2084, Volume 1
#1
Vous trouverez mon roman interactif en trois parties sur Littéraction en cliquant sur le lien suivant :
https://litteraction.fr/livre-jeu/2084-v...u-papillon

Il s’agit du premier volume de ma saga policière cyberpunk, «2084». L’AVH comprend en fait trois enquêtes distinctes, toutes situées dans une même continuité narrative. Il est donc impératif de les lire dans l’ordre : 1/ Le Rêve du papillon; 2/ Un bon flic; 3/ D-Cube.

Le récit est PEGI18. Si vous avez une âme sensible ou que vous vous ennuyez au bout de six paragraphes, je vous autorise de très bon cœur à abandonner la lecture.

Quelques explications s’imposent, puisque mon roman interactif repose sur des mécaniques plutôt inhabituelles au sein de notre communauté, je crois. Les décisions que vous prenez lors des premières enquêtes auront des répercussions directes lors des aventures ultérieures, non seulement à l’échelle de ce volume, mais aussi des quatre suivants. L’intrigue s’étendra en effet sur cinq volumes d’un peu plus de 500 entrées chacun. Je suis en train d’écrire les deux derniers. Le présent volume a été écrit il y a cinq ou six ans.

Vous ne trouverez pas de PFA dans l’histoire. Même si le roman comprend une véritable mécanique ludique, simple mais déterminante, il s’agit avant tout d’un roman policier interactif et non d’un livre-jeu. J’entends par là que vous aurez peut-être envie après coup d’explorer les paragraphes inexplorés, mais la première lecture doit être menée comme si chaque choix était crucial, définitif et qu’il impliquait votre vie entière. Faites juste ce que vous avez envie de faire. L’enjeu ne sera pas de gagner ou de perdre. De toute façon, à la grande roulette de l’existence, les victoires sont souvent malheureuses. Vous pourrez certes engranger des succès si vous menez vos missions avec brio et cela vous permettra de développer les compétences de votre personnage, comme dans un RPG classique. Mais il y a d’autres moyens de développer le personnage, y compris parfois en sabotant délibérément la réussite d’une mission. Chaque parcours constitue une histoire cohérente qui s’achève de manière dramatiquement satisfaisante. Bien que l’AVH soit longue, elle se lit d’une traite, sans retours à la case départ. Vous irez jusqu’au dernier paragraphe en une seule lecture. Mais le détail de votre histoire sera unique.

P.S.1 : Mon logiciel a provoqué quelques bugs dans la renumérotation automatique des paragraphes. Je pense avoir tout corrigé, mais si après être entré dans votre salle de bain vous vous retrouvez dans un laboratoire scientifique, merci de me le signaler : je rectifierai le PDF au plus vite. Pardonnez mon inexpérience. C’est la première fois que je renumérotais une AVH avec un logiciel.

P.S.2 : Comme je sais que l’usage des chatbots a ici ses partisans et ses détracteurs, je signale que les illustrations finales ont bien été réalisées à l’aide de différents modèles de Chat GPT. Cela m’a permis d’améliorer les dessins initiaux, d’obtenir une meilleure qualité de résolution et d’assurer l’harmonisation des rendus. Ce n’est pourtant pas une coquetterie de ma part de dire que ces illustrations sont le fruit d’un très long travail d’infographie, puisque les premières ébauches de mes dessins datent d’une époque où les chatbots étaient encore très loin d’avoir été commercialisés.

P.S.3 : Ce livre est un hommage aux romans cyberpunks qui ont bercé ma jeunesse. « No future » : telle était la devise de ce passé révolu.
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#2
Bonjour Sisyphe,

J’ai lu « 2084, Le rêve du papillon » et voici mon retour.

Tout d’abord, bravo pour avoir écrit cette première AVH, ce n’est jamais facile d’écrire un texte aussi long jusqu’au bout ! L’univers cyberpunk est peu commun dans les AVH, et c’est un vrai plus. Les illustrations et la feuille d’aventure nous plongent bien dans l’ambiance. Le texte se lit assez facilement. Toutefois, il reste très didactique, très explicatif, que ce soit dans les descriptions ou les dialogues par ailleurs nombreux. Il faudrait injecter un peu plus de vie et de folie au milieu de toutes ces infos.

