Je savais que j'aurais dû appeler cette aventure Pour l'or !
... Oui, ça fait trois mois que je prépare cette blague. Sans y croire parce que j'étais persuadé que Le Vecteur XX1 et Ad Nauseam (saison 1) allaient prendre les deux premières places du podium et donc que la bataille à laquelle participerait Pour l'argent serait celle du bronze.
Bon, déjà merci aux lecteurs. On sait que ça a été un Yaz' compliqué, avec des aventures très denses et très diverses, donc pas facile à enchaîner parce qu'à chaque nouvel ouvrage il fallait se plonger dans un nouvel univers, un nouveau style, un nouveau système de jeu. Il y a sans doute des leçons à en tirer, mais ça a probablement plus sa place dans un autre sujet.
Quant aux auteurs... J'avais prévu un laïus qui a peut-être un peu moins de sens avec cet arrangement du podium. Mais que je vous livre quand même.
Je dirais que c'est avant tout le podium de trois personnes cette année : Fitz, Manuro, et Emmanuel Quaireau.
Pas qu'il ait écrit l’intégralité des trois gagnants sous divers faux-nez. Ou alors je suis pas au courant et ça soulève beaucoup de questions. Mais parce que, sans lui, je pense qu'aucun de ces titres n'auraient été là.
S'il a parfois poussé le vice jusqu'à venir nous sortir de nos trous en personne au cas par cas, rien que d'annoncer dès avril sa participation au Yaz', qui plus est avec Le Vecteur XX1 et tout ce que cette œuvre peut représenter dans sa propre bibliographie, c'était déjà un sacré coup de pied dans la fourmilière.
Et pour expliquer mon propos, je dirais que rien de mieux qu'une petite histoire inspirée par le pseudonyme du troisième membre du peloton de tête :
Il était une fois...
Lancelot repasse à Camelot. Il est bien occupé le Lancelot. Encore ce matin il a sauvé une princesse, avant la fin de la semaine il doit pourfendre un dragon, il a un sorcier remuant à caser dans son planning plutôt tôt que tard, bref, il chôme pas. Mais il trouve quand même le temps d'aller voir comment ça se passe à Camelot.
Et il s'en passe des choses à Camelot. C'est plus le même Camelot qu'une décennie plus tôt, c'est sûr. Le passage du temps a modifié le paysage, reconfiguré les royaumes voisins et les alliances avec ceux-ci. Les stratégies ont évolué pour répondre à ces nouveaux paradigmes. On y pratique peut-être un peu moins l'équitation, peut-être un peu plus l'archerie. Il y a de nouvelles têtes, parfois très doués pour les techniques anciennes, les plus nouvelles, les deux.
Mais l'attention de Lancelot se porte avant tout sur un groupe de vieux chevaliers, rouillés au sens propre, leurs armures grinçant de manque d'entretien et d'activité. Cela fait déjà quelques temps qu'ils ne sont plus partis en quête. Il y a peut-être de très bonnes raisons à cette interruption. La nécessité de rester à Camelot pour s'occuper de sa famille. Pour gérer les affaires courantes. La convalescence d'une blessure. Revenus seulement depuis peu d'une aventure maritime palpitante mais faisant qu'ils n'ont pas touché terre et encore moins chevauché pendant six mois.
L'explication ne change cependant pas le fait : Ils sont rouillés.
Et là, Lancelot les met au défi. Un combat, à l'ancienne, dans la lice. Et même pas sa spécialité, la grande joute avec destrier, lance, et décorum. Non, là, il descend de son cheval, délaisse sa fidèle bâtarde au profit d'une rapière, et propose une petit série de duels.
Et les chevaliers y vont. Évidemment qu'ils y vont. Comment pourrait-il en être autrement ? Ils s'étirent, ils huilent les armures, ils ramassent les armes. Et ils vont. Et on y va.
On y va. On y va avec tout ce qu'on a. Les frappes pures des premières leçons d'escrime. Les esbroufes apprises la veille. Et surtout, les tripes, les coups de boules, les croche-pattes, tout l'art burt du combat réel acquis avec le vécu, l'expérience. On donne tout ce qu'on a pour gagner.
Pas qu'on pense gagner. C'est Lancelot en face. Certes, il n'est pas invincible. Sur une belle botte, bien placée, pile au bon moment, tout peut arriver. Mais on le sait, on le voit, lui a continué à pratiquer son art diligemment, il est au maximum de sa forme, il bouge plus vite, frappe plus fort, il a ses propres nouvelles bottes, ça va vraiment être compliqué.
Mais c'est une question d'honneur. De respect. S'ils nous convoquent dans l'arène alors que lui-même n'a plus rien à prouver, on ne peut pas lui donner moins. Même si on se rend bien compte, que bon, voilà, là on a pas dégainé de façon aussi fluide que lui. Mais est-ce vraiment qu'on a perdu la main ou est-ce plutôt qu'à la lumière de ce nouveau jour on se rend mieux compte de nos maladresses anciennes ?
