Le premier paragraphe
Je ne suis pas fan d'une AVH à la troisième personne.
Mais on s'en fout tant le reste me plaît. C'est immersif, sensoriel, évocateur, je n'ai eu aucun mal à m'y plonger.
300 paragraphes ? S'ils sont tous aussi bons, ça risque d'être trop court.
Anywhere out of the world
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Léon Citron

Tu es Léon Citron, le caméléon vedette du Jardin Botanique de Genève !

Tu es là, immobile, sur ta branche, beige.
D'ailleurs, quand tes amis t'attendent, souvent ils te disent :  "Arrête de faire ton beige, Léon ! On t'a vu !"

En bon caméléon digne de ce nom, tes yeux sont indépendants. Tu peux voir partout en même temps, même si les images ne se chevauchent pas. C'est très pratique. Les jeunes humains ont un air de dégout quand ils te voient pour la première fois. Cela dit, tu reconnais volontiers que tu fais alors exprès d'avoir un œil qui regarde derrière et un autre devant, puis un vers le haut et un vers le bas, et tu alternes rapidement : Ça les fait flipper !  

Là, tu as l’œil droit qui surveille une petite mouche très appétissante depuis 15 bonnes minutes, et ton œil gauche regarde la neige tomber sur la verrière de ta serre tropicale du Jardin Botanique de Genève, de renommée mondiale, certainement même galactique, probablement intersidérale, voire universelle. Bref, tout le monde connaît, d'après ceux qui s'occupent de toi.

Tu adores regarder les flocons s'accrocher aux vitres, s'accumuler doucement, virevolter dans le vent froid en voyant comment les gens marchent dehors. 

Tu bouges très lentement, en vacillant comme si tu allais tomber d'un côté ou de l'autre, pour imiter une feuille dans la brise.

Tu es tranquille au chaud, il fait autour de 27 °C tout le temps. 

Ça y est ! Elle s'est posée à bonne distance !
Tu réalignes tes yeux pour bien la cibler... prêt à claquer un coup de langue comme un éclair.

Soudain, des branches bougent et la mouche s'envole.

C'est Nocti, ton copain microcèbe, cette sorte de grosse souris avec d'énormes yeux tout le temps ouverts ou presque, et des doigts bizarres, comme des mains d'humains. Il a l'air en panique.

" Léon ! Je crois que la clim' est en banane de notre côté ! On va tous mourir gelés !!! " dit-il totalement apeuré.

Souvent, les microcèbes dramatisent tout. Nocti, encore plus.

Mais là, tu l'as rarement vu comme ça.
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Dernière ligne droite dans la relecture finale de Du sang sur la neige (Yoannes, la route de la vengeance), premier tome de ma trilogie des Fils du Givre. Production bien moins ambitieuse que Les Fils du Soleil (400 paragraphes ou moins) et des règles basiques.
Je devrais vous le proposer d'ici peu.
En voici donc l'introduction et le premier paragraphe :