Pour ce qui est de l’histoire, je l’ai trouvée très longue pour 213 paragraphes. Je ne sais pas si c’est dû à un manque de choix (je n’ai pas l’impression mais peut-être que je me trompe) ou à la longueur de certains paragraphes, car comme tu l’as indiqué, on ne peut pas mourir dans cette histoire (peut-être est-ce aussi à cause de ça finalement, s’il n’y a pas de PFA, forcément ça augmente le nombre de paragraphes disponibles par ailleurs). Je m’attendais à une enquête et j’ai été un peu déçu de ce côté-là, car on n’est pas très actif dans l’enquête (on l’est plus dans les parties action), et il n’y a pas besoin de beaucoup réfléchir. J’ai eu du mal à m’identifier à l’héroïne, peut-être à cause de l’emploi de la 3ème personne, ou parce qu’on connaît assez peu ses pensées et émotions. J’ai trouvé le personnage de Kurumada très gentil par rapport à son statut, les flics ont l’air plus méchants que lui ! Je ne sais pas si c’est voulu, mais ça parait bizarre pour un chef de la mafia.

J’ai bien aimé la diversité des mots-clés et attributs de l’héroïne et les règles très simples qui nous permettent de jouer sans utiliser de dés, juste avec un crayon et la feuille d’aventure. J’ai obtenu un franc succès durant mon aventure, je ne sais pas si c’est bien ou pas. J’avoue que j’ai parfois pris les choix qui me semblaient les moins appropriés pour voir ce qui se passait (c’est-à-dire ceux qui auraient sans doute mené à un PFA dans un LDVELH classique), juste pour voir comment l’héroïne s’en sortait, et je trouve que tu as plutôt bien géré ces cas-là du point de vue du scénario.

Globalement, bravo pour cette première AVH, on sent que tu as voulu soigner les détails notamment avec les illustrations qui ont un style cohérent tout au long de l’histoire. Les attributs de l’héroïne sont une très bonne idée, et ils sont parfaits pour régler les différentes situations dans lesquelles on se retrouve.

Voilà, j’espère que mes remarques pourront t’aider dans ton travail d’écriture !
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#3
Hello,

Je viens de finir ma 1ere lecture, donc c'est un retour à chaud, en vrac :

Note : j'ai un style de feedback sans détour, qui peut donner une connotation péjorative, alors que non, il n'y a rien d'autre que de la sincérité, biaisée par l'immédiateté du retour.

- Comme pour l'AVH du chat de @Outremer, la 3e personne brise, pour moi, l'incarnation. Et en plus cela a une autre conséquence :
- Il m'a manqué des émotions, des sensations, des odeurs. Or, un "vous" oblige à cela : "Samantha a les épaules lourdes" => "Vous avez les épaules lourdes"
<= d'autant plus que sur la fin du récit, tu bascules à un "Rends-toi au 123" = au début on fait avancer Samantha, mais petit à petit la narration s'adresse à nous (lecteur) directement.
<= les dialogues pourraient être un peu plus pêchus
- Les 1er choix qui définissent les attributs sont Top, c'est très bien ficelé
- L'histoire est très bonne
- J'ai eu des images de Ghost in the shell, un peu de Cat's eyes, Cyberpunk JDR, Cyberpunk vidéo, etc. nickel.
- J'ai eu du mal avec un "Paris" cyberpunk, je crois que c'est ce qui m'a le plus troublé au début : imaginer Paris cyberpunk... pas simple... biais de provincial je pense Smile
- Bravo pour les illustrations

Bref, je vais creuser et faire la suite.  

Grosso-modo, je suis d'accord avec les remarques de @Yome. Avec un accent plus fort sur le choix de la 3e personne.

<début digression>


Enfin, ton AVH m'a généré des perplexités sur 2 choses (j'ouvrirai des sujets dans l'atelier) :

1- sur des AVH longues, indiquer à la fin à quel paragraphe retourner pour obtenir une autre fin. (la triche est un sujet très sérieux puisqu'elle permet/incite la rejouabilité)

2- je pense que je suis allergique à la 3e personne, mais je me suis demandé si elle ne pouvait pas être super efficace employée autrement : une pause dans la narration qui oblige le lecteur à jouer un autre personnage, mais à la 3e personne... ce qui amplifierait le poids de la 1ere et amènerait une pause "rigolote", une rupture de quelques sections où le lecteur "bouge" les pions/PNJ du récit, comme un gamin joue avec des figurines dont seulement une le représente personnellement.

 </fin digression>

merci pour le partage !
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#4
(18/08/2026, 21:02)ledahu a écrit : - Comme pour l'AVH du chat de @Outremer, la 3e personne brise, pour moi, l'incarnation.


Dans la mini-AVH en question, j'avais utilisé la première personne. C'est dans Iacchos que je m'étais servi de la troisième personne. (Il y a du reste bien des auteurs qui l'ont fait avant moi, notamment Fitz.)

