[Carnet de voyage :] Japon
#1
mail du 9 mars 2014
Avion vers le Japon.

Après plusieurs rêves où je prenais l'avion pour le Japon, c'est finalement arrivé. Le service était très agréable. Pour le repas, nous avions le choix entre "menu japonais" et "menu international". J'ai pris le menu japonais (riz au curry et un peu de fruit de mer) mais c'était amusant de voir que les Japonais à côté de moi avaient pris le menu international (poulet). Par contre, le camembert ça devait être trop étrange pour eux : ils n'y ont pas touché.
Le repas du soir a dû être servi vers 21h ou 22h, heure de Paris, mais il était 23h ou minuit en Scandinavie, laquelle nous survolions.
Au bout d'un moment, les lumières s'éteignent. J'essaie de fermer les yeux et je m'endors assez vite.
Au réveil c'est un peu la panique ! Impossible de retrouver mes lunettes. Bizarrement, le casque audio que j'avais gardé en équilibre précaire sur l'accoudoir et sous mon bras est resté en place. Mais mes lunettes que j'avais bien rangées dans le filet au dos du siège de devant ont réussi à tomber. Elles ne sont pas à mes pieds, pas sur mes genoux, pas dans mes poches... Ça va être dur à l'école sans pouvoir lire au tableau !
Heureusement, je sais dire ‹‹ Avez-vous vu mes lunettes ? ›› en japonais à mes voisins. Ma voisine de derrière finit par les trouver par terre. Ouf !
Les lumières s'allument. Les hôtesses nous disent ‹‹ohayoo - good morning›› en servant le jus d'orange du réveil ("a wake-up treat"). Nous avons dormi 6 ou 7 heures, mais il est 13h moins le quart à Tokyo. Drôle de matin !
Le petit déjeuner japonais (mes voisins ont pris la même chose que moi cette fois), c'est une omelette très très liquide (difficile avec les baguettes ! ) et un tout petit peu de poisson.
Encore un peu de stress à l'aéroport. Est-ce que la douane va me laisser entrer ? Vais-je trouver mes bagages ? Vais-je trouver ceux qui viennent me chercher pour le transfert ?


Trajet vers la famille d'accueil.

Le car va m'emmener jusqu'à Shiki Station (préfecture de Saitama), où M. et Mme Nakae m'attendront. Je ne comprends pas tout de suite que la fille du transfert ne m'accompagne pas dans le car, du coup je ne lui dis pas correctement au revoir. Ce n'est pas mon premier impair au Japon, et je sens que ce ne sera pas le dernier.
La vue depuis le car, autour de l'aéroport, est assez banale. Une route, des murs anti-bruit, des arbres, des stations essence. Ça pourrait être la région parisienne. Sauf que les arbres ne sont pas tout à fait les mêmes. Et on roule à gauche.
Le trajet est long : 2h30, peut-être 3h. La fille m'a dit que je devais descendre au 2e arrêt, mais j'ai peur de le rater. Je pique du nez, je m'endors : j'ai mal dormi dans l'avion. En plus, le car ronronne et la nuit tombe.
Le paysage varie. Les zones portuaires sont absolument magnifiques - mais immenses et désertes. Les gens doivent seulement y travailler, pas y vivre. Certains bâtiments de la ville de Tokyo sont moches - des vieux gratte-ciels façon années 70 ou 80. Mais les lumières de la ville et ses enseignes lumineuses, dans la nuit, font quand même un joli tableau.
J'ai toujours du mal à croire que je suis au Japon. J'ai tellement imaginé y aller que j'ai encore du mal à enregistrer que j'y suis vraiment. Je suis un peu hors du temps.
Hiromi (Madame Nakae) m'attend à l'arrêt du car. Nous nous reconnaissons tout de suite. "Hajimemashite ! " me dit-elle en mettant ses mains de chaque côté sur mes bras. Elle a l'air contente de me voir.
Monsieur Nakae vient nous chercher en voiture, mais c'est un peu la panique devant la gare, du coup nous avons à peine le temps de nous saluer au moment où je monte, et pas avant que j'ai chargé mes bagages.
Je trouve que la ville est jolie la nuit. Mais non, me dit Hiromi-san, elle n'est pas très jolie. La France c'est joli.
"On ira acheter ton passe de train demain. Aujourd'hui, tu dois être fatigué."
Bien sûr, ils ne parlent pas un mot de français, et à peine quelques mots d'anglais.


La famille d'accueil.

La maison est jolie. Comme sur la photo mais sans la neige.
Le repas est très bon. C'est la première fois que je goute du yakisoba : des nouilles de sobā (de sarrazin) grillées, avec de la viande, des épices et des légumes. J'ai aussi le droit à deux crêpes au sirop d'érable entre les yakisoba et une deuxième part de viande, c'est assez curieux. Puis encore du riz avec un légume épicé.
Quelque part, c'est un peu déprimant d'entendre le japonais : je me rends compte à quel point mon niveau est faible, que ce soit les annonces à l'aéroport ou dans le car, l'autoradio, la télé, ou quand Monsieur et Madame Nakae parlent entre eux, je ne comprends rien.
Je me dis que même en 3 mois, il y a vraiment aucune chance que je devienne bilingue. Je pars de trop loin.
Mais c'est aussi surprenant de voir que des choses que j'avais complètement oubliées me reviennent quand j'en ai besoin ou que j'y suis confrontées.
Il est tard (21h), je suis fatigué, et la dame m'explique comment la douche fonctionne tout en japonais. C'est dur ! Mais j'ai compris.
La douche est sur le sol à côté du bain. Je l'avais appris (ou lu ou entendu) et oublié, et ça me revient en le voyant. On se douche debout sur le carrelage et ça sent le chlore. Ça donne un peu l'impression d'être à la piscine.
On m'offre le bain chaud, mais ce soir, je prendrai juste la douche. On va attendre demain soir pour apprendre comment prendre un bain à la japonaise, ça fait assez de stress pour aujourd'hui.
Je me couche après la douche et je m'endors très vite. Ils chauffent très fort dans la journée, mais la nuit ils coupent l'air conditionné. Il y a au moins 4 grosses couettes sur mon lit.
Je me réveille vers 3h du matin mais je me rendors. J'avais dit que je me lèverais à 9h, et finalement, vers 7h, je suis debout.

Au petit déjeuner, une sorte d'omelette : un œuf au plat mêlé à des champignons sautés et des petites saucisses. Il y a encore deux crêpes au sirop d'érable et du foie gras - souvenir de France.
Je suppose que c'est parce que je suis français qu'ils ont trouvé gentil de me servir du foie gras de France (il est très bon en plus) mais c'est assez curieux au petit déjeuner.
Tu bois du café, me demande la dame ? "Nomimasen" réponds-je. Non je n'en bois pas (forme polie). "Nomanai" me corrige-t-elle : elle veut que j'arrête de lui parler avec la forme polie et que j'utilise la forme neutre.
Je fais ma vaisselle - comme chez moi - mais l'eau fonctionne dans le sens inverse : on baisse le levier pour faire couler l'eau et on relève pour couper. Je n'arrête pas de me tromper.
Je n'ai pas assez de liquide pour acheter un passe de 3 mois et les banques postales sont fermées le dimanche. Il va falloir que j'achète ça demain, après être allé à l'école. J'ai au moins assez pour un ticket.
Ce matin, après le petit déjeuner, Nakae Kenji-san et moi sommes allés marcher un peu. Nous sommes allés jusqu'à la gare d'où je vais partir à l'école tous les matins. Ce n'est pas tout près. Il y a bien 10-15 minutes à pied.
Il y a un grand soleil mais le vent est froid et pénétrant. On passe sur le bord du yanasegawa (fleuve yanase ou rivière yanase).
Nakae-san m'a offert du taiyaki. C'est une friandise qui a la forme d'un poisson. J'ai déjà vu ça. Yami "Darkness" se nourrit exclusivement de ça dans le manga coquin "To-LOVE-ru Darkness". Je crois que normalement c'est fourré à la confiture de haricots rouges, mais celui que je mange est à la crème pâtissière. La croûte a un goût de churros.
À midi, je mange pour la première fois du tempura -depuis le temps que j'en entends parler. C'est bon, même si je ne suis jamais très fan de ce qui est pané.
Le Wi-Fi fonctionne et j'arrive à recharger mon téléphone par USB -pas besoin d'acheter un adaptateur électrique. Je peux donc envoyer par mail mon espèce de "carnet de voyage" par mail aux parents. (Même si c'est long à taper par téléphone.)
Vers 14h30, je dis à Nakae-san que je monte dans ma chambre pour me reposer un peu. Avec le stress de l'habituation nécessaire, plus la digestion, je suis vite fatigué. Sauf que je m'endors et que je me réveille à 17h !
Je descends et je m'assois à la place où je mange d'habitude. J'espère que ça n'a pas été interprété comme si j'avais faim. Nous mangeons vers 18h. C'est un peu tôt pour moi alors que nous avons bien mangé à midi. Il y a de la soupe aux coquillages, une grosse tranche de saumon, un bol de riz, du bœuf bouilli et des petites patates. Ça fait beaucoup. J'essaie de manger un maximum mais je n'arrive pas à finir. "Daijobu" me dit-elle (ce n'est pas grave). Je réponds quand même qu'elle a beaucoup travaillé, alors c'est dommage. Le riz va à la poubelle mais on garde le saumon. Hiromi-san me demande si je n'aime pas le saumon. Je lui dis qu'il y avait beaucoup et j'essaie d'expliquer que j'ai peu faim, mais j'ai l'impression qu'elle croit que je n'aime pas le poisson. S'il y a quelque chose que je n'ai pas trop aimé, c'est juste que le riz et les légumes étaient trop salés pour moi. Demain, il va falloir se lever à 6h50 pour partir à 7h30 à l'école. Ça va être serré pour prendre la douche et le petit déjeuner ! Moi qui ne suis pas très rapide...



mail du 12 mars 2014

Avec les camarades de classe, on ne cesse de passer du français (avec la Belge et le Suisse) à l'anglais (avec le Suédois, l'Indien, les deux Canadiennes ou l'Américaine) au japonais (quand on est en cours, quand on commande un plat, ou quand le Vietnamien, ou les Taïwanais ont du mal avec l'anglais), c'est assez amusant.
L'ambiance est plutôt bonne.

Le premier prof que j'ai eu (il fait mardi et mercredi apparemment) est assez marrant. Il dessine au tableau des petits personnages, genre manga, toujours très expressifs. Apparemment il dessine aussi dans son temps libre. Kinyoobi (c'est-à-dire vendredi) il va donner une interrogation écrite, qui portera aussi sur des éléments qui ont été vus avant mon arrivée. Bonne chance à moi, donc...
Si c'est de la grammaire ça va parce que je suis en avance sur les autres. Mais pour le reste... S'il y a du vocabulaire propre à la leçon, par exemple...

Malgré la quasi-absence de l'islam, je pense qu'il y a plus de femmes voilées au Japon qu'en France. Ici, le dieu unique s'appelle hygiène, le péché qu'il interdit est le partage d'air respiré, et le démon dont il protège est la grippe.
Certaines ont des yeux superbes au dessus de leur masque.
Lundi quand je marchais à pied vers la gare d'ikebukuro, sans la trouver, je demande mon chemin à deux de ces jeunes demoiselles masquées.
Mais justement l'une d'elle y va. "Isshō ni" me dit elle. Ce qui signifie littéralement "ensemble" (sous-entendu : allons-y ensemble).
C'est la 2eme fois de la journée que ça m'arrive : je demande mon chemin et on me propose de m'accompagner. La gentillesse des Japonais serait-elle plus qu'un cliché ?
Un peu plus loin l'une des deux va de son côté. Je reste avec la beauté masquée la plus mignonne (très joli regard).
Nous arrivons finalement à ma ligne. Au moment de me dire au revoir, elle retire son masque. Et là c'est la déception : elle est beaucoup moins mignonne quand on voit le bas de son visage. (Elle a des dents un peu bizarres...) Les gars des mille et une nuits avaient tout compris finalement : parfois le mystère est plus séduisant que le dévoilé.

La nourriture ici est juste succulente. Même s'il faut s'habituer au curry pour le petit déjeuner, ou au dîner le weekend à 6h.
Mardi, les camarades de classe m'ont invité à les rejoindre dans un sushiya (une boutique de sushi). C'était super bon, super frais et super moins cher qu'en France. On se sert ce qu'on veut (on peut aussi spécialement commander si le type de sushi qu'on veut n'est pas en train de défiler sur le petit tapis roulant au centre), et on paie en sortant par assiette. Une assiette a généralement deux pièces de sushi, et c'est 130 yens (1 euro) par assiette. À Paris ça doit être 4 euros la paire à la carte.
Aujourd'hui mercredi, nous sommes allés dans un restaurant spécialisé dans le riz au curry avec un accompagnement (viande, œuf, fromage....) fumé. On peut choisir son niveau d'épicé parmi 5 et son niveau de fumé parmi 3. J'ai pris au milieu pour les deux. C'était moins épicé que ce qu'on me sert à la maison. À ma table les deux autres garçons ont pris le max pour les deux, et la fille a pris le minimum. En même temps, l'Indien est paré.



mail du 15 mars 2014

Sorry je suis un peu souffrant aujourd'hui. Rien de grave mais mal à la tête. Sans doute à cause du relâchement après cette première semaine stressante.

Le test était pas génial. Comme prévu, la grammaire était facile, vu que je suis franchement en avance sur le groupe dans ce domaine, mais par contre sur le vocabulaire je me suis planté. Ça doit être du vocabulaire qu'ils ont vu dans les leçons précédentes.

Je raconterai ce que j'ai fait vendredi après-midi, et mes réflexions sur le rythme de la semaine et les transports en commun.
Mais là il vaut mieux que je me repose.

En plus, à la télé, il y a eu cette nouvelle comme quoi une jeune fille s'est suicidée à cause du harcèlement à l'école.

Ça m'a fait penser à Anna et à son probable suicide et ça m'a un peu déprimé.

