[02] La Citadelle du Chaos
#16
(16/07/2010, 13:56)Elterin a écrit : Avouez que la dernière édition a nettement amélioré la couverture (ce qui n'était certes pas difficile)

Certes; même si ça se voit vraiment beaucoup qu'il a repompé celle de Défis Sanglants
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#17
Bien d'accord avec toi.
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#18
C'est clair qu'en voyant cette nouvelle couverture, on a une impression de "déjà-vu"... Mais elle donne mieux l'impression d'une forteresse maléfique, surtout avec ces tons noirs et verdâtres. La créature de la couverture serait-elle la redoutable hydre du bouquin ?
Anywhere out of the world
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#19
Vivent les Roulards !
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#20
il paraît que dans la réédition de 2009 on a le choix entre 3 personnages différents; chacun avec ses stats et (apparemment) sa sélection de sorts.

Dont un qui s'appelle Tybalt Spellcaster, il y en a vraiment qui n'ont honte de rien.
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#21
Avec la couverture marron ? Non, je ne crois pas...
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#22
Deuxième Défis Fantastiques et déjà le premier One-True-Path de la série. Enfin presque. Disons un OTP à 95 %.
Steve Jackson invente le genre du LDVELH qui nécessite d'avoir tels objets pour gagner, eux-mêmes nécessitant des objets particuliers pour les trouver. En ceci réside la difficulté élevée de cet opus qui aurait sinon été aisément gagnable, les combats et les pièges étant rarement mortels, les PFA peu nombreux, le combat final simple à gagner et les sortilèges permettant de se sortir de la plupart des situations pénibles.
Ce qui amène à parler du gros point fort de la Citadelle du Chaos et de sa caractéristique la plus mémorable : le système de magie.

Chose assez peu courante, nous interprétons un sorcier accompli et non pas un spadassin classique de la série des DF. Malheureusement pour le réalisme, on peut très bien être tout de même doté d'une Habileté initiale de 12. L'auteur a bien corrigé le tir dans la série Sorcellerie! ce qui est somme toute plus logique.
Une douzaine de sortilèges aux effets variés, que l'on peut apprendre en plusieurs exemplaires chacun, trois influant directement sur les caractéristiques alors que la majorité ne peuvent être utilisés que si les fins de paragraphes le permettent. Un système simple et efficace que le Steve
Jackson homonyme reprendra plus tard dans le Marais aux Scorpions.
La dimension tactique devient plus grande pour le joueur qui réfléchit à chaque rencontre sur le sortilège le plus approprié à lancer. Un bon point évidemment. Là où le bât blesse, comme dans la série Sorcellerie!, c'est que le système devient dévoreur de paragraphes.
En conséquence, l'aventure est plutôt courte avec surtout une succession de rencontres parfois trop brèves. J'aurais aimé plus d'interactions avec certaines créatures originales telles que les miks, la femme-tourbillon et bien d'autres.

Cette abondance de monstres bizarres est une autre qualité de ce LDVELH.
Dans le Sorcier de la Montagne de Feu, tout le bestiaire classique de Donjons & Dragons y passait (minotaure, gobs, orcs, dragon, zombies, etc...). Ici c'est tout le contraire à l'exception des trois humanoïdes dans la cour au début. Inutile de dresser une liste qui serait bien trop longue des créatures complètement inventées par l'auteur mais mention spéciale aux Roulards qui m'ont bien surpris et amusé (même si là encore leur rôle est trop fugace). Cette faune est d'un atypisme presque déstabilisant (on peut préférer le classicisme du Sorcier de la Montagne de Feu) mais témoigne d'une imagination fertile. En tout cas, on est régulièrement surpris, c'est déjà ça.

Cependant, une fois déblayés et mis en lumière ces atouts, la Citadelle du Chaos se révèle une aventure finalement peu passionnante.
Le scénario n'a rien de révolutionnaire : comme dans le premier DF, il faut tuer un sorcier et pour cela, survivre aux périls de son repaire. L'ensemble n'est donc qu'une succession de rencontres pour la plupart hostiles, de pièges et d'objets utiles avec plusieurs choix de directions assez aléatoires. Les parcours possibles sont variés même si la plupart des pistes sont des leurres. Disons qu'on peut
survivre à de nombreux chemins mais seul l'un d'entre eux permet de survivre avec des chances raisonnables aux deux passages mortifères vers la fin de l'aventure : les Gangees et l'Hydre.
A ce propos, j'ai particulièrement apprécié les multiples mises en garde (foncièrement inutiles pour le joueur) que les habitants de la citadelle nous prodiguent à l'encontre des Gangees. On commence à redouter ces créatures inconnues sans même les avoir vues. Effectivement, elles se révèlent à la hauteur de leur réputation...
Un autre aspect sympa est la rencontre finale avec Balthus qui propose un grand nombre de possibilités pour le joueur, avec une certaine dynamique dans le combat étalé sur plusieurs paragraphes. Cela change agréablement d'un simple HABILETE X ; ENDURANCE Y

Bilan de cette histoire sans rebondissement émaillée de rencontres hallucinantes et empreintes d'une certaines loufoquerie (les roulards, le gnome farceur, les deux gardes du début...) sans grand lien entre elles : une ambiance inexistante, aucune atmosphère particulière permettant de s'immerger dans l'histoire. Le chaos dans la citadelle est en effet total avec ce melting-pot de monstres intelligents qui cohabitent sans la moindre organisation ni le moindre rôle dévolu. C'est un si gros bordel à l'intérieur qu'on se demande pourquoi Balthus a posté deux gardes à l'entrée de son repaire. Ce manque de cohérence nuit à la crédibilité de l'histoire et il n'en reste au final que le plaisir
du jeu et de se demander sur quel truc bizarre on va tomber passée la prochaine porte.

