Un mot avant de parler d'"À la lisière des mondes". Faute de pouvoir maintenir un rythme de lecture de mini-AVH suffisant, je ne pense pas être en mesure de donner mon vote pour cette édition. Je m'en excuse auprès de celles et ceux qui ont fait en sorte qu'elle se tienne, en particulier les auteurs des mini-AVH que je n'aurai pas eu le temps de lire ni de commenter.
J'ai joué "À la lisière des mondes" en éprouvant une sensation curieuse à la lecture du texte, et ce dès le prologue : une sensation de vitesse des événements et de ralentissement introspectif simultanés. L'écriture, comme cela a été dit, est factuelle, prenant essentiellement sur un point de vue d'observateur (quand bien même c'est écrit à la première personne !), et ne traîne pas souvent en route, interdisant au lecteur de survoler sous peine de rater un fait ou un geste essentiel. Et cependant, à de multiples occasions, elle s'autorise des ruptures de rythme, comme des "arrêts sur image", assez pour rappeler que derrière les actions en cours dont on est témoin ou acteur un drame intime se joue. Un paradoxe stylistique peut-être subjectif de ma part, mais qui m'a paru bien s'accorder avec celui qui habite ce personnage-joueur déchiré entre deux identités (française ou iroquoise) et deux attitudes (l'attente ou l'action).
L'autre caractéristique qui m'a touché dans cette AVH est sa façon d'incarner la lutte du personnage-joueur pour ce qui se révèle son veritable objectif : plus que de déterminer son identité – contrôler son destin :
- en signifiant la progression de sa destinée au-delà des questions de bien, de mal, de réussite ou d'échec, de sorte que même les pires tragédies qui frappent ses proches se produisent moins comme des punitions de mauvais choix que comme des étapes nécessaires à son cheminement ;
- en fournissant simultanément au jouquineur la faculté de prendre le contrôle de cette destinée, par son double principe d'accumulation de codes (pour influencer l'issue de la confrontation finale) et de points de Volonté (pour surmonter le pouvoir de ces mêmes codes et décider soi-même de l'issue !).
J'ai eu le plaisir, au bout du compte, de découvrir une AVH à la fois sèche comme une balle de fusil et résonnant du désir de vivre de ses personnages, parfois abrupte (quelques impasses un peu raides, que je suis tenté d'attribuer à la limite de paragraphes imposée) et parfois capable de rebondir sur la tragédie pour avancer, avec un pouvoir de captation et d'implication de tous les instants. Encore une belle réalisation de grattepapier !
PS : J'ai trouvé le "cadeau empoisonné" liant l'AVH au thème du concours. Vicieux !
PPS : À titre personnel, mon appréciation de la meilleure fin hésite entre celle évoquée ci-dessus et "Coureur des bois".
J'ai joué "À la lisière des mondes" en éprouvant une sensation curieuse à la lecture du texte, et ce dès le prologue : une sensation de vitesse des événements et de ralentissement introspectif simultanés. L'écriture, comme cela a été dit, est factuelle, prenant essentiellement sur un point de vue d'observateur (quand bien même c'est écrit à la première personne !), et ne traîne pas souvent en route, interdisant au lecteur de survoler sous peine de rater un fait ou un geste essentiel. Et cependant, à de multiples occasions, elle s'autorise des ruptures de rythme, comme des "arrêts sur image", assez pour rappeler que derrière les actions en cours dont on est témoin ou acteur un drame intime se joue. Un paradoxe stylistique peut-être subjectif de ma part, mais qui m'a paru bien s'accorder avec celui qui habite ce personnage-joueur déchiré entre deux identités (française ou iroquoise) et deux attitudes (l'attente ou l'action).
L'autre caractéristique qui m'a touché dans cette AVH est sa façon d'incarner la lutte du personnage-joueur pour ce qui se révèle son veritable objectif : plus que de déterminer son identité – contrôler son destin :
- en signifiant la progression de sa destinée au-delà des questions de bien, de mal, de réussite ou d'échec, de sorte que même les pires tragédies qui frappent ses proches se produisent moins comme des punitions de mauvais choix que comme des étapes nécessaires à son cheminement ;
- en fournissant simultanément au jouquineur la faculté de prendre le contrôle de cette destinée, par son double principe d'accumulation de codes (pour influencer l'issue de la confrontation finale) et de points de Volonté (pour surmonter le pouvoir de ces mêmes codes et décider soi-même de l'issue !).
J'ai eu le plaisir, au bout du compte, de découvrir une AVH à la fois sèche comme une balle de fusil et résonnant du désir de vivre de ses personnages, parfois abrupte (quelques impasses un peu raides, que je suis tenté d'attribuer à la limite de paragraphes imposée) et parfois capable de rebondir sur la tragédie pour avancer, avec un pouvoir de captation et d'implication de tous les instants. Encore une belle réalisation de grattepapier !
PS : J'ai trouvé le "cadeau empoisonné" liant l'AVH au thème du concours. Vicieux !
PPS : À titre personnel, mon appréciation de la meilleure fin hésite entre celle évoquée ci-dessus et "Coureur des bois".
Souris ! Tu ne peux pas tous les tuer...

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