Au moins c'est bien qu'aujourd'hui, que ce soit au Japon, en France, ou aux USA, cette histoire de harcèlement à l'école soit enfin reconnue comme un problème, comme quelque chose qui n'est pas normal, que les écoliers ne devraient pas avoir à subir.
À mon époque, la réponse des profs, des surveillants ou des parents face à ça c'était de hausser les épaules et de dire "bah ignore les et ils s'arrêteront", ce qui est bien sûr une immense connerie. Les sadiques et les brutes ne fonctionnent pas comme ça, au contraire.
Mais pour tous ces braves gens qui auraient dû nous défendre, c'était normal, juste des histoires de gosse, et c'était notre responsabilité de nous défendre nous-mêmes.
Heureusement que ça commence à évoluer.
C'est un peu comme quand on s'est rendu compte que non, le viol marital, c'est pas normal.
Un peu tard pour beaucoup de gens, mais une bonne chose pour l'avenir.



mail du 16 mars 2014

Japon 6

Ainsi s'achève cette première semaine au Japon. (Plus que 11, je sens que ça va passer très vite ! )

Je commence à maîtriser ma routine et mes horaires.
Je me lève vers 6h30 ou 6h40. C'est relativement facile parce qu'en général je me suis réveillé vers 5h ou 5h30 et j'ai pas réussi à me rendormir (il faut dire que je me couche tôt).
Vers 7h ou 7h10, j'ai fini de me doucher, me raser, m'habiller, et de donner rapidement à mon lit l'apparence d'être fait. Je m'installe à table à ma place, et mon petit déjeuner, préparé par Mme Nakae, m'attend.
Ce n'est pas toujours la même chose : parfois du riz au curry, parfois de la soupe avec du pain et de la confiture...
Vers 7h35, j'ai fini la vaisselle et je monte prendre mon sac et mon manteau. Je préviens à voix forte "Ikimasu !" (j'y vais, je sors) tout en mettant mes chaussures, assis sur la marche devant l'entrée.
En 10 ou 15 minutes, je traverse le pont sur la Yanasegawa, je la longe un peu, et j'arrive à la gare de Yanasegawa.
J'entre alors sur le domaine de la ligne Tobu, qui appartient à un petit exploitant privé. Je passe ma carte Suica (reconnaissable à son pingouin) pour pouvoir entrer.
Sur les quais je dois prendre le bon train : un semi-express vers la gare d'Ikebukuro.
Ikebukuro est une grosse gare du nord ouest de Tokyo, relativement connue (on entend son nom dans certaines méthodes de langue).
Arrivé à Ikebukuro, je sors du domaine de la Tobu (là encore il faut présenter ma carte à l'appareil pour ne pas être bloqué). Juste après, j'entre sur le domaine de la JR (Japan Railways), c'est à dire la compagnie (originellement) d'État, et la plus grosse des compagnies de chemin de fer du Japon (voire du monde, en termes de service).
Je me dirige sur l'un des quais de la célèbre ligne Yamanote.
La Yamanote Line est la ligne de train la plus connue de Tokyo. Elle est célèbre pour tourner en boucle autour du centre de Tokyo, en passant par les plus gros quartiers de Tokyo tels que Ikebukro au nord ouest, Ueno et Akihabara à l'est ou encore Shibuya au sud ouest.
On peut penser notamment à un chapitre du manga Love Hina (de Ken Anamatsu) où suite à un malentendu de plus, Naru décide de quitter la pension Hinata et de rentrer chez ses parents. Mais Keitarō, très amoureux, refuse de la laisser partir, la suit dans le train, et l'empêche de descendre. Elle veut descendre à la prochaine station et reprendre la ligne dans l'autre sens mais il l'en empêche encore. Elle dit alors que de toute façon, la Yamanote circule en boucle, donc qu'elle attendra simplement qu'elle repasse par sa gare. Sauf qu'à force de s'endormir ou de se laisser distraire par leur dispute, ils la ratent encore 2 fois. Finalement, admirant tous les deux le coucher de soleil sur Tokyo, ils se disent "Allez... Faisons le tour encore une dernière fois..."
Bref, pour moi, je prends le train qui va dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, et je descends peu après à Shinjuku (un quartier assez central où se trouve l'autre école où j'ai failli aller, la SNG).
Là je n'ai même pas à prendre les escaliers pour changer de quai : j'ai juste à traverser la plateforme en largeur, et à prendre le train d'en face. Je suis toujours sur le domaine de la JR Est, mais je quitte la Yamanote pour la Chuō. Il doit être à peu près 8h30 ou 40.
La Chuō m'emmène une demi-douzaine de stations plus loin, à Suidōbashi.
Si Ikebukuro est reconnaissable pour moi à son premier caractère "ike" (mare, étang), Suidōbashi est reconnaissable à son caractère "sui" ou "mizu" (l'eau).
Cette fois je quitte définitivement la gare (il faut encore montrer le pass Suica), et je marche jusqu'à l'école Kudan. C'est à 5 minutes à pied maximum de la sortie est.
J'arrive vers 9h et le cours commence à 9h10. L'idée est d'arriver un peu en avance parce que les Japonais détestent qu'on soit en retard. Au bout de trois retards c'est compté comme une absence. Cela dit seuls les Occidentaux de la classe semblent effectivement arriver à l'heure. Les sinophones sont toujours en retard.
Le cours termine à 12h50 mais nous avons droit à deux pauses de 5 minutes.
Je mange avec les camarades de classe puis c'est temps libre, pour réviser ou se promener. Comme il me faut bien 1h30 pour rentrer, à 16h, 17h maximum, il est temps de reprendre le train. Je refais le même trajet à l'envers et je marche jusqu'à la maison.
J'annonce "tadaima" (je suis rentré) et on me répond "okaeri" (bienvenue). Nous mangeons vers 19h (18h le week-end). À 20h je suis déjà claqué et je lutte pour garder les yeux ouverts devant la télé. À 21h je monte me coucher en souhaitant bonne nuit ("o yasumi"). Je fais 10 ou 20 minutes d'Internet sur mon téléphone dans mon lit puis j'éteins. En général à 22h je dors.



mail du 20 mars 2014

Japon 7
Vendredi 14 mars

C'est le départ définitif de Bass (orthographe réelle inconnue), l'un des élèves de la classe, un Indien.
On lui a laissé choisir où on allait manger. Il avait envie de sushi donc on est allés dans la même boutique que mardi. C'est toujours aussi bon.
La veille au soir il y avait une émission sur la pieuvre (ika), les différents types et les différentes tailles qui existent et sont pêchés au Japon, et les différentes façons de les préparer et de les manger.
Ça m'a donné envie du coup j'en ai profité pour commander une paire de sushi à la pieuvre (sous forme de petites lamelles de chaire blanche).

Après nous sommes allés au Tokyo Dôme (où j'étais déjà allé faire un tour le lundi). Il y a une galerie de jeux d'arcade de Sega que je n'avais pas vu la première fois.
Nous y sommes entrés, et Bass en a profité pour faire un Purikura en souvenir avec plusieurs camarades.

Le purikura est un hobby purement japonais (même si d'après Wikipédia il en existe aussi en Chine et à Taïwan, apparemment c'est une invention de Sega, le célèbre fabriquant de consoles de jeu pour salon).
Le mot "purikura" est la contraction de "purinto kurabu" ("print club" prononcé à la japonaise).
Le principe est d'entrer à plusieurs dans une sorte de grosse cabine de photomaton pouvant accueillir 8 personnes et de prendre une photo tous ensemble. On peut souvent choisir un fond ou un décor particulier, mignon, romantique, classe ou délirant. Parfois, on peut même louer spécialement des perruques et des costumes pour se prendre en photo déguisé.
On choisit le cadre, le format et le nombre d'exemplaires, on paie la machine, et on pose. La photo sort un peu plus tard sous la forme d'autocollants en couleur que le groupe peut partager.

La première fois que j'ai entendu parler des purikura c'était... Là encore probablement dans le manga "Love Hina". (Pour ma défense, ce manga a eu un large succès partout dans le monde et a sans doute initié beaucoup d'Occidentaux à la culture japonaise.)
En effet, c'est un des points de départ du personnage principal (Urashima Keitarō). Pour bien qu'on comprenne que c'est un looser, en plus du fait qu'à 19 ans il n'a jamais eu de petite amie, n'a jamais dansé avec une fille, et a déjà raté 2 fois le concours d'entrée à l'Université, il collectionne les purikura, sauf qu'il est toujours tout seul sur les photos...
Jusqu'à un des premiers chapitres où l'héroïne (Narusegawa Naru) va entrer par surprise dans la cabine avec lui. Il aura donc pour la première fois un purikura de lui avec une jolie fille. Awww...
Dans un chapitre ultérieur Naru découvre d'ailleurs qu'il a collé le purikura dans le même cahier que le reste de sa collection, mais à part, tout seul au centre d'une page blanche, montrant ainsi l'importance qu'il y attache.
Dans un chapitre tardif également, quand finalement toutes les filles de la pension Hinata ont fini par s'attacher à lui, il y a une autre scène où elles organisent une petite fête en son honneur (je ne sais plus à quelle occasion... Sans doute après qu'il ait enfin réussi à rentrer à l'Université, ou quand il s'apprête à partir à l'étranger pour 6 mois) et tout le monde décide de faire un purikura avec lui. Il aura donc enfin un purikura de lui avec plein d'amis. Re-awww.

Bref suite à ce purikura que Bass a fait avec ses camarades les plus proches, en souvenir, nous avons passé un peu de temps dans la salle de jeux.
Les autres ont pu faire notamment du hockey sur table ou encore un jeu de rythme avec des tambours, ou même un jeu de course au volant. Personnellement j'ai testé un jeu de tir d'horreur : Dark Escape 3D.
Le thème est classique : on tue du zombie en visant sur un chemin prédéterminé, comme si on avançait sur un rail avec parfois des bifurcations. J'ai connu House of the Dead 1 et 2 (mais seulement sur ordi et console, jamais en borne d'arcade) qui avaient le même principe.
L'histoire est simple : après semble-t-il avoir été enlevé, le joueur se réveille en compagnie de la classique jolie jeune fille blonde avec des gros seins, elle aussi enlevée, sans qu'aucun des deux ne sache où ils se trouvent ni comment en sortir. Une vidéo d'un homme masqué vient révéler qu'ils sont les victimes d'un jeu pervers : il leur a laissé des armes, qu'ils survivent et ils gagnent, qu'ils meurent et ils perdent.
(On sent l'influence des séries de films d'horreur comme The Cube ou Saw, voire même du un peu plus vieux Battle Royale.)

La nouveauté du jeu vient du fait que l'image est en 3d (avec lunettes fournies), que le siège et l'arme de jeu vibrent, que le son entoure le joueur et que même de l'air est parfois soufflé sur son visage ! Tout pour donner une certaine ambiance. De plus le jeu prend constamment le pouls du joueur via ses mains enserrant l'arme d'interface, et calcule son score en conséquence.
J'ai beau tirer assez bien (souvent dans la tête) et avoir d'assez bons réflexes, je ne suis pas allé très loin parce que le jeu "triche" un peu : il y a certains adversaires qui vous blessent de toute façon, même si on a détruit tous leurs points faibles dans le temps imparti avant leur attaque. C'est un peu l'arnaque. À raison de 3 vies avant le game over, on a vite perdu.
Bref après s'être un peu amusé, chacun est reparti de son côté. Bon retour à Bass.

Japon 8
Week-end du 15-16 mars.


Samedi pas grand chose. Je me suis surtout reposé de cette première semaine assez stressante, et du coup, fatigante.
Marc ou Max, je ne suis pas sûr, un ami des Nakae, est venu nous rendre visite. C'est un Anglais de Londres, de mère japonaise, qui étudie lui aussi à Kudan, et qui a lui aussi été en pension chez les Nakae à sa première venue.
Nous avons parlé anglais (il a d'ailleurs dit en japonais à M. et Mme Nakae que j'avais un très bon niveau d'anglais). Malheureusement le dîner a été un peu gâché pour moi parce que j'avais mal à la tête. Je suis parti plus tôt me coucher.

Le dimanche j'ai trainé au lit, puis l'après-midi j'ai décidé de prendre mon appareil photo et d'aller me balader un peu dans les environs. Après tout, la veille j'étais resté enfermé toute la journée. Et autant profiter un peu du soleil.

L'habitude de mon trajet du matin m'a conduit jusqu'au pont sur la Yanasegawa.
De là, voyant le chemin de promenade sur la berge, je me suis dit que ce serait une chouette balade sans risque de me perdre, puisque je n'avais qu'à suivre la rivière dans un sens puis dans l'autre, et retrouver le pont qui m'est familier. C'était simple.

Pourtant, j'ai quand même réussi à me perdre. C'est dire mon sens de l'orientation et à quel point je peux être distrait.
Bref après à peu près 1h de marche, je décide d'avancer jusqu'au pont que je vois devant moi, de traverser, et de faire le chemin du retour sur l'autre rive.
Au bout d'un petit moment je commence à avoir des doutes, vu que je vois un de mes points de repère du mauvais côté par rapport à ce que je croyais me souvenir qu'il devrait être, et que je reconnais vraiment pas la rive où je suis. Je me dis que je dois mal me souvenir pour le point de repère, et qu'on voit vraiment les choses différemment dans l'autre sens. Après tout j'ai traversé le pont, et la rivière qui était sur ma gauche à l'aller est encore sur ma gauche, donc je peux pas être en train de continuer dans le même sens, par exemple.
À un moment il semble même que la rivière a changé de nom sur les panneaux. Quand je demande mon chemin à une dame, il semble que ce soit toujours Shiki la ville sur ma droite. Donc normalement pas de soucis.

J'arrive finalement à une bifurcation. La rivière continue tout droit en face sur l'autre rive, et part sur la droite de mon côté. Je vais m'éloigner de mon point de départ si je ne trouve pas le moyen de traverser.

Au final je me retrouve sur la route, dans les terres, sans moyen de traverser. Quand je demande mon chemin, il semble que les gares de Shiki et de Yanasegawa soient assez loin.
Je poursuis sur la route jusqu'à un supermarché "Lawson Station" où on me montre une carte d'état-major du coin. Je suis assez loin de la rivière Yanasegawa, mais je peux la rejoindre en continuant sur la grande route tout droit, puis l'autre grande route à droite vers l'ouest. Assez simple. Mais je commence à avoir mal à la hanche et aux pieds.

Ce qui a dû se passer, c'est qu'à un moment où je devais être concentré uniquement sur mon côté de la rivière, j'ai dû arriver à une première bifurcation. La partie qui partait sur ma gauche devait être la Yanasegawa, et j'ai dû suivre celle dont j'ai vu le nom différent sur un panneau à un moment. Je n'ai remarqué que la 2ème bifurcation qui m'a laissé le long d'un troisième cours d'eau avec un nom encore différent (la shita quelque chose) d'où j'ai rejoint la route.

Au final, malgré mon inquiétude, je suis arrivé à bon port. Au lieu d'une balade de 2 heures, j'en ai fait une de 3 heures.
Au moins j'ai fait pas mal de photos. De la rivière, des ponts, des maisons typiques sur la rive, des lampions encore éteints mais prêts pour le matsuri (fête shinto) du printemps ou d'un champ cultivé avec une partie à sec, et une partie inondée.
J'ai même une photo de la vue sur Shiki depuis le pont, avec son feu multicolore allongé et ses câbles électriques, qui pourrait être une image sortie tout droit de l'anime "Serial Experiment Lain".

Japon 9
Lundi 17 mars


Après toutes ces petites choses qui m'ont rappelé la BD manga "Love Hina" (la Yamanote Line, le purikura), j'ai eu envie d'aller visiter un des lieux clés de cette histoire. Il faut dire aussi que j'ai relu les 14 volumes rapidement quelques jours avant de partir. Ça faisait longtemps à vrai dire.
Quand j'étais à Castres (2001-2003), il m'arrivait de le lire en boucle. J'ai dû le relire partiellement ou en entier occasionnellement, mais là je l'avais délaissé depuis un certain temps.
Il faut dire que ça fait quelques années que ma "passion" pour les manga et les anime japonais s'est franchement émoussée. Au bout d'un moment, c'est un peu toujours la même chose, et au milieu des feuilletons purement commerciaux interminables dont l'histoire ne progresse jamais, les grandes œuvres qui mêlent à la fois de l'action typique de la formule, la répétition des mêmes gags, une histoire profonde et un développement des personnages, sont plutôt rares.
Du coup, je ne suis plus tellement l'actualité du manga. Mais je reste sentimentalement très attaché aux œuvres qui m'ont marqué il y a 10 ou même 20 ans, comme Akira, Armitage III, Vidéo Girl Aï, Evangelion Néon Genesis, Ghost in the Shell, Vandread, Serial Expérimental Lain, Memories, Larme Ultime dernier chant d'amour sur cette planète, et bien sûr, Love Hina.