Une bourrasque de vent glacé s'engouffre en sifflant dans la petite cabine à l'entrée d'Ikaya, votre second. Ce dernier referme le panneau avant de tourner vers vous un visage fermé, affichant un front soucieux sous ses tatouages bleus. Tout en tisonnant les bûches dans le réchaud de fonte, vous l'interrogez du regard.
- Ce chien d'Artaban est toujours invisible, loin devant nous. Les hommes murmurent : ils redoutent de s'enfoncer plus avant dans cette région. Le domaine de Yamaël, le dieu du Givre…
Vous vous contentez de hausser les épaules avant de refermer le panneau du réchaud et de vous laisser tomber dans votre siège à haut dossier. Dehors, la nuit est tombée, noire et piquetée d'étoiles. Seuls le craquement de la charpente et le crissement des larges patins recourbés sur la neige rompent le silence tandis que la nef glisse dans l'obscurité. Ikaya reprend :
- Je sais, pour toi, ce ne sont que superstitions. Mais tu n'es pas des nôtres, tu viens d'ailleurs, tu ne peux pas comprendre ces choses.
- Assez ! répliquez-vous, tapant du poing sur la table. Olgerd était mon ami autant que mon patron et depuis des années. Il ne méritait pas de mourir ainsi, dans une rixe stupide autour d'une table de jeu, tué par un rival. J'ai juré de retrouver ce chien d'Artaban et de lui faire payer. Même si pour cela, je dois le poursuivre jusqu'au bord du monde. Et vous avez tous juré de me suivre.
Votre second pousse un soupir.
- Tu es aussi tête de mule que ton frère décidément et…
Ikaya se mord la lèvre tandis que vous le foudroyez du regard. Ce n'est certes pas le moment de vous rappeler la disparition de votre jumeau dont vous êtes sans nouvelles depuis des lunes.
- Ne mêle pas Ronan à notre affaire Ikaya, répondez-vous, la voix empreinte d'une sourde menace. Va dormir maintenant, il est tard.
Votre second incline la tête et vous laisse seul. Bercé par le roulis régulier du vaisseau, vous vous laissez aller à d'amères pensées. Dans sa dernière lettre, votre frère vous annonçait avoir été engagé avec sa compagnie de mercenaires par le prince Hazim, loin, très loin au sud. Le prince était en rébellion contre son souverain et recrutait nombre de mercenaires. Mais des marchands vous ont confirmé la défaite de son armée à la bataille d'Akif et le massacre des mercenaires. Même si au fond de vous-même, vous restez persuadé que Ronan est toujours vivant. Oui, le lien unique qui vous unit à votre jumeau s'était certes dénoué ces derniers temps mais jamais il ne s'est rompu. Ronan est toujours vivant, c'est une certitude ancrée dans votre cœur.
Et maintenant, rendez-vous au 1.

1

Le lendemain, le ciel est d'un bleu éclatant sous un soleil froid et le vent ne faiblit pas, vous permettant de maintenir une vive allure. Depuis le gaillard arrière, plissant les yeux sous la lumière vive, vous sentez le navire vibrer doucement sous vos pieds tandis que la grande voile claque dans l'air froid. Sur le pont, l'équipage va et vient, rudes marins formés à la dure école de la neige et du froid. Ils aimaient Olgerd et ont accepté de vous suivre afin de le venger, suite à cette nuit tragique où trop d'alcool, d'orgueil et d'or perdu ont conduit à l'irréparable. Accoudé à la large balustrade sculptée, vous regardez défiler les steppes vibrant dans la lumière. La Nef des Neiges, dont Olgerd était si fier, glisse sur ses larges patins recourbés de bois et d'ivoire, gravés de runes. Le Narval, navire d'Artaban, reste toujours invisible. Cette ordure a-t-il l'intention de fuir ainsi jusqu'aux confins du Septentrion ? Peu importe, vous le retrouverez, tôt ou tard. Vous le devez à la mémoire du marchand, qui vous a sauvés Ronan et vous autrefois et a fait ce que vous êtes aujourd'hui. Et une fois Olgerd vengé, vous vous mettrez à la recherche de votre frère. Si seulement ce dernier était resté à vos côtés… Mais non, il lui fallait partir, poussé par cette curiosité insatiable, ce besoin d'ailleurs que vous n'avez jamais compris. Et maintenant…
Un toussotement vous fait vous retourner vers l'homme de barre. Appuyé au lourd madrier de bois peint, le timonier vous interroge du regard.
Vous pouvez poursuivre droit devant à travers l'immensité des steppes, ce qui vous permettra de progresser à vive allure mais vous laissera à découvert dans cette région où rôdent les barbares des glaces. Et cela permettra peut-être également à votre proie de vous repérer et de vous échapper (rendez-vous au 52).
Ou vous pouvez longer les montagnes sur tribord, imposante muraille de glace aux pentes couvertes de forêt, parcours certes plus accidenté mais plus discret (rendez-vous au 102).
Anywhere out of the world
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"Neige" ? "Ikaya" ? Décèlerait-on un clin d'œil aux Grottes de Kalte ? Wink

Belle intro. Dans cette première lecture, je relève la répétition de "chien d'Artaban". Je suis sûr que le personnage mérite assez d'insultes pour l'éviter Wink
Souris ! Tu ne peux pas tous les tuer...
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Ce "chien d'Artaban" est devenu plus loin ce "salaud d'Artaban", merci pour la remarque.

