[m-yaz 2024] J’ai H7E14C7 et je dois m’échapper du Dédale du Trépas ?!
#1
http://litteraction.fr/livre-jeu/j-ai-h7...-du-trepas

Mise en ligne d'une version 1.2 avec juste quelques étourderies corrigées (pas de changements structurels) :
- L'illustrateur du Dédale du Trépas est bien évidemment Yann MabMaen, et non Rufus Fitznicolas
- Échange standard de deux sections ; parce que le 3 qui renvoie sur le 4, c'était pas possible.
- Quelques tentatives* d'élaguer des phrases bien trop longues et alambiquées ; on est chez Vivepierre, il faut aller à l'essentiel !
- Corrections grammaticales, typographiques, orthographiques, etc. diverses

*La réussite n'est pas garantie.
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#2
Attention : malgré son titre proche, cette AVH ne doit pas être confondue avec Le bastion du trépas  ! Smile 
Chaque AVH de Skarn est un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Cette nouvelle AVH ne déroge pas à la règle, et on serait bien en peine de caser l'objet dans une seule case. Est-ce une fan-fiction ? Un hommage (ironique) à cette madeleine de Proust que nous avons tous lu ? Une exégèse de Ian Livingtone ? Une relecture critique de son oeuvre ? Une méditation sur le processus créatif de l'écriture interactive ? Ou sur les limites de l'écriture interactive ? Un autoportrait intime de la vie d'un passionné de LDVELH ? Une sorte de fantasme littéraire en mode "et si on pouvait réellement gagner un LDVELH de Livingstone avec des caractéristiques minimales" ? Sans doute un peu de tout ça, et sans doute encore autres choses. 
Concrètement, Skarn nous propose donc une sorte de re-boot du célèbre "Labyrinthe de la mort" en passant au passage de 400 à 50 paragraphes, et d'un système avec dès à un système sans. Ce qui constitue déjà une sacré gageur. Pari gagné, pourtant ! En un sens, c'est une tentative (très réussie) de "skarnisation" de Livingstone, le défi un peu fou de transformer en sienne l’œuvre d'un auteur qui créativement est probablement à l'opposé de lui-même par bien des aspects (l'un a toujours creusé le même sillon quand l'autre se réinvente à chaque fois, l'un n'a jamais testé ses livres tandis que l'autre si, l'un donne la part belle au hasard alors que l'autre non, l’un ne propose que des OTP alors que l’autre propose toujours plusieurs chemins...).
Quoi qu'il en soit j'ai trouvé l'AVH très plaisante. En trois phrases, le personnage est posé et on expérimente déjà une première surprise : la mort du PJ, racontée en mode cocasse. Le postulat de départ est surprenant, inattendu, et finalement assez excitant. Le challenge est relevé, intéressant. Le gameplay au petit oignon fait tout le sel du challenge : comme on a hérité de caractéristiques minimales, impossible de suivre la même voie que dans l'oeuvre originale. Avoir le sens du timing est vital (je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler). J'ai adoré également les considérations méta qui racontent les tics d’écriture et le processus de création (chaotique) du "Dédale du Trépas" : les labyrinthes de VivePierre qui n'en sont pas vraiment, le paragraphe avec des indices sur l'ordre des clés qui a disparu de la version finale de l'ouvrage (obligeant le lecteur à faire un choix au pifomètre), l'impossibilité physique dans cet univers parallèle de revenir sur ses pas, les objets inutiles qu’il faut quand même collecter au cas où, les paragraphes qui se font de plus en plus courts car l'auteur était fatigué de son livre et voulait vite l’achever. Autre qualité appréciable : cette AVH donne furieusement envie de relire pour la nième fois Le Dédale... pardon Le labyrinthe de la mort pour y disséquer tous les détails avec un œil critique et amusé.
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#3
Le titre à lui seul me faisait envie. Je n'ai pas été déçu!
Je craignais juste une chose, que ce soit la grosse blague et qu'on ne puisse pas vraiment aller à la fin, que l'astuce soit de se barrer dès le début par une porte dérobée... Mais non, on peut vraiment devenir le champion avec H7E14C7. Tongue
Le tout est de savoir comment. Et Skarn a été malin en créant un vrai mini OTP vicieux, où il n'y a pas une règle d'or pour réussir et où il faut faire des choix surprenants pour survivre. Il m'a fallu 6 essais pour y parvenir.