Le point de départ de Love Hina est donc le suivant : Urashima Keitarō, un looser de 19 ans, se souvient de la promesse qu'il a faite à son amoureuse de quand il avait 3 ans (et dont il ne se souvient même plus du nom), qu'ils se retrouveraient tous les deux à Tōdai, parce qu'elle avait entendu une légende comme quoi si un couple entre ensemble à Tōdai, ils seront heureux ensemble pour toujours.

Sauf que notre héros n'a plus aucune idée d'à quoi peut ressembler la fille de la promesse maintenant qu'il est adulte. De plus, Tōdai, raccourci pour Tōkyō Daigaku ("université de Tokyo"), est l'université la plus prestigieuse du Japon, au concours d'entrée le plus difficile, et Keitarō a des notes catastrophiques.
(Wikipédia précise que Tokyo Daigaku a formé plusieurs premiers ministres du Japon et plusieurs prix Nobel. Elle a un taux d'admission d'environ 24% !)
Bref va-t-il pouvoir réaliser son rêve, être fidèle à sa promesse et retrouver son amour d'enfance ? Se souviendra-t-elle de lui ?
Point de départ assez banal, somme toute, mais lançant une histoire passionnante grâce à un casting de personnages hauts en couleur, une certaine poésie toute japonaise dans la mise en scène du passage du temps, et une série de mésaventures loufoques et complètement improbables.
(Wikipedia ajoute que le manga s'inscrit dans le genre des "pantsu" -mot japonais pour "panties" soit "petite culotte" en anglais- c'est à dire que le héros passe son temps à se retrouver par accident à voir les filles (et surtout l'héroïne) en sous-vêtements voire à moitié nues, à se faire traiter de pervers, et à se faire tabasser par les filles. C'est en effet le running-gag incontournable de la série, mais pas vraiment celui qui me fait le plus rire.)
En plus l'histoire d'amour est pas trop gnangnan et assez touchante. Encore que l'indécision de Naru finit par devenir un peu lourde au bout d'un moment, prolongeant la série un peu artificiellement. (Lui met un ou deux volumes à tomber amoureux d'elle, et un ou deux de plus à l'avouer. Elle en met 12.)

Bref, avec tous ces souvenirs en tête, j'ai décidé qu'il était temps d'aller à l'Université de Tokyo voir si ça ressemblait à la façon dont c'est dessiné dans le manga.

J'ai vu que c'était franchement pas loin de mon école (20 minutes de marche) et décide donc d'y aller à pied. Après m'être comme d'habitude perdu et être allé trop au nord, je demande mon chemin et j'arrive enfin devant le portail de l'université.

Le premier point de vue à trouver est bien sûr l'auditorium, avec sa grande horloge. C'est #ZE# image qui représente Tōdai dans le manga, et apparemment l'image la plus connue de l'université.

En fait c'est presque décevant. C'est plus joli en teintes de gris dans le manga. Avec ses briques rouges à l'ancienne, l'auditorium aux murs sales et abimés est plutôt moche. En plus, c'est vraiment pas de bol, mais il faut que l'année où je sois là, il y ait des travaux ! Ça gâche la vue et c'est bruyant.
Mais ça fait quand même super plaisir d'être en face du VRAI Tōdai. Avec en plus l'ironie d'y être "entré" facilement.

Ils ont quand même un très beau campus. Il y a notamment un petit parc avec une mare (laquelle est apparemment assez célèbre suite un roman qui lui a donné son surnom) dans l'enceinte de l'université. Il daterait de l'ère Edo.

Je prends des photos de l'auditorium, du parc et de sa mare, des carpes que l'on nourrit... Je vois aussi des étudiants japonais qui jouent au baseball sur le terrain du campus.

Il faudra que je revienne parce que j'aurais voulu voir le musée de l'université, mais il est fermé le lundi. (Toujours pas de bol...)

Malheureusement, et bien que je ne m'attendais pas du tout à les voir, je n'ai pas croisé Keitarō et Naru. Le fait qu'ils soient des personnages totalement fictifs doit y être pour quelque chose.
Ça reste un peu triste.



mail du 22 mars 2014

Japon 10
Mardi 18 mars.


Cet après-midi là, je suis allé me balader un peu au quartier Akihabara.
J'y étais déjà passé la semaine précédente (le mercredi 12) pour récupérer à la gare ma carte Suica que j'avais perdue le mardi soir, en rentrant du parc Ueno.
J'avais rapidement vu la grande rue avec ses enseignes aguicheuses, mais ça m'avait déjà pris pas mal de temps pour venir à pied depuis l'école Kudan, puis pour tout régler à l'office des objets trouvés, et du coup j'étais rentré aussitôt sans avoir vraiment le temps de me balader.
Il fallait donc que je revienne, donc c'est chose faite.

Akihabara est LA Mecque des gamers, des geeks, des otaku, et autres fans de manga, d'anime et de gadgets électroniques. La rue est truffée de boutiques d'électricité et d'électronique, vendant téléphones portables, prises, appareils photos, jeux vidéos, composants électroniques, manga, DVD, caméras...
C'est très célèbre pour les fans de ce genre de choses, et pour ainsi dire un passage obligé de toute visite à Tokyo pour une certaine génération. J'ai pu constater qu'il n'était pas rare d'y croiser des occidentaux déguisés en personnages de jeux ou de manga/anime, avec leurs perruques colorées. Apparemment, et si j'en crois une page coquine ou deux sur Internet, les filles du quartier ont également une réputation un peu sulfureuse...

Je me balade sur l'avenue en prenant quelques photos. Je me sens un poil ridicule à photographier des images publicitaires et autres posters d'héroïnes sexy, mais je pense que c'est important pour traduire l'ambiance du quartier.

Je rentre au hasard dans une boutique, juste pour regarder les articles. Je vois des jeux console et de l'électronique. Je découvre un escalier. Je descends au sous-sol et je trouve des body pillows (les fameux coussins à l'effigie d'héroïnes en taille réelle pour pouvoir s'allonger dessus) et des action figures. Je trouve notamment une figurine de Ayanami Rei (jeune fille personnage de l'anime Evangelion que j'aime beaucoup) qui n'est pas chère du tout. Sauf qu'elle s'abimerait dans ma valise si je repars en avion avec. Et si je me l'envoie à part par colis, je me demande si je ferais pas mieux de directement la commander sur Internet. Il faudrait que je prenne le temps de comparer les prix.
Au même étage il y a une grande statuette de Kaneda, le héros d'Akira (le tout premier manga/anime à m'avoir vraiment marqué), portant le fusil laser qu'il utilise sur la fin du film. Plutôt cool. Sauf que super cher par contre, beaucoup plus cher que ce que je suis prêt à mettre dans un bibelot joli mais inutile.

Apparemment il y a encore des étages au-dessus donc je monte les escaliers pour visiter le "2nd floor", c'est à dire le 1er étage. (Au Japon le rez-de-chaussée s'appelle le 1er étage. Il n'y a pas d'étage 0. J'avais déjà vu le niveau B1 et le niveau F1 donc je passais au niveau F2.) C'est juste des caisses pour payer (peut-être louer des DVD) avec deux trois babioles en vitrine sur les côtés. Je passe au 3ème niveau.

J'y trouve des étagères entières de manga. Je n'en reconnais aucun cependant. Je suis hors du coup depuis trop longtemps et de plus certains ne doivent sortir qu'au Japon (n'étant pas encore traduits).

Je passe à l'étage suivant. Dans l'escalier je vois un signe qui prévient que je dois avoir 18 ans. Houla.
Je comprends vite pourquoi. C'est un étage consacré aux manga, dessins animés et jeux vidéos pornos. Toutes les héroïnes sont dessinées avec un visage d'ange ou de gamine, des formes de rêve, des vêtements ultra-sexy ou fétichistes (SM ou soubrette...). Leurs grands yeux et leur rougissement mignon sur les joues sont censés trahir un désir inavouable, incommensurable et incontrôlable.
Un peu embarrassé, je passe à l'étage suivant. Par les posters dans l'escalier je comprends qu'il est réservé aux vidéos pour adulte filmées avec des actrices réelles.
Comme me le disait un camarade de classe quelques jours plus tôt, pour l'industrie pornographique japonaise, il semble que la beauté du visage soit beaucoup plus importante que pour l'industrie pornographique américaine (beaucoup plus basée sur la présence d'énormes seins siliconés, de faux ongles colorés, et sur la capacité à "performer" des actes toujours plus hard). Certaines de ces filles sur les posters, photographiées à moitié nues ou avec leur petite culotte qui a doucement glissé le long d'une de leurs jambes, sont vraiment très très TRÈS mignonnes. Elles font également incroyablement jeunettes. Certaines pourraient faire douter qu'elles ont au moins 18 ans. C'est assez surprenant.

(Encart ajouté après coup :
Quand j'ai écrit ces dernières lignes elles m'ont semblé familières. Je me souviens pourquoi maintenant. J'avais écrit presque la même chose dans mon précédent carnet de voyage, au sujet des prostituées que j'avais aperçues, nombreuses, sur les trottoirs de Vienne, dans la longue rue qui me menait à mon hôtel. Je trouvais déjà un peu triste de voir que certaines faisaient ce métier et avaient l'air si jeunes et si belles. Là le métier est moins dur mais les filles ont l'air encore plus jeunes...
Dommage que cet autre carnet de voyage ait disparu avec l'ancien forum de Katura.)

Un peu trop pudique, je préfère m'arrêter avant même d'avoir fini de monter l'escalier. Je n'ose pas jeter un coup d'œil à ce niveau et je redescends dans la rue sans avoir vu plus que les posters de l'escalier. (Qui sont probablement plus érotiques que les films eux-mêmes).

Ma visite m'a également conduit dans deux buildings portant l'enseigne "Sega" (toujours la boîte de jeux). Le premier est un "game center", un lieu entièrement consacré aux jeux.

Les deux premiers étages y sont entièrement consacrés à ce qu'ils appellent des "prize games" (jeux de prix à gagner).
C'est le genre de jeux qu'on a en France dans les fêtes foraines. Il y a un prix en jeu (ici par exemple une figurine d'un personnage d'anime) au milieu d'une cage en plexiglas et le joueur contrôle une pince mécanique pour tenter de l'attraper. Sauf que c'est l'arnaque totale et que même si le joueur positionne parfaitement la pince dans le trou (ce qui est loin d'être facile vu qu'on règle d'abord la position latérale, puis la profondeur, toujours dans le même ordre, sans retour en arrière possible et en un seul essai), l'anse en plastique glisse hors de la pince sans être saisie. J'ai jamais vu personne réussir. Je comprends pas comment ça peut avoir autant de succès.
Les quatre ou cinq étages suivants sont par contre dédiés à des jeux vidéo, c'est-à-dire des bornes d'arcade.
Fumeurs, donc j'étouffe et je crache mes poumons. Mais bon...

Il s'agit essentiellement de jeux de courses de voiture, avec le volant. Il y a aussi les grands classiques jeux de baston (duel à 1 contre 1, à 2 joueurs ou contre l'ordinateur, avec une vue de côté, les matchs étant généralement décidés par 2 rounds gagnants, un round étant vaincu par KO).
Deux genres qui ne m'intéressent pas vraiment, en fait. Mais c'est quand même ce qu'il y a le plus souvent dans les galeries d'arcade, avec les shoot them up et aujourd'hui les jeux de rythme.
Je découvre aussi un nouveau concept avec le jeu "Prince of Vermillon III". Apparemment c'est un jeu de stratégie où en plus de contrôler les troupes à l'écran, on peut étaler sur une tablette des cartes genre jeu de cartes à collectionner (type cartes Magic the Gathering et autres). Je sais pas comment ça se passe en pratique. Est ce que le jeu arrive à scanner les cartes ? Si on dépense des fortunes à collectionner des cartes fortes on a des bonus dans le jeu informatique ?

Je suis sorti de ce premier building en ayant juste regardé, et sans que rien ne m'ait vraiment intéressé.

Le deuxième indique "Sega Club". C'est aussi un game center. Mais il propose des choses un peu différentes. Déjà, celui-ci a beaucoup plus de jeux de rythme (on doit suivre le rythme d'un titre musical avec un tambour ou un bouton, une pédale...). D'ailleurs il y a plus de filles présentes, alors qu'elles étaient pratiquement inexistantes dans l'immeuble précédent.
À un des étages du dessus, je vois aussi un stand pour louer des costumes, ainsi que l'entrée d'une salle pour se changer, et une cabine de purikura interdite aux hommes.
Quelques minutes après mon arrivée, un groupe d'une dizaine de jeunes filles vient pour se déguiser en "maid" (en soubrette).

Je passe aux étages suivants. Au 3eme ou 4eme étage, je trouve enfin des jeux qui m'intéressent : des jeux de tir. En arrivant, je vois deux joueurs sur deux jeux différents où on utilise des fusils d'assaut en plastique pour tirer sur l'écran. Celui de gauche semble être plus dans un genre opération spéciale de police ou de commando, avec des terroristes à abattre avec précision en plusieurs missions indépendantes. Celui de droite (dont les graphismes ont l'air plus vieux ou plus moches) semble plus dans un esprit Rambo III, avec un seul super soldat qui va à lui tout seul détruire toute une base militaire, tanks et avions compris, avec moult explosions spectaculaires. Ça avait l'air marrant.

Deux pas plus loin cependant je trouve mieux : une allée de trois bornes d'arcade House of the Dead, célèbre jeu de tir (rail shooter) et d'horreur (puisqu'on tire sur des zombies et autres monstres). De droite à gauche, il y a House of the Dead II (que je connais presque par cœur, mais uniquement à la souris, donc qu'est ce que ça peut donner au pistolet optique ?), puis House of the Dead III, et enfin House of the Dead IV.
Le 3 présente une nouveauté, puisqu'au lieu de se jouer au traditionnel pistolet en plastique, il semble se jouer avec des fusils à pompe en plastique ! C'est plus musclé !
De son côté, le 4 se joue apparemment avec des pistolets-mitrailleurs de poing (plus exactement des pistolets "rafaleurs"), genre Intratec TEC-9, Ingram Mac-10 ou Mini-Uzi.

Bref sur le coup j'ai trouvé ça assez cool de voir trois bornes "House of the Dead" côte à côte, et du coup j'en ai pris des photos. Mais à la réflexion, ce ne sont pas des photos très intéressantes.

J'avais enfin trouvé un jeu d'arcade qui me plaisait, au point d'accepter de dépenser un peu d'argent -faut dire que je suis en général peu dépensier et que ces jeux là peuvent être de véritables gouffres.

J'hésitais entre jouer au II et au III. Le 2 je le connais presque par cœur, ce qui permettrait d'être moins surpris par les monstres et avoir plus de chances de battre les boss de fin de niveau, donc de mourir moins souvent et ainsi dépenser moins d'argent (ou aller plus loin en payant une seule fois). Mais quand même, justement, avec le 3 il y avait le plaisir de la découverte. Et puis jouer au fusil à pompe était quand même bien tentant. J'ai donc pris quelques pièces de 100yens, je me suis installé, et j'ai commencé une partie du 3.

