[m-yaz 2021] Anoki et le Dieu Ours
#1
Bon, je re-post ça comme il faut, pour le meilleur et surtout le pire:

http://litteraction.fr/livre-jeu/anoki-et-le-dieu-ours

Flam
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#2
J'ai fini ma première tentative perdu dans les immensités glacées.

Dès les premières minutes, j'ai adoré les choix d'écriture : un vrai coup de coeur sur ce plan !
Le style est tonique, direct, brut et évocateur comme ce peuple et son environnement à la fois rudes et magnifiques. La première personne du singulier fonctionne à merveille ici pour nous mettre dans la peau d'Anoki. Dans le contexte d'urgence, le "je" me semble tout à fait immersif, notamment grâce aux descriptions puissamment atmosphériques et sensorielles (mais aussi très poétiques). Il a une autre vertu : l'impression d'évoluer dans un conte inuit, dans un récit d'aventure chargé d'un exotisme rare.
J'ai hâte de m'y replonger.

Pour l'instant, je ne peux pas trop juger le système de jeu ni l'équilibrage (les PFA semblent assez rares, l'essentiel se jouant sur les points de vie, les avantages - bonus ou malus, bénédictions - et les lunes). Je n'aime pas trop les systèmes de combats au dé habituellement, mais celui-ci a le mérite d'être simple et direct.
Je retourne faire une tentative, bien au chaud sous la couette !
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#3
En pleine lecture. Forcément, j'adhère aussi totalement au style poétique et onirique.
J'écoute du Corrosion of Conformity en même temps, c'est p'têt pas forcément l'idéal, mais moi ça me fait bien tripper.
Critique plus longue, forcément, à venir, mais bravo l'immersion immédiate.
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#4
Merci MerlinPinPin et Gwalchmei pour les commentaires c'est très apprécié. Je suis un débutant alors je savais pas trop à quoi m'attendre. C'est très inspiré des contes Inuits en effet, c'est quelque chose que j'aime beaucoup et comme je suis Québécois c'est parfois bien présent dans quelques régions éloignées (par forcément Inuit mais aussi Montagnais ou Cris). Note : j'ai pris la liberté de francisé le terme inukshuks dans la forme pluriel, dans la langue innu ça serait inuksuit.
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#5
Je confirme que l'ambiance est vraiment très travaillée et cool.

Si la structure est plutôt linéaire, le jeu est bon grâce à l'importante combinatoire des petits avantages que l'on peut acquérir à droite à gauche. Sur l'équilibrage, je ne me prononcerai pas, n'ayant pas poussé le vice jusqu'à calculer les probas de l'emporter selon les différentes voies.

Le format court fait que l'aventure a ses moments dirigistes, avec notamment un magnifique choix de direction où l'une des deux options est immédiatement mortelle, et un scénario qui s'autorise parfois des petites facilités pour ne pas briser le rythme (en particulier, disons qu'Anoki apprend à conduire vraiment très vite).

Ces pinaillages mis à part, bah c'est bien quoi, qu'est-ce que vous voulez que je dise de plus ?
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#6
Merci pour le retour. Oui en effet c'est assez linéaire, honnêtement j'aurais pu en faire 100 paragraphes, alors j'ai fait pleins de choix déchirants... La limite de paragraphes est le plus grand défi de ce format à mon avis, en tout cas pour moi dans ce contexte. C'est vrai que le choix de direction dont tu parles mène à une mort un peu plate, sans préambule, et boom !! En fait j'avais décidé que cette voie conduirait à un échec, et là j'ai hésité entre prolonger ça de quelques paragraphes pour donner l'illusion que c'était pas nécessairement fatal, mais au final j'ai coupé dans le gras (contrairement à la Crypte du Sorcier ou on maintient inutilement le lecteur en vie pendant 130 paragraphes sur un chemin n'offrant que l'échec).
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#7
En parlant des choix déchirants que doit, ironiquement, faire un auteur d'AVH (oui, il souffre avant de faire souffrir le lecteur !), cela me rappelle la pierre doit être sculptée de Skarn. Même si cela évoque plutôt les affres de la création en général, si je m'en souviens bien.
Pour ma part, je trouve la limitation à 50 sections particulièrement stimulante, difficile de dire pourquoi exactement. Déjà en raison de l'intensité du contenu : la qualité littéraire n'est pas forcément facile à maintenir sur une longue AVH. Idem pour la richesse de la structure. Ensuite, comme pour un poème, j'imagine : la rigueur de la contrainte exacerbe la créativité. J'ai remarqué que quand je travaille sur un projet plus long, j'ai du mal à garder une dynamique réellement efficace d'écriture et de conception (mais je ne désespère pas). Cela mériterait un fil à part, ça, tiens... (sauf s'il existe déjà)

