[Chasseur de Monstres] Douce Nuit
#16
(10/01/2019, 12:57)Skarn a écrit : J'ai été tellement traumatisé par des renvois virtuellement invisibles dans d'autres ouvrages que j'ai volontairement appliqué une politique du « mieux vaut trop visible que pas assez ».

Certains renvois auraient sans doute pu être plus discrets, mais ça vaut mieux que l’inverse, comme tu le fais remarquer.
 
Concernant l’intégration des choix à l’illustration, j’oubliais de mentionner l’idée rigolote du 150, où l’héroïne imagine dans deux bulles séparées les deux comportements qu’elle pourrait adopter (bluffer ou attaquer sans tarder). C’est astucieux et ça marche bien, mais ça ne pourrait bien sûr pas être utilisé à de multiples reprises sans paraître répétitif.
 
 
Il y a beaucoup de choix de direction (normal dans une BD-jeu), mais il y a aussi une bonne quantité de choix tactiques, ce qui est appréciable.
 
Les talismans sont une idée sympathique, qui présentent l’avantage de s’insérer facilement dans les illustrations, sans nécessiter de boîte de texte.
 
On peut à vrai dire assez rarement se servir des talismans de force et de vitesse, mais il aurait sans doute été lourd qu’ils soient trop souvent utiles. J’ai d’ailleurs apprécié le fait qu’on peut tout à fait réussir l’aventure sans le moindre talisman (lors de ma première partie, j’ai utilisé un talisman de force et un autre d’énergie, mais j’aurais réussi sans eux).
 
Les talismans d’énergie sont en revanche un peu trop utiles à mon avis. Le fait de pouvoir annuler n’importe quelle blessure est très puissant et il aurait peut-être fallu limiter le nombre de talismans d’énergie que l’on peut avoir sur soi (un seul par mission, par exemple) ou alors diminuer leur puissance (un talisman n’annulant qu’un ou deux points de dommage). En l’état, si on en achète autant que nous le permet notre argent, j’ai l’impression qu’il devient presque impossible de perdre à moins de tomber sur l’un des rares PFA.
 
(En parlant de PFA, et parce que j’aime bien pinailler, il est un peu injuste que le PFA du 39 ne prenne pas en compte la possibilité qu’on ait un talisman d’énergie pour annuler la blessure.)
 
 
Le scénario de l’aventure est simple, mais convient bien au concept. Je suis complètement passé à côté lors de ma première tentative, mais il y a dans les trois premières missions des références astucieuses qui présagent la mission finale.
 
Show ContentResident Evil:
 
 
Comme je le mentionnais, l’aventure est laconique, mais pourrait l’être plus encore. Il reste ici et là des bouts de texte qui n’étaient pas nécessaires, car l’illustration était suffisamment éloquente.

(Quelques exemples tirés de l'hôpital. Au 79, il n'est pas vraiment utile que l'héroïne dise quoi que ce soit. Au 121, le texte n'est pas utile : on saisit bien ce qui est en train de se passer. Et au 48, je pense que la scène est suffisamment expressive et hilarante pour se passer de commentaire.)
 
Bien sûr, je réalise qu’il n’est pas facile pour un auteur de retrancher autant de texte qu’il le pourrait. Il risque de finir par se demander s'il sert encore à quelque chose ! Mais comme disait l’autre, « la perfection, c’est lorsqu’il ne reste plus rien à retirer ».
 
L’atmosphère générale est très sympa : légère et dynamique, bien loin des excès ultra-sombres dans lesquels sombrent facilement les histoires de monstres. Bien que l'histoire ne soit pas globalement humoristique, il y a un certain nombre d'éléments comiques qui contribuent positivement à l'atmosphère (difficiles de citer tout ce qui m'a amusé, mais j'ai par exemple bien aimé "Le lycanthrope malin" et les réflexions mathématiques d'Amira au 50).


Les illustrations sont très bien, et collent idéalement au style de l'aventure. Les scènes d'action sont excellentes (j'ai un faible particulier pour la course-poursuite du 100). Les expressions du visage de l'héroïne ne le sont pas moins et elles se marient très bien avec le laconisme de l'aventure (j'aurais du mal à dire quelle est mon expression préférée, car il y en a des tas qui sont géniales ; peut-être celle du 6, car son caractère inattendu la rend encore plus hilarante).