Et il faut dire que oui, utiliser un fusil à pompe, c'était éclatant.
Dans la vraie vie, il faut actionner la pompe entre chaque tir. Puis, au bout de 5 à 7 tirs à peu près selon les modèles, le magasin de l'arme est vide et il faut remettre des cartouches. Évidemment, là c'est un jeu vidéo donc ça ne se passe pas exactement comme ça.
Déjà, dans les jeux précédents, on pouvait tirer 6 fois de suite au pistolet. Ensuite, il suffisait de pointer le pistolet optique hors de l'écran de jeu, en général en dessous ou à côté (ce qui fait perdre sa visée et du temps pendant que les monstres se rapprochent), et de presser la détente. Le pistolet était instantanément rechargé et on pouvait à nouveau tirer 6 coups -alors que dans la vraie vie il faudrait enlever le chargeur vide, mettre un chargeur plein et réarmer le pistolet/chambrer la première munition en actionnant manuellement la culasse. Ce qui prendrait beaucoup plus de temps qu'un petit tir hors écran dans le feu de l'action. De plus dans le jeu, on peut recharger autant de fois qu'on le souhaite, comme si on avait un nombre infini de chargeurs.
Il y a une astuce connue, d'ailleurs, qui consiste à cacher le capteur optique du pistolet de jeu et de presser la détente. Ainsi on peut recharger sans perdre sa cible. Mais c'est un peu de la triche.

Ici aussi, donc, l'utilisation du fusil à pompe est simplifié par rapport à la vie réelle. On peut tirer quelques coups à la suite (je ne me souviens plus du chiffre exact mais je crois que c'est 8) sans avoir à actionner la pompe à chaque fois -heureusement. Ce serait un peu difficile de mitrailler les hordes d'ennemis sinon. Par contre, quand le fusil est vide, il suffit d'actionner la pompe pour qu'il soit à nouveau magiquement plein de cartouches.

Et je dois dire que franchement, actionner cette pompe de shotgun comme un vrai héros de film d'action ou de jeu vidéo, c'était extrêmement satisfaisant ! Et naturel. C'est comme si j'avais fait ça toute ma vie et que je connaissais le geste par cœur.

Au début du jeu, j'ai trouvé que le système était vraiment gentil pour la taille de la zone touchée (ou alors c'est juste moi qui suis vraiment un bon tireur), parce que je touchais chaque zombie en pleine tête en visant à peine. Après les choses se corsent. Mes réflexes ça va. Même si forcément je connais pas encore bien le jeu donc je peux encore être surpris par des monstres.
Curieusement, ma principale faiblesse a été la même que pour le tir au pistolet au stand de Rouen : la force et l'endurance musculaires.
Parce qu'au début pas de problème : je tiens le fusil comme une carabine de chasse, les deux mains, mon œil directeur et les organes de visée alignés devant mon épaule droite.
Sauf qu'au bout de quelques minutes dans cette position, l'arme a beau être légère et en plastique, les muscles commencent à fatiguer -d'autant plus qu'on est tendu à cause du risque de se faire blesser par un zombie, on se crispe. On a mal aux bras et ça fout complètement en l'air notre précision.

En plus, pour une raison inexplicable, j'avais tendance petit à petit à avancer le bout du fusil vers l'écran. Je sais pas pourquoi. Peut-être inconsciemment l'envie d'être plus près de la cible. Sauf que c'est complètement idiot. D'une, je tends encore plus le bras vers l'avant, donc il se fatigue encore plus vite. De deux, le fusil n'est plus du tout en face de mon œil, il a plutôt tendance à descendre au niveau de ma poitrine voire de mes hanches.
De trois, même, j'ai lu un jour ou deux plus tard sur le net que les capteurs sont moins fiables à courte distance, et ne détectent même pas les tirs si on est trop près.
Bref à certains moments, ma visée était complètement à coté de la plaque, et je tirais à des kilomètres des monstres, jusqu'à ce que je corrige ma position.

Il y a aussi un petit soucis avec la façon dont on recharge dans le jeu. Comme je l'ai déjà expliqué, dans les jeux précédents qui se jouaient au pistolet, il fallait tirer à l'extérieur pour recharger, donc perdre sa visée. Comme ici il faut juste actionner la pompe, ce qui peut être fait sans bouger le canon, on ne perd pas sa visée entre deux rechargements. Sans doute pour pallier au retrait de cette difficulté, les concepteurs du jeu ont rajouté une chose. Quand le joueur actionne la pompe du fusil en plastique, on voit sur l'écran une animation des bras du personnage qui fait la même chose. Et pendant cette animation, il est impossible de tirer. Et elle est longue...
Résultat, je pourrais beaucoup plus facilement recharger dans le feu de l'action et faire pleuvoir le plomb sur des hordes d'ennemis si le jeu se contentait de me laisser recharger à ma propre vitesse. Je perds du temps à ne pas pouvoir tirer pendant que les zombies, eux, continuent à s'activer.

Bon je me suis quand même bien amusé dans l'ensemble, et je reviendrai sans doute avec plus de pièces un autre jour histoire de finir le jeu. (Il faut à peu près une demi heure d'après internet.... Bonjour la fatigue des bras !)
Là j'ai terminé le chapitre 0, très court, et le chapitre 1, après avoir passé un premier affrontement avec un boss. Je suis mort dans le chapitre 2.
Le jeu nous donne une note selon notre précision et notre rapidité à terminer un niveau. La note peut être, de la meilleure à la moins bonne : S, A, B, C, D ou E. Pour le chapitre 1 j'ai eu une note de C, ce qui est moyen. Pour quelqu'un qui n'a aucun entrainement sur ce genre de jeu, c'est plutôt pas mal.

J'ai visité aussi les autres étages. Au dernier, il y avait des bornes d'arcade de très vieux jeux (j'ai vu un exemplaire de "Final Fight"... C'est la version arcade d'un jeu qu'on avait sur Atari ST avec mon frère quand j'étais petit. Autant dire que ÇA DATE). Il y avait aussi un espace pour jouer aux fléchettes entre amis.

Je n'ai pas visité d'autres bâtiments que les deux centres d'arcade de Sega et le magasin Lamtarra. Pour le reste j'ai flâné dans la rue et j'ai pris des photos. Puis c'était déjà l'heure de rentrer.



mail du 26 mars 2014

Japon 11
Mercredi 19 mars.


Après avoir visité Tōdai le lundi et Akihabara le mardi, je commence à être à court d'idées. Je décide d'aller à Shibuya. J'y verrai peut-être le fameux croisement de deux avenues avec ses 4 passages piéton en carré et ses feux de circulation, l'image qu'on nous montre à chaque fois à la télé pour illustrer un sujet sur le Japon aux infos. Mais j'avoue que j'ai aucune idée d'où il se trouve.

La veille au soir, n'étant pas sûr qu'il y ait des choses à voir à Shibuya, j'ai demandé à ma famille d'accueil si c'était intéressant. On m'a répondu que c'était un peu les Champs-Élysées japonais. Pour des gens qui ne sont jamais allés à Paris, je ne suis pas certain de ce que ça veut dire.

Une fois à la gare de Shibuya (encore une dont on entend le nom dans les méthodes), on voit que c'est un quartier où ça circule beaucoup. Il y a une sorte de réseau de ponts pour piétons, assez larges et assez élevés, qui permet de passer au-dessus des voitures.

J'ai fait deux trois avenues dans les deux sens, mais au final, je n'ai rien vu de vraiment intéressant qui aurait valu une photo. J'ai remarqué l'entrée d'un bâtiment où il fallait avoir 18 ans pour entrer. C'était probablement un établissement de massage érotique ou le genre de bar où on est servi par des entraîneuses habillées en soubrette sexy. (Mais normalement pas un bordel : ils sont illégaux et on n'est pas à Roppongi, le quartier des yakuza.)

J'ai aussi vu un hôtel capsule.
C'est à peu près les seules choses dignes d'être remarquées que j'ai pu voir.

Cela dit, je n'avais pas mon guide sur moi. Ça vaudrait peut-être le coup de revenir faire l'itinéraire de promenade conseillé, qui m'emmènerait aux points intéressants.

Apparemment c'est le quartier "chaud" des lycéens et des collégiens, si j'ose dire. C'est ici qu'ils viennent pour s'amuser, sortir, faire du shopping et danser en night-club. Du coup c'est l'endroit où il vaut peut-être mieux être à plusieurs pour vraiment apprécier.

Jeudi 20 mars.
Pas grand chose non plus ce jour-ci. Il pleuvait donc je suis rentré directement, sans rien visiter.



mail du 4 avril 2014

Notes

Alors j'avais donc déjà eu une interrogation écrite le 13 mars où j'avais eu 15/25 (12/20) notamment à cause du vocabulaire des premières leçons qui me manquaient.

Puis, le 28 mars nous avons eu une autre interro, en préparation du devoir de fin d'année. Cette fois j'ai eu 26/30 (17,3/20).

J'étais très anxieux pour le devoir final, parce qu'il fallait obtenir un minimum de 60% (12/20) pour pouvoir aller aux cours intensifs la semaine prochaine.

Mercredi 2 avril, nous avons finalement passé l'examen. La partie écrite était très facile, mais mon manque de concentration m'a fait complètement raté la partie écoute/compréhension orale. De même, l'entretien oral a été vraiment pas terrible : je cherchais mes mots, je reprenais mes phrases, je parlais lentement...

Au final aujourd'hui je viens de recevoir les notes. J'ai eu 87,5% (17,5/20) en tout donc je passe !
J'ai obtenu 61/65 (18,8/20) à l'écrit, 11/15 (14,7/20) à l'écoute et 15,5/20 en conversation. J'avais peur, mais apparemment j'ai pas raté tant que ça l'entretien. Et les réponses que j'ai dû mettre au hasard à la fin du test d'écoute parce que j'avais zappé des trucs ont dû à peu près tomber juste.

Il y a 12 chapitres dans le livre de cours, et j'étais là à partir du 9ème. 8 chapitres à rattraper en moins de 4 semaines je me suis pas trop mal débrouillé.


mail du 14 avril 2014

Et le temps des cerisiers ?

Le temps des cerisiers, malheureusement, il est très court ! Une semaine, et puis, un coup de vent et pfuit ! C'est fini. Si tu n'as pas le temps d'en profiter, c'est déjà trop tard.

En ce moment je suis en cours intensifs l'après-midi. La prof du lundi (qu'on vient juste de découvrir) est plutôt marrante, et celle du mardi et jeudi est bien aussi. Par contre celle de mercredi et vendredi est chiante à mourir. C'est difficile de rester concentré avec elle.

Le problème avec les étudiants c'est qu'ils ont tous 20 ans, donc on n'a pas trop les mêmes trips. Ils étaient sympas et accueillants la première semaine, mais petit à petit, je me suis vite senti l'outsider. Comme si je ne faisais pas vraiment partie du groupe. Ils sont tous potes depuis un peu plus longtemps, donc c'est difficile de s'intégrer quand on n'est pas super social et charismatique.
Depuis le début des cours intensifs, ça va un peu mieux parce que j'ai rencontré une nouvelle camarade (bon par contre c'est une Française, c'est un peu dommage) et qu'elle se montre plus amicale et chaleureuse que ceux qui ne me disent pas bonjour si c'est pas moi qui les salue pas le premier. En plus, même si elle a 19 ans elle aime les films d'action des 80s/90s et le même genre de vidéos sur le net que moi, donc on a plus de délires en commun.
À côté, quand j'essaie d'expliquer comment les Français de l'époque où j'ai grandi voyaient les USA à la petite Américaine de 17 ans, croyant que c'est un sujet intéressant, elle en a en fait pas grand chose à foutre.
La Belge et le Suédois se retrouvent parfois avec d'autres pour picoler, mais c'est pas non plus mon genre de délire...

Vendredi 21 mars au soir, j'ai fait connaissance d'autres personnes.

[...cette partie a été censurée/modifiée par rapport au mail d'origine, pour ne pas divulguer certaines infos privées sur les autres personnes...]

Bref on est allés manger dans une crêperie bretonne. J'ai rencontré 3 Français [j'aurais dû écrire "francophones" d'ailleurs] et 3 Japonaises. Le lendemain deux des gars m'ont invité à aller visiter Asakusa avec eux. On a vu le Skytree et le temple de Senso-ji. 2 semaines plus tard (vendredi 5 avril) Étienne m'a invité à boire un pot au pub et faire un karaoké avec des collègues et potes à lui. Étienne est belge, ses potes étaient japonais, plus un Américain (le mari d'une Japonaise) et un gars qui je crois était péruvien mais je suis pas sûr.
Avec ces gens, qui sont plus de mon âge, ça se passe mieux. Je me suis bien amusé. Je reste quand même un outsider. Le seul qui n'a pas de boulot, pas beaucoup d'argent, et qui n'est pas en couple.

Ma semaine de vacances, c'est la première semaine de Mai. Ça approche.

Que dire d'autre ?
Le mardi 24 ou mercredi 25 mars, j'ai visité le jardin impérial. C'est dans les photos.

Le vendredi 5 avril, avant d'aller au pub d'Akasaka rejoindre Étienne et ses potes, je suis retourné à la ville électrique d'Akihabara et j'ai réussi à acheter un adaptateur pour les prises françaises. Maintenant je peux charger mon rasoir, mon appareil photo et mon téléphone dans ma chambre. Après j'ai eu le temps de rejouer au jeu House of the Dead 3, celui qui se joue au fusil à pompe. J'ai dépensé 1000 yens sans arriver au bout. J'ai été assez mauvais !

Le samedi 29 mars j'ai fait une autre promenade sur la Yanasegawa et j'ai photographié les gens qui faisaient le Hanami. Je me suis pas perdu cette fois.

Le samedi 6 mars au soir, Alberto est arrivé chez la famille d'accueil. Il avait déjà vécu 2 ans au Japon, du coup il parle bien mieux japonais que moi. Lui il a cours le matin. Je lui ai montré le chemin le matin de son premier jour, même si moi j'ai cours l'après-midi maintenant.

Le lundi 8 mars, justement, au lieu de reprendre les cours tout de suite (c'est le début de l'année scolaire) les profs nous ont emmenés visiter le plaza de Daikin, une entreprise qui fabrique des climatiseurs. Tout n'était pas passionnant...

Mardi 9 au soir, un troisième larron nous a rejoints chez la famille d'accueil. Un Américain du Connecticut, Nicolas.
Je le vois à peine cela dit. Il est presque jamais là. Par contre, il a la chambre à côté de la mienne. Les murs sont en papier donc on s'entend respirer. Ça peut être dur le matin ou le soir pour dormir.

Samedi 13 avril j'ai donné une seconde chance à Shibuya. Cette fois j'ai pris mon guide. J'ai tenté de faire l'itinéraire proposé. Je ne me suis presque pas perdu.
J'ai réussi à prendre une photo de la statue du chien, celui qui est venu attendre son maître à la gare tous les soirs, même 10 ans après sa mort. Et une photo du "Shibuya Crossing", LE carrefour le plus célèbre du Japon.

