07/2026, 10:11)Yome a écrit : Comment vous organisez-vous pour la documentation ? Lisez-vous des livres spécifiquement pour une AVH ou un roman ? Comment prenez-vous vos notes ?
n'ayant à mon actif que quelques débuts d'AVH, toutes avortées, ma réponse concerne surtout ma manière d'écrire les scénarios de JDR, et mon amour pour la recherche d'informations sur tout et n'importe quoi, juste pour le plaisir, juste pour en savoir plus sur un thème qui m'a plut/ interpellé, dans quelque chose que j'ai vu/ lu/ entendu à un moment donné.
avant Internet j'étais un grand fan des revues et livres en tout genre (dont j'ai toujours des montagnes chez moi), mais je n'étais pas bien organisé et comptais sur ma mémoire pour me souvenir où j'avais lu telle ou telle information. ça a fonctionné un temps mais la mémoire s'efface et je me souviens maintenant seulement des informations lues dans leurs grandes lignes, rarement de la source.
puis est apparu la grande bibliothèque universelle sur tout et son contraire, AKA Internet et ses navigateurs. et là je suis devenu un adepte du bookmark, mis dés qu'une page me semble avoir un quelconque intérêt (oupa). je range ces billions and billions of bookmarks(*) par thème dans des dossiers au nom explicite, et modifie le nom de site proposé par le navigateur pour y inclure des mots-clés qui faciliteront une future recherche.
le problème avec cette démarche c'est que les sites/ pages ainsi bookmarkés évoluent/ changent de nom/ ou même disparaissent, mais la Wayback Machine est d'une grande aide. le défaut majeur de cette démarche et qu'il faut avoir un accès Internet pour remonter à l'information.
pour tout le reste (livre, émission télé, film, etc), je me fais des fiches dans M$ OneNote qui permet de créer des onglets/ pages/ index dans lesquelles je note non pas l'info directement mais un résumé, des mots clés et surtout, le maximum d'information sur la source pour me permettre d'y retourner si besoin.
donc en résumé, je ne stocke que des index indexables, rarement l'information directement.
et je ne le fais pas avec un but d'écriture en tête, juste comme ça, pour pouvoir retrouver les infos que j'ai découvert souvent par hasard, en cherchant autre chose, ou en surfant sans but au grès des courants d'Internet, et que j'indexe, au cas où, on ne sais jamais.
(29/07/2026, 10:11)Yome a écrit : Et comment faites-vvous pour les intégrer à votre histoire ? Gardez-vous toujours vos notes à côté de vous quand vous écrivez ?
je fais en premier lieu une trame générale de l'histoire, que je transforme en texte assez fluide, assez vague, une suite d'idées qui s’enchaînent pour établir une base de travail. puis je reprends ce texte pour y insérer des éléments de contexte, qui font vrai, et c'est là que je puise dans mes notes.
bien sûr j'ai ces idées en tête dans l'écriture de la version-zéro, mais je ne les développe pas et ne m'y attarde pas à ce moment là pour ne pas couper l'inspiration. et tant pis si la version-zéro est pleine de choses à reprendre/ retravailler, c'est juste un foisonnement d'idées dont beaucoup seront perdues/ remplacées dans les ré-écritures/ raffinement successifs.
en résumé, ma documentation est présente en arrière plan lors des premiers jets et je ne la consulte/ utilise vraiment qu'en milieu de processus d'écriture, entre la phase du foisonnement d'idées et celle du polissage du texte (que je ne fais que si mon texte doit être lu par quelqu'un d'autre que moi)
(01/08/2026, 15:29)ledahu a écrit : Enfin, il y a un site : https://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/M...tiveTropes
que je n'utilise pas assez, mais qui est une mine : les archétypes, les stéréotypes... j'adore.
Est-ce de la documentation ? Je ne sais pas... mais j'y passerais facilement des heures.
ah c'est malin ! un nouveau site où je vais perdre du temps... je ne te dis pas merci !
[*] inspiré des "billions and billions of stars" (Carl Sagan, ou Hubert Reeves)
Skål !