L'aspect visuel de la BD me semble cependant comporter un défaut : les illustrations sont très bien mais... elles n'occupent pas une proportion suffisamment grande des pages ! Les bordures blanches qui entourent les cases sont énormes, bien plus épaisses qu'elles ne l'étaient dans des BD comme "Captive" ou "Les larmes de Nüwa". Je ne trouve pas que ce soit une bonne chose.
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#17
(10/01/2019, 12:57)Skarn a écrit :
Outremer a écrit :Dans les livres précédents, certains des renvois insérés dans les illustrations étaient extrêmement discrets. Dans "Chasseur de Monstres", il sont généralement bien visibles...

J'ai été tellement traumatisé par des renvois virtuellement invisibles dans d'autres ouvrages que j'ai volontairement appliqué une politique du « mieux vaut trop visible que pas assez ».

Je me demande si on peut trouver des astuces pour s'assurer que les renvois restent toujours visibles tout en les rendant difficiles à trouver...

J'en suis au même constat. A tel point que les paragraphes vraiment cachés ont presque disparu de Magica Tenebrae ou du Grand Tournoi. Certains sont discrets mais je n'ose plus aller trop loin dans ce petit jeu, chat échaudé craint l'eau froide.

Une idée : Gorobei est assez spécialiste pour camoufler des numéros en les entremêlant dans le décor. Ils sont alors non pas petits mais se confondent avec l'environnement. Dans Pirates certains numéros étaient faits de lianes tortueuses. Autre exemple, dans Hocus & Pocus, à la case 213.
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#18
(pour tout ce qui est mise en page/commentaires sur des cases précises, je répondrai dès que la saga de mes exemplaires auteur perdus sera terminée, parce que là c'est pas super pratique de consulter le PDF à chaque fois)

Outremer a écrit :Les talismans sont une idée sympathique, qui présentent l’avantage de s’insérer facilement dans les illustrations, sans nécessiter de boîte de texte.

Autant les talismans étaient prévus dès le départ, autant leur intégration a l'histoire a énormément changé en cours de route.

Au début, j'avais envisagé de tout simplement piquer le système de magie Magica Tenebrae, avec des bordures de cases décorées et du +10/-10 à ajouter/retrancher au numéro courant selon le talisman utilisé. Autant vous dire que c'était particulièrement lourd à l'usage pour pas grand chose.

Ça a très vite évolué vers des talismans directement représentés dans l'image, mais toujours avec des modificateurs à appliquer péniblement soi-même.

Au final, après des retours mitigés à ce sujet, Tom a proposé de rajouter le numéro auquel se rendre directement sous la case, idée que j'ai embrassée avec joie car elle permettait de corriger le tir sans retoucher à la mise en scène des illustrations existantes.

Avec l'expérience, la meilleure solution aurait probablement était d'intégrer dès le départ les talismans ET leurs numéros directement dans l'image, côte à côte et partageant la même couleur pour que tout soit bien clair.

Oui, exactement selon le modèle du plus tardivement réalisé combat avec le boss final, dont l'iconographie est probablement une réussite, car il n'y a pas ne serait-ce qu'un mot pour l'expliquer, et pourtant il n'y a eu aucun retour négatif à ce sujet.

tl;dr Les bonnes idées, c'est bien de les avoir en fin de projet, mais encore mieux de les avoir au début.

Outremer a écrit :Les talismans d’énergie sont en revanche un peu trop utiles à mon avis. [...] En l’état, si on en achète autant que nous le permet notre argent, j’ai l’impression qu’il devient presque impossible de perdre à moins de tomber sur l’un des rares PFA.

Tu mets le doigt sur quelque chose je pense. J'ai surtout testé l'aventure en mode radin, et ai sans doute négligé de ne pas la rendre trop facile quand on a le portefeuille moins sensible. Ce qui explique sans doute aussi des commentaires (ailleurs qu'ici) parfois totalement contradictoires sur la difficulté ressentie.

Outremer a écrit :la course-poursuite du 100

Je l'aime bien aussi, mais quelqu'un a fait remarquer qu'elle était à « l'envers », c'est-à-dire qu'elle commence en bas à droite au lieu du en bas à gauche ordinaire (sens de lecture français), et depuis je ne vois plus que ça.

Fitz a écrit :Une idée : Gorobei est assez spécialiste pour camoufler des numéros en les entremêlant dans le décor. Ils sont alors non pas petits mais se confondent avec l'environnement. Dans Pirates certains numéros étaient faits de lianes tortueuses. Autre exemple, dans Hocus & Pocus, à la case 213.