Au passage je suis tombé sur le Parc Yoyogi où plein de gens fêtaient encore le hanami. Un groupe au hasard m'a invité. Il y avait des Occidentaux et des Asiatiques. J'ai rencontré deux filles bien éméchées. La première m'a chipé mon appareil le temps de faire 3 photos pendant que l'autre, très jolie, est venue me parler d'un peu trop près pour mon confort (oui je sais qu'on voit le mec qui n'a pas touché une femme depuis 2011).
Il y avait aussi un gars avec un super tatouage qui apparemment aurait un appartement avec une vue magnifique sur le Mont Fuji. Bref c'était sympa.

Le temps est plutôt chaud en journée, mais je mets le pull le soir, et la nuit tombe encore très vite.

Demain premier cours de kanji. On verra comment c'est !



mail du 17 avril 2014

journée intéressante

Aujourd'hui était une journée intéressante.

1) Les filles commencent à s'habiller plus légèrement : moins de vestes, plus de manches courtes et d'habits près du corps.

2) J'ai eu l'occasion de flatter ma prof, ce qui n'arrive pas tous les jours.
Nous étions en train de réviser les descriptions positives/les énumérations.
Elle me demande : "dare ga suki desu ka?" (qui est-ce que tu aimes/apprécies ?).
Ce serait embarrassant de désigner une camarade de classe, donc j'hésite. Thuy, une Vietnamienne, souffle "sensei" (la prof). Et je suis assez d'accord (et ça m'implique moins que de choisir quelqu'un) donc je réponds :
"Sensei ga suki desu" (je vous aime bien vous, Madame)
Elle s'exclame : "hontou ni? Doushite?" (vraiment ? Et pourquoi ?)
La prof, pour blaguer, me demande "juu", une énumération de 10 éléments. (Genre avide de compliments...) Finalement elle demande "mittsu", soit une liste de 3 éléments.
Dong, un Vietnamien assis derrière moi me souffle "kirei". Là encore j'étais assez d'accord. Donc je réponds :
"Kirei da shi, yasashii shi, sore ni atama ga ii desu kara." (parce que vous êtes jolie, gentille et aussi intelligente)
Suite à quoi elle a fait mine de retourner à son bureau et d'écrire dans son cahier en disant "hmmm je vais lui donner des points en plus pour cette réponse !"
J'aime les profs qui ont de l'humour ! ^^

3) La même prof, pour nous expliquer la phrase "faasunaa ga aite imasu" (la fermeture éclair s'ouvre) commence à ouvrir sa jupe en disant "supesharu seebisu" (service spécial), le genre de phrase qu'une entraineuse de bar sortirait pour proposer un massage. (Ou une prof un strip-tease, apparemment ?)

4) Dans le train du retour, je m'assois à côté de deux femmes dont l'une a une poussette, et un bébé dans les bras.
La petite fille me regarde, tend son bras vers moi et fait : "Papa !"
Sa mère éclate de rire : "papa ja nai!" (c'est pas papa !)
J'étais très amusé. Je montre mon visage d'un mouvement circulaire du doigt et je dis : "chotto chigai" (c'est un peu différent, sous-entendu : mon visage doit être un peu différent). L'amie de la mère morte de rire.
Après j'ai demandé si par hasard le père ne porterait pas de lunettes, et elles m'ont dit que oui. J'ai dit que du coup je comprenais. Elles ont ajouté qu'il avait "la peau blanche" (shiroi niku), ce qui doit vouloir dire qu'il est occidental - parce que honnêtement j'ai pratiquement la même couleur de peau qu'elles.

Bref une journée amusante.
Et je sais pas ce que j'ai, j'ai porté particulièrement d'attention aux filles aujourd'hui. J'ai fait des blagues que de sous-entendus toute la journée (en restant subtil, quand même, je déteste le vulgaire). Je dois être en période d'ovulation, ou je ne sais pas quel équivalent c'est pour les garçons. Un pic d'hormones, ou un truc du genre.
Ou alors c'est l'effet du soleil de printemps.
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#2
mail du 24 avril 2014

Japon je sais plus combien

Aujourd'hui j'ai reçu les résultats du contrôle de kanji de mardi. J'ai eu 9/10. La prof a précisé que c'était la plus haute note de la classe !
Cela dit, Tiffany était absente ce jour-là, et je pense qu'elle connait mieux les kanji que moi. On va voir les résultats du test d'aujourd'hui...

Quand je pars le matin vers 10h pour Tōkyō, que je marche sous le grand soleil du printemps nippon, et que je vois les gens qui pêchent tranquillement sur les berges de la Yanasegawa, je me dis quand même que la vie au Japon est bien agréable.

Sauf qu'elle est surtout agréable pour un étudiant étranger en séjour linguistique. Je pense que la vie n'est pas aussi paisible pour les Japonais qui travaillent ou pour les écoliers japonais. Le Japon est connu pour la "karōshi", la mort par surmenage au travail, et son système éducatif est réputé un vrai parcours du combattant. On disait de la famille japonaise que "les enfants ne voient leur père que de dos", c'est à dire qu'il est en train de partir au travail quand ils se lèvent le matin, et qu'ils sont déjà couchés et endormis quand il revient enfin à la maison le soir.

D'un autre côté, si j'en crois les manga que j'ai lus et les anime que j'ai regardés, les écoliers japonais font plein d'autres choses que d'être en classe, assis à une table à écouter le prof au tableau. Ils ont des activités sportives, ils font partie du club de kendō, d'athlétisme, de natation, de baseball, de football, ou de volley. Ils jouent tous d'un instrument (piano, violoncelle ou violon) et suivent un cours particulier avec un prof privé. Ils font aussi souvent partie d'un club d'activité artistique, que ce soit calligraphie, photographie, peinture. Certaines jeunes filles aux cheveux longs trouvent également le temps d'être "vestales", si j'ose dire, d'un sanctuaire shintō (le terme exact est "miko"). De plus, beaucoup prennent des cours de soutien privés en plus du lycée publique... Enfin cours de "soutien" est peut-être impropre. Dans PGSM (Pretty Guardian Sailor Moon), l'adaptation en série-télévisée-avec-de-vraies-actrices de l'univers de manga/anime de Sailor Moon, si l'héroïne, plutôt mauvaise élève, va en cours de soutien dans une école du soir de second rang, même la première de la classe va en cours du soir, elle dans un établissement prestigieux. "Cours de renforcement" ou même "cours supplémentaires" serait peut-être plus approprié.
Du coup quels horaires peuvent ils bien avoir ?

Après recherche, ils ont 5 jours et demi par semaine. Aaaargh. Nous qui nous plaignions de nos 4 jours et demi par semaine ! (Du moins au primaire et au collège. Au lycée il me semble qu'on avait 5 jours plein, mais je ne suis plus sûr.)
Cela dit, une journée c'est de 8h30 à 15h30, et une demi-journée de 8h30 à 12h30. C'est quand même plus cool que nos 8h-17h du collège et lycée (9h-16h en primaire je crois ? Je sais plus...)
Cela dit, ce SERAIT cool si c'était vraiment leurs horaires réels d'école en pratique. Il semble que les profs les convoquent souvent à 7h30, et qu'ils aient une heure d'étude jusqu'à 16h30 après le cours magistral. Mais en tout cas, ça explique comment ils arrivent à trouver le temps pour leur club sportif et toutes leurs activités extrascolaires. (Et pour un quart des lycéennes du début des années 2000, de se prostituer à des salaryman de 40 ans pour se payer leur sac Vuitton hyper-moche...)

Bref, la vie est douce pour un étudiant étranger qui n'a cours qu'en demi-journées.
Et le soleil le matin avec le son des oiseaux qui chantent, c'est incroyable ce que ça fait du bien. C'est comme un shot de dopamines en intraveineuse. (D'ailleurs c'est sans doute exactement ça, chimiquement parlant...)

Et sinon je pense que Hasegawa-Sensei devrait devenir actrice. Elle a toujours de ces expressions du visage, je suis mort de rire une fois sur deux.
Un élève vietnamien lui a dit aujourd'hui "sensei ga kireisukimasu", littéralement "vous êtes jolie à l'excès" (on peut utiliser la même forme grammaticale pour dire des choses comme "j'ai trop mangé/j'ai une indigestion", "j'ai trop bu" ou "c'est trop épicé"). Après nous avoir expliqué que la formule avait un sens forcément négatif, et ne pouvait s'employer par exemple que dans une situation où l'élève a un zéro et se justifie en disant que la prof est trop jolie et que ça l'a empêché de se concentrer en cours, elle a quand même rajouté "arigatō" (merci).
Cette fois c'était pas moi.

Il semble qu'elle ne soit pas la seule à être populaire, cependant. Salomé, une très grande Suissesse francophone aux yeux bleus qui va au même cours de kanji que moi, a apparemment un fan-club. Juste après qu'elle m'a dit au revoir en m'appelant par mon prénom, un gang de 4 Vietnamiens de ma classe m'a assailli !
"Tu la connais ? C'est une amie à toi ?" (En japonais, parce que l'anglais n'est pas leur fort....)
Le seul qui se désolidarise un peu m'explique : "zenbun suki desu" ("ils l'aiment tous").
Je lui dirai, ça lui fera sans doute plaisir.



mail du 5 mai 2014

(en réponse à mon père qui me demandait si j'étais en vacances, et si j'avais senti le tremblement de terre dont on parlait aux informations)

Tremblement de terre

Là je suis dans un guest House après avoir visité Kamakura dans l'après-midi. Je pars demain matin pour Kyoto.

Oui j'ai senti le tremblement de terre ce matin, vers 5h. Il y a eu deux secousses assez longues, séparées d'une pause d'une vingtaine de secondes. 4 sur l'échelle de Richter, apparemment. C'est le 3ème que je ressens depuis que je suis arrivé, mais il était un peu plus impressionnant. Les deux premiers ont secoué la maison comme si c'était un gros coup de vent pendant une tempête, c'est tout.



mail du 7 mai 2014

Fin de mon deuxième jour à Kyoto. Demain matin je pars pour Nara.

Kamakura était la ville du premier bakufu, le premier gouvernement dirigé par des guerriers, les samouraïs ayant alors tout juste évincé les anciens aristocrates impériaux. C'était un peu la ville où s'est inventé le pouvoir par les samouraïs...

Kyoto, par contre était une ancienne capitale impériale. En 1600, au tout début de l'équivalent de la Renaissance pour le Japon, après une longue période de guerre civile, un homme est arrivé à se hisser à la tête du Japon enfin unifié : Tokugawa Ieyasu. Il prend le titre de généralissime, ou shogun. Eh bien Kyoto semble avoir été la capitale de ce célèbre shogunat.

Je ne sais pas si je me débrouille vraiment "comme un chef"... J'ai du mal à m'organiser, et du coup je perds du temps et de l'argent. Je passe mon temps à perdre mes plans de ville. J'ai beau me lever assez tôt et visiter un peu au pas de course, je n'arrive pas à suivre mon programme.
J'ai vu les 3 trucs les plus importants à Kamakura (le temple de Kannon, le Daibutsu, Tsurugaoka Hachiman le plus grand sanctuaire shinto de la ville...) Mais il y a plusieurs temples ou sanctuaires que j'ai pas pu voir.
Kyoto, j'ai beau avoir eu 2 jours, j'ai pas dû faire le tiers des lieux recommandés par le Routard. Je perds du temps à trouver les trains et les bus, qui sont super chers et m'emmènent une fois sur deux plus loin de ma destination que je l'étais au départ...
"Décidément, c'est pas ma ville", ai-je répété.
Mes erreurs m'ont conduit à payer plus que j'aurais dû pour les transports et la bouffe.

Ou alors c'est peut-être juste que Kyoto est super chère, quoi qu'on fasse. C'est possible aussi. Et ils sont vraiment super forts au Routard pour arriver à tout faire en 2 jours. Moi je mets bien entre 1h et 2h pour chaque visite, alors comme il faut compter les transports en plus...
J'ai même perdu mon guide touristique "Japon". Après avoir payé l'hôtel en liquide à mon arrivée, je n'avais plus de sous, et impossible de trouver une Poste ouverte avec un distributeur. Finalement, au soir, après avoir passé la journée avec juste 1000 yens dans les poches, j'en trouve une, je ressors avec mes billets, je me rends compte que j'ai oublié mon livre sur l'atm au bout de 100m, je reviens en arrière... Et là, la porte automatique est verrouillée parce qu'il est 19h05 !
J'ai même perdu du temps à revenir ce matin mais ils l'ont pas gardé aux objets trouvés...
Dépense imprévue, ma deuxième carte mémoire pour l'appareil photo est pleine. Il a fallu que j'en rachète une troisième. Heureusement que j'avais vidé un peu la première après avoir copié en partie sur ma clé USB. J'avais un espace de stockage de secours le temps de tirer de l'argent et de trouver un magasin d'électronique.

Enfin, malgré tout, j'ai vu des choses magnifiques. Le premier jour, j'ai visité Gion, son sanctuaire Yasaka, sa statue blanche géante, la grande pagode Yasaka, et je suis arrivé au pied du temple kiyomizudera mais il était déjà 17h et c'était fermé.
Le lendemain, je suis retourné au mizudera pour le visiter, puis j'ai visité le château Nijo, et le pavillon d'or. Ensuite, j'ai voulu aller au daitoku ji, et son fameux jardin sec Zen, mais encore une fois, c'était fermé. Je partirai demain sans avoir vu le pavillon d'argent. C'est quand même dommage.
Bon j'ai aussi récupéré le Line d'une jeune étudiante japonaise (je ne sais pas si c'est l'équivalent à notre époque d'obtenir le numéro d'une fille), donc tout n'est pas si mal.

Demain Nara, donc.
Ville bien plus petite et moins célèbre. Enfin je crois que ça a aussi été une capitale, si mes souvenirs sont bons...

Je crois que j'avais surtout envie de la voir parce qu'une image de Love Hina (encore...) m'est restée dans la tête. Une image où on voit Shinobu en train de se faire mâcher les vêtements par les daims, alors qu'ils laissent Kaolla tranquille. Et surtout, l'auteur ajoute un cadre "je ne sais pas pourquoi elles sont à Nara"... Humour absurde qui m'a bien fait rire.
Et c'est depuis ce temps que je sais qu'on reconnaît Nara à ses daims...



mail du 8 mai 2014

Message de mes pieds

Mes pieds m'ont laissé un message.

Ils ont dit "euh, dis donc gros, euh... Tu crois pas que t'exagères un peu, là ? Depuis 4 jours, on marche à peu près 5 heures par jour, quand c'est pas plus. Je sais pas toi, mais nous on en a un peu notre claque. Désolé de devoir nous mettre dans le plat, mais maintenant, c'est dit.

Platement.
Tes pieds."

Je me demande bien ce que ça peut vouloir dire...



mail du 9 mai 2014

Nara

Bon, je m'y attendais un peu, mais pour l'instant Nara est la ville que je préfère ! Largement devant Tokyo, Kamakura et Kyoto. En plus mon auberge est une auberge en bois, toute récente mais assez champflouresque (encore que nous avons l'électricité et le wifi), dans la forêt du parc naturel, au milieu des daims.

