J'avais lu cette AVH peu après sa mise en ligne sur Littéraction et, comme il n'y avait pas encore de fil de discussion, j'ai attendu avant de formuler mes commentaires. Etant novice, je ne savais pas si l'AVH serait commentée ou non sur le forum. Mes souvenirs sont dès lors un peu trop flous pour que mon retour soit parfaitement précis, même si je viens malgré tout de reparcourir l'AVH par acquis de conscience.
Je dois dire que j'ai plutôt apprécié cette proposition. Voire même beaucoup, si l'on tient compte du fait que je ne suis vraiment pas le public cible de ce genre d'AVH. Certes, l'écriture est parfois un tantinet maladroite. Certains dialogues manquent de naturel, quelques grossières répétitions ponctuent différents passages. Cela pourrait d'ailleurs à mon avis assez aisément être corrigé avec un travail supplémentaire de reprise. Nous savons tous néanmoins que le labeur est long, alors que le temps est court. Quoi qu'il en soit, et c'est le plus important à mes yeux, la lecture reste plaisante, et surtout claire et fluide. C'est essentiel pour une AVH, particulièrement lorsqu'elle présente une enquête. Le rythme me paraît juste également: ni trop rapide, ni trop lent, permettant de suivre l'intrigue sans effort, mais aussi sans avoir le temps de s'ennuyer.
L'histoire m'a plu. Bien sûr, comme le relève Grattepapier, nous avons tous compris avant le dénouement qui était le coupable. Mais je n'ai pas le sentiment que le récit soit conçu pour entretenir le doute. Cela ne m'apparaît pas comme une faiblesse: la mise en suspens d'un dénouement par ailleurs attendu est un effet dramatique courant. A titre d'exemple, tout le cinéma de Hitchcock repose là-dessus. L'intérêt du récit repose moins dans la résolution elle-même du problème que dans la manière de le résoudre et plus encore dans la découverte des éléments connexes, au-delà de la simple identité du coupable, qui n'est qu'une confirmation.
Concernant l'arborescence, elle est certes plutôt linéaire, mais la réussite ou l'échec des jets de dé fait grandement varier les informations obtenues et donne une coloration différente au parcours selon les tentatives du lecteur. Certains choix stratégiques s'avèrent aussi extrêmement décisifs au fil de l'avancée. La relative linéarité de l'ensemble permet enfin à l'auteur d'établir une véritable progression dramatique, que je trouve ici très réussie. Nous avons là une AVH narrative, dont l'arborescence est conçue pour servir l'immersion plutôt qu'une mécanique ludique d'exploration, de retour en arrière et d'apprentissage par l'erreur telle qu'on la retrouve à l'état pur dans les OTP. C'est en somme un roman-jeu facile d'accès, dans l'esprit des LDVELH d'antan plutôt que des AVH actuellement à la mode au sein de la communauté (sur ce forum, en tout cas, car j'imagine que les goûts dominants varient d'un espace de discussion à l'autre).
Les illustrations m'ont paru plutôt réussies. Je trouve que l'adoption d'un style photoréaliste est tout de même une erreur pour illustrer une AVH de style aussi rétro; pour ma part, j'aurais préféré quelque chose de plus vintage visuellement. Mais j'ai déjà vu des illustrations bien moins inspirées et bien moins techniquement abouties que celles-ci. Je trouve d'ailleurs que la qualité générale des illustrations dans le commerce, y compris dessinées à la main malheureusement, a tendance à s'appauvrir avec le temps. Une AVH comme "Sournoise trahison" nécessite des illustrations. Cela fait partie du charme. J'estime qu'il aurait même dû y en avoir davantage, afin de donner du corps à certains lieux ou personnages. Mais, d'un autre côté, cela nécessite aussi une bonne maîtrise des outils: parfois, vouloir trop en faire est dommageable si l'on ne parvient pas par exemple à préserver une harmonie d'ensemble, et il est préférable alors de savoir s'arrêter à temps. Quoi qu'il en soit, la maquette est très bien fichue et c'est une qualité de l'ouvrage. L'auteur s'est donné énormément de mal et l'on ne peut que l'en remercier.
Pour rebondir sur les propos de Grattepapier, "Sournoise trahison" ne m'apparaît pas comme un pléonasme. Une trahison n'est pas nécessairement sournoise: on peut au contraire trahir quelqu'un très franchement et très frontalement. La trahison n'est sournoise que si elle est perpétrée en catimini.
Peut-être l'AVH me paraît-elle un peu trop brève, non du point de vue du temps de lecture, mais du volume d'ensemble. Ajouter quelques dizaines de pages aurait permis d'établir des lignes dramatiques alternatives offrant des choix plus marquants, à certains moments de l'histoire. Ce roman-jeu n'est pas calibré pour la rejouabilité, ce que je ne lui reproche absolument pas, mais un peu plus de variété dans les décisions aurait parfois permis d'enrichir l'aventure.
En définitive, j'ai vraiment apprécié cette découverte de l'univers et je lirai la suite avec un réel plaisir. Bravo à l'auteur!