Il y aura un peu de l'ambiance des grottes de Kalte mais l'action se déroule entre Septentrion et le Katchama, dans le grand nord de Teyrion. Une région inspirée de la Russie médiévale et du grand orient russe :

Au-delà des derniers royaumes civilisés du nord débutent les toundras, forêts et steppes d'un monde sauvage et mal connu, s'étendant jusqu'aux glaces du pôle. Septentrion, domaine de l'éternel hiver, de ses routes de glace bleue, rouges dans la pourpre morose du couchant, infinies étendues de neige éclairées d'un soleil blafard. Bordée de vastes forêts, s'enfonçant comme un fer de lance vers l'est, se déploie l'immensité des steppes, parcourues de vents incessants dont le bruit donne l'impression d'un chuchotement, d'un murmure… Puis vient le Katchama, ponctué de rares villes aux couleurs pastel rehaussées d'or se réfléchissant sur le ciel d'argent et l'étrange lumière des terres nordiques. C'est là que relaient les caravanes convoyant vers l'Orient Extrême et l'archipel de Nogaya toutes les richesses du grand nord : l'ambre et les fourrures, les cuirs fauves et odorants, l'acier, la cornaline arctique, les opales et les grenats semblables à du sang gelé, les herbes médicinales, la laine et l'acier. Et toujours ces vents qui chuchotent, comme une caresse. Ou une menace…

Pour l'instant, je patine sur la connexion entre deux grands itinéraires qui se rejoignent, j'ai repéré un gros problème de cohérence que je suis en train de régler.
Anywhere out of the world
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@VS : du coup, tu as retravaillé l'introduction d'un de tes projets qui à un moment s'appelait "La Course" ?
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Excellente mémoire !
Effectivement, j'ai repris à ce projet avorté l'idée d'aller faire un petit tour dans le grand nord de Teyrion et celle d'une nef des neiges.

La Nef des Neiges :
Elle était la fierté d'Olgerd le marchand, votre défunt employeur, protecteur et ami.
Il s'agit d'une invention du peuple nain des montagnes de Borée, une civilisation quasiment disparue et grandement versée dans les arts mécaniques. Un vaisseau monté sur de grands patins recourbés, pouvant ainsi glisser sur les étendues neigeuses, propulsé par un mécanisme étrange et complexe nécessitant bois et charbon en abondance. Un vent favorable peut lui permettre d'aller plus vite encore, grâce à ses grandes voiles. Olgerd avait déboursé une fortune pour faire construire ce vaisseau des neiges, aux larges patins de frêne et d'ivoire, par les derniers représentants du peuple nain. L'équipage, devenu vôtre, est constitué de solides marins, formés à la rude école de la mer et qui ont troqué cette dernière contre un autre océan, de neige celui-là. De taille moyenne, les flancs renflés et les lignes pures, votre nef glisse à travers les steppes, ses patins crissant sur la neige. L'équipage vit et dort dans la grande salle tandis que vous disposez de votre propre cabine à la poupe, celle qu'occupait Olgerd autrefois.
Anywhere out of the world
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(06/03/2026, 16:56)Flam a écrit : Je me lance aussi, une aventure fantastique dans un monde d'inspiration arabe. L'héroïne doit rechercher un enfant convoité et briser la malédiction des djinns. Au menu : magie, pistes, tapis volants, politique, bazars, déserts, ... Le projet en est à ses débuts et j'anticipe peut-être 300 paragraphes.
(...)

Je découvre ce post que je n'avais pas vu passer :
univers 1001 nuits + style de Flam = prometteur !
On attend la suite :-)
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@VS : merci pour ta réponse ! Ah, je me disais bien... Des grands bateaux sur patins à neige, cela ne s'oublie pas comme ça ! Curieux de lire la suite. J'adore les histoires de bateaux... et de glace.
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