C'était très fun. Le personnage prend un aspect "petite fouine lâche mais en vie" très réjouissant. Les clins d'oeil et les réflexions que l'oeuvre de Livingstone et les livres-jeux prêtent à sourire. On retrouve même un peu l'ambiance du fameux Laby, c'est à la fois sérieux et drôle.
[+] 1 personne remercie Fitz pour ce message !
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#4
Je dois avouer que moi j'aime le Labyrinthe de la mort!

Une histoire très surprenante et originale, elle est parfaite dans ce format de 50 paragraphes. Je pense que le point fort est que c'est vraiment divertissant. La construction aussi est super bien pensée et subtile, avec des choix intrigants... On nous dit que la clé est derrière la porte, mais j'ai tellement envie de pas la ramasser pour voir ce que ça va donner !! Assez difficile, 5 tentatives pour moi si je ne me trompe pas, mais c'est pas lourd, et ça permet d'essayer quelques folies et les autres chemins qui sont tous biens. La bonne vieille scène de l'arène est excellente.

Le seul truc qui m'a agacé est que parfois je n'ai pas compris les références, j'en ai déduit que c'est un pastiche d'une version un légèrement fictive du Labyrinthe de la mort. Par exemple l'hydre de pierre, mais pas que, J'ai même sortit ma vieille édition pour voir si j'avais pas perdu un peu la mémoire. J'aimerais savoir ce qu'en pensera quelqu'un qui n'a pas joué au LdlM, mais dans le fond y'a quand même pas mal de clichés de cette époque qui sont communs à d'autres ouvrages.

Ça m'a fait sourire qu'on ait tous les deux des clés de couleurs.

Je ne sais pas si le lien avec le thème est très présent, mais en tout cas une AVH vraiment amusante à jouer.

P.S : petites erreurs ici je pense:
mais si pas si difficiles (intro)
le protagoniste arrive juste les entrefaites (p30)
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#5
Merci pour ces retours.

L'histoire autour de la conception de cette aventure étant assez rigolote, je vais m'autoriser à raconter ma vie.

Lors d'un dîner à Cannes où j'avais sans doute abusé des épices, je m'étais engagé auprès de gynogege et linflas à écrire un mini-Yaz' de moins de dix mille mots renouant avec une certaine simplicité. L'idée était d'aller à contre-courant de certains clichés à la fois sur le mini-Yaz' et mes propres écrits. Aussi, les récentes publications de Fitz et Gwalchmei dans le style néo-tradi et la rencontre avec des auteurs historiques ont sans doute contribué à cette volonté de revenir aux sources.

Également, je suis fainéant. Aussi, écrire moins de mots, s'en tenir à une structure simple, ça me paraissait une très bonne idée pour en faire le moins possible.

Sauf que je me suis vite retrouvé confronté à l'écueil que faire simple, c'est compliqué. Si les idées ne me manquaient pas, les idées satisfaisant à mes contraintes auto-imposées plutôt qu'un machin qui demanderait 200 sections pour respirer à peu près correctement, ça c'est autre chose.

J'ai donc fait ce que tout le monde aurait fait. J'ai gravi à la nuit tombée la plus haute montagne à moins de dix minutes à pied de chez moi, et là, dans le calme et l'obscurité, coupé de la tourmente du monde, j'ai médité sur la question.

Puis j'ai réalisé que ça ne servait à rien et suis redescendu appliquer une technique vraiment efficace pour trouver l'inspiration : encourager Outremer à disserter sur un maximum de sujets et me saisir au vol de tout ce qui avait l'air intéressant.

... parmi tous les héros célèbres de la mythologie grecque - lesquels donnent quelquefois l'impression qu'ils n'arriveraient pas même à nouer leurs lacets si un dieu ne venait pas leur tenir la main - Jason se distingue comme le plus extraordinaire des empotés ...

Non, la mythologie grecque, déjà fait, et en plus le créneau et un peu saturé en ce moment.

... Une princesse slime pourrait offrir au départ la capacité de digérer n'importe quoi et de neutraliser les poisons, et plus tard des pouvoirs de métamorphose de plus en plus conséquents ...

L'expérience de Fanfare suggère que c'est le genre d'univers vraiment trop compliqué pour du 50 sections, surtout sans illustrations.

... Il y a donc un sous-genre avec des dizaines et des dizaines de mangas qui s'est bâti sur la réfutation d'un cliché scénaristique qui n'existe littéralement pas, ce que je trouve assez fascinant.

