[La Saga du Prêtre Jean] L'Oeil du Sphinx
#1
Hassan Sabba nous a transporté dans l'Egypte Antique où il nous faut rechercher le grand prêtre Antarsis, détenteur potentiel du secret de Shangri-La. Mais cet homme est traqué par les séides du Pharaon au pouvoir qui souhaite installer une nouvelle croyance monothéiste autour d'Amon-Rê, l'unique dieu-soleil.
C'est dans ce contexte de guerre des religions qu'il va falloir discrètement trouver les bonnes personnes qui sauront nous dévoiler la cachette d'Antarsis.
L'ambiance est très réussie, nous nous trouvons plongé dans l'univers cher à Christian Jacq et ce LDVELH dépasse les poncifs que l'on peut trouver dans les autres du même genre (la malédiction du Pharaon, l'Or du Pharaon...) en proposant de nombreux contacts avec la population locale. Comme le héros est totalement étranger à cette époque et à ce pays, c'est pour nous l'occasion de découvrir les moeurs souvent étranges des anciens Egyptiens. Le début urbain est à ce sujet particulièrement intéressant avec les marchands d'épices et d'esclaves, le frondeur, les piments...
Mais le fantastique est toujours présent, même si le bestiaire est cette fois un peu moins varié que dans la Forteresse d'Alamuth. C'est néanmoins l'occasion de découvrir des lieux et des créatures vraiment étonnantes, qui sont valorisés par les très bonnes et nombreuses illustrations. Les objets magiques utilisables sont une fois de plus disponibles en quantité, les parchemins (en papyrus) ayant pris la place des multiples potions du tome précédent.
La liberté d'action est toujours élevée, avec cette fois deux chemins biens séparés. L'un propose une traversée du désert tandis que l'autre conduit à un vaste souterrain rempli de pièges. Les deux méritent d'être suivis. De toute manière, vu la longueur du livre, il faudra de nombreux essais avant d'en découvrir la fin à la loyale. La jouabilité est toujours aussi bonne même si on est obligé de partir avec un minimum de 15 en force à cause d'un dangereux combat final (comme dans la Forteresse d'Alamuth).
J'ai légèrement moins apprécié ce deuxième tome. Je pense que ça vient tout simplement du cadre désertique, rempli de pyramides et de sphinx, qui propose moins de diversité dans les rencontres que le médiéval fantastique "classique" du premier livre. Mais c'est néanmoins un LDVELH avec peu de défauts et toujours une aussi belle durée de vie.
A noter que le Prêtre Jean ne semble pas avoir fait voeu de chasteté vu qu'il peut être attiré par trois belles jeunes femmes à différents moments de l'histoire et qu'il a même la possibilité de s'acoquiner avec l'une d'elles...
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#2
Même pas vu avant que t'avais fait celle-la ou une sur Alamuth… tss…

Pour la chasteté, tu remarqueras quand même qu'il a attendu d'être avant la naissance du Christ pour se lâcher… il doit compter ça comme circonstance atténuante…

Je trouve que le style s'y améliore nettement par rapport à Alamuth ( qui soyons franc essuyait les plâtres ), il y a des tas de passages impressionnants… rien que le lynchage du prêtre Semonafer ( j'avais fait le choix de la lâcheté une fois pour voir… il y a une morale: on est puni. Mais le passage est assez hallucinant ), ou ce qui se passe si on est vaincu par le Drap fantôme ( recopié sur le Sheet Phantom du Fiend Folio… ), ou le combat contre le monstre métamorphe, ou quand on doit se couper le bras…