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• Yome
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02/08/2026, 12:06
(Modification du message : 02/08/2026, 12:10 par Voyageur Solitaire.)
Internet est clairement une révolution en ce qui concerne la documentation et je m'en suis toujours servi, ayant commencé à écrire des AVH alors que j'avais Internet depuis plusieurs années déjà. Ce qui ne m'empêche pas de piocher abondamment dans d'autres supports, livres, musiques, jeux-vidéos...
Je récupère surtout énormément d'images concernant le thème, l'ambiance ou l'histoire de chacune de mes AVH et je les classe dans un dossier spécifique. J'ai un dossier Shamanka, un dossier Shamayan, un dossier Septentrion... Dans chacun, je compile des images correspondantes et ça peut être de tout : photos de paysages, d'animaux, de tenues et d'accessoires, d'armes, de bâtiments, d'acteurs ou d'actrices qui m'inspirent pour le physique de tel ou tel personnage, beaucoup d'illustrations de grands illustrateurs Fantasy, d'illustrateurs inconnus... Il suffit que ça me parle, que ça entre en correspondance avec ce que j'écris.
Par contre, je ne garde pas ces images à côté de moi quand j'écris (même s'il me suffit d'un clic pour y accéder). Je m'en imprègne longuement avant, j'étudie soigneusement ce qui m'intéresse, je ferme le dossier et je pars écrire.
La seule chose que j'ai à côté de moi, ce sont mes dessins, majoritairement des ébauches, études ou croquis que je crayonne en même temps que j'écris. Ce qui me permet de visualiser la scène ou le personnage que je suis en train d'imaginer et d'écrire par exemple. En général, ces dessins finissent à la poubelle (ils ne sont là que pour sommairement visualiser une idée) mais j'en ai gardé certains qui m'ont suffisamment plu pour que je les termine et qu'ils rejoignent leur dossier avec les autres images.
Sinon, la seule autre chose que je garde à côté pendant que j'écris, c'est la musique (merci Youtube), musique de film, de générique, d'ambiance...
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• grattepapier, Yome
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04/08/2026, 14:41
(Modification du message : 04/08/2026, 14:43 par Sisyphe.)
J’ai eu l’occasion de tester récemment les nouveaux modèles Terra, Luna et Sol de Chat GPT, sortis courant juillet. Je ne peux pas les comparer aux modèles de pointe d’Anthropic, faute d’y avoir accès, mais je peux dire en tout cas qu’ils constituent à mes yeux une petite révolution en matière de recherche documentaire, surtout dans le domaine qui nous occupe ici, à savoir la documentation romanesque.
J’étais jusqu’à présent beaucoup plus réservé à l’endroit des Chatbots dans ce domaine, mais le gain en matière de compilation de données me paraît considérable. Il devient beaucoup plus aisé d’obtenir des informations exploitables dans des champs où l’accès aux données était auparavant difficile pour un non initié : repères géographiques précis, description des paysages, procédures relatives aux différents métiers, informations techniques ou utilitaires, etc. Une bonne calibration permet aussi de sélectionner les données pertinentes en vue des objectifs, ce qui n’était pas réellement le cas auparavant. C’est du travail, et cela demande une certaine maîtrise des outils numériques, mais l’apport me paraît exceptionnel et devrait à mon avis s’imposer comme une norme.
Je suis plus réservé en ce qui concerne la documentation académique. Sur les questions techniques, j’ai constaté moi-même à plusieurs reprises, y compris avec le modèle Sol, des erreurs objectives assez grossières, rares, mais très problématiques. J’espère que ce sera corrigé, même si j’en doute un peu, du fait de la nature intrinsèque de ces modèles probabilistes et des biais liés à l’exploitation des données disponibles en ligne. Dans la mesure où les milieux académiques péchaient déjà depuis plusieurs décennies, bien avant l’apparition des Chatbots, donc, par une certaine paresse collective, qui poussait les chercheurs à se contenter la plupart du temps de copiés-collés des données de leurs collègues au lieu d’études sérieuses des données de première main, je suis très inquiet quant à l’avenir de la recherche, en particulier dans les secteurs non scientifiques.