Inventer une œuvre fictive, s'inspirant de livres existants mais ne correspondant en réalité à aucun, pour ensuite la déconstruire tu dis ? Je prends !

Et c'est ainsi qu'est né H7E14C7 : Le Dédale du Trépas.

Bon, déjà, je comprends pourquoi l'isekai est un genre aussi populaire : ça s'écrit tout seul. En deux semaines, c'était plié. Plusieurs raisons à cela je dirais :
- Un protagoniste un peu bateau découvrant l'univers et ses règles progressivement, expliquant avec des mots et concepts familiers les différences avec notre monde.
- Sous couvert de parodie, on peut non seulement se permettre de reprendre tels quels des éléments existant, mais en plus on peut se passer de les décrire ou de les justifier.
- On peut faire porter à ce pauvre Vivepierre le chapeau de tous nos errements propres, et se délester ainsi de tous nos doutes, de tous nos scrupules.

Oui, c'est une one-true-path. Mais est-ce que Vivepierre aurait fait autre chose qu'un one-true-path ? Oui, la dernière portion de l'aventure est compressée en cinq courtes sections. Mais là aussi, c'est la faute à Vivepierre !

Les spécialistes ont d'ailleurs remarqué à raison que Vivepierre n'est que partiellement Livingstone et le Dédale n'est pas tout à fait le Labyrinthe. Les sections de plus en plus succinctes alors que l'histoire progresse, c'est plutôt un travers de Waterfield. Plusieurs des péripéties sont plus dans l'ambiance des textes de Jackson ou Mason. Et ce créateur de Frankenstein contient sans doute aussi, plus ou moins volontairement, des bouts d'auteurs modernes, dont moi-même.

(14/04/2024, 22:40)grattepapier a écrit : et on expérimente déjà une première surprise : la mort du PJ, racontée en mode cocasse. Le postulat de départ est surprenant, inattendu, et finalement assez excitant.

L'honnêteté m'oblige à avouer qu'il s'agit là d'un cliché d'un certain sous-genre de mangas, que j'ai repris tel quel parce que ça répondait très bien à mes propres besoins narratifs, et que ce n'est pas la peine de réinventer la roue à chaque fois.

(14/04/2024, 22:40)grattepapier a écrit : de "skarnisation" de Livingstone, le défi un peu fou de transformer en sienne l’œuvre d'un auteur qui créativement est probablement à l'opposé de lui-même par bien des aspects

En fait, en écrivant ce texte, je me suis un peu réconcilié avec le Livingstone des débuts, avant qu'il ne sombre dans la pire des parodies de lui-même.

Sur ses premiers titres, il y a quand même des idées, allant même parfois au-delà du défrichage de cette terre alors inconnue. Par exemple, dans le Labyrinthe, je trouve que les autres candidats sont bien gérés, on ressent bien leur présence. Dans La Forêt de la malédiction, le fait d'avoir un budget limité à répartir entre des pièces d'équipement variées au tout début, c'est le genre de concept efficace qu'on pourrait retrouver tel quel dans un livre-jeu moderne.

Et mon respect pour les illustrateurs n'a fait que croître en réalisant bien à quel point ils tenaient ces livres à bout de bras, compensant des descriptions légères voire inexistantes à la force de leur propre plume.

(14/04/2024, 22:40)grattepapier a écrit : cette AVH donne furieusement envie de relire pour la nième fois Le Dédale... pardon Le labyrinthe de la mort pour y disséquer tous les détails avec un œil critique et amusé.

Vraie anecdote : je me suis interdit de rouvrir le Labyrinthe, ou un autre DF, de toute la période d'écriture. J'avais peur de coller de trop près à l'original si je l'avais vraiment à ce point frais dans ma mémoire.

(17/04/2024, 15:50)Fitz a écrit : Je craignais juste une chose, que ce soit la grosse blague et qu'on ne puisse pas vraiment aller à la fin, que l'astuce soit de se barrer dès le début par une porte dérobée... Mais non, on peut vraiment devenir le champion avec H7E14C7. [...] On retrouve même un peu l'ambiance du fameux Laby, c'est à la fois sérieux et drôle.

Concernant le dungeon crawl, le kill the sorcerer, tous ces schémas narratifs classiques, le filon de la grosse parodie me semble plus ou moins épuisé. Je dirais qu'on est plutôt au stade de la reconstruction. On a disséqué leurs travers, on peut se permettre d'en rire quand une aventure se prend les pieds dedans sans recul, mais on a désormais l'expérience pour aussi reconnaître leurs qualités, et proposer des œuvres qui en tirent parti.

