Saint-Pétersbourg
#16
Vous savez tous que Vic aime les jeux à thème fort, avec une ambiance marquée.

Donc, hier, nous avons joué chez lui à deux jeux à mécaniques fortes mais à thème plaqué et interchangeable. Parce que.

Tout d'abord nous avons ouvert sur Sankt Petersburg, un jeu où nous engageons des ouvriers, construisons des bâtiments et graissons la patte à des nobles, mais où nous pourrions tout aussi bien embrigader des sectateurs, réunir des reliques impies et invoquer des grands anciens, ou encore réunir les cristaux magiques, vaincre les méchants et sauver des animaux mignons (avec pouvoir de l'amour en guise de monnaie).

Vic a gagné par une stratégie que l'on nommera « tous les nobles du monde » pendant que j'essayais, contre ma nature, de jouer bâtiments (pas une super idée quand tu es dernier aux ouvriers ET aux améliorations au premier tour...) et que Lyzi, pourtant loin devant, eut un instant d'égarement fatal qui le fit dégringoler dans le classement (une histoire de sous mal comptés qui lui a laissé un juge sur le bras).

Ensuite vint le temps de Deus, [...]
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#17
À Saint Pétersbourg, l'économie en boule de neige fait que souvent le plus riche au début gagne à la fin (son meilleur capital de départ lui permettant d'investir dans des cartes plus chères mais plus rentables). Le destin ayant donné à Lyzi la maîtrise des matières premières, et donc l'avantage économique, au premier tour, Aragorn, Outremer et moi avons été obligé d'improviser :
  • Aragorn en se concentrant sur les meilleurs nobles en terme de pure économie
  • Outremer en se spécialisant dans la transformation de matières premières
  • Et moi-même en resserrant les cordons de ma bourse jusqu'à avoir assez pour acheter des cartes très fortes et très vite rentables, mais aussi très chères (le port, la gouvernante)

Cette stratégie à très long terme, je ne l'ai pas tant choisie que subie, ma position désastreuse au premier tour (avant-dernier aux ouvriers, dernier aux améliorations) ne me laissant guère de latitude. J'ai d'ailleurs eu beaucoup de chance que les cartes qui m'ont permis de remonter la pente arrivent jusqu'à moi, chacun des mes adversaires s'étant à un moment donné trouvé en position des les récupérer pour leur compte et ayant dédaigné cette opportunité (ce qui était parfois la meilleure solution pour eux-mêmes... mais cela n'empêche que j'aurais fini atomisé s'ils n'en avaient pas décidé ainsi).

Au final, après avoir joué la montre toute la partie, je l'emporte d'un cheveu sur Lyzi, la multitude de nobles à ma botte ayant persuadé le tsar que mon entrepôt avait bien plus contribué à l'aura de la ville que la cathédrale et les palais de Lyzi. Les douanes d'Outremer placées devant chaque marché d'Aragorn, si elles ont sans doute rempli les coffres de la ville, ont aussi moins convaincu sa majesté.

[...]
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#18
Samedi après-midi, avec Skarn, Jehan et Aragorn, nous avons commencé par deux parties de Saint Pétersbourg avec les deux premiers modules d'extenstion, les plus simples : En excellente compagnie, qui rajoute une douzaine de cartes - quelques bâtiments (genre "la maison de thé"), pas mal de cartes d'amélioration ("La Révolution d'Octobre" ou "La fabrique de textiles", améliorations d'artisans, "La chambre de la Guilde", amélioration de bâtiment, "le Négociant" ou "Le Lieutenant Kijé" (héhé), améliorations de nobles...), un noble qui a la particularité d'avoir une production négative ("l'Imposteur"), ainsi qu'une nouvelle mécanique de récupération de carte choisie dans la défausse par l'entremise d'un nouveau bâtiment (La prison des débiteurs), et Le Banquet, qui rajoute une quinzaine de cartes, dont une deuxième amélioration pour le Tzar (le jeu de base a déjà "Le Tzar et le Charpentier", référence au célèbre opéra, cette extension ajoute "Le Tzar Superstar", a priori juste un jeu de mot), deux nouveaux villages Potemkine (en plus du premier du jeu de base), et surtout, la nouveauté des 12 cartes violettes, qui apportent une nouvelle mécanique d'une action spéciale qu'on ne peut utiliser qu'une fois pour obtenir un effet avant de défausser la carte (l'action pouvant être : inverser la production de roubles et de points de victoire d'une de ses cartes pour un tour, récupérer une carte choisie dans la défausse ou défausser gratuitement une carte qu'on a pris dans sa main).