En fait, ce 2ème Défis Fantastiques est un peu l'inverse du 14 ème Loup Solitaire, le Captif du Roi-Sorcier, qui partage le même objectif d'intrusion et de survie dans une place-forte ennemie. Avec la
Citadelle, le plaisir ludique est plus fort (magie, challenge des objets, nombreuses possibilités tactiques) que le Captif qui souffre entre autres maux d'une forte linéarité et d'un manque d'action. Mais dans le Captif, Kaag est intéressante dans sa structure avec ses faubourgs puis sa forteresse à étages, la description des unités ennemies qui se déchirent entre elles et tant d'autres détails qui donnent l'impression d'évoluer dans un environnement cohérent ; ça sonne juste en quelque sorte.
La Citadelle du Chaos ne sonne pas juste du tout. Ou alors, il faut apprécier les mélodies cacophoniques.

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#23
(16/08/2012, 21:26)Fitz a écrit : ... on peut survivre à de nombreux chemins mais seul l'un d'entre eux permet de survivre avec des chances raisonnables aux deux passages mortifères vers la fin de l'aventure

De mémoire, au moins deux chemins possibles, un chemin court et un chemin "touristique" qui permet de voir plus de lieux différents. Ce sont les deux solutions du site de Balthus (justement).

Je soupçonne si on prend au départ la précaution
Show ContentSpoiler:
on doit encore pouvoir suivre un autre chemin.

Rappelons que suite à une erreur de traduction, un objet presque indispensable (la clé de cuivre) a disparu du texte français, ce qui force à quelques contorsions pour gagner, si on ne le sait pas.


Citation :...dans le Captif, Kaag est intéressante dans sa structure avec ses faubourgs puis sa forteresse à étages, la description des unités ennemies qui se déchirent entre elles et tant d'autres détails qui donnent l'impression d'évoluer dans un environnement cohérent ; ça sonne juste en quelque sorte.
La Citadelle du Chaos ne sonne pas juste du tout.

Yep ! C'est LE gros défaut de la plupart des LDVEH où on infiltre le repaire d'un grand méchant : on peut l'explorer en long, en large et en travers presque sans croiser de patrouilles, et surtout sans jamais apercevoir la redoutable armée dont on doit supprimer le chef... => Dans La Légende de Zagor, un vaste château avec une seule petite caserne d'orques, le reste est un ramassis d'appartements particuliers de monstres en vrac qui semblent s'ignorer les uns les autres.
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#24
Pour ma part je me suis procuré en occasion le livre avec la première couverture, alias "l'infâme couverture".
On m'a toujours dit que l'habit ne fait pas le moine. Foutaises. Les seuls à s'habiller en moines, ce sont les moines. Ce principe s'applique également à ce bouquin.

La couverture donne largement le ton. Elle est nulle. Et l'histoire aussi. Tout concourt à enterrer le genre du récit interactif dans la catégorie du passe-temps pour les gamins pré-pubères : succession de situations débiles, choix abrutissants, personnages grotesques.

Allez hop ! Classement vertical.
Ainsi passe la gloire du monde
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#25
" Rapport de l’agent ashimbabbar au roi Salamon

Sire,

L’armée avec laquelle le Terrible Balthus entend envahir la paisible Vallée aux Saules se compose d’au grand maximum six douzaines de créatures, entièrement dépourvues de vigilance ( j’ai pu me balader d’un bout à l’autre de la tour et massacrer quelques résidents et gardes sans éveiller la moindre attention ) et dont seule une poignée a une Habileté de 8 ou plus; le plus grand danger, c’est qu’avec l’apparence grotesque de certains de ses membres, votre armée pourrait être prise de fou rire et incapable de combattre.

Il est exact, comme certaines rumeurs l’avaient rapporté, que la Citadelle contient une hydre, cependant sa morphologie serpentine limite sévèrement sa vitesse de déplacement et il faudrait sans doute deux fois plus de temps à l’armée de Balthus pour atteindre la Vallée des Saules si elle l’emmenait. Une pénible expérience m’ayant instruit, je recommande l’usage massif d’arcs contre cette créature, et de masses d’armes et de lances s’il faut en venir au corps à corps - PAS d’épées.
Les seules créatures vraiment dangereuses cette Citadelle sont les Miks, qui se montreront très arrangeants si on leur offre assez d’or, et surtout les Ganjees; dans l’éventualité où ceux-ci quitteraient la pièce qu’ils occupent j’ai
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Balthus lui-même est un combattant et un magicien redoutable, mais la moindre exposition à la lumière du jour le réduirait en cendres, ce qui limite sa dangerosité. Son sens stratégique  est également contestable, étant donné qu’il a élu domicile au sommet d’une tour avec de nombreuses fenêtres bouchées par de simples rideaux et qu’il laisse traîner les informations concernant sa vulnérabilité et le code qui ouvre sa chambre dans une bibliothèque en accès libre.