Qu'importe. Même quand on brille pas, qu'on finit par terre avec tout un tas de nouvelles ecchymoses et contusions... Et bien, on est bien contents de l'avoir fait cette baston.
Parce que fondamentalement, Lancelot, il avait déjà gagné dès que ses pairs étaient venus le rejoindre les armes à la main. On peut oublier facilement le poids de l'épée au creux de sa paume, tout ce que cela représente de la brandir. Mais il suffit de l'avoir à nouveau en main quelques instants pour que les digues se brisent et ressentir de nouveau l'appel de l'aventure.
Oui, je sais, après tout le mal que j'ai dit de l'allégorie, je tombe en plein dedans. Ainsi que probablement dans mon travers habituel du lyrisme exagéré. Mais, en littérature comme ailleurs, faut pas être dogmatique et savoir utiliser l'outil adapté à la situation. Et, en l’occurrence, pour décrire un processus mental pas forcément bien conscient ni bien cohérent, y compris maintenant, une image, bah c'est pas mal en fait.
Et puis j'avoue que j'avais envie d'écrire un truc de chevaliers.
Alors qu'à l'inverse j'avais pas prévu d'écrire Pour l'argent tel qu'il est maintenant. Au départ, comme la coïncidence de thème le laisse deviner, c'était un concept de mini-Yaz'. Je me suis cependant vite rendu compte que le concept ne pouvait pas s'épanouir en aussi peu de sections et que ça allait être un massacre d'essayer de le charcuter pour que ça tienne.
Mais l'étincelle qui a fait que je me suis dit « bon, je m'en fiche, j'oublie cette limite, je prends la place et le temps qu'il faut », c'est très certainement qu'on savait déjà vers mai qu'il y allait y avoir une participation massive d'anciens cette année. Et autant je pouvais me vanter deux Yaz', autant, bon, déjà ils commençaient à dater, et en plus je les avais obtenus en douce des années où aucune des personnes suscitées ne participait. Et là, bon, l'opportunité de me fritter enfin directement contre Fitz et ceux qui avaient déjà répondus à son appel, je m'en serais voulu de la laisser passer une nouvelle fois.
Donc, bah félicitations à Fitz et autres participants. Sans vous, je n'en serais pas là, et ce n'est pas juste une façon de parler.
... Oui, ça fait trois mois que je prépare cette blague. Sans y croire parce que j'étais persuadé que Le Vecteur XX1 et Ad Nauseam (saison 1) allaient prendre les deux premières places du podium et donc que la bataille à laquelle participerait Pour l'argent serait celle du bronze.
Bon, déjà merci aux lecteurs. On sait que ça a été un Yaz' compliqué, avec des aventures très denses et très diverses, donc pas facile à enchaîner parce qu'à chaque nouvel ouvrage il fallait se plonger dans un nouvel univers, un nouveau style, un nouveau système de jeu. Il y a sans doute des leçons à en tirer, mais ça a probablement plus sa place dans un autre sujet.
Quant aux auteurs... J'avais prévu un laïus qui a peut-être un peu moins de sens avec cet arrangement du podium. Mais que je vous livre quand même.
Je dirais que c'est avant tout le podium de trois personnes cette année : Fitz, Manuro, et Emmanuel Quaireau.
Pas qu'il ait écrit l’intégralité des trois gagnants sous divers faux-nez. Ou alors je suis pas au courant et ça soulève beaucoup de questions. Mais parce que, sans lui, je pense qu'aucun de ces titres n'auraient été là.
S'il a parfois poussé le vice jusqu'à venir nous sortir de nos trous en personne au cas par cas, rien que d'annoncer dès avril sa participation au Yaz', qui plus est avec Le Vecteur XX1 et tout ce que cette œuvre peut représenter dans sa propre bibliographie, c'était déjà un sacré coup de pied dans la fourmilière.
Et pour expliquer mon propos, je dirais que rien de mieux qu'une petite histoire inspirée par le pseudonyme du troisième membre du peloton de tête :
Il était une fois...
Lancelot repasse à Camelot. Il est bien occupé le Lancelot. Encore ce matin il a sauvé une princesse, avant la fin de la semaine il doit pourfendre un dragon, il a un sorcier remuant à caser dans son planning plutôt tôt que tard, bref, il chôme pas. Mais il trouve quand même le temps d'aller voir comment ça se passe à Camelot.
Et il s'en passe des choses à Camelot. C'est plus le même Camelot qu'une décennie plus tôt, c'est sûr. Le passage du temps a modifié le paysage, reconfiguré les royaumes voisins et les alliances avec ceux-ci. Les stratégies ont évolué pour répondre à ces nouveaux paradigmes. On y pratique peut-être un peu moins l'équitation, peut-être un peu plus l'archerie. Il y a de nouvelles têtes, parfois très doués pour les techniques anciennes, les plus nouvelles, les deux.