Le chemin le plus facile, c'est sans doute celui que j'ai pris ici, une touche d'humour. Mais je pense que ça peut aussi passer par l'épique, en assumant un scénario simple et direct pour donner plus d'efficacité au jeu, lequel sera en revanche bien plus riche que dans la plupart des titres historiques.

Dans le cas présent, j'ai tenu à ce que l'aventure, pastiche ou non, propose le plus sérieusement du monde un solide donjon à l'ancienne, avec son exploration spatiale, ses choix gauche-droite, ses salles variées, ses clés à récolter.

(18/04/2024, 19:22)Flam a écrit : J'aimerais savoir ce qu'en pensera quelqu'un qui n'a pas joué au LdlM, mais dans le fond y'a quand même pas mal de clichés de cette époque qui sont communs à d'autres ouvrages.

C'est ma grande interrogation également. J'ignore totalement à quel point ce sera hermétique pour quelqu'un ayant esquivé ces ouvrages qui commencent à dater.
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#6
Un dédale redoutablement agencé et contre-intuitif (enfin pour moi; je ne sais pas ce que les autres ont intuité). Même si l’absence de hasard m’agace toujours un peu, c’est une conséquence logique de la situation de Notre Héros… et cela justifie l’affirmation répétée dans les DF (incidemment, quitte à trouver des synonymes à tout, ç’aurait été une idée d’en trouver à Défis Fantastiques… Incroyables Épreuves ?) qu’on peut réussir avec ces scores. Et le style assez réjouissant aide à faire passer la pilule.

Le §28 est particulièrement saisissant.

Une légère objection cependant : au §15 il serait préférable d’écrire « Quel que soit le chemin que vous emprunterez, Lune Bleue aura pris l’autre » vu que c’est elle qui passe devant.

J’ai aussi relevé quelques fôtes, on ne se refait pas :
§3 de nature végétale
§10 Mais
§37 pour vous dissuader
§40 de miroirs ; Or
§44 léché

Non, en fait les deux reproches que j’ai à faire sont
- que dans ma réécriture du Temple de la Terreur (qui continue quand je n’ai pas mieux à faire, et même quand j’ai mieux à faire quelquefois) je mentionne le mage de Pierre-Vive et tout le monde va croire que j’ai pompé ;
- que maintenant je vais devoir lire les autres concurrents au mini-yaz pour savoir pour qui d’autre voter une fois que j’aurai mis le max de points à celle-ci.

Bref, c’est une excellente AVH à qui il ne manque que de s’étaler sur 400§ au lieu d’être restreinte à 50. On attend la version complète.
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#7
Si je note bel et bien les fautes que vous me relevez, je vous avoue que je prévois plutôt de les corriger toutes d'un coup après le mini-Yaz' qu'au fil de l'eau.

(25/04/2024, 04:54)ashimbabbar a écrit : (incidemment, quitte à trouver des synonymes à tout, ç’aurait été une idée d’en trouver à Défis Fantastiques… Incroyables Épreuves ?)

Extraordinaires Escarmouches, avec son célèbre logo représentant deux E séparés par une lance.

À noter que les éditions étrangères préféreront souvent employer une locution moins martiale. Ainsi, en Angleterre, ils sont connus sous le plus neutre Incredible Challenges.

(25/04/2024, 04:54)ashimbabbar a écrit : - que dans ma réécriture du Temple de la Terreur (qui continue quand je n’ai pas mieux à faire, et même quand j’ai mieux à faire quelquefois) je mentionne le mage de Pierre-Vive et tout le monde va croire que j’ai pompé ;

Tu n'as désormais plus le choix : ton texte doit être une telle réussite qu'il éclipse complètement le mien, au point que les gens supposeront par défaut que c'est H7E14C7 l'imitateur, puisque allant rarement vérifier spontanément les dates de publication effectives.

(25/04/2024, 04:54)ashimbabbar a écrit : Bref, c’est une excellente AVH à qui il ne manque que de s’étaler sur 400§ au lieu d’être restreinte à 50. On attend la version complète.

Honnêtement, je pense que le concept s'essoufflerait bien vite sur un format long. À la rigueur on peut imaginer une série, où chaque court numéro reprendrait un schéma d'aventure classique : la quête longue et assez linéaire, les missions à faire dans n'importe quel ordre à partir d'un lieu central, celle où presque tout se joue aux bons choix de compétences et d'équipement au départ...