Qu'ouïs-je ? Tu lis du Christian Jacq ? Quelle horreur…
" Ashimbabbar m'a donné une dague et une épée et m'a dit
: Transperces-en ton corps; elles furent forgées pour toi."
Poème d'Enheduanna
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#3
Non, non, je n'ai jamais ouvert un Christian Jacq. C'était super à la mode il y a une quinzaine d'années mais j'ai un gros préjugé comme quoi c'est sans doute trop à l'eau de rose. LOL
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#4
Perso, je trouve que Christian Jacq, c'est la grande surface du roman "égyptien"...
Pour "l'oeil du sphinx", il y a un truc qui me gêne : le héros se ballade en cotte de mailles, haume et épée d'acier droite au côté. Et il est bien blond et bien blanc. Et personne n'est surpris ! Comme si les égyptiens de l'époque voyaient tous les jours de grands types blonds au teint clair, barbu, se ballader en cotte de mailles et casque dans les rues de leur ville. Sans oublier l'épée droite en acier alors que les égyptiens utilisaient des lames courbes en bronze... Rolleyes
Sans pour autant affubler le héros d'une perruque nattée et passer ses yeux au khôl, j'aurais apprécié qu'on puisse voler ou trouver des vêtements locaux, ce qui aurait été plus réaliste.
Même chose pour "les mystères de Babylone" où le héros se ballade avec son attirail au milieu de babyloniens en sandales, robe frangée, cheveux et barbes bouclées sans choquer personne. Sans oublier l'émissaire de Bagdad que l'on affronte au jeu de quilles, représenté avec caftan et turban, comme sorti des 1001 nuits, ou encore Alshaya le noir, représenté avec chemise à jabot de dentelle et turban... Rolleyes Bagdad, à cette époque, était loin d'être la cité éblouissante que l'on surnommait "la lune de l'univers".
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#5
Je te trouve un peu sévère Voyageur Solitaire… les gens remarquent son apparence à plusieurs reprises, ils l'appellent tout le temps "étranger"… 

Pour Babylone, c'est vrai qu'elle se la joue un peu 1001 nuits ( rien que le vizir… rhôôô… ); mais le problème que tu décris vient des illustrations de Terpant, non du texte il me semble. Et c'ÉTAIT alors la plus grande cité du monde; le sceau posé sur l'abîme, la rencontre de la plus haute des neuf terres et du plus bas des neuf ciels…
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#6
Qu'ils l'appellent "étranger", pas étonnant : les blonds barbus au teint clair, ils ne devaient pas en voir tous les jours. Mais bon, je trouve que c'est poussé quand-même... J'aurais vraiment trouvé pertinent que l'on puisse se procurer des vêtements locaux, d'une manière ou d'une autre.
Pour l'épisode du vizir, c'est inspiré d'Haroun Al Rachid, souverain de Bagdad contemporain de Charlemagne, qui se déguisait pour arpenter les rues et les tavernes de sa ville pour savoir ce que ses sujets pensaient de lui.
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#7
A propos, ça devait être une sacrée torture que de se balader dans le désert égyptien en cotte de mailles en pleine journée.
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#8
Rien de tel pour garder la ligne ! Mrgreen
Au petit matin, le dernier des deux fois nés était deux fois mort...
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#9
"Avec NARTA anti-transpirant, je contrôle" !
Fraîcheur NARTA : recommandé par le Prêtre Jean. Mrgreen
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#10
Bah les croisés et leurs adversaires le faisaient bien… pas seulement dans le désert, mais là aussi ( campagne d'Amaury ); et avant eux les combattants grecs ( casque intégral de bronze, bouclier lourd, jambières de bronze ), égyptiens ( cuirasse d'écailles de bronze, bouclier lourd ) et perses ( cuirasse d'écailles de fer ) aussi…

Quant au vizir, jamais roi de Babylone n'en eut
1/ parce que le terme est arabe, il apparaît pour la première fois dans le Coran sauf erreur, dans le serment d'allégeance d'Ali à Mahomet: littéralement wâzir signifie soutien, pilier, là bras droit ( voire gros bras vu qu'il promet de massacrer les ennemis de Mahomet… )
2/ parce que la fonction n'y existait pas… les rois de Babylone étaient à la tête d'une bureaucratie complexe et diversifiée, autant civile que militaire…
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#11
C'est vrai que quand on y pense, la Babylone vue par HEADLINE et TERPANT fait beaucoup plus Bagdad des 1001 nuits que Mésopotamie...
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#12

2ème opus de la série du Prêtre Jean. L’aventure se passe en Egypte Antique.
Cette fois-ci, nous devons trouver une Grand Prêtre qui détiendrait des informations sur Shangri-La.
Nous partirons donc à sa recherche, de temple en temple. La difficulté en combat n’est une fois de plus pas très élevée, mais il faut tout de même faire attention (encore) aux morts subites.
J’avoue ne pas trop savoir quoi dire d’autres.
Les illustrations sont du même niveau que les précédentes, c'est-à-dire moyennes.