Mais l'attention de Lancelot se porte avant tout sur un groupe de vieux chevaliers, rouillés au sens propre, leurs armures grinçant de manque d'entretien et d'activité. Cela fait déjà quelques temps qu'ils ne sont plus partis en quête. Il y a peut-être de très bonnes raisons à cette interruption. La nécessité de rester à Camelot pour s'occuper de sa famille. Pour gérer les affaires courantes. La convalescence d'une blessure. Revenus seulement depuis peu d'une aventure maritime palpitante mais faisant qu'ils n'ont pas touché terre et encore moins chevauché pendant six mois.
L'explication ne change cependant pas le fait : Ils sont rouillés.
Et là, Lancelot les met au défi. Un combat, à l'ancienne, dans la lice. Et même pas sa spécialité, la grande joute avec destrier, lance, et décorum. Non, là, il descend de son cheval, délaisse sa fidèle bâtarde au profit d'une rapière, et propose une petit série de duels.
Et les chevaliers y vont. Évidemment qu'ils y vont. Comment pourrait-il en être autrement ? Ils s'étirent, ils huilent les armures, ils ramassent les armes. Et ils vont. Et on y va.
On y va. On y va avec tout ce qu'on a. Les frappes pures des premières leçons d'escrime. Les esbroufes apprises la veille. Et surtout, les tripes, les coups de boules, les croche-pattes, tout l'art burt du combat réel acquis avec le vécu, l'expérience. On donne tout ce qu'on a pour gagner.
Pas qu'on pense gagner. C'est Lancelot en face. Certes, il n'est pas invincible. Sur une belle botte, bien placée, pile au bon moment, tout peut arriver. Mais on le sait, on le voit, lui a continué à pratiquer son art diligemment, il est au maximum de sa forme, il bouge plus vite, frappe plus fort, il a ses propres nouvelles bottes, ça va vraiment être compliqué.
Mais c'est une question d'honneur. De respect. S'ils nous convoquent dans l'arène alors que lui-même n'a plus rien à prouver, on ne peut pas lui donner moins. Même si on se rend bien compte, que bon, voilà, là on a pas dégainé de façon aussi fluide que lui. Mais est-ce vraiment qu'on a perdu la main ou est-ce plutôt qu'à la lumière de ce nouveau jour on se rend mieux compte de nos maladresses anciennes ?
Qu'importe. Même quand on brille pas, qu'on finit par terre avec tout un tas de nouvelles ecchymoses et contusions... Et bien, on est bien contents de l'avoir fait cette baston.
Parce que fondamentalement, Lancelot, il avait déjà gagné dès que ses pairs étaient venus le rejoindre les armes à la main. On peut oublier facilement le poids de l'épée au creux de sa paume, tout ce que cela représente de la brandir. Mais il suffit de l'avoir à nouveau en main quelques instants pour que les digues se brisent et ressentir de nouveau l'appel de l'aventure.
Oui, je sais, après tout le mal que j'ai dit de l'allégorie, je tombe en plein dedans. Ainsi que probablement dans mon travers habituel du lyrisme exagéré. Mais, en littérature comme ailleurs, faut pas être dogmatique et savoir utiliser l'outil adapté à la situation. Et, en l’occurrence, pour décrire un processus mental pas forcément bien conscient ni bien cohérent, y compris maintenant, une image, bah c'est pas mal en fait.
Et puis j'avoue que j'avais envie d'écrire un truc de chevaliers.
Alors qu'à l'inverse j'avais pas prévu d'écrire Pour l'argent tel qu'il est maintenant. Au départ, comme la coïncidence de thème le laisse deviner, c'était un concept de mini-Yaz'. Je me suis cependant vite rendu compte que le concept ne pouvait pas s'épanouir en aussi peu de sections et que ça allait être un massacre d'essayer de le charcuter pour que ça tienne.
Mais l'étincelle qui a fait que je me suis dit « bon, je m'en fiche, j'oublie cette limite, je prends la place et le temps qu'il faut », c'est très certainement qu'on savait déjà vers mai qu'il y allait y avoir une participation massive d'anciens cette année. Et autant je pouvais me vanter deux Yaz', autant, bon, déjà ils commençaient à dater, et en plus je les avais obtenus en douce des années où aucune des personnes suscitées ne participait. Et là, bon, l'opportunité de me fritter enfin directement contre Fitz et ceux qui avaient déjà répondus à son appel, je m'en serais voulu de la laisser passer une nouvelle fois.
Donc, bah félicitations à Fitz et autres participants. Sans vous, je n'en serais pas là, et ce n'est pas juste une façon de parler.