03/10/2026, 08:01
Merci à tous pour vos retours : c’est enrichissant.
Grattepapier, tu écris : dans l’édition généraliste, « on passe de quelques centaines à quelques milliers d'exemplaires vendus ». J’espère que c’est bien le cas. Tu as peut-être des chiffres communiqués par des amis auteurs de LDVELH, mais, à mon avis, les ventes ne se chiffrent pas toujours par milliers, même dans l’édition généraliste. Loin de là, je dirais.
Le monde de l’édition traverse aujourd’hui une crise sans précédent, du fait que la fréquence moyenne de lecture de livres a chuté au cours des dernières décennies, et des dernières années tout particulièrement. Il faut donc accepter l’idée d’avoir des objectifs très raisonnables, d’autant que nous nous situons dans un marché de niche.
Le problème aujourd’hui n’est pas d’être imprimé. Il est d’être diffusé : autrement dit, le potentiel lecteur doit savoir que le livre qu’on a imprimé existe. Les gens passent de moins en moins de temps en librairie et le public susceptible de se laisser séduire par un ouvrage se restreint donc, sauf éventuellement pour les livres dont on parle beaucoup, les « blockbusters » de l’édition. Les ouvrages plus confidentiels ou de niche, eux, ont peu de chance d’exister.
C’est la raison pour laquelle les éditeurs publient très peu de nouveaux auteurs. Installer une image de marque à partir de rien dans l’édition est devenu une gageure. En revanche, les éditeurs publient de plus en plus souvent des auteurs autour desquels s’est déjà constituée une communauté de fans. Voilà par exemple pourquoi Fabien Olicard a publié ses LDVELH chez de bons éditeurs commerciaux. Je ne connais pas du tout Valentin Xicluna, mais lui aussi était très actif je crois sur les réseaux. C’est enfin pourquoi le financement participatif est devenu très important : non pas pour débloquer des fonds ou même engranger des ventes, bien que cela y contribue avec une marge intéressante, mais en premier lieu pour faire connaître l’ouvrage à une communauté. C’est devenu la norme de diffusion. Cela implique de proposer un produit adapté à un large public, d’avoir du charisme et d’aimer surfer sur les réseaux sociaux.
Sinon, même publié par un bon éditeur commercial, un LDVELH verra à mon avis ses ventes atteindre assez vite un plafond. Je précise d’ailleurs que les AVH que nous aimons ici ont selon moi peu de chances d’être publiées dans ce genre de maisons. Les mécaniques de jeu que nous proposons en général, les thèmes abordés, le calibrage du rythme de la narration, etc. ne conviennent pas aux attentes du grand public. Cela convient à un éditeur spécialisé, pas à un éditeur généraliste.
Pour le reste, il n’y a plus guère de personnel dans les maisons d’édition afin de lire les manuscrits. A quoi bon ? Les éditeurs reçoivent parfois des centaines ou des milliers de textes par semaine, même les plus petits d’entre eux. Comment financer la lecture et la sélection de tant d’ouvrages ? C’est impossible à rentabiliser. A l’heure de l’IA, comme je me plais souvent à le répéter, il y a dans le monde davantage d’auteurs de livres que de lecteurs. J’ai travaillé pendant vingt ans dans l’édition et publié en tant qu’essayiste une quinzaine de livres, souvent traduits à l’étranger : il ne m’est tout simplement jamais arrivé d’être publié après avoir spontanément envoyé un manuscrit à un éditeur. Je ne connais même pour ma part personne à qui ce soit arrivé. J’ai toujours été publié par des éditeurs que je connaissais : des amis, des amis d’amis, etc.
Nous avons la chance d’avoir un petit noyau d’excellents éditeurs spécialisés dans notre domaine : Alkonost, etc. Ils sont surtout diffusés en boutiques de jeu, parfois un peu en librairie. C’est précieux, car c’est le seul moyen hors réseau de toucher le public de niche que nous visons : ces lecteurs potentiels viennent en effet en boutiques de jeu ou dans les librairies de l’imaginaire.
Tenter de développer l’édition spécialisée de LDVELH, par exemple en créant une nouvelle maison d’édition, ou en développant de nouvelles collections chez les éditeurs déjà existants, aurait sans doute des avantages et des inconvénients.
1/ Cela permettrait de publier davantage de LDVELH.
2/ Cela augmenterait la visibilité des LDVELH purs et durs (pas les livres grand public) dans les boutiques de jeu et les librairies, suscitant éventuellement un effet d’entrainement : plus on voit de livres d’un certain genre en rayon, plus on a envie d’en acheter.
3/ D’un autre côté, cela risquerait aussi de réduire un peu les ventes de chaque LDVELH pris individuellement, menaçant la survie de structures éditoriales déjà fragiles. Par ailleurs, l’effet de concurrence serait à mon avis encore plus accentué pour le financement participatif que pour la vente en rayons.
La crise de l’édition est devenue si grave que les perspectives à long terme sont de toute façon réduites. L’engouement relatif actuel pour les LDVELH masque peut-être le phénomène et offre sans doute des opportunités éditoriales, mais l’optimisme doit rester mesuré. Cela étant dit, je continue d’espérer que l’édition spécialisée de LDVELH se développe : à mon avis, c’est la seule option vraiment épanouissante et réjouissante pour nous, sur ce forum, étant donné le genre de livres que nous écrivons.