Force est de constater que ces deux extensions n'ont pas vraiment ralenti le jeu, ni n'ont fondamentalement changé les stratégies gagnantes (les nobles sont toujours globalement plus puissants à la fin), mais qu'elles ont apporté quelques nouvelle tactiques en cours de jeu, ce qui était bien sympathique et renouvelait un peu le plaisir.

Pour la première partie, Jehan a pris un très bon départ, bénéficiant du même départ que le premier joueur à la première phase des artisans (Aragorn) -souvent un gros avantage- alors qu'il n'était que le deuxième, et prenant très vite la tête dès le premier tour. Assez vite, il a été loin devant en points, et est resté devant toute la partie. Nous avons assez vite prévu sa victoire, et effectivement, il a gagné avec une bonne avance, Skarn n'arrivant pas à le rattraper, moi arrivant avant-dernier, et Aragorn bon dernier (un comble pour le premier aux artisans du premier tour !).
À noter que, comme j'avais récupérer la prison des endettés en tout début de partie et ai eu le temps de l'utiliser trois fois, si on avait compris la vraie règle dès la première partie (on choisit une carte de la défausse, on n'en tire pas une au hasard), et qu'on avait joué correctement, la partie aurait sans doute été très différente, vu que c'est quand même un avantage très puissant.

Pour la seconde partie, j'ai pris un très bon départ et ai été en tête pour la majorité de la partie - des économies pour moi et des mauvais choix des autres au premier tour m'ont permis de construire dès le deuxième tour une solide économie et d'être le plus riche très vite en début de partie. De plus, j'ai eu aussi très vite une usine à points de victoire avec pas mal de bâtiments à production moyenne voire haute (grâce à ma haute économie, et une razzia sur les douanes, j'ai pu me les payer assez vite), notamment grâce à de bonnes améliorations de bâtiment. J'avais même 2-3 nobles parmi ceux qui rapportent le plus d'argent (dont le juge), là encore, très vite en début de partie. Je prenais donc chaque tour de l'avance, le tout sans avoir à trop m'occuper de la phase des artisans, car mon avance était telle que juste maintenir la distance suffisait. Sur la fin, cependant, Skarn a réussi à produire autant de roubles que moi, je crois.
Mais Skarn a, comme souvent, décidé de tout miser sur le nombre de nobles différents. À noter que c'était aussi mon intention (bâtir une forte économie avec des artisans et des nobles, PUIS recruter des nobles... l'achat des bâtiments n'était pas prévu au programme, j'ai juste eu une opportunité de construire mon usine à points pour pas cher que je ne pouvais pas ne pas saisir), mais je me suis lancé dans la course un peu trop tard. Je suis resté trop longtemps à 3 nobles différents pendant que Skarn était déjà à 5 ou 6. Sur les deux derniers tours, j'ai essayé de rattraper mon retard, et grâce à ma forte économie, j'ai assez vite pu arriver à 5 ou 6 nobles différents à mon tour, mais Skarn a réussi à passer à 8 ou 9.
Au dernier tour, j'avais déjà compris que j'avais perdu. Bien que je sois resté en tête pendant toute la partie, Skarn avait réussi à grignoter l'écart petit à petit. Et comme au dernier tour, une fois les points de victoire des bâtiments et des nobles produits, il était à peine à une vingtaine ou quinzaine de points derrière moi, sachant que la différence de points entre niveaux de nobles différents a une croissance exponentielle, sans faire le calcul, je savais que c'était déjà foutu.
Au final Skarn m'a battu avec 5 points d'avance, tandis qu'Aragorn et Jehan se sont retrouvés à égalité pour la troisième place.

[...]
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#19
Citation :Sur la fin, cependant, Skarn a réussi à produire autant de roubles que moi, je crois.

Les banques Potemkin m'ont permis de remonter.

Oui, dans ce jeu, vous pouvez contourner les problèmes économiques avec du carton-pâte et un peu de peinture.

