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23/12/2025, 23:09
(Modification du message : 23/12/2025, 23:11 par PetitPeyre.)
quand une idée d'aventure surgit, vous lancez vous dans l'écriture à corps perdu, sans savoir où vous allez, laissant la muse de l'inspiration vous souffler la suite à l'oreille au faire et à mesure, ou vingt fois¹ sur le métier remettez vous votre idée, la tournant dans tous les sens pour voir si elle mène quelque part, et ne commencez à écrire que quand vous avez à minima un plan d'ensemble (ou détaillé) de l'aventure ?
en d'autres termes, pour citer @ grattepapier, êtes-vous un architecte ou un jardinier, un planificateur ou un improvisateur ?
[1] : vingt fois c'est Boileau, cent fois c'est Prévert.
PS. il me semble avoir déjà vu cette question, mais pas moyen de retrouver le post dans les forums... 🤷🏻♂️
Skål !
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Jardinier et improvisateur.
J'ai en tête une idée générale de l'aventure, à peine dégrossie, en général deux/trois passages importants et je brode à partir de ça. Beaucoup d'idées, la majorité même, me viennent au fur et à mesure. Je peux travailler sur un passage en écrivant 10, 20 paragraphes, ne pas savoir comment poursuivre et passer à un autre passage, complètement différent, avant de revenir au précédent.
Pour prendre une métaphore de joaillier, je peaufine et poli les perles du collier, une à une, avant de les relier par la monture. Il arrive ainsi que le premier paragraphe que j'écris soit celui de fin...
Une façon d'écrire très instinctive et surtout très bordélique comme on le voit.
C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles la relecture finale est un enfer pour moi : des idées me viennent en relisant et, incapable de me tenir à ce que j'ai écrit, je réécris parfois des passages entiers.
Anywhere out of the world
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24/12/2025, 00:20
(Modification du message : 24/12/2025, 00:21 par Dagonides.)
Je planifie via une map du monde, que je peuple d'éléments un peu au pif. Puis j'improvise leur sens. Avec tout de même une idée générale de la manière de finir la map, de l'épreuve de fin.
_
Exemple, la map 1 d'Icare et le labyrinthe de l'impossible, d'abord habillée... de lieux piochés dans le quartier grec d'Europa Park (moulin à vent, galère, temple, etc.), avant de leur donner un sens à mesure de l'écriture.
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Comme j'envie les jardiniers.
Pour ma part, je n'ai jamais conçu l'écriture de littéraction autrement qu'en planifiant les choix et conséquences, et vu comment je galère, je le vis plutôt comme une limitation.
Souris ! Tu ne peux pas tous les tuer...
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24/12/2025, 01:02
(Modification du message : 24/12/2025, 01:22 par Feldo.)
En général (je compte aussi mes anciennes fictions interactives numériques), après avoir brainstormé un peu, je commence l'écriture en impro jusqu'à avoir un "feeling" de ce que ça va donner. Puis comme j'aime bien intégrer quand même un certain gameplay avec des jauges, stats, etc, je reviens aux graphes voire aux tableurs, histoire de ne pas me mettre dans une impasse.
Pour autant, je ne suis pas perfectionniste à ce niveau-là, et je ne serre pas tous les boulons, histoire de garder un peu de marge de manoeuvre durant le reste de l'écriture.
En gros, je suis à la fois jardinier et architecte, surtout jardinier tout de même mais la partie architecture (conception d'arborescence et de règles) me plaît bien. Enfin, le terme d'architecte évoque ici surtout une façon d'aborder la chose, et sous ces définitions on pourrait être auteur très ludiste tout en restant jardinier (en retouchant l'arborescence et le gameplay tout au long de l'écriture).
Disons que si je prends deux axes cela donnerait ceci :
ludiste (règles, structure) 45% - narrativiste (prose, scénario) 55%
jardinier (improvisation) 65% - architecte (planification) 35%
Dans ce que j'écris en ce moment le cas est un peu particulier. C'est très chapitré, avec plein de petites saynètes, et donc j'ai commencé en écrivant des tas de bouts différents, et je ne sais pas encore du tout comment ils vont être raccrochés. J'ai bien dessiné une méta-arborescence possible, mais elle reste à l'état d'ébauche.
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24/12/2025, 21:24
(Modification du message : 26/12/2025, 11:14 par grattepapier.)
