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Inscription : 15 Mar 2025
Bonjour,
J'écris depuis pas mal d'années (et pas seulement des AVH), mais il y a un truc qui m'a toujours ennuyé : la documentation.
Or, j'ai l'impression que de nombreuses personnes ici sont des spécialistes en la matière vu les AVH très documentées qu'on a la chance de lire. Je suis très admiratif de votre travail ! Et je pose donc la question pour pouvoir améliorer ma propre façon de faire (voir plus bas) :
Comment vous organisez-vous pour la documentation ? Lisez-vous des livres spécifiquement pour une AVH ou un roman ? Comment prenez-vous vos notes ? Et comment faites-vvous pour les intégrer à votre histoire ? Gardez-vous toujours vos notes à côté de vous quand vous écrivez ?
Pour ma part, j'écris pas mal dans le genre policier. Donc au fil des années, je me suis fait une bibliothèque sur tout ce qui concerne la police, les voyous, les méthodes de police scientifique etc...Quand je veux trouver une info, je sais dans quel bouquin elle se trouve, et je m'y réfère. J'ai aussi intégré beaucoup de choses dans ma mémoire au fur et à mesure ce qui me facilite les choses. Et quand je cherche une info ponctuelle sur un sujet spécifique (mais qui parfois me prend des heures), je fais des recherches sur internet, généralement au moment où j'écris.
Donc j'ai l'impression d'être un peu aux deux extrémités en la matière (recherche sur internet au moment de l'écriture et intégration longue au fil de mes lectures sans que je sois forcément en train d'écrire un roman). J'aimerais trouver un juste milieu pour plus d'efficacité.
Vos réponses m'aideraient beaucoup !
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Inscription : 06 Jun 2026
Je ne pense pas que je vais beaucoup pouvoir t'aider, Yome. Ma méthode de travail risque de te déprimer d'avance.
Je suis d'une certaine façon un professionnel de la documentation, puisque ma formation initiale fait de moi un chercheur en sciences humaines. Je travaille dans le champ de la philosophie et de l'anthropologie. Quand je prépare un essai académique ou un roman, ma démarche est toujours à peu près la même. D'abord, je choisis un thème que je maîtrise déjà très bien; j'évite en tout cas d'écrire sur un sujet que je maîtrise mal. Cela implique donc des dizaines d'années de lectures au préalable. Je lis aussi avant d'écrire à peu près tous les livres disponibles sur le sujet, après les avoir soigneusement recensés. Et, quand j'ai besoin d'une information spécifique, bien sûr, j'utilise les moteurs de recherche, ou maintenant parfois les LLM Chatbots (même s'ils commettent beaucoup d'erreurs, je trouve, dès qu'on aborde des sujets pointus et techniques; ils sont en revanche très efficaces de mon point de vue pour la documentation non technique).
Si j'étais toi, je m'en tiendrais à des lectures sommaires, aux moteurs de recherche et aux Chatbots pour régler les points importants de documentation, et j'éviterais surtout de parler de sujets que je ne maîtrise pas. Un roman ou une AVH n'a pas besoin d'être très documentée. Si elle l'est, tant mieux, c'est un genre à part entière. Mais il y a plein de beaux romans et de belles AVH qui ne mobilisent pas de connaissances importantes à l'arrière-plan, et qui ne sont pas déplaisantes pour autant. Le pire, à mon avis, c'est encore une fois de vouloir parler d'un sujet qu'on maîtrise mal.
Par exemple, nous avons ici plusieurs auteurs qui écrivent de superbes AVH historiques. Il y a pour le mini-Yaz grattepapier, ledahu, steflip... Mais on peut aussi situer l'intrigue dans un monde imaginaire, comme Feldo, Outremer ou Lady V (etc.), et ça n'est pas moins bon pour autant.
Quant à donner des conseils pour se documenter, cela me paraît difficile. Il faut lire, lire et lire encore, annoter les livres, faire des fiches de lecture et des fiches thématiques par sujet, etc. C'est le travail d'une vie. Tout le monde ne peut pas faire ça.