La deuxième personne est traditionnelle dans les AVH et le fait de ne pas l'employer peut certes introduire une certaine distance entre le joueur et le personnage dont il contrôle les actions. Mais l'emploi de la première ou de la troisième personne n'est pas pour autant une mauvaise chose en soi : ça modifie le ressenti et le point de vue du lecteur/joueur, ce qui peut présenter des avantages aussi.

Le fait de diviser les sections entre une partie narrative à la première/troisième personne et une partie technique à la deuxième personne (incluant les renvois, les codes à noter, etc.) me paraît personnellement une idée tout à fait correcte.

Pour ce qui est du style, même si la qualité importe toujours, bien des approches différentes de la narration sont possibles et légitimes (je n'y inclus naturellement pas les textes écrits par IA, qui sont la négation insipide de l'art).
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#5
Citation : Dans la mini-AVH en question, j'avais utilisé la première personne.

Oui, au temps pour moi. Mais cela me fait le même effet de distance, quoique l'effet est plus subtil à la 1ere car il m'avait donner l'impression de décider d'un "journal de bord"/"journal intime". Et effectivement, ce n'est pas un mal en soi. C'est juste que "dont vous êtes le héros".  

Citation :Le fait de diviser les sections entre une partie narrative à la première/troisième personne et une partie technique à la deuxième personne (incluant les renvois, les codes à noter, etc.) me paraît personnellement une idée tout à fait correcte.

Vador passe à la vitesse supérieure et vous tranche la main de son sabre laser. Il vous invite à devenir son allié...
- Obiwan ne t’a jamais dit ce qui est arrivé à ton père…

Vous répondez :
- Oh ! Il m’en a dit assez ! Il a dit que vous l’avez tué !  RDV 12
- Crève enfoiré !  RDV 23

$12

Vador est surpris de la réponse, il hésite devant le jeune Jedi...

Vador répond :
- Non… JE SUIS ton père  RDV 45
- C'est vrai, je l'ai tué...  RDV 67

Smile
(https://www.brucetringale.com/je-suis-ton-pere/)

---------------------- </fin digression>


@Sisyphe :
J'ai oublié de dire que je trouve que les illustrations devraient être placées au milieu du texte. Je suppose que c'est un placement en préparation d'une version papier pour des pages en vis-à-vis, mais en PDF, on clique et hop ! On file au paragraphe suivant, sans voir qu'il y avait une illustration après les choix !

Et pour info j'ai fait BIMBO SPORTIVE Smile
[+] 1 personne remercie ledahu pour ce message !
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#6
Merci à tous pour vos retours. Je suis désolé que la première partie de l’AVH vous ait paru longuette, didactique et trop peu littéraire. Je constate que vos avis sont unanimes, d’autant que Lady V allait elle aussi dans ce sens lors de nos échanges en MP.

Sans chercher à me justifier, puisque je plaide au contraire coupable, je dois avouer que j’aime les intrigues denses et complexes, ainsi qu’une certaine précision documentaire dans la peinture des univers. Or les développements de ce genre occupent beaucoup de place. Comme je voulais aussi faire tenir trois aventures dans un seul volume, j’avais pris le parti d’adopter un style de narration nerveux, très rapide, fonctionnel, où les actions de l’héroïne sont décrites de manière un peu expéditive, presque parodique, comme dans beaucoup de LDVELH de l’époque classique. Pour les dialogues, c’est un peu la même chose. Je les ai la plupart du temps réduits à leur fonction d’exposition. Cela rend sans doute mon texte très abrupt, là où je cherchais justement à éviter l’emphase littéraire, ainsi que l’inflation du nombre de signes.

Quoi qu’il en soit, la densité de l’arrière-plan narratif, couplée au peu de volume que je m’étais octroyé pour l’installer, m’a obligé à multiplier abusivement les paragraphes ou dialogues explicatifs. Je crois que ça ne me gênait pas vraiment, à titre personnel, car je suis habitué à lire des essais davantage que des romans: la compilation très compacte de données me paraît presque naturelle. Mais je reconnais que ce n’est vraiment pas un choix très judicieux d’un point de vue romanesque, et je m’en veux après coup. J’aurais peut-être tout simplement dû délayer l’aventure, pour lui donner davantage d’ampleur dramatique et littéraire, faire respirer les dialogues et leur donner une tournure plus sophistiquée, quitte à occuper tout un volume avec la première enquête.