Il faudra que je regarde les exemples que tu cites, mais travailler sur Chasseur de monstres a déjà été l'occasion de se rendre compte à quel point Gorobei est bon pour placer des numéros clairs dans ses illustrations (par la couleur, l'ajout éventuel de petites flèches etc.). Tom s'est souvent référé à son œuvre dès que je lui passais un cas un peu tordu (c'est-à-dire à peu près tous les renvois, car je suis naturellement tordu).
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#19
J'ai beaucoup aimé cet opus de Skarn et Tom, qui rejoint Captive dans le panthéon de mes BDVELH préférées.

Comme rien n'est jamais tout rose dans ce monde, je commence par les regrets:
- Un bug: le vampire est annoncé à 350$ et on n'en touche que 250 quand on réussit la mission!
- Certaines transitions trop rapides pour moi, surtout avec l'usage des talismans. Par exemple pour le vampire: avec le talisman de force on passe directement du 167 au 181, je trouve qu'il manque une étape.
- Plus globalement je ne suis pas convaincu par les talismans: ils ont souvent pour effet de raccourcir les combats, les transformant en formalités (talisman de force avec le vampire et le loup garou). J'ai donc vite décidé de ne plus m'en servir.
- L’énigme, plutôt sympa pourtant mais trop difficile pour la cible (dont je fais clairement partie).
- Seule la plante et le loup-garou disposent d'une planche plein format (très réussie), dommage que ce ne soit pas le cas des autres boss. Mais je comprends bien qu'il puisse y avoir des impératifs de place.
- Je n'ai pas trop compris l'intérêt de l'indice du 42. Selon son incarnation, le monstre est un peu sensible à toutes les armes, non?
- Je n'ai pas compris pourquoi le miroir permettait de débloquer le 46?

Bon, ces petits regrets personnels ne me feront pas oublier le formidable charisme et la cool attitude blasée de l’héroïne. Voila un personnage rare, de ceux à partir desquels on bâtit des sagas. J'attends vraiment avec impatience de retrouver Amira dans de nouvelles aventures. C'est IMPOSSIBLE qu'il n'y ait pas une suite à Douce Nuit! J'ai beaucoup aimé également les petites touches d'humour qui émaillent l'aventure (Le Lycanthrope Malin, la mandragore aux lunettes, lorsqu'on découvre le loup garou dans le noir...), bien servies par un dessin vraiment très expressif et maîtrisé. Les combats sont remarquablement construits et vraiment épiques (enfin lorsqu'on utilise pas les talismans), en particulier le combat final que j'ai trouvé tout bonnement génial. Allez, pour chicaner je dirais bien que la deuxième forme du boss est un peux décevante (trop proche de la première, pas assez "monstrueuse" pour moi). A noter que pour les combats il y a plusieurs possibilités d'obtenir la victoire, comme dans "Le grand combat" (il est même possible de vaincre le boss final sans rencontrer sa deuxième forme, trouverez-vous comment?)

J'ai bien aimé également la critique de la situation de l’héroïne qui se trouve contrainte d'accepter toutes les missions que lui confient ses employeurs sans scrupules, et qui en dépit de ses succès et de son "dévouement" n'obtient d'eux qu'une reconnaissance limitée (disons!). Cela participe très positivement au background de l'histoire.

J'ai fait une première tentative qui s'est achevée sous les crocs du vampire, après avoir rempli avec succès les missions du parc et de l’hôpital. La deuxième (faite avec ma grande fille de 11 ans, qui a adoré elle aussi) a été la bonne. C'est elle qui prenait les décisions et j'aurais bien aimé qu'elle perde avant moi lors de ma première tentative, ou au moins contre le boss final, mais elle s'en est sortie comme un chef! J'ai oublié de comptabiliser les points par contre, mais comme elle a abusé des talismans d'endurance ça ne devait pas être particulièrement brillant. J'ai fait ensuite deux autres essais qui m'ont permis de décortiquer l'aventure. Il faudra que j'en fasse un dernier pour voir quel score j'obtiens.

Que les petits bémols que j'ai mis au début ne soient pas trop pris au sérieux, j'ai adoré cette aventure! J'ai hâte de lire la suite (si si, il DOIT ABSOLUMENT y avoir une suite...) Bravo, vraiment.

PS: ce retour plutôt enthousiaste n'est pas destiné à amadouer Skarn pour obtenir un bon vote de sa part pour "Ici sont les dragons", de toute manière c'est trop tard il vote toujours parmi les premiers! Et en plus je suis sûr qu'il est incorruptible...
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#20
Merci de ce retour.

