Millenium deception
#1
D'habitude j'ai plutôt envie d'écrire sur des oeuvres qui m'ont marqué dans le sens positif du terme, mais là j'avoue que c'est plutôt une déception marquante !
J'ai emprunté "Millenium" médiathèque avec cet étrange sentiment de me dire "vu le succès planétaire, ça ne peut pas être mauvais", et puis pour moi les éditions ACTES SUD sont plutôt gage de qualité. Mais là, au bout de quarante pages d'ennui insondable je me vois contraint d'abandonner ce qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais avec un roman. La platitude des personnages et des situations, la pauvreté des descriptions, l'absence de style, le côté tout à fait artificiel des dialogues. Je ne peux pas dire que c'est mauvais, c'est juste pour moi d'une insignifiance totale et je ne vois pas vraiment de raison de m'infliger ça.
Alors je me dis que l'intrigue doit certainement à un moment démarrer et il y a peut-être des idées géniales quelque part. Mais pour moi je n'ai pas affaire à un roman, tout juste un script. Et je me dis:est-ce que je suis devenu tellement exigeant ? Pourtant j'ai lu récemment le roman de Stephen King "L'Outsider", souvent considéré comme un auteur grand public, que j'ai trouvé excellent, et qui n'a pour moi aucun des défauts relevés ici. J'ai lu des polars de Ian Manook qui, sans être tous des chefs-d'oeuvre (je conseille tout de même très fortement "Heimaey") ont su capter mon attention. Et puis il y a quelques mois j'ai lu "Le talentueux M. Ripley" de Patricia Highsmith qui là est pour moi un chef-d'oeuvre.
Ben désolé, pour moi comparer Patricia Highsmith et Stieg Larsson revient à peu près à vouloir comparer Bocuse et McDo. C'est juste pas le même métier. Au bout de trois pages de Ripley, tu sens l'ambiance qui s'installe, toute la complexité du personnage et la vision acérée de l'auteur, alors même qu'il ne se passe rien.
Bref, navré d'embarrasser le forum avec ça, mais j'aimerais quand même qu'une bonne âme m'explique un peu le succès pharamineux de ces livres, sans être obligé de me farcir le reste du bouquin.
Répondre
#2
Tu n'es pas seul, j'ai ressenti la même chose que toi.
Dans ce cas, je ne prends plus la tête au vu de l'offre en lecture et en sachant que dans une vie, on ne pourra pas tout lire, je passe à un autre livre...

En général, je suis assez méfiant avec le succès planétaire.... certains sont considérés comme des classiques dont je n'ai pas du tout accroché (comme dernièrement Pullman A la croisée des Mondes) et il y en a d'autres.

Après je pense que là aussi on se rejoint. on devient exigeant avec le temps pour les lectures et les défauts apparaissent vite.

Il faut de tout aussi. Si on aimait tous la même chose,l'offre en livre serait pauvre finalement Smile
Répondre
#3
Je sais que j'ai lu ces livres à peu près au moment de leur sortie en France, c'est-à-dire il y a une éternité et demie, à l'occasion de vacances en famille je dirais. Et j'en garde quasiment aucun souvenir en-dehors d'un passage dans le volume 3 où l'héroïne va faire un tour dans le dark web, et qui est à se pisser dessus de rire pour quiconque n'a ne serait-ce que des connaissances superficielles à propos du web.

En-dehors de cet instant de bonheur involontaire et bienvenu, et que j'excuse volontiers parce que je suis sûr que j'écris des conneries du même acabit quand je disserte à propos de sujets que je ne connais pas, c'est le vide. Je serais incapable de donner ne serait-ce que le point de départ de l'intrigue. Je suppose que quelqu'un meurt, comme c'est du policier, mais c'est de la déduction, pas de la mémoire.

Avec le recul, je dirais que ça rentre dans la même catégorie que les œuvres de Dan Brown. En un peu meilleur quand même, soyons pas vache, mais l'idée est là : Ça se lit bien et vite à la plage, et ça s'oublie aussi vite dans la foulée.

En revanche, Pullman, malgré les décennies, j'en garde des souvenirs assez forts. Après, je peux comprendre que, lu à l'âge adulte, ça passe pas forcément aussi bien, en raison des nécessaires simplifications notamment stylistiques pour que cela reste justement accessible aux enfants et ados.
Répondre
#4
Pour Pullman et on ne va pas polluer le post Smile on passe à côté du vraisemblable.... Cette jeune fille de 11 / 12 ans se comporte plus comme une jeune adulte de 20 ans.... Et là, cela m'a achevé.. Bonjour, je viens d'un autre Monde et bla bla.. et en face, la personne dans son labo ne la raccompagne pas à la porte gentiment Smile et j'en oublie plein des comme cela...