Ton oeuvre précédente, Flam, même si je ne l'ai pour l'instant que parcourue, me semble moins dense au niveau de l'écriture. Cela ne dessert sans doute pas du tout l'aventure, très axée sur l'action et le jeu, mais la brièveté (toute relative) d'Anoki et le Dieu Ours t'a peut-être permis ici de soigner particulièrement l'atmosphère et l'immersion, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Digressions à part, j'avoue avoir tiqué aussi sur mon premier échec, un peu abrupt. On peut sans doute ne pas proposer le choix dans ce cas et utiliser les deux paragraphes pour renforcer la structure à un autre endroit (après, c'est toujours plus facile à dire qu'à faire...). Mais évidemment, on perd une fin au passage.
Sinon, j'aime bien les moments avec le traineau et le rôle joué par les chiens. J'ai davantage apprécié le PFA avec les loups, cohérent avec la pression ressentie alors (je l'avais évité - cette fois - mais je suis allé lire le choix alternatif par curiosité).
Enfin, si je n'ai pas encore fini de la parcourir, je ne peux que confirmer vivement le plaisir que j'ai à lire et à jouer cette histoire ! L'envie d'arriver au bout - pas trop vite afin de rester dans cet univers fascinant - aiguillonne tout du long (mais la chance au dé n'est pas avec moi : le bougre m'en veut certainement de l'avoir boudé trop longtemps).
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#8
Moi, j'ai choisi le bon côté apparemment Smile
Mais c'est vrai que le choix gauche-droite est un peu lapidaire (donner un peu plus d'éléments pourrait être moins frustrant s'il y a effectivement un PFA de l'autre côté). Je plussoie Merlinpinpin pour dire que l'obligation de faire des renoncements est à la fois frustrante et stimulante. On n'arrive pas forcément à une AVH aboutie mais à quelque chose qui a le mérite d'une certaine unité et pas mal de force.
Je n'ai pas fini encore ma tentative, je reviendrai dessus mais effectivement l'univers est très prenant (grâce au style bien sûr)!
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#9
Cette fresque poético-bucolique est très réussie, même si ça m'a un peu donné l'impression de lire le même paragraphe en boucle en pédalant dans une choucroute onirique (j'exagère bien sûr). J'ai ressenti que le propos principal se portait sur les interrogations naturalistes d' un jeune indien s'émerveillant du monde à grand renforts de "peut-être ci", "peut-être ça", "je me demande", qui participent activement à l'onirisme de l'aventure, tout comme le parti pris du"je". Au final, la capture de Meika et donc le but de l'aventure passe au second plan. Ce n'est pas forcément un mal. Cette aventure est avant tout une immersion dans un personnage et dans l'univers de ses sensations, du vent glacé de la plaine sur son visage, de ses repas de boudins de loups farcis aux figues, de ses feux de bois, ses yourtes, des grands espaces sauvages et mystiques teintés de magie ancestrale, des éléments déifiés, d'une âme animiste, et de sacrifices humains traditionnels, bien sûr. J'ai ressenti un grand apaisement durant tout le texte , où Anoki semble être en permanence dans une sorte de communion avec le monde, même dans les passages critiques et les morts (l'emploi du "je" doit y être pour qlq chose) . De ce point de vue, c'est réussi je trouve, et ça tient bien la distance sur toute l'oeuvre.


Il m'a fallu deux lectures pour comprendre qui est qui. Comme souvent, je suis perdu avec les noms et je finis toujours par confondre hommes, dieux, bêtes, (avec ces K dans tous les coins)... C'est ma faute, j'avoue, j'ai un certain déficit d'attention et de mémoire.