Citation :- Plus globalement je ne suis pas convaincu par les talismans: ils ont souvent pour effet de raccourcir les combats, les transformant en formalités (talisman de force avec le vampire et le loup garou).

Comme détaillé un peu plus haut, les talismans ont pas mal évolués pour aller vers plus d'épure en cours de projet, mais certains défauts intrinsèques étaient trop profondément enracinés pour être corrigés simplement.

D'un certain côté, ils sont un prototype du système élémentaire simple et efficace du combat final : plus complexe, plus lourd, plus pénible, mais une étape nécessaire pour parvenir à faire mieux par la suite.

Citation :- Je n'ai pas compris pourquoi le miroir permettait de débloquer le 46?
Citation :[... autres remarques concernant la mission du vampire ...]

On va pas se mentir, le cinéma, c'est le ventre creux de l'aventure. Je pense que c'est le passage où je savais le moins où j'allais au départ, et où les idées ont été intégrés par grosses plâtrées successives plutôt qu'harmonieusement mélangées les unes aux autres. Et bien sûr aucune n'est explicitée par le dialogue, sinon ce serait trop simple.

L'un de ces concepts amputés et rentrés au chausse-pied est que le vampire a le pouvoir de dissimuler des choses ou des êtres sous des illusions, mais que regarder dans un miroir permet de les percer à jour. Et qu'il a donc usé de cette capacité pour, très logiquement, cacher tous les chemins (qu'il connaît) menant jusqu'à lui.

Avec le recul, je pense que cette idée est intéressante en soi, mais qu'elle aurait dû être beaucoup plus filée, par exemple avec des glitches graphiques causés par des sortilèges avortés, et un nouveau groupe d'ennemis (des loups ?) errant dans les locaux, purement illusoires et ne pouvant réellement nous blesser.

Citation :- Je n'ai pas trop compris l'intérêt de l'indice du 42. Selon son incarnation, le monstre est un peu sensible à toutes les armes, non?

Geler ses blessures est supposément la meilleure méthode pour en venir à bout, mais l'indice est clairement tordu. Surtout qu'il doit en plus être recoupé avec le texte du 2 pour aboutir, peut-être, si par hasard le cerveau du lecteur est cosmiquement synchronisé avec le mien, à une telle solution.

Citation :le combat final que j'ai trouvé tout bonnement génial

J'avais un peu reproché aux Larmes de Nüwa son final à part, avec une mécanique différente (plutôt infiltration dans le cas des Larmes), un peu lié au reste de l'aventure par le scénario mais quand même assez décorrélé, n'utilisant pas ou peu les trouvailles et compétences préalablement acquises, au point que cela aurait presque pu être une mission one-shot dans un supplément en ligne ou magazine.

J'ai donc fait exactement le même chose.

La différence de réception publique entre les deux, tient, je pense, outre un crescendo dans la tension et l'ambiance plus marqué (la petite vieille à la fin des Larmes n'a pas exactement le charisme ou la dangerosité de ses trois sous-fifres), au fait que les Larmes sacrifiait une mécanique bien huilée, un univers à dominante urbain détaillé et des dialogues finement ciselés au profit relatif de la campagne la nuit dans la pénombre dans le silence avec un couteau, là où Chasseur se déleste au contraire de ses poids inutiles (très vite, plus de talismans, d'argent, voire plus un mot) et se recentre sur les éléments propres à son univers.

Citation :J'ai bien aimé également la critique de la situation de l’héroïne qui se trouve contrainte d'accepter toutes les missions que lui confient ses employeurs sans scrupules, et qui en dépit de ses succès et de son "dévouement" n'obtient d'eux qu'une reconnaissance limitée (disons!). Cela participe très positivement au background de l'histoire.

Et encore, vous avez échappé à l'employeur qui téléphone systématiquement à la fin de chaque mission pour trouver tous les prétextes de faire des retenues sur « salaire », et à l'espèce de film publicitaire où on voit que des types en sourire Colgate et équipement dernier cri avant de basculer sur Amira dans la boue avec sa hache et ses protège-coudes de vélo.


Citation :Et en plus je suis sûr qu'il est incorruptible

C'est Robespierre ça (ou Eliot Ness).



Skarn a écrit :(pour tout ce qui est mise en page/commentaires sur des cases précises, je répondrai dès que la saga de mes exemplaires auteur perdus sera terminée, parce que là c'est pas super pratique de consulter le PDF à chaque fois)

J'ai dû écrire ça la veille de recevoir mes bouquins, et, bien sûr, j'ai oublié pendant six mois. Corrigeons le tir.

