Yaz 2021 Le rire de Gorulga
#16
Mes respects en retour Sunk.
Tout d'abord, c'est cool de te revoir parmi nous, je suis heureux que les esprits des chemins et les gardiens des intersections t'aient remis sur notre route.

Alors franchement... Je garderais l'arborescence déjà établie.
Déjà, ta première AVH chamanique avait été un succès, pourquoi changer une équipe qui gagne ?
Deuxièmement, pour un retour après une longue absence, c'est plus facile de s'y remettre je pense avec une arborescence déjà prête.
Donc, à moins d'avoir eu entre-temps une toute nouvelle idée, pourquoi tout chambouler ? Eventuellement, une retouche ici ou là, pourquoi pas...

Comme je l'ai écris dans le sujet "Jamais satisfait ?", j'ai souvent tendance à tout effacer et repartir à zéro, débordant d'enthousiasme et empli d'énergie avec une réécriture de la mort qui tue, cette fois je le tiens mon Nobel de l'AVH... Pour que tout retombe très vite... Le mieux est parfois l'ennemi du bien, on l'oublie trop souvent.

Alors, tu n'es peut-être pas comme moi mais comme tu me poses directement la question : de par mon expérience personnelle, sauf si entretemps tu as eu une méga-géniale-idée qui change tout, autant rester sur ce qui était prévu. Quitte à quelques légers aménagements ici ou là.

Prends soin de toi.
Anywhere out of the world
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#17
MErci mon pote Smile

Pas de nouvelle idée géniale, juste une story d'il y a 11 ans qui sur papier, était ma foi assez sympa, je pense, mais putain 480 sections à taper quoi !!
Vais voir si je peux tronquer des chemins (peut être facultatifs et/ou superflus).
Je vais suivre les sages conseils d'un grand voyageur.
Pour info je n'ai pas lu ta trilogie, je me plonge dans mon arborescence, revoir certains trucs et ensuite j'essaierais d'attaquer la lecture de tes avh, je ne veux pas être influencé malgré moi ni "voler" inconsciemment" tes idées et visions (chamaniques ?!).

Prends soin de toi aussi et de tes proches Wink
lorsque chantent les cigales, sois sûr d'avoir des glaçons au congel... Proverbe provençal amateur de pastaga
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#18
Cette aventure m'a fait penser à la Forteresse d'Alamuth (déjà un bon point!). L'objectif est de se rendre dans une lointaine forteresse ennemie et d'en rencontrer le maître, la différence étant qu'on n'y va pas pour discuter mais pour le tuer. La partie voyage est très longue, avec une multitude de chemins, de rencontres, d'objets et de renseignements à glaner. On évolue dans plusieurs paysages.
Il faut entrer dans la Forteresse de Maliki par la ruse et une fois dans la place, l'explorer pendant un certain temps avant la rencontre finale.

Voyageur Solitaire privilégie comme d'habitude l'ambiance, les descriptions, le cadre et les personnages à l'action ou aux rebondissements. Les paragraphes sont longs, les personnages secondaires à l'héroïne très nombreux, à se perdre parfois dans les noms. A ce propos, le parti pris de ne pas faire noter de codes ou d'objets mais de demander au lecteur s'il a connu telle ou telle péripétie ou fait telle rencontre a ses limites. Au fil des relectures, on ne sait plus forcément si c'est cette fois-là ou lors d'un essai antérieur qu'on a obtenu le cas de figure demandé... Je ne pense pas que ça ferait sortir du récit si les objets ou informations capitales à noter étaient inscrites en gras ou en italiques dans le texte.

La structure privilégie aussi l'histoire au jeu. C'est à dire qu'un choix enverra sur une piste sensiblement identique à l'autre choix, mais qui va différer sur un détail minime, sans conséquence en termes ludiques. De nombreuses fois, on a le profil suivant :
1) blablablablablabla. Avez-vous rencontré Ronan? Oui, rendez-vous au 2. Non, rendez-vous au 3.
2) bloblo blublublublublublu. Rendez-vous au 4.
3) blibli   blublublublublublu. Rendez-vous au 4.
Je ne suis pas friand car ça gonfle artificiellement le nombre de paragraphes et rend moins claires les relectures si, comme moi, on note les paragraphes déjà parcourus. Et si l'AVH est un jour éditée, ça grossit inutilement le livre.