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Inscription : 06 Jun 2026
Je pense encore à autre chose. Comme toi, j'écris des AVH policières. La documentation dans ce domaine n'est pas aisée. La littérature criminologique est souvent peu instructive, car les méthodes policières relèvent moins d'une théorie que d'une pratique. On y trouve tout de même des données intéressantes, mais rarement exploitables dans les romans. La documentation par le biais des moteurs de recherche est limitée. Les Chatbots en revanche sont ici précieux et assez bien achalandés en informations.
Pour les procédures criminelles, c'est plus délicat. Les Chatbots, comme les moteurs de recherche, sont soumis à une censure très stricte. Ils ne délivrent aucune information, même tout à fait basique, sur la façon dont s'organisent les filières clandestines. Si ton souci est de créer une impression de réalisme, comme moi, tu vas donc te trouver dans une forme d'impasse. On est parfois obligé de s'en remettre aux informations distillées dans les romans écrits par d'anciens policiers ou espions, sans savoir toujours quelles données sont valables, fictives ou franchement fantasmées. Comme mes récits sont situés dans le futur, je peux toujours invoquer l'évolution des pratiques au fil des décennies.
Si je devais écrire des romans policiers contemporains, je serais un peu désemparé. Nous ne vivons plus à l'époque de Maigret, quand Simenon écrivait ses histoires policières après avoir assisté à quelques cours de criminologie à la faculté et rencontré quelques dealers ou proxénètes du milieu. C'est pourquoi, en ce qui me concerne, je me détourne du policier contemporain en tant qu'auteur. Je situe mes romans soit dans le futur, soit dans le passé. Mais je reconnais que c'est frustrant. J'aurais préféré pouvoir t'apporter une réponse plus constructive: pardonne-moi.
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Il y a 4 heures
(Modification du message : Il y a 4 heures par Voyageur Solitaire.)
En ce qui me concerne, il y a peu de documentation puisque mes AVH se situent dans le monde Fantasy imaginaire que j'ai commencé à créer il y a dix ans avec Les Tambours de Shamanka. Et qui dit monde imaginaire dit certaine et grande liberté de création.
Après, comme j'aime à le rappeler, ce n'est pas parce que c'est un monde imaginaire qu'on peut y mettre et y faire n'importe quoi... C'est même le contraire, c'est parfois bien difficile de rendre un monde imaginaire crédible et cohérent.
Quid de la documentation donc ?
Etant donné que chaque AVH de ma saga se déroule dans une région inspirée d'une région réelle (l'Afrique, les Cyclades, l'Amérique précolombienne, la Russie féodale...), je me documente un minimum sur les régions en question, via mes propres souvenirs de voyage, des documentaires, des images de paysages, des faits historiques, voire des musiques (j'écris toujours en musique). Je prends ici et là tel détail, telle image et je l'incorpore à une base qui reste Fantasy avant tout. Shamanka n'est pas l'Afrique, c'est un monde Fantasy inspiré de l'Afrique, Shamayan n'est pas l'Amérique précolombienne, c'est un monde Fantasy inspiré de l'Amérique précolombienne, Septentrion n'est pas la Russie médiévale, c'est un monde Fantasy inspiré de la Russie médiévale...
Après, je termine par des recherches et donc une documentation plus poussée sur la faune et la flore principalement. L'univers proposé a beau être imaginaire et comporter des créatures imaginaires, je dois éviter de proposer un tigre dans un univers africain ou un baobab dans un univers cycladique. Je veille donc à ce que mes descriptions correspondent un minimum à l'univers évoqué et il y a donc toute une documentation qui là, vient majoritairement de Tata Wikipédia. Il y a aussi une recherche sur les noms (de localités, de régions, de PNJ) afin qu'ils aient une sonorité qui corresponde à l'univers décrit. Pour Du sang sur la neige par exemple, qui se déroule dans Septentrion, région inspirée de la Russie, j'ai des noms comme Oslav, Vladistok, Uzbek, Arkadievna... Là, je m'inspire de films, séries, chansons ou livres (la baronne Arkadievna est nommée comme l'héroïne du livre Anna Karenine) ou de noms existants que je transforme (la ville de Vladistok bien sûr inspirée de Vladivostok) pour "faire russe".