Pour ce qui concerne le problème de la narration à la troisième personne, je comprends tout à fait le point de vue de Ledahu, mais, moi, pour être honnête, je n'ai jamais supporté la narration à la deuxième personne. Loup*Ardent était ma série préférée!!! Je n'arrive pas à me projeter dans un personnage quand on me dit "Vous", alors que je ne vis ni au Moyen-Âge ni dans le futur. Mais je suppose que c'est très subjectif.

(19/08/2026, 02:30)Outremer a écrit : Pour ce qui est du style, même si la qualité importe toujours, bien des approches différentes de la narration sont possibles et légitimes (je n'y inclus naturellement pas les textes écrits par IA, qui sont la négation insipide de l'art).

J’ignore à vrai dire si la remarque entre parenthèses m’était destinée ou non, Outremer, et je suppose que ce n’est sans doute pas le cas du tout, mais je voulais tout de même en profiter pour dire que mon livre a été écrit bien avant la mise en service des premiers chatbots. L’AVH doit dater de 2020. J’ai forcément utilisé Copilot pour certaines corrections récentes, des recherches de synonymes ou des pistes de reformulation, comme j’utilisais naguère Antidote ou des outils équivalents (voire des amis relecteurs: ce sont des outils très efficaces); j’ai maintenant l’habitude aussi de faire vérifier mes phrases quand j’aborde certains sujets techniques et pointus que je maîtrise sommairement, pour m’efforcer de ne pas commettre d’erreurs de vocabulaire; mais ce texte n’a vraiment pas été généré par une IA. D’ailleurs, une IA m’aurait sans doute conseillé à juste titre de délayer davantage. Smile Il n’empêche cependant que j’approuve ta remarque, pour l’essentiel. Je ne te donne pas tort sur le fond.
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#7
Ce n'est plus disponible sur Littéraction ?
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#8
(13/09/2026, 20:44)Flam a écrit : Ce n'est plus disponible sur Littéraction ?

je crois savoir que l'auteur, suite au premiers retours, a décidé de retravailler son AVH.
On verra bien à la clotûre des dépôts si elle est de nouveau disponible ou pas.
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#9
Oui, Grattepapier a raison: l'auteur m'a fait la même confidence! Smile

Pour tout vous dire, cet été, avant de diffuser l'AVH, je l'avais largement rabotée, afin de la ramener à des dimensions un peu moins indigestes. J'avais aussi recentré le récit autour des parties d'enquête et d'action, dans l'espoir là encore de ne pas ennuyer le lecteur. Comme les lecteurs se sont ennuyés malgré tout, je suis en train de rendre à l'AVH sa forme intégrale, et je retravaille l'ensemble à des fins d'harmonisation.

Je ferai en sorte de poster la nouvelle version sur Littéraction très vite, car je sais bien que nombre d'entre vous souhaitent voter pour le Yaz. En ce qui me concerne, participer au Yaz m'indiffère, mais je ne vois pas de raison non plus de retirer mon AVH du concours, notamment parce que vos retours me sont précieux. Ce sont même uniquement vos retours qui m'intéressent, à vrai dire, dans la mesure où ils m'aident à améliorer mon texte, ce qui est la raison première de ma présence ici. Je suis en quête de relecteurs.

Je comprends très bien cependant que la longueur de l'AVH représente un temps de lecture important, ce dont je m'excuse beaucoup. Ce problème sera encore aggravé dans la prochaine version, très substantiellement augmentée. Comme je l'ai déjà écrit plus haut, j'encourage tout le monde à abandonner la lecture au bout de quelques paragraphes si le roman interactif ne plaît pas, d'autant qu'il est parfois sombre, austère et perturbant. Ce n'est vraiment pas tout public.
[+] 2 personnes remercient Sisyphe pour ce message !
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#10
Voilà, j'ai mis en ligne la version cyber-augmentée de "2084, volume 1", avec ses trois aventures téléchargeables en PDF séparés.
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#11
(18/08/2026, 14:40)Yome a écrit : Je m’attendais à une enquête et j’ai été un peu déçu de ce côté-là, car on n’est pas très actif dans l’enquête (on l’est plus dans les parties action), et il n’y a pas besoin de beaucoup réfléchir. J’ai eu du mal à m’identifier à l’héroïne, peut-être à cause de l’emploi de la 3ème personne, ou parce qu’on connaît assez peu ses pensées et émotions. J’ai trouvé le personnage de Kurumada très gentil par rapport à son statut, les flics ont l’air plus méchants que lui ! Je ne sais pas si c’est voulu, mais ça parait bizarre pour un chef de la mafia.