Quel déchirement de devoir partir ce matin. Si j'avais su, j'aurais sans doute passer 3 jours ici, plutôt qu'un seul puis deux à Osaka. Mais j'ai écouté les gens qui me disaient qu'il fallait AB-SO-LU-MENT que je visite Osaka. Et maintenant les réservations sont faites, donc faut que j'y aille.

Niveau photos, je me suis déchainé. J'ai terminé l'espace de secours que j'avais sur ma première carte, et j'ai déjà pris plus de la moitié des photos sur la 3ème carte que je viens d'acheter. Je risque de devoir en acheter une 4ème, et c'est pas donné.

Bon, il va être 10h. Direction la gare de Nara.

NB : "Champflour" est le nom d'un chalet de montagne que nous avions l'habitude de louer pendant mon enfance, et auquel je suis très attaché.



Ōsaka

Arrivé à Osaka.
C'est vraiment pas loin de Nara. 40 minutes de train, c'est moins que pour se déplacer de la banlieue de Tokyo à son centre.

Mon hôtel à deux sous s'appelle "Daiyamondo", le diamant.
Bah c'est un diamant mal poli alors !
Je veux dire, je savais que la chambre serait toute petite, une cabine avec un futon posé sur le sol. C'est pour ça que c'est pas cher.
Mais l'hôtel est assez sale. C'est assez désagréable. Et puis les murs sont moches. On dirait un squat dans un immeuble en construction.
Et le quartier lui-même est assez moche, lui aussi. On m'avait dit qu'Osaka était une ville magnifique, mais pour l'instant...
Faut croire que je suis pas logé dans le meilleur quartier.

Quand un habitant du coin m'a conduit jusqu'à la Poste, il m'a fait passer dans une rue où j'ai pu voir une porte ouverte sur une belle jeune fille assise cérémonieusement sur un drap blanc. Et à côté d'elle, assise sur les talons, une femme âgée aux cheveux gris.

Je reste interloqué une seconde par la beauté de la jeune femme, puis je continue à suivre le monsieur.
Et dans cette rue, il y avait plein de ces boutiques ouvertes sur la rue, avec une belle jeune fille au centre, et une vieille dame sur le côté. Mais qu'est-ce que c'est que ce quartier ? C'est des clubs de Geisha ou quoi ?
"Suppottsu" m'explique mon guide.
Du sport ? Quel genre de sport ?
Du yoga peut-être ?
Ou alors il y a des compétitions de boxe à l'intérieur et la fille est là pour réconforter le vainqueur ? Va savoir... (Plaisanterie)

Me voilà de l'autre côté d'Osaka, dans l'observatoire au 37ème étage de l'Umeda Sky Building, à utiliser leur Wi-Fi.
Et il faut reconnaître que d'ici, la vue sur la ville est vraiment magnifique. Je ne pense pas que les photos y feront vraiment honneur.
Ou alors, il aurait fallu utiliser un appareil panoramique.



mail du 10 mai 2014

Ōsaka

L'observatoire était magnifique, et je n'avais pas encore visité la plateforme sur le toit.
Il était 16h du coup au lieu de faire comme d'habitude et de me dépêcher d'aller ailleurs pour m'y retrouver à 17h-17h30, au moment où ça vient de fermer, j'ai préféré rester toute l'après-midi à l'observatoire.
Au moins ça m'aura fait une pause. Et puis j'ai pu voir le magnifique coucher de soleil sur la ville depuis le toit, au 37ème étage. (L'observatoire est seulement au 36ème contrairement à ce que j'avais écrit dans le mail précédent.)
J'ai pris des photos du coucher et du crépuscule. Je voulais aussi en prendre des lumières de la ville dans la nuit noire, mais la batterie de mon appareil photo m'a lâché juste à ce moment là. Dommage.

Aujourd'hui je suis retourné à la Poste. J'en ai profité pour passer de nouveau dans la rue avec les filles assises face à la rue... Parce que je veux bien que ce soit juste des salles de sport pour faire du yoga, et que j'ai juste vu des jeunes clientes parce qu'on laisse la porte ouverte, et qu'elles sont habillées légèrement parce que c'est plus facile pour transpirer... Je veux bien que ce soit moi qui ai les idées mal placées quand je vois une très jolie jeune fille à côté d'une dame qui fait mère maquerelle... Mais tout ça était quand même très bizarre et je voulais en avoir le cœur net.

Et donc franchement, c'est bien une rue chaude, et le fait que j'ai eu le doute rien qu'un instant que ça pouvait être un cours de yoga, montre à quel point je peux être un garçon innocent et naïf...

Quand on passe devant les boutiques, la vieille femme nous invite d'un "dōzō" (c'est pas vraiment traduisible, mais c'est une sorte de "je vous en prie", et là dans le contexte, probablement "entrez donc"), tout en montrant la jeune fille avec un geste hospitalier des deux mains.
Une des filles, super mignonne, jeune fraîche et jolie, et à forte poitrine, m'a fait un "coucou" enthousiaste de la main, avec un grand sourire. Elle était habillée d'un bikini couleur or, dont le haut était très échancré au milieu. Je savais plus où me mettre !
J'ai baissé les yeux et j'ai passé mon chemin.

Plus loin une des vieilles femmes m'appelle. Moi naïvement, je m'approche (puisqu'on m'appelle) mais quand même en disant "wakarimasen" (je ne comprends pas). Pour prévenir que je pige toujours pas ce que c'est que cette rue.
Sauf que tu parles. Peine perdue cette précaution. La vieille femme commence à me dire "arigatō gozaimasu", du genre, merci de choisir notre établissement. Mais moi je veux rien, je veux juste comprendre. J'essaie de demander quand même "donna tokoro desu ka ?" (quel genre de lieu est-ce ?).
Encore peine perdue, la dame pour toute réponse me montre un panneau à l'intérieur qui indique le prix, au milieu de kanji que je suis incapable de lire. C'est 11000 yen (85 euros). C'est très bien, mais 11000 yen pour QUOI ?
"Yomemasen", je lui dis. (Je ne peux pas lire)
"Yomemasen !", s'écrie-t-elle, indignée. Bah ouais, c'est écrit en gros, que c'est 11000 yens, comment je peux oser dire que j'arrive pas à le lire ! Sauf que moi c'est le nom du service que j'aimerais arriver à lire.
Bref, après m'être incliné bien bas et m'être excusé profusément, je suis reparti.

Du coup je sais toujours pas ce que c'est que cette rue. Est-ce qu'il s'agit de bars à hôtesses où on consomme juste en se faisant choyer par la fille, de massage érotique, de strip-tease, de faveurs sexuelles légales (au Japon, après recherches, il semble que la prostitution soit officiellement illégale, mais qu'elle a une définition extrêmement restreinte, limitée au coït génital/génital. Tout autre type d'attouchement ou de rapport sexuel peut donc être monnayé légalement.), ou bien s'agit-il d'établissements illégaux de prostitution classique appartenant aux yakuza ?

J'aurais sans doute jamais la réponse.

Décidément, entre la fois où on s'est perdus dans le quartier des néons rouges à Amsterdam, la fois où [prénom retiré] racontait ses expériences comme entraîneuse, la fois où je me suis retrouvé seul avec ma valise roulante dans la rue de Vienne où se trouvent toutes les filles qui font le trottoir, la fois où une stripteaseuse m'a invité à dîner à Bucarest (repose en paix, Anna, tu me manques tous les jours), et cette rue chaude à Osaka, il semble qu'entre les filles de la nuit et moi, c'est une histoire qui dure !
[D'ailleurs, le running-gag continue ici en France, puisque l'autre jour, en revenant du cinéma sur le boulevard Mac Donalds, je me suis fait agrippé le poignet par une jeune demoiselle d'origine africaine, toute entourée de ses copines elles-aussi très travailleuses dès la tombée de la nuit, qui m'a gentiment demandé si je voulais "faire l'amour". Je lui ai souri et j'ai répondu tout aussi poliment que c'était gentil, mais que non merci, que c'était pas trop mon truc.
Big Up à l'auteur qui écrit l'AVH qu'est ma vie. Son running-gag me fait vraiment trop marrer ! XD Gloire à toi, Ô grand barbu colérique... "Big Dji" est dans la place...]




mail du 14 mai 2014

(en réponse à mon père qui me disait "c'est étonnant que tu n'aies pas pensé à la litote "sport en chambre", il est de bon ton de ne pas dire crument les choses en bonne compagnie".)

En fait je pense que "supottsu" devait vouloir dire "support" au lieu de "sport". Support en anglais signifiant " soutien moral". Des dames de réconfort en somme. Avec leur japanglais c'est jamais facile de deviner.
En plus le gars avait un accent du Kansai, alors que j'ai des profs du Kanto, je comprenais rien à ce qu'il disait. C'est comme si tu te retrouvais avec un Marseillais après avoir appris le français parisien.

[...]
Je reviens en France le 31. Ça va venir très vite !
Je me suis inscrit pour une rando en montagne sur le mont Takao le 25, au moins j'aurais des bonnes images en partant.



mail du 23 mai 2014

[...]Trouver des cartes postales au Japon s'est avéré un peu plus compliqué que prévu.
J'ai fini par en avoir quelques unes dans les temples, et c'est pas donné.
[...]

Pour les cours intensifs il n'y a pas tellement plus à dire que ce que j'ai déjà dit.
On a 4 profs, différentes des 3 qu'on avait en cours de conversation : Arai le lundi, Hasegawa le mardi et jeudi, Endō le mercredi et le vendredi, plus Ishikawa qui nous fait le cours de kanji mardi et jeudi avant le cours de grammaire/conversation.

Arai et Hasegawa sont assez rigolotes, et Endō ennuyeuse à mourir. (Pourtant elle essaie...) Le cours de kanji n'est pas passionnant, il se déroule un peu sur les mêmes principes qu'on avait à l'INALCO : une petite explication sur l'origine du kanji, son sens principal, elle montre une fois comment on le dessine, on voit les mots de vocabulaire où il apparaît (avec un petit passage participatif où elle nous demande de l'employer dans une phrase, ça on n'avait pas à l'INALCO), puis un exercice où on doit chacun écrire une ligne de ce kanji. Puis on passe au kanji suivant.
Sauf que le rythme est beaucoup plus abordable. À chaque cours on voit seulement 5 kanji (et chaque leçon en a 20 pas 46), et pour le vocabulaire, il y a entre 1 et 5 mots par kanji, c'est à dire juste un par sens ou prononciation différente du kanji... Et non pas une page complète de noms, adjectifs, verbes et composés.
Alors qu'à l'INALCO je me plantais tout le temps et j'étais mis en situation d'échec alors que je bossais, ici en bossant légèrement mais régulièrement, je suis en tête de classe avec des notes entre 7 et 10 sur 10 à toutes les interros.
Je crois qu'en France on aime bien mettre les élèves en situation d'échec. Ici, quand tu bâcles une rédaction, le prof ne met que des commentaires positifs dans la marge. C'est pas forcément une meilleure stratégie à long terme mais c'est clairement pas la même mentalité.
Dans la culture japonaise il ne faut pas "faire perdre la face" à l'autre.

Un plus aussi sur l'apprentissage des kanji : l'ordre des traits pour chacun est bien indiqué dans le livre, bien décomposé.
À l'INALCO le prof te montrait une fois, et c'était pas indiqué dans les polycopiés de révision. Donc si tu avais un moment d'inattention au moment où il montrait, ou que tu n'étais pas assez rapide pour faire 6 dessins (un avec le 1er trait, un avec les 2 premiers, un avec les 3 premiers, etc... jusqu'à celui qui a tous les traits) en même temps que lui il en fait un seul, ben tant pis, t'es marron. Tu n'as plus qu'à chercher toi même une décomposition du kanji sur internet. Et te demander pourquoi tu vas en cours puisque tu n'as qu'à apprendre les kanji sur internet.
Et bien sûr, aux examens, il y aura des exercices sur l'ordre correct des traits des kanji alors qu'on t'a donné aucun moyen de le réviser. Sinon ce serait pas drôle.
Non, ici, les bouquins de kanji sont bien organisés.

Les cours de grammaire sont à un rythme très lent. Il n'est pas rare qu'on revoit plusieurs fois une forme, un point de grammaire ou une expression qu'on a déjà vu dans un cours précédent ou au niveau 1.
Souvent, on voit une formule, et on passe le reste de l'heure à s'entrainer à l'utiliser, soit par un exercice écrit sur un polycopié, soit par des exercices de discussion/jeu de rôle entre nous. Ça agace plusieurs élèves qui aimeraient bien qu'on avance et qu'on voit des choses qu'on ne connait pas.

Ma pote Tiffany est partie. C'était une tête de mule, mais je l'aimais bien. Je vais me sentir un peu seul en cours maintenant.
En partant, ils nous laissent bien sûr nos livres de cours (en même temps, on a payé notre matériel), mais ils nous offrent aussi les carnets de réponse. Comme ça on peut continuer à étudier chez nous, faire les exercices, et nous corriger nous mêmes.



(post du 13 juillet 2014)

Voilà c'était la dernière entrée dans mon carnet de voyage / le dernier mail envoyé à mes parents.

Il y a quand même certaines choses que je n'ai pas mises dedans.
Il n'y a pas beaucoup de détails sur tous les sites que j'ai visités pendant "ma semaine de vacances".
J'ai rien raconté sur ma petite rando sur le Mt Takao et les filles japonaises que j'ai rencontrées à l'occasion de cette sortie (ou à l'occasion d'autres rencontres/discussions organisées par l'école).
Avec l'école, on a aussi assisté à une représentation du groupe de danse folklorique "Takarabune" (du nom du navire des Sept Fortunes du Japon). Ce groupe voyage pas mal dans le monde pour faire connaître les danses d'été japonaises, et ils passent notamment de temps en temps à la Japan Expo.
J'ai fait aussi une autre balade, un weekend, du côté de Kawagoe, où j'ai vu la vieille ville, et sa "rue des bonbons" où j'ai pu acheté des sucettes, des confiseries à la patate douce et un concombre sur un bâton comme on pourrait avoir une barbe à papa. (Je n'avais pas pris d'appareil photo cette fois là, donc j'ai aucune image, mais c'était sympa).
Je suis aussi allé voir une représentation d'un acte de kabuki au théatre Kabukiza (qui est apparemment très célèbre). C'était l'histoire d'une jeune servante que le shogun oblige à danser un jour de festivités particulières, et qui se fait posséder par l'esprit du lion qu'elle voulait représenter. Un rôle apparemment très difficile, puisque le même acteur masculin doit pouvoir jouer la féminité, la jeunesse et l'innocence d'une adolescente pendant la première partie, puis la virilité, la violence et l'exubérance de la divinité du lion dans la deuxième partie. Tout est bien sûr en japonais, mais on peut louer un casque avec une traduction simultanée en anglais, qui donne en plus des détails pour une meilleure compréhension. J'avoue que ça casse un peu l'ambiance, pendant les dialogues, d'avoir la voix-off qui vous dit en anglais (avec un accent japonais presque incompréhensible) "alors là ils sont habillés comme-ci comme-ça, parce que c'est le costume traditionnel de l'époque machin, et ça veut dire ça", mais d'un autre côté, ça vous donne des clés que vous n'avez pas forcément pour mieux comprendre la pièce.
Le lendemain matin de ma soirée théâtre, je crois, je suis allé visiter le marché aux poissons de Tsukiji. Il est immense, et c'est débile à dire parce que c'est au final que des étalages de poissons morts, mais je sais pas, c'est vraiment magnifique à voir tous ces poissons et fruits de la mer étalés, de différentes tailles, avec les hommes qui travaillent à les couper, en faire des sushi et sashimi. Le côté artisanal, passion du travail bien fait. J'oublie pas les problèmes de surpêche au Japon non plus, mais c'est quand même impressionnant à voir ! En tout cas c'est le plus gros marché de gros au monde pour les poissons et les fruits de mer. Et les restaurants de sushi (et marchands de fruits et légumes) tout autour sont chers, mais excellents : tout est extrêmement frais.