Plutôt jardinier pour ma part, étant donné que je pars en général d'une ou plusieurs scènes clés qui s'imposent à moi. Quelque part j'écris une histoire pour pouvoir intégrer ces quelques scènes, à condition que je juges ces scènes suffisamment fortes pour me faire croire au potentiel de l'histoire.
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Architecte planificateur.
Je construis les fondations dans ma tête (trame, personnage...) et une fois que l'ensemble est bien défini, je commence à écrire en me faisant confiance pour consolider lesdites fondations
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26/12/2025, 11:00
(Modification du message : 26/12/2025, 11:05 par Yome.)
Pour ma part, comme pour les romans classiques, j'aime bien d'abord écrire le début pour avoir le ton avec aussi une idée forte (narrative ou ludique ou les 2) qui va d'une certaine manière structurer l'histoire et les développements possibles.
Puis je réfléchis aux grandes parties du livre et à leur succession logique avec aussi la fin si je n'y ai pas pensé avant.
Ensuite, je vais approfondir la première grande partie en réfléchissant à toutes les possibilités intéressantes pour l'héroïne (j'ai une héroïne pour mon AVH en cours d'écriture). Puis j'écris la première grande partie, et là il y a de l'improvisation, tout en gardant en tête les possibilités auxquelles j'ai réfléchi auparavant. Il peut y avoir aussi de la structuration avec des mini graphes sur la partie en question. Parfois l'improvisation l'emporte quand je tombe sur quelque chose d'intéressant que j'ai envie de développer (par exemple actuellement un personnage qui m'a fait écrire beaucoup de paragraphes auxquels je n'avais pas pensé car il était vraiment intéressant et a d'ailleurs donné lieu à une fin supplémentaire).
Et je recommence le même processus pour chaque grande partie successive.
Enfin, je relis tout, je raccorde, je change des tas de trucs au niveau du jeu pour équilibrer ou de l'histoire pour que tout reste cohérent et unifié (et là ce n'est pas facile, car parfois, dans de simples descriptions, j'ai changé des choses d'un paragraphe à l'autre au fur et à mesure que j'écrivais !). Heureusement, j'ai créé un logiciel qui trace le graphe général et qui m'indique certaines erreurs au niveau du jeu, ce qui m'aide bien. Bref, la relecture prend beaucoup de temps (là, je suis en plein dedans !).
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• Dagonides
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Pour ma part, j'ai l'intention d'une ou plusieurs fins, d'un esprit, et des scènes clefs.
Ensuite, je construis en gardant une ligne de front : je n'avance pas une branche de plus de 3 ou 4 nœuds sur les autres.
Enfin, je lutte pour ne pas me disperser dans les entre-scènes : c'est ce qui me demande le plus d’énergie pour ma part. Même si, inévitablement...
J'avoue que j'ai beaucoup de mal à écrire des scènes orphelines, en attente de raccord, sans avant, ni après, perchées comme de simples nécessités autonomes. C'est à la fois très tentant, et à la fois j'ai l'impression que cela implique un "bricolage" pour les liens. Mais peut-être que je me trompe et que je devrais tenter.
A cela s'ajoute un autre type (il n'est pas question de faire de la pub mais bien de partager une expérience de contrainte)
Mes derniers récits jeunesse, sont structurellement des clones (35§ qu'on peut modifier bien évidemment).
En effet, en plus des affres de la "page blanche", nous avons aussi les affres de la "structure blanche". Aussi, je voulais essayer de la réduire.
Donc la contrainte change radicalement !
Autrement dit : le §12 DOIT avoir une description qui ne sert à rien.
le §34 DOIT avoir un objet qui sert à une résolution.
etc.
L'écriture sous contrainte structurelle, est vraiment ... particulière.
@Dagonides
J'aime beaucoup cette approche, elle me laisse dans une grande perplexité. Imaginer une histoire dans un monde, imaginer un monde où se déroule des histoires... C'est très séduisant. C'est très maître de jeu JDR en fait, je trouve.
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C'est bordélique et immature, oui ! Mais à l'usage, ça ne semble ni rebuter les lecteurs, ni m'empêcher d'écrire, donc pourquoi changer.
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27/12/2025, 15:38
(Modification du message : 27/12/2025, 15:40 par PetitPeyre.)