Merci pour tes commentaires, Yome. J'y réponds avec beaucoup de retard, mais j'ai énormément planché sur la reprise de mon texte au cours des dernières semaines. Oui, tu as raison, dans "Le rêve du papillon", l'héroïne ne mène pas des investigations actives, comme dans un roman policier classique, et comme ce sera le cas lors des aventures suivantes. Ici, dans cette aventure introductive, elle subit souvent la situation plus qu'elle n'agit: le premier chapitre de la saga relève d'un genre qu'on appelle le "thriller paranoïaque", où un personnage est plongé dans une situation oppressante qu'il ne comprend pas ("La mort aux trousses" d'Alfred Hitchcock est un peu le modèle du genre au cinéma).

Concernant la personnalité de Samanta, l'héroïne, je pense que la version augmentée que je viens de mettre en ligne la rendra plus incarnée. En rabotant mon AVH cet été pour lui rendre un format plus raisonnable, j'avais supprimé beaucoup de passages la montrant dans son cadre de vie intime. Mon but était à la fois de raccourcir l'AVH et de la faire davantage ressembler à un RPG solo. Or, dans un RPG solo, l'avatar du lecteur est normalement très peu caractérisé. Mais c'était une mauvaise idée, je pense, d'autant qu'ici les RPG solo ne sont pas très en vogue, alors que c'est davantage le cas dans les communautés anglo-saxonnes.

Enfin, pour répondre à une autre de tes remarques, je ne crois pas que Kurumada soit toujours très sympa, même s'il est très courtois. Cela dépend beaucoup des parcours et de la façon dont on le traite. La version augmentée offre aussi sur ce point beaucoup plus de richesse narrative, je crois, et permet sans doute par ailleurs de rendre le roman interactif un peu moins dense, en diluant les parties explicatives. Mais cela reste un ouvrage long et de lecture parfois difficile, voire austère, je le concède tout à fait.

(18/08/2026, 21:02)ledahu a écrit : 1- sur des AVH longues, indiquer à la fin à quel paragraphe retourner pour obtenir une autre fin. (la triche est un sujet très sérieux puisqu'elle permet/incite la rejouabilité)
2- je pense que je suis allergique à la 3e personne, mais je me suis demandé si elle ne pouvait pas être super efficace employée autrement : une pause dans la narration qui oblige le lecteur à jouer un autre personnage, mais à la 3e personne... ce qui amplifierait le poids de la 1ere et amènerait une pause "rigolote", une rupture de quelques sections où le lecteur "bouge" les pions/PNJ du récit, comme un gamin joue avec des figurines dont seulement une le représente personnellement.

Merci beaucoup à toi également pour ces commentaires, Ledahu. Concernant les fins, mon AVH n'est pas structurée de cette façon. Il est possible tout au long de l'histoire d'atteindre des parties alternatives qui infléchissent la direction du récit à long terme, mais il ne s'agit jamais de débloquer un dénouement unique A, B ou C. Les variantes apparaissent tout au long du roman, par petites touches qui, cumulées, donnent un tour spécifique au parcours du lecteur. C'est d'ailleurs surtout à partir des deuxième et troisième aventures que les conséquences des choix se font sentir, par la force des choses. La première aventure permet plutôt de poser les bases, de créer le personnage, et bien sûr de prendre plusieurs décisions cruciales pour la suite. Mais c'est un prologue, en quelque sorte.

Le choix de la 3e personne s'est quant à lui imposé à moi pour plusieurs raisons. D'abord, cela fait davantage ressembler l'AVH à un roman littéraire. Ensuite, cela crée un subtil effet de distanciation, certes perturbant pour le lecteur, mais qui nous rappelle en permanence que nous sommes plongés dans une histoire extérieure à nous: toute l'AVH joue d'un sentiment diffus de décalage, de rêve éveillé, comme si Samanta ne savait plus qui elle était vraiment. Enfin, j'ai pris le parti d'écrire un roman interactif comportant de très nombreux dialogues: il faut me pardonner, je suis un admirateur inconditionnel de Dostoievski. Or l'emploi de la 2e personne pose un problème de clarté dès qu'on passe en mode dialogué, car l'emploi du "vous" ou du "tu" est fréquent dans la bouche des différents protagonistes. On ne sait plus alors qui est "vous" ou "tu", si on parle du héros à la 2e personne.

