Je comprends ton agacement, Ledahu. Beaucoup de libraires sont sans doute hostiles aux IA, mais cette réserve vient aussi pour une bonne part des clients eux-mêmes des librairies. Ce sont en effet des magasins surrannés. Je le dis sans aucun mépris, au contraire, j'adore les librairies. Mais qui fréquente encore les quelques librairies ouvertes en France? Des gens qui n'achètent pas leurs livres en ligne. Ces gens-là ne viennent pas dans une librairie pour voir des couvertures illustrées par IA.
Le problème se pose d'ailleurs encore bien plus à l'étranger, où il y a certes moins de librairies qu'ici, mais où le niveau de rejet de l'IA est souvent bien plus grand qu'en France. Nous sommes dans le trio de tête par nation du plus grand nombre d'utilisateurs de chatbots. Aux Etats-Unis, par exemple, le rejet est encore plus grand.
Le paradoxe, c'est qu'aujourd'hui l'illustration par IA est surtout utilisée par des créateurs indépendants; pas par les grands groupes éditoriaux, qui ont les moyens de payer des illustrateurs humains (utilisant eux-mêmes comme tu le soulignes très bien des logiciels tournant à l'IA: cette situation est ubuesque, puisque l'IA est partout, même là où le public ne s'en rend pas compte, et qu'on le déplore ou non importe peu désormais, puisque nous sommes prisonniers du phénomène).
Malheureusement, je ne partage pas tout à fait ton optimisme concernant les autres types de points de vente. C'est possible à l'échelle du dépôt-vente, mais pas d'une diffusion nationale, qui nécessite de transiter par les diffuseurs-distributeurs. Eux ne proposent les livres qu'en librairies pour beaucoup, et en boutiques de jeux pour certains, comme Novalis. Or, seul ce mode de diffusion permet de toucher un "large" public.
Le système de diffusion-distribution est sclérosé et pas du tout adapté aux LDVELH, c'est un réel problème. Mais il est impossible de ne pas passer par eux à grande échelle. J'explique tout cela pour dire à quel point notre niche est difficile à promouvoir, même si ce n'est pas impossible. Je continue pour ma part d'espérer un développement d'activités éditoriales spécialisées dans notre secteur, et je trouverai peut-être un moyen d'y contribuer sans concurrencer les acteurs actuels du marché, qui nous font beaucoup de bien (Alkonost, etc.).
Concernant Yome: ton AVH a un profil porteur auprès d'un public plus large que le cercle restreint des fans. C'est un livre qui se vendrait sans doute correctement en librairie généraliste. Je pense toujours que, dans ce type de librairies, ton ouvrage gagnerait à être un peu plus court (alors que cette remarque n'est pas valable du tout si tu es un jour publié chez Alkonost et diffusé en boutique de jeu). Le problème, c'est que les grands éditeurs sont frileux, à cause de la faiblesse générale des ventes. Si tu n'as pas une communauté de fans solide derrière toi, très visible en ligne, je pense que tu auras du mal à être simplement lu par quelque éditeur que ce soit. Mais j'espère sincèrement me tromper.
Cela vaut la peine d'essayer quoi qu'il en soit. Il y a dix ans, j'aurais parlé différemment et je pense que ton livre aurait été publié. Aujourd'hui, la situation est très différente. Les éditeurs spécialisés restent à mes yeux ton option la plus propice.
Le problème se pose d'ailleurs encore bien plus à l'étranger, où il y a certes moins de librairies qu'ici, mais où le niveau de rejet de l'IA est souvent bien plus grand qu'en France. Nous sommes dans le trio de tête par nation du plus grand nombre d'utilisateurs de chatbots. Aux Etats-Unis, par exemple, le rejet est encore plus grand.
Le paradoxe, c'est qu'aujourd'hui l'illustration par IA est surtout utilisée par des créateurs indépendants; pas par les grands groupes éditoriaux, qui ont les moyens de payer des illustrateurs humains (utilisant eux-mêmes comme tu le soulignes très bien des logiciels tournant à l'IA: cette situation est ubuesque, puisque l'IA est partout, même là où le public ne s'en rend pas compte, et qu'on le déplore ou non importe peu désormais, puisque nous sommes prisonniers du phénomène).
Malheureusement, je ne partage pas tout à fait ton optimisme concernant les autres types de points de vente. C'est possible à l'échelle du dépôt-vente, mais pas d'une diffusion nationale, qui nécessite de transiter par les diffuseurs-distributeurs. Eux ne proposent les livres qu'en librairies pour beaucoup, et en boutiques de jeux pour certains, comme Novalis. Or, seul ce mode de diffusion permet de toucher un "large" public.
Le système de diffusion-distribution est sclérosé et pas du tout adapté aux LDVELH, c'est un réel problème. Mais il est impossible de ne pas passer par eux à grande échelle. J'explique tout cela pour dire à quel point notre niche est difficile à promouvoir, même si ce n'est pas impossible. Je continue pour ma part d'espérer un développement d'activités éditoriales spécialisées dans notre secteur, et je trouverai peut-être un moyen d'y contribuer sans concurrencer les acteurs actuels du marché, qui nous font beaucoup de bien (Alkonost, etc.).
Concernant Yome: ton AVH a un profil porteur auprès d'un public plus large que le cercle restreint des fans. C'est un livre qui se vendrait sans doute correctement en librairie généraliste. Je pense toujours que, dans ce type de librairies, ton ouvrage gagnerait à être un peu plus court (alors que cette remarque n'est pas valable du tout si tu es un jour publié chez Alkonost et diffusé en boutique de jeu). Le problème, c'est que les grands éditeurs sont frileux, à cause de la faiblesse générale des ventes. Si tu n'as pas une communauté de fans solide derrière toi, très visible en ligne, je pense que tu auras du mal à être simplement lu par quelque éditeur que ce soit. Mais j'espère sincèrement me tromper.
Cela vaut la peine d'essayer quoi qu'il en soit. Il y a dix ans, j'aurais parlé différemment et je pense que ton livre aurait été publié. Aujourd'hui, la situation est très différente. Les éditeurs spécialisés restent à mes yeux ton option la plus propice.

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