Donc au final, la documentation est peu importante chez moi puisque, comme expliqué plus haut, s'agissant d'un univers imaginaire, je peux me permettre une grande liberté. Je me contente du minimum pour que le lecteur ait l'impression d'être en Afrique quand il est à Shamanka, d'être dans les Cyclades quand il est dans l'archipel des Tékélès...
J'imagine bien que pour une AVH historique, policière où "contemporaine", une documentation bien plus solide et poussée est nécessaire.
Je serais curieux de savoir si les auteurs d'AVH de SF utilisent une documentation et si oui, laquelle.
Car comme la Fantasy, la SF étant imaginaire, on y est bien plus libre. Malgré tout, un auteur d'AVH de SF se documente-t-il par exemple sur les effets du voyage dans l'espace, sur les dernières découvertes scientifiques, astronomiques, les trous noirs...
Anywhere out of the world
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Il y a 2 heures
(Modification du message : Il y a 2 heures par Sisyphe.)
Dans mon cas, c'est un peu particulier... D'abord, je suis vraiment obsédé par le travail de documentation. J'adore les notes de bas de page, les bibliographies. Je compile les sources d'informations sur des listes. Je vis entouré de livres et de prises de note. Par ailleurs, j'écris de la SF dans le registre de l'anticipation: j'aime mettre en scène des futurs proches et crédibles. Donc, oui, je traite le sujet avec un grand souci d'exactitude, même si le cadre imaginaire laisse en théorie une certaine liberté.
A titre d'exemple, je suis friand d'ouvrages de futurologie: autrement dit, à quoi ressemblera le monde dans 50 ans? Quelles évolutions politiques, sociétales, technologiques, médicales? Je lis beaucoup d'ouvrages spécialisés dans les domaines que je maîtrise, et des ouvrages de vulgarisation dans ceux que je ne maîtrise pas. L'AVH que j'écris en ce moment, et que je ne diffuserai pas avant plusieurs années sans doute, puisque j'en ai d'autres en réserve, concerne l'innovation médicale et les thérapies géniques. Je compulse dès lors énormément d'ouvrages concernant ces domaines, afin d'imaginer de manière vraisemblable ce que pourrait être la science de l'avenir. Idem pour le problème de l'automatisation, auquel j'avais d'ailleurs consacré un essai académique il y a de nombreuses années, et où je parlais à l'époque beaucoup des robots et des IA, avant qu'elles ne soient commercialisées.
Mais ce sont juste des marottes. Je ne pense pas évidemment que ce soit nécessaire à la réussite d'un bon livre de SF. Tout dépend du type de roman, à vrai dire. Arthur C. Clarke avait de solides compétences scientifiques et les utilisait dans ses récits. C'était moins le cas de Philip K. Dick ou de William Gibson: ça ne les a pas empêchés d'écrire de solides romans, avec souvent beaucoup de justesse dans l'anticipation malgré tout.
Mais j'en reviens au propos initial de Yome, qui cherchait une bonne méthode. De mon point de vue, si l'on veut se documenter, et l'on doit toujours le faire un peu sans doute, soit il faut le faire très en amont et accumuler des bases de connaissance très vastes, puis compléter ensuite selon les besoins du roman, soit il faut se contenter de connaissances vagues, d'une documentation complémentaire de dernière minute, et donner la priorité aux ambiances, en s'épargnant l'accumulation de détails qui sont de toute façon assez insignifiants.
Encore une fois, à mes yeux, tout dépend du registre qu'on souhaite adopter. On peut produire de bons romans sur le mode de la fantaisie. Le risque, ce serait plutôt d'essayer de faire un roman réaliste et de ne pas pouvoir l'assumer, faute de travail préalable. Comme on risquerait d'amoindrir le charme d'un roman fantaisiste en accumulant les références documentaires hors-de-propos.
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Cela dit, si le but est d'accumuler des informations, le seul moyen probant à mon avis, c'est de faire des fiches. Sur mon PC, j'ai des tonnes de dossiers archivés, avec des documents séparés dans lesquels je copie-colle toutes les informations utiles autour de thèmes données. Ensuite, je m'y reporte quand j'ai besoin d'écrire quelque chose en particulier.
Sinon, on oublie les informations au fur et à mesure. Je ne suis pas certain que le cerveau puisse fonctionner autrement. Mais j'ai peut-être tort!
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