Citation :- Un bug: le vampire est annoncé à 350$ et on n'en touche que 250 quand on réussit la mission!

C'est totalement une erreur, il devrait être à 350 partout.

Citation :Le renvoi vers le 36 (qui n'a heureusement rien d'essentiel) est à peu près impossible à remarquer si on ne sait pas qu'il est là.

Celui-là est un peu fait exprès, car il n'est pas nécessaire et raccourcit trop la mission s'il est découvert trop vite.

Détail rigolo : J'étais incapable de le retrouver moi-même quand le livre était dans l'ombre de mon propre corps, et ai dû exposer l'ouvrage différemment à la lumière du jour pour qu'il ressorte.

Citation :Et le renvoi vers le 75 (qui est nettement plus utile) est du genre discret (ce n'est pas une discrétion abusive, mais le contraste avec la visibilité de la grande majorité des renvois a fait que je suis passé à de multiples reprises par cette illustration avant de remarquer enfin ce chiffre dissimulé).

Comme tu dis, c'est plus une discrétion contextuelle que via des couleurs trop proches, donc je le classerais plutôt au rang des réussites.
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#21
Tom, le dessinateur, à la convention Geekorama de Bayeux :

[Image: 20191111.jpg]

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#22
Y a quelques semaines, j'étais en convention à attendre le chaland. Lequel ne venait pas, le rat. Alors j'ai laissé courir mon regard sur les étalages et mon regard fut attiré par les piles de BD Makaka. J'ai feuilleté Chasseur de Monstres. Le dessinateur était là (ah ! C'était donc ça, ce voisin de table avec tous ces stylos !), il proposait de me le signer, le libraire m'a fait un prix, j'ai été faible : j'ai acheté.

Ne me jugez pas, vous ne valez pas mieux.

Et moi je sais que je vaux 20 points sur 25, c'est mon score à la lecture du bouquin.

J'ai aimé, style fluide, se lit bien et vite, les missions sont assez évidentes et carrées, avec ce qu'il faut de rebondissement pour que l'intérêt demeure (labo caché, retour chez soi avec le sentiment du devoir accompli, et là...). Par comparaison, Captive demandait une lecture plus longue (car l'intrigue le justifiait), nécessitait de faire un plan, et fonctionnait en semant quelques scènes-chocs brusques (ici ça marche plutôt par un rythme soutenu, façon série ado) : c'était une autre exploitation du média. C'est comme comparer un film d'horreur oppressant et un bon épisode d'une série type Buffy, le thème est le même (l'horreur) mais le rythme et la manière de se jouer du spectateur / de lui proposer de jouer, ne sont pas les mêmes.

L'intro est sympa, le côté blasé de l'héroïne, l'argumentaire commercial débité l'air de ne pas y croire. Le ptit boulot façon Taxi Uber. « Vous aimez taper des monstres, vous avez de la motivation, devenez chasseuse... »

Je me suis surpris dans certaines scènes de traque (parc, hôpital) à guetter longuement les cases avec des airs de lecteur parano, ce qui veut dire que la mise en ambiance fonctionne. Je cherchais des numéros cachés, des yeux dans un buisson... Au ciné, l'usage du miroir (inverser les numéros) m'a paru astucieuse. Mécanique simple, élégante, et qui trouve sa traduction visuelle dans la BD.

J'ai bien aimé certaines des scènes quasi sketches, comme le coup de lunettes de soleil au 6 Big Grin Et des clins d'oeil comme l'appli de monstres pour évaluer les chasseurs (au 29). Présence de Jo « Never » (31) : en rapport avec le loup(-garou) solitaire, je quide.

Le combat scénarisé contre le boss de fin m'a paru long et, sans doute pour cause de fatigue de ma part, pas totalement prenant. C'est logique de procéder comme ça, ensuite j'ai eu l'impression de beaucoup taper sans savoir ce que ça donnait.

NB, le le 98 devrait envoyer au 96 et non au 70, non ?

Une suite sera appréciable et appréciée Smile

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#23
Merci de ce retour.

(24/12/2019, 23:28)Dagonides a écrit : NB, le le 98 devrait envoyer au 96 et non au 70, non ?

La transition n'est pas fameuse, mais le renvoi du livre est bon : On peut continuer à explorer le parc en toute tranquillité si on a choisi une méthode d'extermination du boss facultatif n'impliquant pas l'intervention des pompiers.
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