Pour terminer, j'ai une très bonne nouvelle. Dès lors que certains d'entre vous ont lu l'ancienne version de la première aventure et qu'ils ont le courage sublime de lire les deux autres parties de l'AVH jusqu'à leur terme, dans leur nouvelle version, je leur octroie un succès supplémentaire gratuit. La version augmentée de la première partie permet en effet d'obtenir davantage de succès que la version initiale. Vous aurez du mal à gagner un nouvel attribut en fin de parcours si vous avez lu la première version et que vous n'ajoutez pas un succès à votre jauge.
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#12
J'ai commencé et j'aime bien l'ambiance... forcément ! Un Paris disruptif en 2080, ça me rappelle des choses Smile
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#13
(23/10/2026, 12:54)Alendir a écrit : Je ne parlais pas seulement de la couverture générée par IA (ce qui ne me dérange pas d'ailleurs, tant que l'image a fait l'objet d'itérations pour être fidèle à la vision d'un auteur qui n'a pas les moyens de se payer un graphiste). Sans affirmer non plus que tout le texte a été généré par IA (heureusement peu de gens en viennent là), certains paragraphes avaient un style qui m'était étrangement familier et pourtant je n'ai pas lu d'AVH depuis 10 ans... par contre je travaille avec l'IA tous les jours. Mais peut-être fais-je fausse route si tu affirmes que tout le texte a été écrit par toi !
De toutes façons ce n'est pas le sujet, je veux juste de belles AVH pour le nouveau site !

Même si le commentaire vient d'un autre fil de discussion, je me permets de répondre ici : cela me semble plus approprié. Mon propos n’est pas destiné d’ailleurs à Alendir, d’autant qu’Outremer avait glissé des sous-entendus comparables un peu plus tôt. J’ai de l’estime pour chacun d’eux ; Outremer est même tout simplement mon auteur de littérature interactive favori, à égalité disons avec Dave Morris. Mon message a donc une portée bien plus générale.

Pardonnez la longueur de mon propos, et cessez-en bien sûr la lecture sans remords si ce que j’écris ne vous intéresse pas. Je tiens juste ici à clarifier ma position.

Tout le monde a le droit d’aimer ou de ne pas aimer un livre, sans parler des miens en particulier. J’écris d’ailleurs des AVH pour me faire plaisir, à tel point que mes histoires ne sont pas du tout conçues pour un large public. Il m’arrive de me demander si quelqu’un d’autre que moi pourrait raisonnablement y trouver de l’intérêt, tant elles combinent des handicaps commerciaux évidents.

Je suis tout de même surpris et blessé d’avoir été plusieurs fois l’objet de piques concernant l’« IA », ou ce qu'on a pris l'habitude de désigner sous ce terme. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de lire beaucoup d’AVH qui avaient été écrites avec l’assistance de LLMs, sur Littéraction. Cela ne me choque pas, à vrai dire. Bien que je sois technophobe, néo-luddite et que je me réjouirais de voir la civilisation humaine retourner vivre au moins quelques décennies en arrière, pour ne pas dire quelques siècles, je ne vois aucune raison de bouder les maigres avantages apportés par des évolutions que je déplore cependant dans leur globalité.

Si un auteur motivé, amoureux des AVH, rempli de bonnes idées, mais pas très doué pour l’écriture, produit grâce aux LLMs un livre-jeu bien fichu et agréable à lire, je m’en réjouis. Il ne serait peut-être pas parvenu à un aussi bon résultat sans les modèles génératifs. Pour moi, c’est de ce strict point de vue un progrès, et j’assume parfaitement de le dire.

Les LLMs n’en ont pas moins dans l’écriture des défauts que Lovecraft aurait à juste titre qualifiés d’indicibles. Peut-être ces modèles seront-ils améliorés un jour, mais je juge sur pièce. Ils produisent par exemple une quantité rebutante de répétitions grossières, recourent à des structures de phrase stéréotypées, peinent à articuler une syntaxe sophistiquée, etc. Ils concourent aussi à imposer un français purement standard, dépourvu de particularismes ou d’idiosyncrasies, et tendent à lisser l’expression, y compris sur un plan émotionnel ou dramatique.

Je passe enfin sur tout ce qu’on peut éventuellement leur reprocher d’un point de vue politique ou économique. De cela, vous êtes juges en votre âme et conscience. Moi, je suis néo-luddite, comme je l’ai dit : mes convictions sont donc affichées, même si je ne fais pas de prosélytisme, ayant une sainte horreur des prêcheurs et des inquisitions.

Si l’on s’en tient donc à un jugement pragmatique, les LLMs ont aussi d’extraordinaires avantages, qui ne font pas pour autant oublier leurs défauts. Ils permettent notamment d’adopter une correction langagière propre à faire pâlir de jalousie le plus chevronné des correcteurs professionnels (et j’ai pourtant eu la chance de travailler avec quelques-uns des plus remarquables d’entre eux, notamment quand j’étais publié au sein du groupe Flammarion).