En conclusion, ce livre est à peu près du même niveau que le premier tome. Peut-être un peu moins bon, selon moi…

Intérêt : 16/20.

Rapha
~ "Dépasser la souffrance et gagner le respect" ~
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#13
Contrairement à vous, je trouve que c'est le meilleur de la saga. L'immersion dans l'univers de l'Egypte antique me semble mieux maîtrisée par les auteurs et plus réussie que celle dans l'univers médiéval des croisés (qui part un peu dans tous les sens) ou Babylone. Le fantastique est bien dosé et globalement plutôt cohérent avec la mythologie égyptienne. Les paragraphes sont assez longs, et prennent le temps de décrire la civilisation égyptienne, grâce aux interactions avec des personnages secondaires et à la mise en perspective historique avec la répression des prêtres. L'aventure dans le désert est nettement plus réussie que dans les DF qui se sont frottés à cette ambiance (le temple de la terreur, par exemple). Et puis, c'est un incontournable, l'Œil magique étant un peu au Prêtre Jean ce que le glaive de Sommer est à Loup Solitaire !
Pour moi, le seul défaut de la saga, c'est le manque de crédibilité psychologique du Prêtre Jean. En tant que prêtre croisé, il devrait s'horrifier sans cesse des croyances religieuses des païens qu'il croise et manier l'épée devrait le démanger à chaque rencontre... Il est bien tolérant pour l'époque !!!
Nota : sauf erreur (mais Ashimbabbar et Voyageur Solitaire me corrigeront), Christian Jacq, même s'il n'a pas une réputation de "vrai" écrivain, a en revanche une réputation de "vrai" égyptologue.
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#14
Yo AlvEric !

Je suis d'accord avec toi, après le premier qui essuie les plâtres, la Saga arrive à maturité avec ce tome.

Concernant Jacq, il est exact qu'il a écrit de nombreux livres d'histoire sur l'Égypte ancienne. Pour autant que je puisse dire, c'est le genre de livre que le premier venu peut écrire après avoir lu un (1) autre livre sur le sujet… En outre il a également commis des bouquins d'ésotérisme. Bref je mettrais sa crédibilité autour de zéro.

Concernant les réactions du Prêtre Jean, là nous en arrivons à un aspect important de la Saga, le rôle du divin.
Naturellement, dans l'univers de la Saga, le Dieu chrétien existe - la preuve: il nous donne le pouvoir de Conversion. Mais les dieux des panthéons païens existent aussi, en tout cas où et quand ils sont adorés. Dans ce livre, le Prêtre Jean les identifie sans problème ( c'est un érudit ) et reconnaît Bastet comme une "farouche ennemie des forces du Mal", de même si nous rencontrons le Phénix le texte le déclare sans ambages "envoyé par les dieux". Le 5° tome est encore plus net avec la possibilité de trois ( 3 ! ) interventions de dieux hindous en notre faveur.
Bref, "Qui n'est pas contre nous est pour nous" ( Marc ix.40 ).
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Poème d'Enheduanna
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#15
Après relecture de l'Oeil du sphinx, il m'a un peu moins plu que dans mon souvenir. En cause : l'aspect un peu répétitif des divers passages souterrains dont le tout dernier n'est pas le moins agaçant.
Je l'ai trouvé un chouilla plus difficile que la Foreresse d'Alamuth en raison du plus grand nombre de combats obligatoires et du combat final, bien chaud surtout qu'on n'a cette fois pas de pièces d'armure magiques.
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