Je recommande donc de renoncer à l’opération commando prévue et d’attendre avec confiance l’invasion. Encore que 200 péquenots armés de fourches mettraient en déroute la horde de Balthus sans difficulté excessive, je suggère de mobiliser en grand pour faire croire au bon peuple que vous l’avez sauvé d’un danger terrible et exiger de lui de nouveaux impôts.
Au cas où vos désireriez envoyer le guerrier-magicien prévu assassiner Balthus, je suggère le plan suivant: qu’il utilise le sortilège de Lévitation pour atteindre le haut de la tour du sorcier par l’extérieur, et qu’il ouvre les rideaux.

Vous adressant avec respect mes salutations et confiant dans votre générosité royale, je suis, Sire…"


J’ajoute que le moyen le plus simple de réussir ce livre est
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Sans que cela dérange personne et en toute discrétion; eh, on est dans la Citadelle du Chaos… dans le cadre une mission d’inflitration-assassinat c’est peut-être un peu contre-intuitif.

On doit louer Steve d’avoir tenu la promesse commerciale que même avec les stats les plus basses réussir ce LDVH est tout à fait possible, mais il n’était pas homme à laisser quelque chose comme la nécessité de pondre une intrigue vaguement crédible se mettre sur son chemin; en fait, considérant ses autres productions, je le soupçonne de s’être vautré dans l’improbable avec un plaisir pervers.

Pour les historiens du genre, ce LDVH suit les traces de son prédécesseur en nous offrant de l’or pratiquement inutile - aucun des deux compères n’avait encore saisi qu’un LDVH n’est pas un donj’ de D&D et que ressortir les poches remplies d’or ou non est sans intérêt ( mais Ian le comprendrait bientôt ). Également, les Calacorms sont les premiers reptiles affligés d’une faiblesse crétine de l’histoire des DF, progéniteurs d’une lignée nombreuse…

Je ne veux pas être trop méchant cependant parce que ce LDVH a trois gros atouts
- un excellent système de magie, qui booste énormément l’ambiance et est à mon avis le meilleur de tous les DF ( ceci dit, c’est un peu triste que le meilleur système apparaisse dans le second tome et que ceux qui ont été essayés par la suite se vautrent )
- les Ganjees
- Le duel final très scénarisé qui aurait pu être absolument excellent s’il n’y avait pas cette vulnérabilité ridicule ( et si Balthus ne laissait pas traîner une épée +2HAB sans rien faire pour nous empêcher de la prendre, mais comparé au reste de ses ratages c’est plutôt bénin ). Aussi l’idée que si on n’a pas un dernier sort de Lévitation on est bon pour se frayer un chemin hors de la Citadelle ( qui aurait mérité une séquence d’une cinquantaine de § à elle toute seule; on peut certainement les libérer en éliminant d’innombrables grotesqueries sans intérêt )
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#26
(23/10/2013, 17:20)ashimbabbar a écrit : Au cas où vos désireriez envoyer le guerrier-magicien prévu assassiner Balthus, je suggère le plan suivant: qu’il utilise le sortilège de Lévitation pour atteindre le haut de la tour du sorcier par l’extérieur, et qu’il ouvre les rideaux.

Ça me rappelle un épisode de Dork Tower où les joueurs flinguent le Seigneur des Anneaux en allant jeter l'anneau dans l'Orodruin à dos d'aigle, puisque les Nazgûls sont encore à cheval au début (c'est toujours facile de réécrire l'histoire).
--
Vous êtes mort.
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#27
(24/10/2013, 08:31)cdang a écrit : Ça me rappelle un épisode de Dork Tower où les joueurs flinguent le Seigneur des Anneaux en allant jeter l'anneau dans l'Orodruin à dos d'aigle, puisque les Nazgûls sont encore à cheval au début.

incidemment, cet épisode a été re-flingué par une BD de 1 page sur Deviantart il me semble.

Ça se passait à peu près comme ceci.

Gandalf et Frodo sont sur un aigle, les autres hobbits sur un autre aigle.

Frodo: Pourquoi est-ce qu'on ne va pas à ce cratère à dos d'aigle, etc

Gandalf: Les aigles sont de nobles créatures, etc

Frodo boude.

Le deuxième aigle arrache la tête d'un des hobbits d'un coup de bec et commence à le dévorer

Gandalf: Et puis ce sont des prédateurs, et il leur faut des repas fréquents.

Frodo, tout en grands sourires et sueur froide: Aaaaah, d'accord, il est temps de marcher ! Marche marche marche marche !
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#28
https://www.deviantart.com/lucavandort/a...-775045158


Rackne ! Tu es revenu !
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#29
Le monstre de couv' ressemble à un wookie. Sinon, le livre est globalement assez plat Sad
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