Voilà je crois que c'est à peu près tout ce que j'avais à raconter.



Japon 23

(post du 25 aout 2014)

Aujourd'hui, c'était mon 86ème jour en France depuis que je suis rentré du Japon. Or, j'ai vécu au Japon pendant 85 jours.
C'est officiel, je suis rentré depuis plus longtemps que je n'ai passé de temps là bas.
Ça fait bizarre...
...parce que justement, j'y étais resté suffisamment longtemps pour avoir l'impression que c'était ma vie d'être là bas. Quand les habitudes viennent, on se fait un quotidien. Tous les jours, on se lève, on prend les mêmes transports, on va aux mêmes cours, on voit les mêmes têtes, on mange le même genre de chose dans les mêmes restaurants, on rentre dans la même maison, on dîne avec les mêmes personnes, on va dormir dans le même lit, dans la même chambre...
Pendant un moment j'ai eu cette illusion que c'était ça ma vie, que ma vie c'était de vivre au Japon. Parce que c'était mon quotidien. C'est difficile à expliquer, mais même si certaines choses de notre pays nous manquent, les choses habituelles chaque jour nous paraissent si naturelles, que c'est comme si on avait toujours été là, comme si on commençait à oublier qu'on avait vécu ailleurs.

Pourtant j'ai vécu dans pas mal d'endroits. En Basse-Normandie, dans le Tarn, en Bretagne, à Paris, en Haute-Normandie puis en région parisienne... Chaque fois c'est une période en soi, ça parait à la fois très loin et très proche. Et maintenant, l'une de ces périodes est le Japon ! (Plus précisément, la région de Tôkyô, à part ma semaine de voyage dans le centre du pays).

Autant vous dire que je suis un peu nostalgique. J'espère revenir au Japon un jour.

Mais je programme déjà d'autres voyages : le grand canyon dans le Colorado, les montagnes du Canada, la Masai Mara du Kenya... Laissez-moi le temps de réunir l'argent pour tout ça, et...
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#3
Merci pour ce récit, bien écrit et très plaisant à lire.

Nara, ça ne veut pas dire « daim », justement, en japonais ?

Je me souviens que j’avais eu la même difficulté à trouver des cartes postales à Shanghai. Ce ne doit pas trop être leur truc, dans ce coin du monde.
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#4
Oui, merci de partager tes aventures et réflexions, c'est intéressant!
AVH: Les noyés,  La chute.

Jeu: Conflux
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#5
Citation :Nara, ça ne veut pas dire « daim », justement, en japonais ?

Non, le mot qu'ils utilisent pour désigner (ou appeler) les daims de Nara est "shika".

Content que ça vous ait plu Smile
J'avais une énorme crise de page blanches depuis une douzaine de mois, partir au Japon m'a au moins permis d'écrire un peu. Ça fait du bien. Dommage que j'en sois pas encore à terminer des AVH !
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
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#6
mail du 19 septembre 2014

Mystère résolu

Coucou !

Vous vous souvenez sans doute de ces passages de mon "carnet de voyage" du Japon.

Citation :Quand un habitant du coin m'a conduit jusqu'à la Poste, il m'a fait passé dans une rue où j'ai pu voir une porte ouverte sur une belle jeune fille assise cérémonieusement sur un drap blanc. Et à côté d'elle, assise sur les talons, une femme âgée aux cheveux gris.

Je reste interloqué une seconde par la beauté de la jeune femme, puis je continue à suivre le monsieur.
Et dans cette rue, il y avait plein de ces boutiques ouvertes sur la rue, avec une belle jeune fille au centre, et une vieille dame sur le côté. Mais qu'est-ce que c'est que ce quartier ? C'est des clubs de Geisha ou quoi ?
"Suppottsu" m'explique mon guide.
Du sport ? Quel genre de sport ?
Du yoga peut-être ?
Ou alors il y a des compétitions de boxe à l'intérieur et la fille est là pour réconforter le vainqueur ? Va savoir... (Plaisanterie)

et :

Citation :Aujourd'hui je suis retourné à la poste. J'en ai profité pour passer de nouveau dans la rue avec les filles assises face à la rue... Parce que je veux bien que ce soit juste des salles de sport pour faire du yoga, et que j'ai juste vu des jeunes clientes parce qu'on laisse la porte ouverte, et qu'elles sont habillées légèrement parce que c'est plus facile pour transpirer... Je veux bien que ce soit moi qui ai les idées mal placées quand je vois une très jolie jeune fille à côté d'une dame qui fait mère maquerelle... Mais tout ça était quand même très bizarre et je voulais en avoir le cœur net.

Et donc franchement, c'est bien une rue chaude, et le fait que j'ai eu le doute rien qu'un instant que ça pouvait être un cours de yoga, montre à quel point je peux être un garçon innocent et naïf...

Quand on passe devant les boutiques, la vieille femme nous invite d'un "dōzō" (c'est pas vraiment traduisible, mais c'est une sorte de "je vous en prie", et là dans le contexte, probablement "entrez donc"), tout en montrant la jeune fille avec un geste hospitalier des deux mains.
Une des filles, super mignonne, jeune fraîche et jolie, et à forte poitrine, m'a fait un "coucou" enthousiaste de la main, avec un grand sourire. Elle était habillée d'un bikini couleur or, dont le haut était très échancré au milieu. Je savais plus où me mettre !
J'ai baissé les yeux et j'ai passé mon chemin.

Plus loin une des vieilles femmes m'appelle. Moi naïvement, je m'approche (puisqu'on m'appelle) mais quand même en disant "wakarimasen" (je ne comprends pas). Pour prévenir que je pige toujours pas ce que c'est que cette rue.
Sauf que tu parles. Peine perdue cette précaution. La vieille femme commence à me dire "arigatō gozaimasu", du genre, merci de choisir notre établissement. Mais moi je veux rien, je veux juste comprendre. J'essaie de demander quand même "donna tokoro desu ka ?" (quel genre de lieu est-ce ?).
Encore peine perdue, la dame pour toute réponse me montre un panneau à l'intérieur qui indique le prix, au milieu de kanji que je suis incapable de lire. C'est 11000 yen (85 euros). C'est très bien, mais 11000 yen pour QUOI ?
"Yomemasen", je lui dis. (Je ne peux pas lire)
"Yomemasen !", s'écrie-t-elle, indignée. Bah ouais, c'est écrit en gros, que c'est 11000 yens, comment je peux oser dire que j'arrive pas à le lire ! Sauf que moi c'est le nom du service que j'aimerais arriver à lire.
Bref, après m'être incliné bien bas et m'être excusé profusément, je suis reparti.

Du coup je sais toujours pas ce que c'est que cette rue. Est-ce qu'il s'agit de bar à hôtesse où on consomme juste en de faisant choyer par la fille, de massage érotique, de strip-tease, de faveurs sexuelles légales (au Japon, après recherches, il semble que la prostitution soit officiellement illégale, mais qu'elle a une définition extrêmement restreinte, limitée au coït génital/génital. Tout autre type d'attouchement ou de rapport sexuel peut donc être monnayé légalement.), ou bien s'agit-il d'établissements illégaux de prostitution classique appartenant aux yakuza ?

J'aurais sans doute jamais la réponse.

Eh bien, j'ai enfin des explications. Sur le moment, j'avais déjà cherché désespérément sur Google "fille assise sur une couverture" et des choses du genre, même "prostitution à Osaka" ou "bars d'hôtesse", sans rien trouver de concluant.

Mais il n'y a pas très longtemps, j'ai réussi à trouver cet article sur Wikipédia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Tobita_Shinchi

Hmmm... Voyons les lignes d'accès : Imaike Station, ça ne me dit rien. Shin-Imamiya, c'était bien la gare d'où j'arrivais quand je venais de Nara (le premier jour en arrivant, et le deuxième jour en revenant d'un court passage à l'auberge de Nara pour récupérer mon chargeur de portable). Dôbutsuen-mae Station, je ne l'ai pas utilisée, mais je passais devant quand j'allais en direction de mon hôtel depuis le carrefour où il y a Shin-Imamiya Station. Tennoji Station, je ne l'ai pas vue, mais je me souviens avoir vu sur ma carte d'Osaka qu'on était en effet dans le quartier du Tennoji. En effet le Shitennoji avait l'air d'être une attraction touristique majeure (c'est un temple boudhiste), même si j'avais pas l'intention d'y aller (c'était pas dans mon programme Routard).
Donc pas de doute, c'est bien ça, c'est bien le quartier où j'étais.

Si on lit l'article donc, c'est (je traduis de l'anglais) : "Tobita Shinchi, aussi connu sous le nom de Tobita Yuukaku, le plus gros district de maisons closes de tout l'Ouest du Japon." Carrément. "C'était le plus grand des quartiers chauds autorisés par la police du Japon jusqu'en 1958, date à laquelle les lois anti-prostitution entrèrent en vigueur. Ces lois semblent avoir eu peu d'effet sur l'activité des maisons closes du quartier, cependant, ces dernières opérant maintenant largement en tant que "restaurants traditionnels japonais".

Suit une description semblable à celle que j'ai faite (les filles à la fenêtre, la vieille femme qui invite le client avec un "dôzo oniisan" -"je vous en prie, entrez jeune homme"), et une remarque que l'actuel maire d'Osaka a apparemment été conseiller juridique pour "l'association des restaurants" de ce quartier... ce qui pourrait en effet expliquer pourquoi leur activité est tranquillement au grand jour, malgré les lois anti-prostitution du Japon. (Et n'oublions pas non plus la remarque que j'avais faite sur la définition légale très restreinte de la prostitution.)

Je n'avais pas pris de photos de ce quartier, pour plusieurs raisons. D'une part, l'avenue près de l'hôtel était plutôt moche. Ensuite, à partir du soir que j'ai passé sur l'observatoire à regarder le coucher de soleil, la batterie de mon appareil photo était déchargée, et je n'ai pas pu la recharger avant de récupérer mon chargeur et l'adaptateur électrique France/Japon. Enfin, dans les rues chaudes, il était clairement écrit qu'il était interdit de prendre une photo des filles (question d'anonymat).

Voici cependant des photos que j'aurais très bien pu prendre moi-même, tellement elles correspondent bien à ce que j'ai pu voir là-bas : le super-marché face à mon hôtel où j'ai acheté mon diner parce qu'impossible de trouver un restaurant, la galerie marchande à l'abri entre les rues chaudes, et les rues chaudes elles-mêmes, parallèles et perpendiculaires à la galerie...

Je me demande même si je reconnais pas l'intérieur ou la décoration de certaines de ces petites maisons...

http://gigazine.net/news/20120521-tobita-shinchi/

S'il n'y avait pas un problème de droits d'auteur, j'ajouterais presque ces photos à mes albums Google+, placées au moment idoine de ma chronologie. Mais bon, même si ça illustrerait parfaitement mon carnet de voyage, ça reste les photos de quelqu'un d'autre.
Mr. Shadow

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#7
Superbe expression de ton expérience au Japon... tu me ravive des souvenirs.
~ Par la barbe de mes aïeux !! ~
~ La Dèche: incarnez un sdf dans cette mini-aventure ~
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#8
Ce qui me frappe une fois encore c'est la propreté de la rue !
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#9
Dans les photos, tu veux dire ?

En même temps, ils ont des poubelles, y compris sélectives, partout, et ils ont une culture du "devoir", de "servir" (tradition de l'époque des samurai), du "respect de la communauté" (tout le passé campagnard, les rizières qui exigent de s'organiser à plusieurs), et de la propreté (concept shinto de la "souillure").

En France on a une énorme culture de "je ne suis le serviteur/l'esclave de personne" (depuis la Révolution française), un certain irrespect de l'autorité (propres aux peuples "latins") - même si à côté on a une démocratie qu'on a voulu être quasiment une monarchie parlementaire où le roi s'appelle président et jarrte au bout de quelques années, donc paradoxalement, en même temps que notre rejet naturel de l'autorité, on a le fantasme de "l'homme providentiel", de "l'homme fort", la culture des petits "chefs" qui en ont dans le pantalon. Ou peut-être justement à cause de ça. Le Français est culturellement "indiscipliné", il proteste, il fait grève, il triche avec les impôts, il brûle les limites de vitesse, et c'est pour ça qu'il a besoin d'un "vrai chef" pour lui donner la discipline qu'il refuse de se donner tout seul... Je sais pas...

Y a aussi qu'en France, on n'a pas une énorme culture de l'hygiène. Ou du moins, elle est récente. Au 17ème siècle, les nobles ne se lavaient jamais, car ils pensaient que l'eau donnait des maladies. Ils préféraient s'asperger de grandes quantités de parfum, pour cacher les odeurs. Les paysans qui avaient accès à des lacs et des rivières se baignaient de temps en temps, eux, mais ils ne lavaient leur chemise qu'une fois par an... L'hygiène régulière c'est arrivé beaucoup plus tard.

Il y a aussi que les poubelles séparées et tout ça, c'est vu comme "écologique", ce qui fait chier tout le monde en France. Parce que les écologistes sont des catastrophistes, des donneurs de leçon, etc... Et puis on préfère que ce soit la commune qui se débrouille pour trier et ramasser les ordures que nous faire des efforts pour le faire.
Au Japon, avec le shinto, les esprits de la nature, il y a peut-être beaucoup plus un respect de la nature et moins l'envie de laisser des détritus en plein milieu de la forêt. J'ai jamais vu une décharge sauvage ou une vieille bagnole déglinguée abandonnée derrière un buisson, là-bas, alors qu'en France...
(Même si leur respect de la nature ne les a pas empêchés autour de Tokyo de raser énormément de forêts et détruire des collines et des paysages pour planter plein de lotissements. Le film Pompoko dénonce ça, d'ailleurs.)
Mr. Shadow

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#10
6 juillet 2015
Aujourd'hui, j'ai eu la surprise de recevoir dans mes mails une "request Linkedln" pour m'ajouter au réseau de Satomi, la gentille réceptionniste de... l'hôtel Diamond, probablement un des pires hôtels miteux d'Osaka.
Je suppose que j'ai mis mon adresse mail quand j'ai rempli la fiche d'information de l'hôtel, ou quelque chose du genre, et qu'elle a envoyé en masse à tous les anciens clients de l'hôtel, dans un but promotionnel. Je doute que ce me soit adressé personnellement parce qu'elle aurait eu un intérêt particulier pour moi en tant que personne individuelle...