Je ne parle même pas non plus des problèmes liés à la standardisation de la pensée. Les nouveaux modèles continuent de peiner, pour employer un doux euphémisme, à proposer autre chose qu’une synthèse consensuelle des analyses dans l’air du temps, y compris quand on tente de les pousser dans leurs retranchements pour obtenir des analyses déviantes, marginales ou minoritaires, dans tous les secteurs de la pensée, même scientifiques. La perte de créativité risque de s’avérer terrible, sans parler du risque de formatage des idées, non intentionnel et purement procédural, bien que les filtres imposés par les réglementations officielles ou spontanément mis en place par les consortiums privés puissent eux aussi aggraver le phénomène. Les répercussions sur la richesse et la variété du débat public constituent un autre enjeu de taille, d’autant plus avec le développement des onglets IA des moteurs de recherche, que la plupart des gens utilisent maintenant sans s’en rendre compte, alors qu’ils réduisent considérablement le champ de la réflexion et l’accès à des informations diversifiées. J’espère que l’avenir me donnera tort, mais je suis catastrophé par la situation.
Bref, pour clore cette digression et en revenir au fond de mon propos, si je fais abstraction de mes réserves philosophiques radicales et que je me montre à la fois pragmatique et nuancé, je ne peux que recommander l’emploi du modèle Sol de Chat GPT pour la recherche documentaire romanesque. Les quelques (rares) erreurs factuelles ne posent ici aucune difficulté, puisqu’il s’agit de viser la vraisemblance plutôt que la vérité ; et la masse de données exploitables apporte une richesse d’arrière-plan qui représente à mes yeux un gain littéraire presque aussi important que l’invention des traitements de texte. Encore une fois, je ne portais pas un jugement aussi favorable sur les modèles précédents.
Bien sûr, il faut utiliser ces outils comme de simples instruments destinés à approfondir le travail, et non à s’y substituer, sans quoi le gain littéraire sera nul (c’est un vœu pieux, assurément, et je sais bien que la plupart des utilisateurs n’auront pas mes scrupules). Il faut aussi pouvoir contracter une offre payante, mais les tarifs sont encore actuellement très avantageux, ce qui ne durera sans doute pas. L’amélioration des modèles en matière documentaire vaut quoi qu’il en soit selon moi l’investissement.
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• ledahu, grattepapier
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Pour Nils Jacket, je fais des recherches avant et pendant, via des ouvrages et Internet, en croisant toujours les informations (ce que ne savent plus faire les journalistes et les "bien-pensants", comme tu l'évoques très bien et à juste titre, Sisyphe).
Pour écrire Loup Maudit, j'ai fait énormément de recherches avant (depuis des années, en fait) pour créer le monde, ce que je trouve plus difficile que de situer une histoire dans le monde réel. En effet, j'ai cherché une vraisemblance météorologique, géologique, zoologique, etc. Ce qui a demandé pas mal de documentation en amont.
Maintenant, je me base essentiellement sur mes notes et, bien sûr, sur ma Bible de la Chevalerie Mystique.
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• Yome
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pour créer le monde, ce que je trouve plus difficile que de situer une histoire dans le monde réel
Pas mieux.
Anywhere out of the world
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J'ai commencé à faire des fiches à l'aide de l'IA et d'internet. Le problème, c'est qu'il y a des erreurs dans ce que me refile l'IA (Claude). Pourtant, je lui dis bien de me donner ses sources avec le lien. Malgré ça, quand je vais voir les sources, ce n'est pas forcément exactement ce qu'il m'a résumé. Du coup, je vais commander un bouquin sur la gendarmerie pour mon prochain polar. En espérant que ce soit clair...(mais je sais par expérience qu'il est vraiment difficile de retracer les méthodes et procédures de la police, ils ne décrivent quasiment jamais ce qui est vraiment intéressant pour un auteur, et pour ce qui est de l'organisation de la police ou de la gendarmerie, c'est encore pire, on n'y comprend vraiment rien.). Bref, la documentation sur la police (beaucoup de bouquins la plupart pas intéressants du tout) et les voyous (très peu de bouquins, un peu plus intéressants, mais pas toujours), c'est l'enfer !
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