[01] Le Pirate des Sept Mers
#1
Le premier tome de la série Destins est aussi intéressant à lire que les autres et comme ses frères, bénéfice d'un solide scénario, d'une plume supérieure à la moyenne des LDVELH et d'une bonne durée de vie.
Le contexte est assez classique même s'il change de l'heroïc-fantasy : une histoire de pirates dans un monde imaginaire simili-Caraïbes avec trésors, fantômes, bouges mal famés, îles perdues, tempêtes et abordages au programme. Toutefois, le surnaturel fait partie de l'ordinaire dans ce monde et les monstres, légendes mythologiques et sorciers sont monnaie courante.
L'histoire offre une grande liberté au départ avec plusieurs routes maritimes possibles pour échapper au terrible Rackham et gagner le continent. Chacune propose des péripéties variées et originales qui vont fournir tout un tas d'objets enchantés ou non qui eux-même serviront ensuite à des stades ultérieurs de l'aventure. Le plaisir de l'exploration et surtout des relectures est donc garanti. Quand le texte me demandait si j'avais tel ou tel objet, je faisais tout pour le dénicher dans un autre essai. Par la suite, l'histoire est plus dirigiste et on est obligé de subir certains évènements importants.
Globalement, les qualités de ce livre-jeu sont indéniables et nombreuses. Rares sont ceux permettant d'évoluer en permanence avec trois compagnons aux personnalités marquées, presque attachants, qui ne meurent pas au premier danger, qui ne sont jamais oubliés par l'auteur, qui donnent lieu à de savoureux dialogues et qui interagissent fréquemment avec le héros. Il est un peu dommage qu'ils ne contestent que trop rarement notre autorité mais c'est faire un peu la fine bouche. Les autres personnages sont également bien détaillés. Parfois caricaturaux comme le méchant mais ils ne laissent jamais indifférents.
Les descriptions des lieux, du décor sont soignées. Surtout au début lors des passages qui décrivent les affres de la faim ou de la soif. J'ai adoré les multiples détails concernant nos méthodes pour survivre dans la condition de naufragé (génial le coup des excréments humains utilisés comme appât). Il y a un vrai souci de faire dans l'inédit, de se démarquer des aventures classiques par des moments frappant l'imaginaire du lecteur. Même les rencontres maritimes fantastiques "habituelles" (la sirène, le navire fantôme, les vampires...) sont traitées de manière différente et subtile avec un luxe de passages merveilleux (le navire dans l'iceberg...) ou horrifiants (le tonneau avec les mains...). A lire, c'est donc un régal. Mon seul regret est que le scénario d'un point de vue global soit sans surprise avec cette histoire de vengeance sur fond de conflit entre deux nations colonialistes. A noter cependant que l'on peut réussir notre objectif, à savoir tuer Rackham, dès le premier tiers du bouquin même si c'est improbable. C'est étonnant mais ça ne conduit qu'à un PFA plutôt amer.
Niveau jeu, le système des compétences est toujours aussi bien utilisé avec des raisons supplémentaires de retenter l'aventure avec différents profils. La protection magique est particulièrement efficace. Les multiples objets ont des utilisations fantasques et offrent diverses possibilités tactiques. La difficulté est moyenne donc plutôt faible par rapport aux trois autres tomes. En ce sens, j'ai été déçu par le final qui se résout bien trop aisément. Avec toutes les informations que j'avais obtenues au préalable et la recherche forcenée d'un navire de qualité, je m'attendais à une bataille navale de haute lutte, à un duel épique contre Rackham précédé d'un autre contre son fameux basilik (on a bien droit à un combat contre son demi-frère mais c'est lapidaire), bref... à plus de problèmes. Finalement mes quatre échecs ont été vécus dans les 2 premiers tiers de l'aventure et tout s'est bien passé à la fin. C'était presque frustrant et ça gâche injustement l'impression globale de ce LDVELH qui est sinon d'excellente qualité.
Un dernier regret : certains passages très intéressants sont difficiles à trouver (le navire fantôme, les vampires, le temple de Poséidon...).
Au final, on s'aperçoit que Dave Morris est vraiment passionné par les mythologie de tous les horizons quand on voit les clins d'oeil dans ses LDVELH de Destins, dans l'Epée de Légende et dans les Terres de Légende.

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#2
Tu ne confondrais pas avec Tintin ? Le pirate s'appelle Hazgard (Skarvench en VO, il me semble), pas Rackham !