Voilà livrées à chaud mes impressions sur ce texte qui est très beau, et c'est là son point point fort selon moi. Du coup, je pense que les combats pourraient être tout simplement supprimés et être gérés comme la rencontre avec les loups du début : choix 1 on se fait bouffer, choix 2 on se bat et on gagne d'office. En même temps je n'ai jamais été fan de combats (sauf là, à la fin ; le Dieu-ours, l'a pas fait son fier.)

En tout cas, bravo pour ce texte magnifique.
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#10
Grand merci pour le retour fifre, et bien pour fait pour ce satané ours Smile
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#11
J’ai tout aimé dans cette histoire : le style parfait, le cadre original et crédible,  l’atmosphère très bien rendue, la diversité des péripéties, des rencontres et des objets qu’on peut collecter, la présence d’une touche de surnaturel qui apporte de la diversité par moment, et l’introduction et la conclusion qui enchâssent magnifiquement l’histoire. Bravo pour ce récit de grande qualité et merci pour ce beau voyage.
Ps : j’ai oublié de parler des règles qui me semblent bien équilibrées. Le système de combat fait assez penser à celui de Dragon d’or.
Ps 2 : petite coquille au paragraphe 1 : « ma besace » au lieu de « me besace »
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#12
Je réitère mes compliments. C'est vraiment très bien écrit, plein de poésie et presque de mélancolie.
Les descriptions des grandes immensités gelées, les rencontres atypiques (je pense au musicien) jusqu'aux aurores boréales... Tout cela donne une épaisseur au récit, une âme.
Vu que j'ai toujours des trucs bizarres en tête, j'ai pensé au jeu "The Long Dark" pour ce qui est de l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble.
Certes, un PFA un peu direct m'a fait recommencer, mais la lecture est tellement plaisante que ça ne m'a pas heurté plus que ça.
Dans tous les cas, bravo, c'est un superbe texte.
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#13
Merci pour le commentaires, c'est très apprécié et je suis content que vous ayez aimé cette petite histoire. Bien vu grattepapier je vais corriger cette petite erreur de ce pas. Je ne connaissais pas The Long Dark, ça a l'air intéressant. Un peu hors sujet, mais tant qu'à parler de jeux vidéo avec une ambiance cool j'ai vraiment trippé sur Hollow Knight.
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#14
Lors du dernier Yaz, je me souviens que j'avais dit que j'aimerais bien voir Flam proposer une AVH dans un univers plus personnel. J'ai donc été exaucé Smile
Il faut avouer qu'on est littéralement transporté dans ces paysages nord-américains peuplés par des tribus qui semblent sorties du paléolithique (au vrai on ne sait pas quand c'est supposé se passer). La grande force c'est effectivement l'ambiance et les descriptions propulsées par un style extrêmement maîtrisé. L'AVH vous prend et ne vous lâche pas, et c'est ce qu'on demande.
Je confirme le bémol de fifre sur les personnages, c'est vrai que moi aussi j'ai été d'emblée perdu par les noms lâchés dans l'introduction, ce qui fait que les premiers choix sont plutôt aléatoires. Mais ça ne semble pas tellement important, puisqu'ici l'enquête, si on peut dire, est véritablement un prétexte à une belle ballade initiatique. Ca ne m'a pas empêché de voir la fin de l'AVH qui n'est pas très difficile.
C'est vrai aussi que dans l'absolu l'AVH aurait pu se passer de hasard, mais celui-ci est loin d'être dérangeant. Surtout, le combat final est vraiment bien foutu (même si j'avoue avoir triché très légèrement), donc pour moi le système mis en place apporte vraiment quelque chose.
Au final, du grand art !
Bravo et en espérant lire d'autres AVH de toi, Flam.
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#15
Bon j'ai compté les noms, il n'y en a que 20... dont seulement 11 avec un K :p :p

Anoki, Yako, Kiona, Adriel, Chuma, Kani, Ivuk, Makou, Ocha, Osalée, Meika, Nirvelli, Abika, Isthel, Samaya, Taruk, Kewanee, Nayati, Kwaté, Hateya
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