Sans doute une métaphore du capitalisme moderne.
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#20
Ouarf ! Tongue

[...]
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#21
La nécromancie, c'est la vie.
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#22
Belle partie hier soir, où nous avons rapidement vu où Skarn voulait en venir, mais sans pouvoir l'en empêcher. Sa carte permettant de piocher dans la défausse lui a permis de se constituer une armée de nobles, ce qui dans ce jeu est imparable. Je m'en suis mieux sorti que d'habitude, en axant aussi ma stratégie sur les nobles, mais je n'en avais que 7 différents à la fin contrairement aux 10 du vainqueur.
Debout, debout cavaliers de Théoden!
Les lances seront secouées, les boucliers voleront en éclat,
Une journée de l'épée, une journée rouge avant que le soleil ne se lève !
Au galop ! au galop ! courez ! Courez à la ruine et à la fin du monde !
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#23
À noter que nous avons joué avec je ne sais pas trop quelle(s) extension(s) et que j'ai été moyennement convaincu.

Autant la plupart des ajouts sont simplement des variantes de cartes existantes (une amélioration un peu plus chère avec un effet un peu plus fort, une carte moins forte dans l'absolu pour le même coût mais plus flexible etc.) autant certains nouveaux effets paraissent juste trop forts, surtout si on les obtient assez tôt.

Je pense bien sûr à la carte qui permet de récupérer une carte par tour dans la défausse, mais aussi à celle qui file une fois 5 d'argent sans condition (imaginez avoir ça tour 1).

Également, en diluant le paquet des améliorations, cela accroît le facteur chance. Lyzi avait tout ce qu'il fallait pour se lancer dans une stratégie « cathédrale » (plein de petits bâtiments à améliorer, et une réduction du coût des bâtiments). Sauf que des améliorations des bâtiments, on en a pas vu des masses, les améliorations de nobles, d'artisans, et les cartes violettes étant sur le dessus de la pioche.

Après, Internet semble dire que cette nouvelle édition du jeu avait été équilibrée avec minutie, donc je lui laisse le bénéfice du doute. Pour cette fois.
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#24
Après, cette nouvelle capacité de pouvoir piocher dans la défausse devrait inciter les autres joueurs à être vigilants quant à ce qu'ils se débarassent. Parceque là, on y a mis à peu près tous les nobles qui manquaient à Skarn. Mais ça reste quand même bien efficace. Peut-être qu'avoir plus de carte avec cette capacité pourrait en amoindrir la puissance (avec un travailleur et un bâtiment avec le même pouvoir par exemple).
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#25
Nous avons utilisé 2 extensions en fait.
"Le Banquet", celle qui rajoute le Tzar Superstar, 2 villages Potemkine, et les 12 cartes spéciales violettes, et "En bonne compagnie", qui rajoute des nouveaux bâtiments, un nouveau noble ("Hochstapler", l'imposteur), et de nouvelles améliorations (la révolution d'Octobre Rouge, la fabrique de textile, la guilde du commerce, le Lieutenant Kijé...).

Il existe 4 cartes qui permettent de piocher dans la défausse :
- les 3 cartes violettes "Schwarzmarkt" (marché noir) de l'extension "Le Banquet", qui, une fois prise en main, permettent en une action de prendre la carte de son choix dans la défausse.
- la carte bâtiment "Schuldturm" (prison des endettés) de l'extension "En bonne compagnie", qui, uniquement pendant la phase des bâtiments, peut pour une action être retournée face cachée pour piocher une carte de son choix dans la défausse. En ce cas, la carte ne score pas 1 point de victoire au décompte de la phase des bâtiments, et ne peut plus être améliorée. Elle est retournée face visible au début de la prochaine phase des bâtiments.

J'avais vu à la fin des règles du "Banquet" qu'il fallait retirer 3 cartes quand on jouait avec cette extension. Je ne les ai pas trouvées, ça m'a gavé, donc j'ai laissé le paquet tel quel. Au final, il s'avère que les 3 cartes à retirer étaient des cartes jaunes, que nous n'utilisions pas puisque nous ne jouions pas la phase du marché. Donc pas de problème de ce côté là.

En revanche, je n'avais pas vu la petite note à la fin des règles de "En bonne compagnie", comme quoi, quand les deux extensions "Le Banquet" et "En bonne compagnie" sont jouées en même temps, il faut retirer la carte Schuldturm.