Grattepapier, tu écris : dans l’édition généraliste, « on passe de quelques centaines à quelques milliers d'exemplaires vendus ». J’espère que c’est bien le cas. Tu as peut-être des chiffres communiqués par des amis auteurs de LDVELH, mais, à mon avis, les ventes ne se chiffrent pas toujours par milliers, même dans l’édition généraliste. Loin de là, je dirais.
Le monde de l’édition traverse aujourd’hui une crise sans précédent, du fait que la fréquence moyenne de lecture de livres a chuté au cours des dernières décennies, et des dernières années tout particulièrement. Il faut donc accepter l’idée d’avoir des objectifs très raisonnables, d’autant que nous nous situons dans un marché de niche.
Le problème aujourd’hui n’est pas d’être imprimé. Il est d’être diffusé : autrement dit, le potentiel lecteur doit savoir que le livre qu’on a imprimé existe. Les gens passent de moins en moins de temps en librairie et le public susceptible de se laisser séduire par un ouvrage se restreint donc, sauf éventuellement pour les livres dont on parle beaucoup, les « blockbusters » de l’édition. Les ouvrages plus confidentiels ou de niche, eux, ont peu de chance d’exister.
C’est la raison pour laquelle les éditeurs publient très peu de nouveaux auteurs. Installer une image de marque à partir de rien dans l’édition est devenu une gageure. En revanche, les éditeurs publient de plus en plus souvent des auteurs autour desquels s’est déjà constituée une communauté de fans. Voilà par exemple pourquoi Fabien Olicard a publié ses LDVELH chez de bons éditeurs commerciaux. Je ne connais pas du tout Valentin Xicluna, mais lui aussi était très actif je crois sur les réseaux. C’est enfin pourquoi le financement participatif est devenu très important : non pas pour débloquer des fonds ou même engranger des ventes, bien que cela y contribue avec une marge intéressante, mais en premier lieu pour faire connaître l’ouvrage à une communauté. C’est devenu la norme de diffusion. Cela implique de proposer un produit adapté à un large public, d’avoir du charisme et d’aimer surfer sur les réseaux sociaux.
Sinon, même publié par un bon éditeur commercial, un LDVELH verra à mon avis ses ventes atteindre assez vite un plafond. Je précise d’ailleurs que les AVH que nous aimons ici ont selon moi peu de chances d’être publiées dans ce genre de maisons. Les mécaniques de jeu que nous proposons en général, les thèmes abordés, le calibrage du rythme de la narration, etc. ne conviennent pas aux attentes du grand public. Cela convient à un éditeur spécialisé, pas à un éditeur généraliste.
Pour le reste, il n’y a plus guère de personnel dans les maisons d’édition afin de lire les manuscrits. A quoi bon ? Les éditeurs reçoivent parfois des centaines ou des milliers de textes par semaine, même les plus petits d’entre eux. Comment financer la lecture et la sélection de tant d’ouvrages ? C’est impossible à rentabiliser. A l’heure de l’IA, comme je me plais souvent à le répéter, il y a dans le monde davantage d’auteurs de livres que de lecteurs. J’ai travaillé pendant vingt ans dans l’édition et publié en tant qu’essayiste une quinzaine de livres, souvent traduits à l’étranger : il ne m’est tout simplement jamais arrivé d’être publié après avoir spontanément envoyé un manuscrit à un éditeur. Je ne connais même pour ma part personne à qui ce soit arrivé. J’ai toujours été publié par des éditeurs que je connaissais : des amis, des amis d’amis, etc.
Nous avons la chance d’avoir un petit noyau d’excellents éditeurs spécialisés dans notre domaine : Alkonost, etc. Ils sont surtout diffusés en boutiques de jeu, parfois un peu en librairie. C’est précieux, car c’est le seul moyen hors réseau de toucher le public de niche que nous visons : ces lecteurs potentiels viennent en effet en boutiques de jeu ou dans les librairies de l’imaginaire.
Tenter de développer l’édition spécialisée de LDVELH, par exemple en créant une nouvelle maison d’édition, ou en développant de nouvelles collections chez les éditeurs déjà existants, aurait sans doute des avantages et des inconvénients.
1/ Cela permettrait de publier davantage de LDVELH.
2/ Cela augmenterait la visibilité des LDVELH purs et durs (pas les livres grand public) dans les boutiques de jeu et les librairies, suscitant éventuellement un effet d’entrainement : plus on voit de livres d’un certain genre en rayon, plus on a envie d’en acheter.
3/ D’un autre côté, cela risquerait aussi de réduire un peu les ventes de chaque LDVELH pris individuellement, menaçant la survie de structures éditoriales déjà fragiles. Par ailleurs, l’effet de concurrence serait à mon avis encore plus accentué pour le financement participatif que pour la vente en rayons.
La crise de l’édition est devenue si grave que les perspectives à long terme sont de toute façon réduites. L’engouement relatif actuel pour les LDVELH masque peut-être le phénomène et offre sans doute des opportunités éditoriales, mais l’optimisme doit rester mesuré. Cela étant dit, je continue d’espérer que l’édition spécialisée de LDVELH se développe : à mon avis, c’est la seule option vraiment épanouissante et réjouissante pour nous, sur ce forum, étant donné le genre de livres que nous écrivons.

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