Dante 01
#1
Voilà un film qui était très attendu, pour la simple et bonne raison que son réalisateur n'est autre que Marc Caro, autre moitié du duo Caro-Jeunet responsable de deux films tout à fait géniaux (Delicatessen et La Cité des Enfants perdus).
Si Jean-Pierre Jeunet a depuis fait son chemin avec le fameux Amélie Poulain et le Long Dimanche de fiançailles, deux films un peu gnans-gnans, on n'avait plus vraiment de nouvelles de Caro, si ce n'est qu'il travaillait secrètement sur un film de SF...

Sorti le 2 Janvier dans une centaine de salles (c'est à dire très peu), dont seulement 4 à Paris, éreinté par les critiques, on ne peut pas dire que Caro démarre sa carrière solo sous les meilleurs auspices. Je ne sais pas vous, mais moi, quand un film est aussi unanimement massacré, ça me donne plutôt envie d'y aller (enfin, quand je connais un peu le réalisateur, comme c'est le cas ici) ! ^^

Voici donc un film de SF, français qui plus est. Force est de constater, quand on est pas de mauvaise foi, que le film n'a pas que des défauts.
Entre parenthèses, il est assez stupéfiant de voir que la plupart des critiques "professionnelles" ont été rédigées par des femmes. La SF, déjà, ce n'est pas un genre très "féminin" en lui-même. Alors en plus réalisé par un mec un peu "arty" comme Caro...
Revenons à nos moutons et faisons le "pitch" : tout va bien dans un vaisseau-prison quand un nouveau prisonnier arrive, en même temps qu'une nouvelle scientifique. On s'apercevra rapidement que ledit prisonnier possède de drôles de pouvoirs...

Le grand atout de ce film est sans conteste son univers artistique. Certains spectateurs d'Allociné trouvent que celui-ci fait un peu "toc", je les trouve d'une grande mauvaise foi. Caro a toujours été doué pour installer des univers à part, et même si c'est un peu du déjà vu (on pense à Alien 3), on ne peut nier que le film installe une certaine ambiance.
La plupart des effets spéciaux sont aussi assez convainquants, beaucoup rappelant la mythique scène de la puce dans la Cité des Enfants perdus. On peut juste regretter que les mêmes effets soient souvents repris au cours du film.
Quant à la mise en scène, elle rappelle les anciens films du duo, avec de nombreux gros plans et ce côté un peu décalé qui donne une identité très propre à l'ensemble.
Il y a aussi l'univers sonore. Je me rappelle d'une interview dans Rock & Folk dans laquelle il se disait fan d'electro et de... Metal Machine Music de Lou Reed (!). Cela se voit un peu dans le film où la bande son est généralement assez peu marquante, sauf dans les scènes de "trip" où on a droit à des stridences plutôt bien vues.

Parlons maintenant des acteurs. Caro a reussi un très bon casting de "gueules" de cinema. Le rôle principal est tenu par un Lambert Wilson bodybuildé complètement à contre-emploi (il joue une sorte de Jesus Christ du futur...), et il s'en sort très bien. Je dirais même qu'il porte le film sur ses épaules et que grâce à sa prestation, on ne tombe pas dans le nanar...
Car malheureusement, les autres acteurs ne sont pas au diapason. Cela va du pas mal (Levantal) au vraiment mauvais (Linh Dan Pham). Même Dominique Pinon, acteur fétiche de Caro et Jeunet, a du mal à surnager, la faute sans doute au fait qu'il vouvoie ses co-détenus...

Là, on en vient à ce qui fache : la scenario et les dialogues. Globalement, c'est quand même assez faible. Les dialogues, en plus d'être rares, sont souvents très plats et tombent parfois dans la pseudo-science nanardeuse. Beaucoup de personnages se vouvoient, ce qui donne un ton pompeux aggravé par le fait que tous les personnages portent des noms à consonnance mythologique ou biblique. On a donc du " Bonjour, je suis Charon" ou du "Persephone, pouvez-vous..."
Il y a quand même quelques répliques marrantes (au second degré) : " Il va nous défragmenter...dans le néant !" ou "Donner un ordinateur à Attila, c'est comme donner des allumettes à un pyromane" ou encore "Ce mec-là est un ange, envoyé par Dieu !"...
Pour le scénar', c'est le plus gênant. Le pire, c'est que ça sent vraiment le manque de moyens : on dirait que certaines scènes n'ont pas été tournées. ^^
Déjà, pas grand chose est expliqué : on ne sait rien sur le passé des détenus (on en apprend plus en visitant le site internet officiel du film qu'en visionnant celui-ci... le comble !), ni sur celui des scientifiques. Il y a en particulier une vague histoire de "quête" pour Perséphone, (alors que celle-ci ne fait rien durant tout le film), ou une autre de trahison de la part d'Elisa, dont on ne sait pas grand chose non plus...
Le plus surprenant est sans doute la fin du film où après une scène d'action plutôt marrante (au second degré bien sûr) au cours de laquelle Dominique Pinon, enrubanné dans du scotch-papier à bulles en guise de scaphandre, se jette dans de l'eau bouillante et en crève, on a droit immédiatement à un repompage éhonté de la fin de 2001 (en moins long, heureusement). On aurait dû avoir entre les deux le fameux "bobine manquante" des films Grindhouse... ^^

Bref, rien n'est expliqué, comme dans 2001 mais pire, rien n'est vraiment développé. Du coup, on a vraiment de la peine à s'attacher aux personnages, voire même à y croire. Sad

Finalement, voilà un film contrasté. Il reussit à installer une ambiance, mais échoue à développer un scénario et des personnages crédibles. Tout porte à croire que le budget réduit de l'oeuvre est responsable des "trous" dans le scénario.
Il s'agit donc d'une sorte d'OVNI cinématographique, qui vaut selon moi la peine d'être vu (ne serait-ce que pour encourager quelqu'un comme Caro, dont c'est le premier film en solo), si on ne s'attend évidemment pas à un film de SF à l'américaine avec explosions, combats, etc... Il faut s'attendre à voir (enfin, si un cinéma le projette vers chez vous) un film spécial, proposant surtout une expérience et tentant maladroitement de délivrer un certain message...

Bande-Annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_...10951.html


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#2
Citation :Au finale (oui, il y a bien un "e" à finale dans cette expression)
[Maitre Capello, le retour du relou en off-topic]
Le mot "finale", nom masculin, signifie un morceau terminant une symphonie, un acte d’opéra (Au finale, le héros se suicide). Or ce n'est pas le sens de ta phrase, sauf si tu considérais ton post comme un opéra. Wink
Si tu enlèves le "e", le sens est bien celui que tu veux donner ("finalement"), mais c'est alors ce fameux barbarisme employé par les médias : "au final".
[/Maitre Capello]

Mais bon, on s'en fout pas mal, au final ? Smile
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#3
linflas a écrit :Le mot "finale", nom masculin, signifie un morceau terminant une symphonie, un acte d’opéra (Au finale, le héros se suicide). Or ce n'est pas le sens de ta phrase, sauf si tu considérais ton post comme un opéra. Wink

Evidemment, puisqu'il s'agissait d'une critique d'un Space-Opera. Cool

Merci de la précision, je vais changer de ce pas pour "finalement".


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