Deuxième erreur que je viens de voir : l'explication des règles des cartes "Hofnarr" (le bouffon), qui inverse la production de Roubles et de Victoire d'une carte pour le décompte suivant, et "Bankett" (le banquet), qui double la production de Roubles et de Victoire d'une carte pour le décompte suivant, m'a foutu dedans. En effet, ça disait bien qu'une fois la carte utilisée, elle est écartée du jeu. Les explications des autres cartes ne disant rien de tel, j'ai supposé que ça voulait dire qu'elles partent à la défausse comme n'importe quelle autre carte.
En fait, en relisant les règles générales de l'extension "Le Banquet", il est bien mis que toutes les cartes spéciales violettes retournent à la boîte après avoir été jouées, elles ne partent jamais dans la pile de défausse.

Skarn n'aurait donc jamais pu piocher la carte "Langefinger" (pickpocket) dans la défausse après qu'Aragorn l'a utilisée, pour 2 raisons : sa carte Schuldturm n'aurait pas dû être en jeu, et Langefinger n'aurait pas dû être dans la défausse.

En gros, il ne doit jamais y avoir 2 façons différentes de piocher dans la défausse. Soit il y a seulement Schuldturm (qui permet d'y piocher une fois par phase bâtiments), soit il y a seulement les cartes violettes Schwarzmarkt, qui sont toutes les 3 à utilisation unique (ou toutes les 2 sans la phase marché, l'une des 3 ayant un dos jaune). Ça limite déjà le nombre de fois où on peut piocher dans la défausse - même si Schuldturm m'a quand même l'air de rester très fort pour un prix de seulement 8 roubles.

Je pense que Skarn aurait quand même gagné sans cette erreur (il gagnait déjà avant d'utiliser Schuldturm pour prendre Langefinger, puis Langefinger pour me voler la priorité sur une carte noble que je n'avais pas), mais c'est difficile à dire, Schuldturm l'ayant quand même aidé pendant toute sa partie. Peut-être qu'il aurait pu piocher un ou deux nobles différents de moins qu'on avait défaussés après les avoir améliorés, et que du coup, Aragorn l'aurait rattrapé.

Bref, on tentera de faire une revanche avec les 4 mêmes joueurs, les 2 mêmes extensions, mais sans ces 2 erreurs de règles.


Pour le côté overpower de la carte "Goldesel" ("l'âne d'or", expression allemande qui correspond à notre "la poule aux œufs d'or", en référence au conte Peau d'Âne, où le roi possède un âne qui défèque des écus d'or en guise de crottin), je ne suis pas sûr d'être de ton avis.
5 roubles ça parait beaucoup, il n'y a pas beaucoup de nobles qui produisent autant (le Juge 5 roubles, la Maîtresse de Cérémonie 6 roubles). 2 tours de productions d'un travailleur donnent 6 roubles (2x 3 Roubles). Mais c'est sans compter bien sûr le prix de la carte travailleur ou noble elle-même, quoi doit être amorti. Et là c'est tout de suite, sans attendre un décompte.
MAIS, 5 roubles, même si ça peut être très utile, surtout sur la fin de tour où on n'a jamais assez d'argent pour faire tout ce qu'on veut, ça reste que ce n'est pas 5 points de victoire. Et puis là, c'est une seule fois, c'est pas pérenne. À la longue, les productions un peu plus faibles de roubles mais régulières, sont plus avantageuses, à moins qu'on soit dans les derniers tours. Et encore, parce que dans les derniers tours, 5 roubles ne changent souvent pas grand chose - il en faut 10 pour un point de Victoire, on est à un stade où on a une grosse production d'argent, et 5 roubles ne sont pas forcément assez pour acheter un noble différent supplémentaire.
Sans oublier que ça coûte quand même une action. Et je ne parle pas de l'action utilisée pour jouer la carte une fois dans la main, ça on peut le faire à la fin d'une phase quand tout le monde est en train de passer. Je parle de l'action de prendre la carte quand elle est sur le plateau. Ça veut dire renoncer à une amélioration qui peut être puissante (la carte "Goldesel" ayant un dos amélioration) et très utile pour un autre joueur...
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
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