Puis après la tome 3 où l'on bascule si je puis dire dans une relecture du paradis perdu de Milton , là j'ai craqué... et franchement pour ce dernier tome, je ne sais pas si les enfants et ados ont tout compris les tenants et aboutissements....

Donc entre le fond et la forme ... j'ai craqué et à comparer qu'auparavant j'ai lu les Mémoires de Lady Trent, c'est franchement un autre monde....
Répondre
#5
Oui, je comprends qu'on accroche pas forcément à tout. Mais je me fais un quasi point d'honneur à finir les livres que j'ai entamés, même si je trouve ça faiblard. Mais là... comment dire. J'ai le sentiment que c'est objectivable, si j'avais le courage je pourrais prendre les 40 premières pages et en faire un commentaire composé pour expliquer pourquoi c'est vide.
Ca me rappelle en fait les conseils de Voyageur Solitaire aux jeunes auteurs: "il faut que tu travailles sur les impressions, ce que ressent le personnage, les bruits, les odeurs, etc..." je paraphrase mais là on est exactement dans la caricature de l'absence totale de description un tout petit peu intéressante. On est purement dans l'informatif, l'alignement de phrases qui forment un sens, une histoire certes, mais complètement déconnectée de tout.
Et ce que dit Skarn sur le dark web ne me surprend pas, on a vraiment l'impression fait des recherches Google pour écrire. Je ne vais pas lui jeter la pierre, évidemment que moi aussi je le fais ! Mais après on habille, on donne du corps, quitte à dévier de la réalité journalistique. On sait très bien que de grands auteurs ont pu raconter n'importe quoi sur l'Afrique ou l'Orient parce qu'ils n'y avaient jamais foutu les pieds, mais ce n'est pas grave. Ce qui est intéressant c'est justement l'imagination de l'auteur en action comment il transpose son monde imaginaire à des réalités supposées, et ce que ça signifie. Ou alors si on veut vraiment coller à la réalité, à la manière d'un James Ellroy, on se documente vraiment, on y passe du temps, on s'imbibe...
Répondre
#6
Ellroy, tu tapes fort là Smile

Sinon tu écris Mais je me fais un quasi point d'honneur à finir les livres que j'ai entamés, même si je trouve ça faiblard

Pour ma part, je lis environ 100 livres par an donc en 20 ans 2000, en 40 ans, 4000.

En sachant que ma biblio actuelle contient 2500 bouquins, tous lus, et ne connaissant pas mon espérance de vie à l'avance, je ne fais désormais (car je faisais comme toi avant) plus de sentiments.

Sûrement parce que j'ai passé les 50 et donc comme dirait mon oncle je suis plus proche de l'arrivée que du départ Smile

Pas mieux pour ta dernière analyse, je te rejoins entièrement.
Répondre
#7
La même chose que Skarn (les connaissances sur le web en moins !). J'ai lu ça à sa sortie et ce qu'en je retiens c'est surtout le contexte à l'époque. La trilogie parait après la mort de l'auteur, ça fait un buzz pas croyable, on parle d'une révélation, d'un truc à lire absolument qui frise le génie... Et ensuite idem, je sais que le premier tome est dans ma bibliothèque mais je ne garde aucun souvenir de la lecture. Pire, les images qui me reviennent doivent probablement être celles des films qui ont été adaptés de l’œuvre.