Ceci dit, l'histoire n'est vraiment pas linéaire. J'ai beaucoup apprécié de pouvoir explorer de nouvelles voies, apportant chacune des rencontres intéressantes. Idem pour la forteresse où il existe plein de manières intéressantes d'aborder le grand final. Je crois d'ailleurs que Maliki est mon passage préféré. Evidemment, les paysages traversés dans la nature sont joliment décrits, avec une faune particulièrement bigarrée. Mais la partie infiltration est bien maîtrisée, plus nerveuse aussi que le voyage qui souffre de quelques longueurs (le passage à Méroé, la rencontre avec Talmunjin...) La danse du serpent est vraiment fascinante et le duo de choc à la fin avec Ronan bien sympa.
Quant à jouer une reine noire féministe, indépendante et lesbienne, c'est ma foi original. Le trait est parfois un chouilla forcé mais globalement, j'ai trouvé le personnage crédible et intéressant.

Si cette AVH m'a plus emballé que les deux précédentes de la trilogie, c'est aussi car l'aspect ludique m'a plus captivé.
Au début, j'ai pesté contre les combats trop meurtriers et sans beaucoup de guérison possible, un travers déjà rencontré dans les deux premiers. J'ai longtemps pensé que le but était d'éviter au maximum les combats (comme dans la Forteresse d'Alamuth si l'on joue la règle du Jugement de Dieu) et qu'il fallait traquer les rares endroits où l'on pouvait trouver des potions.
A mon second essai, j'ai perdu car je n'avais tué aucun maître-assassin. C'était effrayant car les chemins me paraissaient multiples et ces assassins pas faciles à trouver. De plus, les combattre faisait dangereusement baisser les PV. Mais c'était excitant aussi car ça avait un côté "Sept Serpents".
D'ailleurs, je n'ai trouvé qu'un assassin sur l'île du lac et l'assassin aveugle. Je me demande bien où l'on peut croiser le troisième...

J'ai gagné l'aventure à mon 6ème essai. Et surprise, je n'ai fait au total qu'un seul combat. En dépit de ce que je pensais fortement, qu'il fallait un total de PV très élevé pour réussir, il existe donc au moins un chemin peu dangereux. Une difficulté assez bien dosée donc, même s'il faut éviter d'avoir des scores trop bas dans certaines caractéristiques comme Volonté et Furtivité.
Dommage que la toute dernière séquence contre le boss soit si vite expédiée (celle précédente de l'assassin à l'arbalète était bien plus trépidante).
Mais au final, cette quête africaine connaît un épilogue réussi.
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#19
Merci Fitz pour ce retour détaillé.

Le fait de se perdre un peu dans les noms, c'est quelque chose auquel je n'ai pas pensé... Je crois que ça vient du fait que moi, en tant que créateur de cet univers, je sais bien sûr qui est qui et que j'oublie de me mettre à la place du lecteur. C'est noté.

L'histoire peu linéaire, ça fait partie de ma signature, j'aime proposer une grande rejouabilité (même si, comme tu l'as souligné, certains passages diffèrent peu parfois). Encore plus ici où l'on effectue un long voyage depuis le sud de Shamanka en traversant la région du lac Muru, Méroé, les plaines et enfin la région des Grandes Collines. Sur un si vaste espace, il fallait proposer de nombreux chemins.
J'ai personnellement peu aimé le passage de Maliki dans le sens où je me suis perdu moi-même en tant qu'auteur dans cette foutue forteresse... Je veux dire qu'au départ, j'avais dessiné à part un véritable plan du château avec les différents trajets qu'on peut emprunter et très vite, ça ne collait pas forcément, c'était un peu bordélique... Mais au final, j'ai trouvé que cet aspect labyrinthique renforçait l'atmosphère des lieux. En plus du Jardin des Plaisirs et de sa porte à combinaison, j'ai donc rajouté quantité de couloirs et de pièces, de souterrains (où l'on peut croiser le fameux serpent de la danse) aux chambres d'embaumement en passant par la tour où l'on peut être assiégé. Au départ, le jardin était obligatoire, mais il y a au final un ou deux chemins pour l'éviter ou du moins y accéder sans passer par la porte à combinaison.