Mais même ainsi, cela demanderait énormément de doigté pour éviter de se répéter trop vite au niveau de l'humour. Vivepierre a bien des défauts, mais quand même pas assez pour que les souligner ne devienne rapidement lassant, voire gratuitement méchant.
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#8
Amusant : en guise d'hommage aux OTP façon Ian Livingstone, voici un OTP façon Destins hardcore, sans hasard, avec juste un score à gérer et des choix tous moins intuitifs les uns que les autres à faire. Référence appropriée, puisqu'il s'agit bien d'échapper à un destin, celui des héros ordinaires de clones du Labyrinthe de la Mort qui se sont vus infliger par les dés des caractéristiques ridicules. Et comment faire ? En évitant de suivre le chemin tout tracé des héros, précisément : a) éviter certains combats, b) se préparer à toutes les compromissions et calculs pour survivre aux autres. Mais quand faire a) et quand faire b) ? C'est la question motrice de la mécanique retorse de cet OTP : les bons choix ne se résument pas seulement à passer par les bons endroits pour y accomplir les actions adéquates, mais à le faire aux bons moments, en jouant sur l'avance ou le retard pris sur ses concurrents (le système des croix).

Soit une habile façon pour cette AVH de prendre de biais les codes d'un sous-genre connu, sans pour autant les dénigrer, pour mieux en renouveler la saveur. La narration contribue pour beaucoup à cette séduisante entreprise, sous forme de commentaires de vétéran éclairé des Défis Fantastiques et de leurs travers à notre adresse, distanciés, parfois fatalistes, parfois cruels, mais jamais méchants, rappelant le lot semble-t-il immuable des héros stéréotypés de LDVELH... et distillant l'air de rien la motivation d'y échapper.

Deux tout petits bémols, parce qu'il en faut :
- les armes qui ne servent à rien, c'est mal (ou alors j'ai raté quelque chose) !
- le flou quant aux circonstances de la récupération des dernières clés sur le "vrai chemin" est bien opportun !
Souris ! Tu ne peux pas tous les tuer...
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#9
Merci de ce retour.

(21/05/2024, 23:21)Loi-Kymar a écrit : des choix tous moins intuitifs les uns que les autres à faire

De faire du Vivepierre m'a libéré de tout scrupule... mais vu à quelle point cette remarque est récurrente, j'ai peut-être un peu craqué quand même.

Oh, je suis sûr que c'est conforme au niveau de contre-intuitif de certains ouvrages historiques. Mais c'est pas une excuse, on est là pour avoir la patine du vieux mais la solidité du neuf.

(21/05/2024, 23:21)Loi-Kymar a écrit : - les armes qui ne servent à rien, c'est mal (ou alors j'ai raté quelque chose) !

Non, ça, c'est du Vivepierre dans le texte : des objets qui ne servent à rien et des armes parfaitement interchangeables.

Sur le dernier point, je ne lui donne pas forcément tort d'ailleurs. Je trouve que c'est une simplification bienvenue dans la grande majorité des cas, de la même façon que la contenance infinie de notre sac à dos.

(21/05/2024, 23:21)Loi-Kymar a écrit : - le flou quant aux circonstances de la récupération des dernières clés sur le "vrai chemin" est bien opportun !

Dans ma tête c'est pas si flou... mais sur le coup j'avais pas trouvé comment faire pour que le protagoniste ait les infos nécessaires pour remettre toutes les pièces du puzzle à leur place.

Avec le recul, je pense que Philibert devrait se rappeler à un moment d'avoir lu dans l'Encyclopédie de Colosse que :
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Et on devrait trouver :
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#10
(23/05/2024, 08:21)Skarn a écrit : Merci de ce retour.

(21/05/2024, 23:21)Loi-Kymar a écrit : des choix tous moins intuitifs les uns que les autres à faire

De faire du Vivepierre m'a libéré de tout scrupule... mais vu à quelle point cette remarque est récurrente, j'ai peut-être un peu craqué quand même.

Oh, je suis sûr que c'est conforme au niveau de contre-intuitif de certains ouvrages historiques. Mais c'est pas une excuse, on est là pour avoir la patine du vieux mais la solidité du neuf.