"Le pirate des 7 mers" n'est pas le Destin le plus original parmi ceux que Morris a écrit, mais c'est peut-être celui que je trouve le plus sympathique. Les éléments fantastiques (d'inspiration variée) s'y marient très bien avec le style "film de pirates" de l'aventure. L'atmosphère est très agréable, notamment grâce au style, qui est nettement au-dessus de ce qu'on trouve dans la plupart des LDVH.

Les personnages sont hauts en couleur. La présence constante de nos trois compagnons est un élément original et bien employé, qui donne davantage de vie à nos diverses péripéties. Hazgard est un méchant que je trouve très bien utilisé : nous le connaissons très bien dès l'introduction de l'histoire et, au fil de l'aventure, on aura à de multiples reprises l'occasion de croiser son chemin ou d'observer des traces de son passage. Sa personnalité est classique, mais réussie : il a la carrure de quelqu'un dont on va s'attacher à contrarier les plans tout au long de l'aventure.

Les deux premières parties de l'aventure sont agréablement non-linéaires, alors que la troisième est plus dirigiste. C'est un modèle que l'on retrouve dans "Le collier maléfique" et "Coeur de glace" : très grande liberté et multiples options pendant l'essentiel de l'aventure, débouchant sur un final plus compact, où la liberté de déplacement est fortement réduite pour permettre un enchaînement d'évènements scénaristiques. La troisième et dernière partie du "Pirate des Sept Mers" est sans doute plus faible que celles qui ont précédé, même si elle n'est aucunement mauvaise.
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#3
Oui je me suis trompé pour le nom du méchant.
C'est qu'un autre personnage de l'histoire s'appelle Rackham (je ne sais plus lequel) et je m'étais aussi fait la réflexion d'un hommage à Tintin!
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#4
Je me suis enfin lancé dans ce tome qui me faisait de l'œil depuis des dizaines et des dizaines d'années. Mais au vu de la difficulté pour le trouver à bon prix dans un bon état (ou alors était-ce tout simplement de la flemme?), j'ai toujours reporté son achat à plus tard. Finalement, quand j'ai vu qu'Alkonost mettait en vente ce tome avec un prix abordable et de bonne qualité, je me suis enfin décidé à franchir le pas et je l'ai acheté. Je suis un IMMENSE fan de l'univers de la piraterie. Je dirais même que c'est mon univers préféré avec les conquistadors et l'ambiance précolombienne et l'Empire Romain. Je n'avais qu'une hâte, c'est de le lire. Mes attentes étaient donc très grandes, surtout avec toutes les critiques dithyrambiques dont faisaient preuve Le Pirate des Sept Mers. Et malheureusement, qu'elle ne fut pas ma déception en refermant la dernière page de ce livre! Peut-être en attendais-je beaucoup, mais la désillusion est le maître mot qu'il me reste à l'issue de cette lecture. C'est vrai que l'histoire n'a rien d'originale. Il s'agit tout simplement d'une vengeance. Mais au moins, l'antagoniste, le redoutable pirate Skarvench est plutôt bien développé et crédible. Au niveau des autres points positifs, le trois PNJ's qui accompagnent le joueur sont plutôt sympathiques et attachants, à défaut d'être charismatique. Et c'est aussi plutôt bien écrit. Mais voilà, ce sont un peu les seules bonnes choses à mes yeux. Si le début est sympa lorsqu'on visite quelques îles au début du récit, une fois dans la première ville, Port Leschland ou quelque chose de ce style, le soufflet est rapidement retombé pour ne plus jamais vraiment remonter. J'ai trouvé les pérégrinations peu intéressantes, au point que j'ai même décroché vers la fin (j'ai eu la meilleure fin, de toute évidence). Je trouve qu'il manque cruellement d'ambiance. Et celle-ci n'est vraiment pas aidée par des illustrations hideuses qui ne correspondent pas du tout à l'univers qu'elles sont sensées représenter. Quelle idée d'avoir engagé Léo Hartas pour illustrer un livre-jeu de piraterie! Où sont les beaux paysages de jungles, de mer, de villes portuaires? Rien du tout. Et sans oublier quelques scènes vraiment maladroites, comme le fait que j'ai dû ma survie à une montre gousset qui a encaissé la balle qui m'était destinée. Enfin voilà, je ne veux guère épiloguer sur le sujet, mais moi qui m'imaginait vivre une aventure de pirate à la Pirate des Caraïbes, j'ai vite déchanté. Il s'agit d'une réelle déception comme je n'en avais jamais connu auparavant dans les livres dont vous êtes le héros. 

Ma note: 11/20
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