Elle a quand même de l'espoir, vu à quel point son hôtel est vraiment sale, vieillot, mal équipé. Et situé dans le quartier des prostituées. (Sur sa photo de profil, il y a un enfant, mais il n'y a pas de père. Je ne peux m'empêcher de me demander s'il y a un lien. Pourtant, il peut y avoir plein de raisons pour qu'il n'y ait pas de père. Ça doit être mon côté "conteur d'histoires".)
J'ai tapé "hôtel Diamond Osaka" sur Google, pour voir, et j'ai lu quelques critiques sur Google+ et sur Booking.com (notamment la mienne -et j'ai quand même été super gentil vu comment c'était crade et miteux). Tout le monde descend l'hôtel et dit comment c'est crade, miteux, et mal équipé... Les voyageurs-sac-au-dos comme moi doivent vraiment être attirés par les prix super bas pour que cet hôtel n'ait pas encore coulé, avec tous ces retours négatifs.

Je vois aussi des gens se plaindre de bestioles dans leur literie. Un voyageur parle d'une bestiole "pleine de rouge (j'ai tout de suite pensé à du sang)" qu'il a tuée et qui "puait la punaise". Une description que je ne connais que trop ! Plusieurs mois après mon retour du Japon, j'ai eu une invasion de punaises de lit dans mon appartement - des parasites qui se nourrissent exclusivement de sang humain pendant notre sommeil. Ça avait été un cauchemar.
Je m'étais déjà demandé si c'était possible que j'ai ramené ça du Japon, mais ça avait toujours été peu probable. J'ai quand même passé des semaines dans ma famille d'accueil en revenant d'Osaka, sans avoir eu le problème. Après le Japon, je suis resté un ou deux mois chez mes parents (et il me semble bien, avec les affaires que j'avais emportées au Japon), et ils n'ont jamais eu d'invasion. Puis je suis encore resté quelques mois à mon appart à Saint Denis, toujours sans problème. C'est finalement en octobre 2014, soit 4 mois après mon retour du Japon et 5 mois après mon séjour à l'hôtel Diamond, que j'ai découvert que mon sommier et mon oreiller avaient été complètement colonisés par ces parasites.

Il a pu falloir autant de temps que ça pour qu'un seul couple, ou une femelle pleine d'œufs, embarqué clandestinement dans ma valise, fonde toute une colonie à partir de mon sang. Mais ça paraissait quand même peu probable. Vu comment mon immeuble était miteux à Saint Denis (invasion de souris, fuite d'eau de l'évacuation sur les câbles électriques, gens qui laissaient leurs ordures dans l'escalier aux marches cassées, probable dealer de drogue dans l'appart d'à côté...), vu les rumeurs chopées chez le restaurateur d'à côté que d'autres habitants de l'immeuble avaient le même problème mais avaient honte d'en parler entre eux, et vu comment les fissures autour de la plinthe du mur où s'appuyait mon lit étaient aussi colonisées, ça semblait bien plus probable que les bestioles venaient de l'appartement crado d'à côté, et se propageaient dans tout l'immeuble.

Mais maintenant que je vois ces commentaires sur l'hôtel Diamond qui mentionnent des punaises de lit (qui datent aussi d'octobre 2014, tiens)... c'est sûr qu'il y a de quoi se poser la question ! Je peux pas m'empêcher de me dire que peut-être... C'est quand même moi qui les auraient ramenées du Japon.
Encore une fois, ce serait quand même bizarre que ça ait pris 4 mois pour les voir, et qu'elles ne se soient jamais propagées ailleurs que mon immeuble de St Denis malgré tous mes va-et-vient pendant ces 4 mois.
En plus, quand j'ai fait une recherche au moment de mon infestation, j'ai découvert qu'il y avait une épidémie en France et en région parisienne depuis au moins juin 2013 (date de cet article). Donc j'avais pas besoin d'en ramener du Japon pour en trouver. Et puis, encore une fois, La Plaine St Denis, c'est vraiment crade. (Et ce retour des punaises de lit, qui avaient presque disparu depuis le moyen-âge, a aussi un rapport avec l'interdiction du DDT en Europe et sur le continent nord-américain.)

Il est tout à fait possible que j'ai eu une infestation de bestioles purement franciliennes, parce que j'habitais un quartier miteux, et que de façon complètement indépendante et sans rapport, le "Dayamondo" a été infecté quelques mois après mon départ, parce que c'est aussi un hôtel crade et miteux.
Mais la coïncidence, que ces deux infestations se déclarent en même temps, début octobre 2014, dans deux endroits où j'ai été, serait quand même frappante.

Évidemment, je ne pourrais jamais savoir de façon certaine.
Mr. Shadow

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#11
Mon pauvre... Nous nan, c'était bien propre et on a rien ramené de tel chez nous. Big Grin

Je viens de revoir mes photos et je reste toujours scotché par la propreté des rues, même les petites ruelles.
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#12
Ah mais en règle générale, tout est propre au Japon ^^ bien plus qu'à Paris en tout cas. Pas de crotte de chien dans la rue et de dépôts poubelles sauvages dans les escaliers, sur les trottoirs ou dans la nature.

Mais toi et ta famille n'êtes pas allés dans un hôtel 1 étoile d'Osaka à 900 yen la nuit dans le quartier des demoiselles pas super vêtues qui attendent le chaland près de leur mère maquerelle !

EDIT :
Même si, honnêtement, les crottes de chien dans Paris, il y en a quand même beaucoup moins aujourd'hui dans les années mi-2010, que ça pouvait être le cas dans les années 90, quand même...
Mr. Shadow

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#13
Non c'était plus classe que ça. Big Grin

Crottes dans Paris : oui je trouve qu'il y a un mieux moi aussi. Par contre y a plus de roms dans mon train de banlieue que dans les années 90.
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#14
6 février 2023
Ce matin dans l'avion de Lufthansa : petit déjeuner très allemand. Un sandwich à la mozzarella et un yaourt à la cerise griotte. Ça va très bien ensemble.
[Image: OiimvaO.jpg]


Bien arrivé au Japon. Superbe soleil ici ce matin.
On est arrivés à l'avance. 8h45 au lieu de 9h20. Alors qu'on est partis de Munich à 12h50 au lieu de 12h35. Ils sont forts ces Allemands.

Magnifique soleil à 9h ce matin.
[Image: VDuiAAm.jpg]

Le temps de passer la quarantaine, l'immigration et la douane, puis de récupérer mon billet pour le bus "Limousine", il est déjà 10h00.

À peine arrivé, juste d'activer les données mobile et de me connecter au Wi-Fi de l'aéroport, ça a immédiatement dépensé les 100Mo d'internet auxquels j'ai droit avec le pack séjour SFR. Grosse arnaque. J'ai payé 25€ justement pour ne pas avoir à payer une fortune en dépassement de forfait. Résultat des courses, je dépenserai 25€ ET une fortune en dépassement de forfait.
Je n'ai le droit qu'à 30 SMS pour 7 jours et j'en ai déjà utilisés 2 pour prévenir mes parents que j'étais bien arrivé à l'aéroport. Donc je communiquerai surtout par WhatsApp quand j'aurai accès au Wi-Fi comme maintenant.
Bref, j'aurais mieux fait d'acheter un pocket Wi-Fi !

Bon, je suis dans le bus là. Je vais sans doute perdre la connexion Wi-Fi dès qu'on s'éloignera de l'aéroport. À plus.

On est en hiver et l'herbe est jaune.
[Image: D6SB3n8.jpg]

Déjà 60€ de communication internet hors forfait, en plus des 25€ d'option payée pour justement ne pas être hors forfait. Joie.
Impossible de trouver l'entrée de l'appartement. Panique. En plus la batterie du téléphone est presque morte. Il a été impossible de le recharger dans l'avion ni dans le bus, qui avaient des prises USB-a et le mien a une prise USB-c.
Après avoir tourné en rond désespérément, et fait peur à un gosse en me trompant d'adresse (je pensais arriver au 5e étage d'un immeuble où j'aurais pu chercher la porte de ma chambre avant le check-in prévu à 16h00, pas directement chez des particuliers !), cherché une boutique à 100 yen qu'on m'avait indiqué, mais "que jamais il ne trouva", tel David Vincent...
J'ai fini par trouver un adaptateur USB-c vers prise électrique japonaise. Ça coûte 3780 yen soit environ 27€.
Acheté dans un Family Mart vu que je n'ai jamais trouvé le fameux 100 yen shop.

14h30,
la plupart des restaurants sont fermés maintenant.
Je trouve finalement un café qui 1) est ouvert, 2) sert encore à manger, 3) a le Wi-Fi gratuit, 4) dispose de prises électriques que le personnel a bien voulu me laisser utiliser pour ramener mon portable à la vie.
J'ai donc contacter le loueur de l'appartement pour avoir une photo de la bonne entrée.
J'irai pour 16h00...

(C'est pourtant vrai qu'il n'y a que des femmes dans les cafés japonais*.)
Montrer le contenu

Une heure et demie plus tard : me voilà enfin dans l'appartement !
Bon. Maintenant, il faut que je ressorte pour aller chercher ma valise, que j'ai laissée dans un casier à 700¥ à la gare.

Je suis de retour avec ma valise. La gare est à 6 minutes de l'appartement environ.
Pendant que mon téléphone recharge, j'ai prévu douche, shampoing, et "jacuzzi" (enfin un bain chaud, quoi).
Je ressortirai ce soir marcher un peu dans Shinjuku-by-night.
Ah, j'ai mis les cadeaux pour les Japonais au frigo. Ils ne sont pas trop abîmés. Mais abîmés quand même.

23h12
Bon, finalement, comme je me suis endormi après le bain et que je suis sorti passé 21h30, je suis juste allé manger à côté.
Il faut 20 minutes en train pour Shinjuku, donc ça aurait fait un peu tard pour les parties touristiques de Shinjuku-by-night ou un peu tôt our ses quartiers chauds…

Riz, oignon jeune, algue nori et sauce soja, "idéal pour accompagner des brochettes".
[Image: imIiRbZ.jpg]

Les quatre premières sont au poulet. La cinquième, je ne sais pas trop ce que c'était. La sixième, c'était des haricots enveloppés dans du jambon fumé avec de la mayonnaise.
[Image: fZm3TiN.jpg]

Il y avait aussi un set de brochettes à la viande, qu'on m'a proposé, mais j'ai pris autre chose.
[Image: 80biZp5.jpg]

Apparemment, il y a de la soupe miso au crabe, servi dans la carapace en guise de bol. Il va falloir que je teste ça la prochaine fois.
[Image: Fy5OPBa.jpg]

Takoyaki : beignets de poulpe. C'est aussi fourré de riz. J'ai pris sans sauce.
[Image: DUT6aq1.jpg]

Avec 2 boules de vanille en dessert, le tout faisait 1826¥ soit quasiment 13¥.


7 février 2023
8h00 du matin.
Mon chauffage/climatiseur fait un tel boucan, quand il marche, j'ai l'impression qu'il pleut à verse dehors. Mais non, le ciel est bleu ce matin. Averses prévues pour ce soir 21h, par contre, avec des chances de pluie dans l'après-midi.

Vers 9h30, 
retour au Sakura Cafe qui m'a sauvé la mise hier pour un petit-déjeuner occidental un peu japonisé.
Soupe miso et thé (enfin, tisane au fruit). Ça c'est plutôt japonais. Et toasts marmelade à l'orange et pâte à tartiner chocolat/beurre de cacahuètes. Ça c'est plutôt occidental.

J'ai acheté un gel à raser qui ne mousse pas. C'est étrange, mais bon, ça fonctionne quand même. (Et, oui, c'est bien pour raser, ce n'est pas un baume après rasage, j'ai vérifié.)

À 13h00,
déjeuner dans un "bar à sushi debout" au comptoir. Set de 10 sushi choisis par le chef + soupe et thé offerts, le tout pour 1280¥ soit 10€.

15h00,
après avoir tourné en rond un moment, je trouve "Sakura mobile" et je loue un pocket wifi. Ça coûte 110€ en comptant l'assurance pour les 17 jours. Et je n'ai même pas besoin de de retourner à leurs bureaux pour le rendre. Il me suffira de le mettre dans l'enveloppe qu'ils m'ont remise et de la déposer dans une boîte postale.
Honnêtement, j'aurais dû commencer avec ça. Maintenant, je n'ai plus de risques d'être coupé d'internet.
À présent, je me balade simplement dans Shinjuku, comme je voulais faire hier.

De retour à la gare de Shibuya (après des années)



8 février 2023
Hier soir, j'ai marché de Shinjuku à Shibuya. J'ai été poursuivi par les "chasseurs" qui me promettaient des "massages avec des filles japonaises", mais j'ai réussi à défendre ma vertu.
Maintenant, je marche entre Sendagi et Akihabara. Je suis arrivé au parc d'Ueno. Je ne sais pas encore où je vais manger.

C'est plus nuageux aujourd'hui.
[Image: IGo07Mw.jpg]

Température : 11°C.
Hier, de nuit dans les rues à 17h-18h, j'avais trop chaud avec mon blouson de ski et mon gilet grosse maille, même ouverts sur ma chemise.

13h13 à Akihabara.
Il faudrait que je décide vite où je vais manger, parce qu'après ça commence à faire tard.
Curry ? Steak Inari ? Sushi bar ? Café à l'occidentale ? Trop d'options...

(trois minutes plus tard)
Alors en fait, au temps pour moi, là, je suis à Taito, j'ai un peu dépassé Akihabara.

Ici, 12 pièces de sushi pour 1200¥ par exemple.
[Image: kFnv8dK.jpg]

13h55
Au final : curry de poulet légèrement frit avec une demi portion de légumes en plus.
[Image: EUEjxsW.jpg]
C'est super bon pour 1042¥ (moins de 10€).
Mais la prochaine fois je prendrai peut-être 1 level plus épicé.
J'ai pris les 300g de riz du menu de base et le niveau d'épicé de base. Il y a la possibilité d'augmenter la force du curry et de mettre moins ou plus de riz.
Il est 13h55, mais il faut dire que j'ai petit-dejeuné tard (10h45).

14h31
Là, je suis davantage à Akihabara, déjà.
[Image: BqTJ5re.jpg]

17h30
À y réfléchir, j'ai d'ailleurs dû demander un curry d'agresseur sexuel légèrement frit.
Je crois que j'ai prononcé "chikan" (mot désignant les pervers qui tripotent dans le métro ou le train) au lieu de "chikin" (prononciation japonaise de l'anglais "chicken").
Fort heureusement, la serveuse n'a pas relevé l'erreur.
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#15
Rolleyes 
Et tu m'as même pas invité !? c'est HONTEUX Mrgreen
T'es viendu combien de temps ?

(14/12/2023, 22:13)Lyzi Shadow a écrit : 17h30
À y réfléchir, j'ai d'ailleurs dû demander un curry d'agresseur sexuel légèrement frit.
Je crois que j'ai prononcé "chikan" (mot désignant les pervers qui tripotent dans le métro ou le train) au lieu de "chikin" (prononciation japonaise de l'anglais "chicken").
Fort heureusement, la serveuse n'a pas relevé l'erreur.
J'imagine bien la scène :
すいません、痴漢カレー下さい
セクハラ!! Lool
Ceci dit, il y a un lien assez étroit entre manger épicé et certaines activités que la morale réprouve mefiant Je pense que ta langue a fourché car tu as dû partir sur la prononciation américaine et tenté de rectifié au dernier moment Wink

Et en hiver, au Japon à moi, l'herbe est blanche Lool
сыграем !
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