Les modèles les plus récents et les plus avancés représentent aussi un gain de temps et d’efficacité extrêmement spectaculaire dans le domaine de la recherche documentaire. Il m’arrive de les utiliser pour retrouver en quelques secondes une citation que j’aurais mis au bas mot plusieurs heures à retrouver dans ma bibliothèque, certes vaste et bien pourvue, jusqu’à la démesure obsessionnelle du bibliophile.

En matière romanesque, les LLMs rendent possible une richesse de description qui aurait été pour ainsi dire inenvisageable sans eux. Récemment, j’écrivais une scène située dans une fête foraine et j’aurais été bien en peine d’employer le vocabulaire adéquat à moins de passer plusieurs mois en immersion dans ce monde très particulier. Je pourrais multiplier à l’infini les illustrations de mon propos, mais je m’arrête là : je pense que c’est suffisant.

Abstraction faite de mon désir puissant de voir un jour s’effondrer le monde technologique dans lequel nous vivons, puisqu’il me paraît intrinsèquement voué à une issue mortifère, tant d’un point de vue matériel que culturel, comment suis-je amené à juger l’usage des LLMs aujourd’hui ? Il me semble que nous devrions faire en sorte d’exploiter leurs avantages sans céder à leurs défauts, bien que les seconds soient au moins aussi grands que les premiers. Cela implique à mes yeux de recourir à ces outils, sans pour autant cesser de travailler, et même en travaillant avec toujours plus d’acharnement.

J’ai écrit pendant plus de vingt ans sans LLMs, et je n’ai pas l’impression d’écrire plus vite que par le passé. Durant mon adolescence, j’ai connu aussi l’époque des machines à écrire. Grâce au traitement de texte, j’ai pu écrire avec davantage d’aisance, et disposer d’un avantage concurrentiel incontestable sur les auteurs du passé, qui écrivaient encore à l’encrier ou à la plume, voire à la tablette de cire. J’écrivais mieux, à l’aide de ces nouveaux outils, mais je ne fournissais pas moins d’efforts ; et je restais modeste devant mes devanciers, car j’avais conscience d’être privilégié.

Je n’aurai jamais de paroles assez dures pour les gens qui s’imaginent produire une prose de qualité en marmonnant quelques mots dans leur téléphone et en validant leur prompt. Ce sera peut-être vrai un jour. Dans l’immédiat, c’est une illusion. Reste que les LLMs peuvent être sollicités d’une manière bien plus subtile, en tant que simples instruments.

La difficulté est présentement que l’utilisation de ces modèles nécessite un apprentissage brutal. Même avec la meilleure volonté du monde, il m’est encore difficile de parvenir à en avoir un usage optimal. C’est la raison pour laquelle je les exploite d’une manière très prudente : documentation, corrections, parfois élaboration de premiers jets lors de certaines scènes nécessitant un vocabulaire spécifique. L’AVH que j’ai diffusée sur Littéraction m’a demandé des années de travail, au prix d’un labeur interminable. Elle a été écrite entièrement sans LLMs, en 2021, bien que j'aie recouru à ces outils lors des phases récentes de correction ou de reprise. Je pense que vous n’avez même pas idée du soin maladif que j’ai mis à l’écrire, en dépit de toutes ses imperfections résiduelles. Je suis en train de terminer le quatrième volume : celui-ci n'était que le premier.

S’il est important pour vous de me juger en tant qu’écrivain à l’ancienne, fort heureusement, il vous suffit de lire un des très nombreux livres que j’ai publiés jusqu’ici. Ils sont sortis en rayons à une époque où les LLMs n’étaient pas commercialisés. Je crois avoir toujours été réputé pour la qualité de ma plume, outre mon érudition. Si vous voulez enfin jauger mes qualités d’écrivain à l’état pur, par exemple avec une tablette de cire, je dois en revanche avouer que je n’ai jamais rien écrit de cette façon. J’envoie ici des pensées émues à Esope, et plus encore à Homère, qui n’avait tout simplement rien pour écrire et devait mémoriser l’intégralité de ses épopées pourtant monumentales.

Nous vivons une époque trouble, remplie d’incertitudes et parfois inquiétante. Les débats s’en trouvent naturellement hystérisés, jusqu’à me semble-t-il un certain fanatisme dans tous les camps. Il me paraît dès lors salutaire d’en revenir à une position d’équilibre, de nuance et de bon sens. Je n’en voudrai à personne de souhaiter écrire selon des méthodes plus traditionnelles. J’ai moi-même un mode de vie d’ermite archaïque et je serais bien mal placé pour me moquer de qui que ce soit. Je trouve charmant, réconfortant et nécessaire que des savoir-faire anciens soient perpétués. Si je dois émettre une hypothèse quant à l’avenir d’un monde régi par les moyens modernes de déplacement, les moyens modernes de communication, les moyens modernes d’armement et la banalisation des LLMs, elle est sans conteste catastrophiste.