Je viens par contre d'acheter Billy Summers de Stephen King et bien que je n'ai pas lu grand chose de lui, j'ai rapidement accroché à l’histoire, au style, aux personnages, à l'ambiance...
Répondre
#8
J'ai découvert Millenium par deux des trois adaptations suédoises, que je n'ai pas trouvées si géniales que ça : des téléfilms au scénario bien sombre mais avec des moments assez patauds et, pour point fort, une héroïne qui en jette. Puis, j'ai entamé le premier tome de Stieg Larsson, qui m'est tombé des mains au bout de vingt pages. Il me semble que la transition de l'auteur du journalisme d'investigation au polar n'a pas été simple sur le plan du style. Mon vrai problème, cependant, est qu'à aucun moment je n'ai été convaincu que le livre pourrait être meilleur que le film que j'ai vu. Larsson n'était ni Mankell ni Sjöwall & Wahlhöö.
Your life and your mission end here.
Répondre
#9
Je ne sais plus si j'ai lu les trois tomes de la trilogie ou juste le premier. Comme les autres, pas trop de souvenir non plus (ni des films ), je n'avais pas détesté sinon je m'en souviendrais. Pour les films à noter quand même la révélation Noomi Rapace, qui est bluffante dans Seven Sister où elle incarne les 7 sœurs...
Stephen King réussit à durer depuis des dizaines d'années, c'est assez incroyable. Il est tellement prolifique que certaines de ses œuvres sont moyennes, mais il arrive toujours à créer de vraies pépites. Pour moi sa force c'est de rendre ses personnages particulièrement attachants (émouvants) et crédibles alors qu'on est souvent dans un univers fantastique ou mêlé de fantastique, et de les plonger dans une intrigue qui tient en haleine.
Répondre
#10
Ah, si, ça y est, je me souviens d'un autre truc : Le fil rouge des trois volumes, c'est le combat de l'héroïne, qui est sous tutelle au début du tome 1, pour retrouver son indépendance. Une quête déjà titanesque dans des conditions idéales, et encore compliquée par le fait que son tuteur soit une fusion prémonitoire entre Gérarld Darmanin et Éric Dupond-Moretti. Ça, c'était pas trop mal, mettant bien l'accent sur la difficulté effroyable pour qu'une telle procédure arrive à terme, laquelle n'aboutit d'ailleurs que parce que l'héroïne a des sources de revenus secrètes (et donc non étouffées par son tuteur), des preuves vidéos, et encore, tu sens bien qu'elle ne gagne son procès que parce que c'est un personnage de papier.

Toujours d'actualité d'ailleurs, parce que j'ai pas l'impression que grand-chose ait changé sur ce front légal depuis la parution de la trilogie, ou en tout cas pas en-dehors de la Suède et pas en conséquence de son existence (il y a eu la très médiatique affaire Britney Spears depuis).

Mais cela ne constitue que quelques chapitres noyés au milieu d'ouvrages sinon totalement oubliés. Et pose de plus la question : Quelle a été l'influence de cette trilogie ?

Quand Da Vinci Code est sorti, on a bouffé à foison des livres, des BDs, des séries, des « reportages », surfant sur la vague, chacun avec son mystère historique incroyable complètement bidon à nous révéler. En général, tout gros succès commercial attire a minima sa vague d'imitateurs, voire contribue à codifier un sous-genre jusque là peu représenté.

Mais Millenium, je vois pas. Alors, je suis pas forcément très au courant de l'actualité des polars, à l'époque comme aujourd'hui, et un spécialiste me contredira peut-être, mais, vraiment, à chaud, j'arrive pas à visualiser une seule œuvre s'en revendiquant explicitement ou implicitement, reprenant des personnages ou des thèmes, jouant sur cette proximité pour des raisons marketing, etc. Et c'est pas Wikipedia qui m'aide à en trouver.

En-dehors d'une charte graphique de couvertures chez Actes Sud, et de quelques initiatives restées au pays des Blåhaj, là aussi ça semble être le trou noir. C'est dingue quand même une telle différence entre nombre d'exemplaires vendus et écho à moyen terme.
Répondre
#11
Bon ben ça me rassure quand même.
Par contre Sjöwall et Walhöo, oui ça ça m'avait laissé un gros souvenir ! Faudra que je voie si en le relisant ça me paraît toujours aussi bon.
Répondre
#12
je vous rejoins tous, les romans Millenium ont gagné à passer sur l'écran, car les films (suédois) sont (bien) meilleurs que les livres
(comme quoi, ça peut exister)
portés par Noomi Rapace et Nyqvist, ces films ont apporté le style manquant aux livres
(dans Seven Sisters, l'histoire est improbable tant les ficelles sont d'épaisses cordes à nœuds, mais la performance de l'actrice, mazette !...)
même les Enquêtes du Département V (les livres) sont largement meilleurs niveau style et ambiance
dans Minuit 2 (je crois), King écrit : "Ce n'est pas l'histoire, mais celui qui la raconte."
autant je n'étais pas d'accord lorsque je l'ai lu lors de sa sortie (quand j'étais jeuuune...), autant j'approuve totalement aujourd'hui
Louanges à linflas et Outremer !
Répondre




Utilisateur(s) parcourant ce sujet : 1 visiteur(s)