Comment organisez-vous votre documentation ?
#12
J’ai eu l’occasion de tester récemment les nouveaux modèles Terra, Luna et Sol de Chat GPT, sortis courant juillet. Je ne peux pas les comparer aux modèles de pointe d’Anthropic, faute d’y avoir accès, mais je peux dire en tout cas qu’ils constituent à mes yeux une petite révolution en matière de recherche documentaire, surtout dans le domaine qui nous occupe ici, à savoir la documentation romanesque.

J’étais jusqu’à présent beaucoup plus réservé à l’endroit des Chatbots dans ce domaine, mais le gain en matière de compilation de données me paraît considérable. Il devient beaucoup plus aisé d’obtenir des informations exploitables dans des champs où l’accès aux données était auparavant difficile pour un non initié : repères géographiques précis, description des paysages, procédures relatives aux différents métiers, informations techniques ou utilitaires, etc. Une bonne calibration permet aussi de sélectionner les données pertinentes en vue des objectifs, ce qui n’était pas réellement le cas auparavant. C’est du travail, et cela demande une certaine maîtrise des outils numériques, mais l’apport me paraît exceptionnel et devrait à mon avis s’imposer comme une norme.

Je suis plus réservé en ce qui concerne la documentation académique. Sur les questions techniques, j’ai constaté moi-même à plusieurs reprises, y compris avec le modèle Sol, des erreurs objectives assez grossières, rares, mais très problématiques. J’espère que ce sera corrigé, même si j’en doute un peu, du fait de la nature intrinsèque de ces modèles probabilistes et des biais liés à l’exploitation des données disponibles en ligne. Dans la mesure où les milieux académiques péchaient déjà depuis plusieurs décennies, bien avant l’apparition des Chatbots, donc, par une certaine paresse collective, qui poussait les chercheurs à se contenter la plupart du temps de copiés-collés des données de leurs collègues au lieu d’études sérieuses des données de première main, je suis très inquiet quant à l’avenir de la recherche, en particulier dans les secteurs non scientifiques.

Je ne parle même pas non plus des problèmes liés à la standardisation de la pensée. Les nouveaux modèles continuent de peiner, pour employer un doux euphémisme, à proposer autre chose qu’une synthèse consensuelle des analyses dans l’air du temps, y compris quand on tente de les pousser dans leurs retranchements pour obtenir des analyses déviantes, marginales ou minoritaires, dans tous les secteurs de la pensée, même scientifiques. La perte de créativité risque de s’avérer terrible, sans parler du risque de formatage des idées, non intentionnel et purement procédural, bien que les filtres imposés par les réglementations officielles ou spontanément mis en place par les consortiums privés puissent eux aussi aggraver le phénomène. Les répercussions sur la richesse et la variété du débat public constituent un autre enjeu de taille, d’autant plus avec le développement des onglets IA des moteurs de recherche, que la plupart des gens utilisent maintenant sans s’en rendre compte, alors qu’ils réduisent considérablement le champ de la réflexion et l’accès à des informations diversifiées. J’espère que l’avenir me donnera tort, mais je suis catastrophé par la situation.

Bref, pour clore cette digression et en revenir au fond de mon propos, si je fais abstraction de mes réserves philosophiques radicales et que je me montre à la fois pragmatique et nuancé, je ne peux que recommander l’emploi du modèle Sol de Chat GPT pour la recherche documentaire romanesque. Les quelques (rares) erreurs factuelles ne posent ici aucune difficulté, puisqu’il s’agit de viser la vraisemblance plutôt que la vérité ; et la masse de données exploitables apporte une richesse d’arrière-plan qui représente à mes yeux un gain littéraire presque aussi important que l’invention des traitements de texte. Encore une fois, je ne portais pas un jugement aussi favorable sur les modèles précédents.

Bien sûr, il faut utiliser ces outils comme de simples instruments destinés à approfondir le travail, et non à s’y substituer, sans quoi le gain littéraire sera nul (c’est un vœu pieux, assurément, et je sais bien que la plupart des utilisateurs n’auront pas mes scrupules). Il faut aussi pouvoir contracter une offre payante, mais les tarifs sont encore actuellement très avantageux, ce qui ne durera sans doute pas. L’amélioration des modèles en matière documentaire vaut quoi qu’il en soit selon moi l’investissement.
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RE: Comment organisez-vous votre documentation ? - par Sisyphe - 04/08/2026, 14:41



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