Pas de regrets à avoir ! Le "die-and-retry" pour trouver les endroits où prendre un chemin de traverse fait partie du plaisir de jouer à ton OTP (à la différence de certains de Vivepierre) !
Souris ! Tu ne peux pas tous les tuer...
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#11
Je n'ai pas lu le Labyrinthe de la mort, voici votre lectrice alpha (ou beta ?) !
Eh bien, ça marche aussi très bien !
Skarn est très fort, même sans avoir les références, j'ai été prise par le côté satirique. Bravo !
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#12
J’ai H7E14C7 et je dois m’échapper du Dédale du Trépas ?! nous propose une aventure originale sous forme d’isekai. On pourrait presque même parler d’isekai issu d’un monde parallèle au nôtre car dans le monde d’origine, les LVH font bel et bien figures d’œuvres littéraires étudiées comme il se doit et les références aux histoires originales sont dissimulées sous de délicieuses constructions synonymiques, ce qui génère bien sûr une légère distorsion du réel, mais dont personne n'est dupe.
Le texte est éminemment transtextuel (référence à un autre texte) et convoque à la fois la métatexualité (le texte de Skarn commente celui du Labyrinthe de la mort) et l’hypertextualité (l’hypotexe de Pierrevive est « repris » et modifié dans l’hypertexte qui soit offre de nouveaux développements, soit le résume).
Tout ceci permet à Skarn de jouer avec la composante pragma-énonciative du récit (je cite Catherine Fromilhague, Les figures de style, p. 9 « il s’agit d’articuler les perturbations qui provoquent la saillance, les réaménagements et les positionnements énonciatifs, et le jeu des points de vue »), rendant J’ai H7E14C7 et je dois m’échapper du Dédale du Trépas ?! particulièrement savoureux à lire : moqueur, parfois ironique et qui, tout en proposant une critique légère du genre, s’offre également le luxe d’inciter les lecteurs à la réflexivité littéraire (réfléchir à ses comportements de lecteur).

Malheureusement, cette volonté tant parodique que littéraire se heurte parfois à la barrière du style qui n’évite pas les lourdeurs et les maladresses. Et le lecteur, de confident volontaire et amusé, devient alors confident captif et ennuyé. Mais l’on comprend bien l’intention première, l’intention derrière, plus taquine que véritablement critique et si c’est ponctuellement un écueil de lecture (léger), il n'est pas sur le fond opposable au récit.

Parmi les petits reproches que je peux formuler, on trouve ici ou là des ébarbures stylistiques sur lesquelles il pourrait être utile de revenir afin de les travailler, comme les soucis d’emploi des temps (concordance, valeur aspectuelle), des lourdeurs, des tournures de phrases malheureuses et ici ou là – mais guère – des termes inadéquats. Tout ceci demeure néanmoins suffisamment rare pour ne pas gêner le récit et ne nuit finalement que peu à la prose de Skarn, surtout quand ce dernier se lâche pour disserter sur les œuvres du ou des auteurs parodiés, un petit régal à chaque fois.

Puisque le texte cherche à jouer avec un autre texte, forcément, l’ambiance est tout autre et s’éloigne de l’univers claustrophobe que l’on pourrait ressentir à la lecture d’une histoire d’enfermement. L'ambiance est ailleurs : maîtriser le destin. Et le texte est sur ce point une réussite. Non pas tant dans l’immersion narrative – régulièrement brisée par les digressions du narrateur – que ludique, qui nous offre ici un magnifique OTP, très bien géré, jouant sur la gestion du temps et de l’équipement. Pour ma part, j’ai adoré cette partie de l’histoire, me prenant vraiment au jeu.

J’ai aussi apprécié les efforts pour coller au style de Livingstone, les touches descriptives supplémentaires lorsqu’un élément du récit original qui n’avait pas été abordé est subitement révélé et l’aspect totalement contre-intuitif de certaines décisions qui, je trouve, correspond bien à l’atmosphère de cette lecture.
J’ai par contre regretté une fin laborieuse (aucun frisson, le fait de continuer de parler de Shinobi comme vivant alors que nous savons qu’il est mort, sa rapidité) due évidemment au nombre de sections, ce qui inclut la récupération de type deus ex machina des deux clés manquantes ; et la sensation d’évoluer seul et en dehors du labyrinthe (le réel de l’univers pèse peu sur le protagoniste).

J’ai enfin trouvé que le thème était plutôt respecté, allant chercher dans l’entredent/les interstices de la mécanique livingstonienne la justification de l’histoire.

Merci à toi Skarn pour cette bien agréable lecture.
Goburlicheur de chrastymèles
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