(26/12/2025, 12:33)ledahu a écrit : @Dagonides
J'aime beaucoup cette approche, elle me laisse dans une grande perplexité. Imaginer une histoire dans un monde, imaginer un monde où se déroule des histoires... C'est très séduisant. C'est très maître de jeu JDR en fait, je trouve.
la différence majeure avec les JdR, que ce soit la méthode de @ Dragonides ou toute autre, c'est qu’un MdJ qui écrit un scénario crée un situation initiale, des événements qui vont se passer si les héros n'interviennent pas, crée des lieux où ces actions vont se dérouler, crée des protagonistes avec leurs caractéristiques et leur type de réactions face à des événements (peureux, très protecteur, pas très futé et obéissant, ...), ET C'EST TOUT.
les choix de fin de paragraphes et les versions alternatives de l'histoire de base sont à la charge des joueurs. le MdJ fait juste vivre l'univers en réaction à ce que font les joueurs (le MdJ a bien cherché à anticiper quelques réactions possibles des joueurs mais il est extrêmement rare que les joueurs fasse une action anticipée. le joueur de JdR est TRÈS créatif 😁).
et c'est sur ça que je bute pour écrire une AVH, prévoir à chaque fin de paragraphe des alternatives plausibles et en nombre et variété suffisante pour que les joueurs ne se sentent pas frustrés dans leurs choix. et bien sûr, faire vivre ces alternatives pour ne pas faire un OTP.
j'ai commencé plusieurs aventures depuis que je suis inscrit à rdv1, mais aucune n'a abouti, pour les raisons évoquées ci-dessus. deux des idées de base ont par contre servi de scénario à des parties mémorables de JdR 😊
mes années de MdJ sont plus un frein qu'un avantage comme je l'espérais à la base 😶
Skål !
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Citation :mes années de MdJ sont plus un frein qu'un avantage comme je l'espérais à la base
T'as essayé d'être un MDJ tortionnaire qui siffle la fin de la récré pour ramener tout le monde dans le scénar ? Finalement, une AVH, c'est un peu ça, non ?
Je veux dire par là que quand il y a un scenar, il y a un scenar, et donc, le JDR permet le live des réactions, mais au finish, l'histoire doit aboutir. Les AVH sont juste une anticipation "au mieux", au plus probable, des réactions du joueur... Avec cette impossibilité : ce deuil de la surprise du Live d'un JDR. Je pense. Ce "J'aurais voulu vous le décrire en face de vous, derrière mon écran, et voir vos têtes déconfites...."
@dragonide
Citation :donc pourquoi changer.
aucune raison ! Have fun ! Le sujet est super intéressant de faire un exercice d'empathie, de projection, sur des methodo d'écriture des uns et des autres !
Moi je trouve que poser un monde avant d'écrire est une belle porte ouverte à penser l'histoire autrement. Penser l'histoire du monde avant celle des individus qui la/le vivent... Vraiment, cela me plait bcp. C'est un peu comme faire un "spin off" d'un JDR. On est un peu dans la notion de "transmedia".
C'est loin d'être immature.
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Pour ma part c'est pas mal toujours le même processus.
- Je définis le monde, l'ambiance, une situation de départ, voir écrire l'intro.
- J'essaie d'imaginer la fin, et les conditions de victoire (objet ou autre).
- Je fais une grosse liste dégueulasse et toute mélangée, avec des noms de personnages, des objets à trouver. Des embryons d'idées, des noms de végétaux qui représentent l'endroit où se déroule l'histoire, des morceaux de règles (caractéristiques du perso par exemple). Souvent juste des mots qui se rapportent au thème (corbeau, poudre d'os, monastère, etc....) peu importe. Des lieux à visiter. Pour moi c'est l'étape critique.
- Je détermine 3-4 passages de jonction qui vont me permettre de raconter l'histoire.
- Après ben... les paragraphes, les enbranchements, c'est de l'improvisation totale. Je suis incapable de planifier tout ça à l'avance, ça vient à mesure que j'écris.
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• Dagonides
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Je commence à définir l'intrigue et je la structure, comme un roman. C'est aussi vrai pour Nils Jacket que pour Loup Maudit. C'est donc autant un travail de jardinier que d'architecte.
Dans cette étape me viennent différentes idées du point de vue du lecteur : en toute logique l'auteur devrait me proposer ces différents choix.
La deuxième étape consiste à restructurer l'histoire pour proposer un maximum de choix, tout en restant cohérent et en ne s'éloignant pas trop de l'intrigue. Dans Nils Jacket il faut proposer plusieurs façons de trouver les indices, dans Loup Maudit plusieurs chemins. Un travail un peu plus d'architecte que de jardinier.
Lorsque ce squelette est terminé, c'est l'heure de la rédaction où plein d'idées peuvent encore surgir (et m'obliger à revoir la structure). Plutôt un travail de jardinier.
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