Le personnage principal ? Un peu poussé, j'en conviens mais j'assume. Comme un lecteur l'avait signalé dans une critique des Tambours de Shamanka, il y a parfois un côté très Howardien dans mes AVH, avec des personnages un peu extrêmes, un peu "too much" si je puis dire. Je me suis bien amusé en tous cas à imaginer cette fière et farouche souveraine Amazone, qui au fil de son aventure, revient un peu sur ses préjugés à l'encontre des hommes.
Faire intervenir Timkat et Ronan était prévu depuis toujours, afin de boucler la boucle. Chronologiquement, ces trois là pouvaient se rencontrer, c'était trop tentant, ça permettait de savoir ce que le guerrier nordique et le jeune nomade du désert étaient devenus et d'établir un lien, une "passerelle" entre les trois opus. J'ai fait la part belle à Ronan étant donné le gros faible que j'ai pour lui.
Quant à Kolonaki, il existe plusieurs fins différentes à son sujet et même une où il parvient à s'enfuir et où notre aventure s'achève en queue de poisson : on a certes brisé son culte et la confrérie des assassins mais il est toujours vivant et il risque de revenir un jour prendre sa revanche.
La Danse du Serpent a été réécrite trois fois avant que j'en sois satisfait. Je voulais une atmosphère à la fois sensuelle, païenne et surtout malsaine, presque révoltante. J'aurais pu mettre une danseuse bien sûr mais cela aurait été tellement attendu et aurait trop rappelé une certaine scène du film Conan le barbare... J'ai donc préféré y mettre un homme, l'occasion de créer Yusuf le danseur, le "démon de la danse". Un passage pas facile à écrire donc mais dont je suis très content au final, comme la scène d'orgie du campement des voleurs dans Alshaya.

Les trois assassins ? Influence de La vengeance du ninja et des Sept serpents bien sûr. Pour le reste, l'AVH est très inspirée du film Conan le barbare de 1982 avec cette secte, ce culte qui étend progressivement son influence sur tout Shamanka. Le passage du sacrifice nocturne sur la Colline des Singes surtout, avec ces files de pèlerins en robe à capuchon, tenant un cierge allumé et qui montent vers la colline en chantant par une nuit d'orage. Là, j'avais clairement certaines images du film en tête. C'est le jeu vidéo Assassin's creed Odyssey qui, avec son culte de Kosmos aux adeptes masqués, m'a donné l'idée de faire porter aux fidèles de Gorulga un masque d'ivoire à l'effigie du gorille. Les masques sont d'ailleurs très présents dans cet opus : ceux des fidèles de Gorulga, ceux que portent les embaumeurs dans les chambres d'embaumement de Maliki, ceux des adeptes du culte du Serpent...

Voilà, voilà.
Merci encore pour ce retour Fitz.
Si mon AVH t'a fait passer un agréable moment d'évasion et de dépaysement, j'en suis très content.