P.S.: Ecrire les courriers en typographie manuscrite est une très bonne idée, mais je trouve que certaines polices de caractère manuscrites dans l'AVH sont vraiment inconfortables à la lecture et occupent trop de place, de sorte qu'il faut alors plusieurs pages pour reproduire le contenu de la lettre ou de l'archive. J'aurais préféré des polices manuscrites plus petites et plus aisément lisibles.
Je dois dire que j'ai plutôt apprécié cette proposition. Voire même beaucoup, si l'on tient compte du fait que je ne suis vraiment pas le public cible de ce genre d'AVH. Certes, l'écriture est parfois un tantinet maladroite. Certains dialogues manquent de naturel, quelques grossières répétitions ponctuent différents passages. Cela pourrait d'ailleurs à mon avis assez aisément être corrigé avec un travail supplémentaire de reprise. Nous savons tous néanmoins que le labeur est long, alors que le temps est court. Quoi qu'il en soit, et c'est le plus important à mes yeux, la lecture reste plaisante, et surtout claire et fluide. C'est essentiel pour une AVH, particulièrement lorsqu'elle présente une enquête. Le rythme me paraît juste également: ni trop rapide, ni trop lent, permettant de suivre l'intrigue sans effort, mais aussi sans avoir le temps de s'ennuyer.
L'histoire m'a plu. Bien sûr, comme le relève Grattepapier, nous avons tous compris avant le dénouement qui était le coupable. Mais je n'ai pas le sentiment que le récit soit conçu pour entretenir le doute. Cela ne m'apparaît pas comme une faiblesse: la mise en suspens d'un dénouement par ailleurs attendu est un effet dramatique courant. A titre d'exemple, tout le cinéma de Hitchcock repose là-dessus. L'intérêt du récit repose moins dans la résolution elle-même du problème que dans la manière de le résoudre et plus encore dans la découverte des éléments connexes, au-delà de la simple identité du coupable, qui n'est qu'une confirmation.
Concernant l'arborescence, elle est certes plutôt linéaire, mais la réussite ou l'échec des jets de dé fait grandement varier les informations obtenues et donne une coloration différente au parcours selon les tentatives du lecteur. Certains choix stratégiques s'avèrent aussi extrêmement décisifs au fil de l'avancée. La relative linéarité de l'ensemble permet enfin à l'auteur d'établir une véritable progression dramatique, que je trouve ici très réussie. Nous avons là une AVH narrative, dont l'arborescence est conçue pour servir l'immersion plutôt qu'une mécanique ludique d'exploration, de retour en arrière et d'apprentissage par l'erreur telle qu'on la retrouve à l'état pur dans les OTP. C'est en somme un roman-jeu facile d'accès, dans l'esprit des LDVELH d'antan plutôt que des AVH actuellement à la mode au sein de la communauté (sur ce forum, en tout cas, car j'imagine que les goûts dominants varient d'un espace de discussion à l'autre).
Les illustrations m'ont paru plutôt réussies. Je trouve que l'adoption d'un style photoréaliste est tout de même une erreur pour illustrer une AVH de style aussi rétro; pour ma part, j'aurais préféré quelque chose de plus vintage visuellement. Mais j'ai déjà vu des illustrations bien moins inspirées et bien moins techniquement abouties que celles-ci. Je trouve d'ailleurs que la qualité générale des illustrations dans le commerce, y compris dessinées à la main malheureusement, a tendance à s'appauvrir avec le temps. Une AVH comme "Sournoise trahison" nécessite des illustrations. Cela fait partie du charme. J'estime qu'il aurait même dû y en avoir davantage, afin de donner du corps à certains lieux ou personnages. Mais, d'un autre côté, cela nécessite aussi une bonne maîtrise des outils: parfois, vouloir trop en faire est dommageable si l'on ne parvient pas par exemple à préserver une harmonie d'ensemble, et il est préférable alors de savoir s'arrêter à temps. Quoi qu'il en soit, la maquette est très bien fichue et c'est une qualité de l'ouvrage. L'auteur s'est donné énormément de mal et l'on ne peut que l'en remercier.
Pour rebondir sur les propos de Grattepapier, "Sournoise trahison" ne m'apparaît pas comme un pléonasme. Une trahison n'est pas nécessairement sournoise: on peut au contraire trahir quelqu'un très franchement et très frontalement. La trahison n'est sournoise que si elle est perpétrée en catimini.
Peut-être l'AVH me paraît-elle un peu trop brève, non du point de vue du temps de lecture, mais du volume d'ensemble. Ajouter quelques dizaines de pages aurait permis d'établir des lignes dramatiques alternatives offrant des choix plus marquants, à certains moments de l'histoire. Ce roman-jeu n'est pas calibré pour la rejouabilité, ce que je ne lui reproche absolument pas, mais un peu plus de variété dans les décisions aurait parfois permis d'enrichir l'aventure.
En définitive, j'ai vraiment apprécié cette découverte de l'univers et je lirai la suite avec un réel plaisir. Bravo à l'auteur!
P.S.: Ecrire les courriers en typographie manuscrite est une très bonne idée, mais je trouve que certaines polices de caractère manuscrites dans l'AVH sont vraiment inconfortables à la lecture et occupent trop de place, de sorte qu'il faut alors plusieurs pages pour reproduire le contenu de la lettre ou de l'archive. J'aurais préféré des polices manuscrites plus petites et plus aisément lisibles.
