allez, vu que le sujet concerne en premier lieu ma mini- en lice pour l'actuel concours, je rajoute mon grain de sel
dans les LDVELH historiques, le public visé était les ados qui découvraient les livres-jeux et les JdR (et, pour une bonne partie, redécouvraient la lecture agréable)
les combats étaient omniprésents et demandaient d'être optimisés pour donner au lecteur une satisfaction de victoire lorsqu'ils étaient gagnés, tout en restant exigeants à certains moments-clefs : l'adversaire a une habileté de 18 et donc s'annonce être un gros boss à vaincre ? oui, mais le lecteur héros a le Glaive de Sommer dans la main, donc cet adversaire n'est que valetaille !
ces scènes couperet étaient fortement liées à l'aléatoire des jets de dés ou autres tables de hasard et donc, de manière générale, cherchaient à favoriser le lecteur malchanceux chronique pour ne pas le dégoûter au point de jeter le livre au feu
à cet équilibrage des combats, des faciles aux durs boss finaux, s'ajoutaient parfois des énigmes qui, là aussi, étaient (normalement) dures mais pas insurmontables, comme l'exemple dans la Quête du Graal où les lettres de messages étaient décalées, mais il y en a d'autres : en soi, ce n'était pas dur (sauf certains cas qui poussaient abusivement le curseur trop haut pour le public concerné) mais ça demandait une réflexion, une participation du lecteur qui retirait alors une satisfaction pleine de trouver la solution
tenez, vous vous souvenez, dans le premier tome de la Quête du Graal, de cette fosse où il fallait revenir en arrière pour trouver la suite ? croyez-moi que j'ai ragé un moment en tournant en rond puis, après avoir trouvé par chance, j'en ai presque jeté le bouquin tant ça me paraissait inique : si je perds un combat, mes PdV sont à 0, je meurs, ok, soit, c'est normal, ce sont les règles, je reprends, mais si la suite ne dépend que de la chance de tomber dans une fosse, ou de voir le tatouage sur le poignet d'un méchant sur l'illustration !... (oui, je sais, le tatouage est au premier plan du dessin, impossible de ne pas le voir, mais c'est pour l'exemple)
malgré tout, le tout faisait que nous, les lecteurs, replongions allègrement car notre intérêt était sans cesse maintenu constant et ça fonctionnait plutôt bien, parfois c'était frustrant, mais ça fonctionnait
aujourd'hui, et heureusement, nous avons grandi et les AVH actuelles proposent des défis bien mieux pensés : les combats, s'il y en a encore, restent des scènes couperet où le héros peut mourir, certes, forçant le lecteur à recommencer, mais il y a eu ici, sur rdv1, nombre de discussions pour équilibrer ces combats au mieux, avec force calculs et tableaux statistiques à l'appui, qui me dépassent mais forcent mon respect : j'en conclus donc (aveuglément) que les combats, basés sur l'aléatoire, sont mieux gérés mais, ce me semble, cette facette tend à disparaître, parce que l'aléatoire, justement...
restent les énigmes, c'est-à-dire l'appel à l'intelligence, le raisonnement, la jugeote du lecteur, qui lui aussi a grandi et à qui l'auteur peut se permettre de demander plus
dans les AVH, le lecteur peut trouver quantité de propositions abouties et travaillées qui viennent renouveler le maintien constant de son intérêt
et je pense que le maintien de l'intérêt est la clef
pour prendre l'exemple de ma mini- en lice au concours actuel, j'ai fait le choix (tout à fait discutable, je l'entends) de compter sur l'investissement du lecteur
pour y parvenir, je l'ai submergé, enseveli sous les descriptions d'un peuple que je n'ai pas nommé à escient pour induire une découverte sans pré-conçus ni a priori, car beaucoup de choses fausses sont véhiculées à son propos, afin que ses nouvelles connaissances lui permettent ensuite d'avancer
et voilà donc le nœud : créer, puis conserver et enfin maintenir l'intérêt du lecteur, tout en le poussant à avoir envie d'avancer plutôt que de jeter l'éponge et le pdf avec
pour ce faire, on peut penser qu'il vaut mieux relever sa tambouille de fines pincées de choses et d'autres, plutôt que d'en mettre des pleines plâtrées et, là aussi, je l'entends : pour prendre un autre exemple, en lice au concours lui aussi, celui de la Plume de Mâât de ledahu, je résumerais, à brûle-pourpoint et sans réfléchir, cette proposition de deux mots, délicate et élégante
elle se passe dans un lieu et une temporalité qu'on connaît, au moins vaguement, mais qu'on connaît
alors que quand on décide de placer le lecteur dans un endroit et un temps non défini, apparait un choix : esquisser, en perdant toute profondeur, ou forcer le trait, pour pouvoir s'en servir ensuite tout au long du récit, justement pour les énigmes
je continue à penser que c'est l'histoire qu'on veut raconter qui induit, qui force même ses propres règles, sa propre approche, son propre rythme, etc etc
et tant pis si, finalement, c'est simple, ou difficile, ou trop verbeux, ou trop sommaire, tant que ça sert l'histoire et l'intérêt de son lecteur
je vais même plus loin : tenter absolument de plaire au plus possible de lecteurs amènera fatalement à une édulcoration, un reniement de l'idée de départ et du travail respectable abattu
au lecteur ensuite d'accrocher ou pas, car il reste au final libre et décisionnaire et il y a autant de ressentis de l’œuvre que de lecteurs
dans les LDVELH historiques, le public visé était les ados qui découvraient les livres-jeux et les JdR (et, pour une bonne partie, redécouvraient la lecture agréable)
les combats étaient omniprésents et demandaient d'être optimisés pour donner au lecteur une satisfaction de victoire lorsqu'ils étaient gagnés, tout en restant exigeants à certains moments-clefs : l'adversaire a une habileté de 18 et donc s'annonce être un gros boss à vaincre ? oui, mais le lecteur héros a le Glaive de Sommer dans la main, donc cet adversaire n'est que valetaille !