Je ne vois en revanche aucune raison suffisante de renoncer à ces technologies lorsqu’elles me paraissent bénéfiques. L’amélioration de la recherche documentaire et des techniques d’écriture par les LLMs fait partie pour moi des bienfaits de la technologie et ces chantiers méritent d’être explorés. A mesure que les dispositifs s’amélioreront, à mesure aussi que j’apprendrai à mieux les utiliser, j’entends bien y avoir recours. S’ils peuvent un jour être arrachés à l’emprise des multinationales et être développés en open-source, j’en serai le premier heureux.

Nos réseaux sont saturés d’émissions médiocres, souvent produites sans modèles génératifs. Nos rayonnages de librairies sont saturés d’ouvrages médiocres, souvent produits par la seule force de cerveaux organiques peu créatifs, mais soucieux de rentabilité mercantile. Moi, je m’efforce de diffuser des contenus d’aussi bonne qualité que possible, en y mettant un perfectionnisme maniaque, et de manière gratuite ; et j’utilise les LLMs dans les limites que j’ai décrites, mais surtout sans m’en cacher. Je trouve normal de le faire ; je manquerais même de sérieux à mes propres yeux, en tant qu’écrivain, si je ne m’essayais pas à leur utilisation.

Je ne demande à personne d’approuver tout ou partie de mes propos. Je ne cherche même pas à vous convaincre. En revanche, je renverrai à ce message les prochains camarades qui me feront part de leurs réserves sur ces questions. Pour le reste, je ferme la parenthèse, tout en demeurant à la disposition de ceux qui auront envie d’en parler. Je me remets du même coup à l’écriture de mes AVH : c’est tout de même je l’espère plus stimulant pour tout le monde.
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#14
Thélyson Orélien n'aurait pas dît mieux !  Mrgreen

Je n'ai pas encore lu tes AVH, Sisyphe, et on sent en te lisant que tu es sincère dans ta démarche, mais en ce qui me concerne l'un des plaisirs principaux de la lecture est le lien qui s'établit entre le lecteur et l'auteur de l'oeuvre. Si une intelligence artificielle a pris part à cette création, même de manière marginale, c'est toute la valeur de ce lien - d'un esprit humain à un autre - qui est remise en cause. Même si le résultat est objectivement formidable, le potentiel émotionnel de cette œuvre s'en trouvera (pour moi) drastiquement affecté.

J'ai une vision de l'IA totalement opposée à la tienne : je pense que dans bien des domaines (progrès techniques, sociaux, santé...) une IA bien utilisée pourrait permettre à l'humanité d'accomplir des pas de géants, mais que dans le domaine créatif c'est une calamité. Personnellement je n'écrirai jamais à l'aide de l'IA. Je ne me considère pas du tout comme un artiste - je suis tout au plus un artisan amateur, comme mon grand-père qui fabriquait des paniers d'osier - mais si j'utilisais l'IA, j'estime que ce serait me déposséder de ma propre création. Toute la fierté du travail accompli disparaitrait, et je ne serais même plus un artisan : je ne serais plus rien du tout.

A noter que je ne suis pas le seul à penser ainsi :
"Si vous utilisez une IA pour vous renseigner, pour résumer un truc, il n'y a aucun problème. Dès que vous déléguez le processus d'écriture sur la création qui est intrinsèque à l'élan littéraire, à la vocation littéraire, vous vous excluez de la littérature".
Citation de Jean Birnbaum, directeur de "Le Monde des livres", tirée d'un article de France Info.
[+] 2 personnes remercient Kraken pour ce message !
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#15
Merci pour ton intervention, Kraken. C'est agréable de te voir ici : je n’avais encore jamais eu l’occasion d’échanger avec toi.

Je tiens tout de même à préciser à nouveau que je ne « délègue pas le processus d’écriture sur la création », pour reprendre l’expression de Jean Birnbaum (soit dit en passant, il gagnerait à faire corriger ses phrases par une IA, car elles sont mal construites Smile). En tout cas vraiment pas sur le mode d'un abandon du travail créatif. J’ai simplement réagi à des commentaires que je trouvais injustes, en explicitant ma position sur le sujet.

J’ajoute un commentaire philosophique en spoiler :
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