ATTENTION : ENORME SPOILER ! (je trouve plus l'icône spoiler...)
- Le premier assassin est bel et bien celui qui nous attaque au village de pêcheurs du lac Muru.
- Le second, dans l'ordre chronologique, est le tueur aveugle, que l'on peut rencontrer en route pour Maliki, avec son jeune serviteur. Si on ne le rencontre pas, on peut le retrouver à Maliki et l'affronter dans la Chambre des Ténèbres.
- Le troisième se rencontre la nuit du fameux sacrifice sur la Colline des Singes. Il ne faut pas avoir le médaillon qui permet d'assister à la cérémonie. On s'éloigne alors des pèlerins et c'est là qu'il surgit pour nous tuer. Il assiste à la cérémonie, il nous a entendu nous faire refouler par le gardien, a compris qui on est et il se lance à notre poursuite alors qu'on regagne le village où on avait fait halte pour la nuit. Si on ne le rencontre pas, on peut le retrouver à Maliki, nous attaquant à l'arbalète, embusqué derrière une colonne.
- Peut-on réussir l'AVH sans intercepter aucun des trois ? Oui, mais avec un seul et unique itinéraire, bien précis, où il faut avoir rencontré et sauvé Golgota, l'homme-buffle, qui vient alors à notre aide avec son clan tandis qu'on est assiégé avec Ronan dans la tour du jardin.
Anywhere out of the world
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#20
Bravo VS pour cette aventure, j'adore ton style. Ton texte est percutant, avec ces descriptions pleines de vie, la nature exubérante, les corps huilés, le caractère indomptable de l'héroïne, tous les personnages que l'on croise. Shamanka est un univers complet et riche. J'ai joué les tambours de Shamanka, puis je me suis plongé dans le Rire de Gorulga. L'action débute beaucoup plus rapidement que dans le premier tome ; c'est quelque chose qui m'a plu. J'ai aussi aimé revoir Ronan (désolé pour le spoiler), Méroé, le voyage, la forteresse, ...
Côté gameplay, les choix sont proposés sont très bien ficelés, avec des décisions qui parfois se répercutent tout au long de l'aventure, alors bravo pour l’arborescence de cette histoire. Sinon, je ne suis pas un grand fan du hasard dans l'attribution des valeurs de départ, alors j'ai triché un peu et me suis accordé 40 PV et 8 pour le reste. Avec ces valeurs c'était très bien balancé.
Je pense que ça aurait été super d'assister à la renaissance de Gorulga, avec une rencontre épique en finale.
Je suis un peu tatillon sur la présentation, je pense qu'au minimum le texte devrait être justifié, et peut-être aussi à quelques reprises j'ai eu l'impression qu'il y avait un abus des points de suspension, mais là on est dans les micro-détails.
Voilà, c'est pas mal mes impressions à chaud, vraiment une excellente aventure dans ce magnifique royaume de Shamanka !
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#21
Merci Flam pour ce retour !

D'un point de vue technique, les points de suspension, j'ai effectivement tendance à en abuser. Dans mes descriptions, j'utilise souvent une suite de phrases sans verbe, séparées par des points de suspension. A modérer donc. Au niveau des paragraphes, pour moi, ils sont normalement justifiés ou alors, j'ai merdé lors de la mise en page finale, c'est possible.

Pour Ronan, bien que ce soit Alshaya, le deuxième tome de la trilogie, qui soit mon préféré, j'ai un gros faible pour ce personnage. Dès le départ, j'avais l'idée de réunir les trois héros que l'on incarne dans ce dernier opus, d'en faire un trio à l'assaut de la forteresse. Mais comme certains l'ont judicieusement remarqué, à la base, c'est l'aventure d'Edenrun la reine noire, pas celle de Ronan, Timkat et Edenrun. J'ai accordé une grande place à Ronan par faiblesse, à tort peut-être. Après, il a vécu à Shamanka, a été plusieurs mois un des seigneurs de Méroé (plus ou moins contraint), a connu pas mal de monde et assisté à la chute de Méroé... A partir du moment où je le faisais intervenir, je ne pouvais pas lui donner un rôle effacé. Pour Timkat, c'était plus logique qu'il soit moins présent (on peut même ne pas le rencontrer) : c'est un solitaire, originaire du désert de Talishan, qui connaît finalement peu Shamanka et, même si son périple à travers les Montagnes Rouges dans le second tome a été bien rempli, il est resté à l'écart de la plupart des grands évènements qui ont secoué Shamanka.

Enfin, pour Gorulga et une éventuelle "renaissance", cela dépend avant tout si dans ce monde, les dieux existent bel et bien... C'est surtout son culte qui tente de renaître, à travers ses fidèles fanatisés et masqués se répandant à travers Shamanka. Même dans la scène où Kolonaki invoque Gorulga et où la statue du dieu-gorille s'anime, on ne sait pas si c'est vraiment le dieu qui intervient ou si ce n'est qu'un golem animé par magie. A chacun son opinion.

Merci pour ta lecture Flam.
Si mon AVH t'a fait passer un bon moment d'évasion et de dépaysement, j'en suis très content.
Anywhere out of the world
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