ces scènes couperet étaient fortement liées à l'aléatoire des jets de dés ou autres tables de hasard et donc, de manière générale, cherchaient à favoriser le lecteur malchanceux chronique pour ne pas le dégoûter au point de jeter le livre au feu
à cet équilibrage des combats, des faciles aux durs boss finaux, s'ajoutaient parfois des énigmes qui, là aussi, étaient (normalement) dures mais pas insurmontables, comme l'exemple dans la Quête du Graal où les lettres de messages étaient décalées, mais il y en a d'autres : en soi, ce n'était pas dur (sauf certains cas qui poussaient abusivement le curseur trop haut pour le public concerné) mais ça demandait une réflexion, une participation du lecteur qui retirait alors une satisfaction pleine de trouver la solution
tenez, vous vous souvenez, dans le premier tome de la Quête du Graal, de cette fosse où il fallait revenir en arrière pour trouver la suite ? croyez-moi que j'ai ragé un moment en tournant en rond puis, après avoir trouvé par chance, j'en ai presque jeté le bouquin tant ça me paraissait inique : si je perds un combat, mes PdV sont à 0, je meurs, ok, soit, c'est normal, ce sont les règles, je reprends, mais si la suite ne dépend que de la chance de tomber dans une fosse, ou de voir le tatouage sur le poignet d'un méchant sur l'illustration !... (oui, je sais, le tatouage est au premier plan du dessin, impossible de ne pas le voir, mais c'est pour l'exemple)
malgré tout, le tout faisait que nous, les lecteurs, replongions allègrement car notre intérêt était sans cesse maintenu constant et ça fonctionnait plutôt bien, parfois c'était frustrant, mais ça fonctionnait
aujourd'hui, et heureusement, nous avons grandi et les AVH actuelles proposent des défis bien mieux pensés : les combats, s'il y en a encore, restent des scènes couperet où le héros peut mourir, certes, forçant le lecteur à recommencer, mais il y a eu ici, sur rdv1, nombre de discussions pour équilibrer ces combats au mieux, avec force calculs et tableaux statistiques à l'appui, qui me dépassent mais forcent mon respect : j'en conclus donc (aveuglément) que les combats, basés sur l'aléatoire, sont mieux gérés mais, ce me semble, cette facette tend à disparaître, parce que l'aléatoire, justement...
restent les énigmes, c'est-à-dire l'appel à l'intelligence, le raisonnement, la jugeote du lecteur, qui lui aussi a grandi et à qui l'auteur peut se permettre de demander plus
dans les AVH, le lecteur peut trouver quantité de propositions abouties et travaillées qui viennent renouveler le maintien constant de son intérêt
et je pense que le maintien de l'intérêt est la clef
pour prendre l'exemple de ma mini- en lice au concours actuel, j'ai fait le choix (tout à fait discutable, je l'entends) de compter sur l'investissement du lecteur
pour y parvenir, je l'ai submergé, enseveli sous les descriptions d'un peuple que je n'ai pas nommé à escient pour induire une découverte sans pré-conçus ni a priori, car beaucoup de choses fausses sont véhiculées à son propos, afin que ses nouvelles connaissances lui permettent ensuite d'avancer
et voilà donc le nœud : créer, puis conserver et enfin maintenir l'intérêt du lecteur, tout en le poussant à avoir envie d'avancer plutôt que de jeter l'éponge et le pdf avec
pour ce faire, on peut penser qu'il vaut mieux relever sa tambouille de fines pincées de choses et d'autres, plutôt que d'en mettre des pleines plâtrées et, là aussi, je l'entends : pour prendre un autre exemple, en lice au concours lui aussi, celui de la Plume de Mâât de ledahu, je résumerais, à brûle-pourpoint et sans réfléchir, cette proposition de deux mots, délicate et élégante
elle se passe dans un lieu et une temporalité qu'on connaît, au moins vaguement, mais qu'on connaît
alors que quand on décide de placer le lecteur dans un endroit et un temps non défini, apparait un choix : esquisser, en perdant toute profondeur, ou forcer le trait, pour pouvoir s'en servir ensuite tout au long du récit, justement pour les énigmes
je continue à penser que c'est l'histoire qu'on veut raconter qui induit, qui force même ses propres règles, sa propre approche, son propre rythme, etc etc
et tant pis si, finalement, c'est simple, ou difficile, ou trop verbeux, ou trop sommaire, tant que ça sert l'histoire et l'intérêt de son lecteur
je vais même plus loin : tenter absolument de plaire au plus possible de lecteurs amènera fatalement à une édulcoration, un reniement de l'idée de départ et du travail respectable abattu
au lecteur ensuite d'accrocher ou pas, car il reste au final libre et décisionnaire et il y a autant de ressentis de l’œuvre que de lecteurs
a'rvi, pa !

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