Vanille ou chocolat ? / Léviathan
#1
Vanille ou chocolat ? est une BD-jeu initialement publiée en 2010 (2012 pour la traduction française), dont j'étais persuadé qu'elle avait déjà été discutée ici... Mais apparemment non.

Histoire de SF pas inintéressante, elle fait cependant partie de cette catégorie d’œuvres dont un élément est si marquant qu'il a tendance à éclipser tout le reste, et sur lequel je vais donc me concentrer. En l’occurrence, son système de navigation.

Point de numéros ici. Tout se s'organise autour de fils conducteurs à suivre, nous guidant de case en case sans avoir besoin d'écrire un seul « Rendez-vous au ».

Bon, je vais me faire violence et prendre des photos, parce que cela sera beaucoup clair avec quelques images complémentaires centrées sur la tranche :

[Image: dGJohAq.jpg]
[Image: lGUB0Sk.jpg]

Vous comprenez le principe : On suit le fil, quand il se divise, c'est un choix, et, grâce à un ingénieux système de languettes qui dépassent, ça gère même le changement de pages.

Même si c'est un peu parfois déroutant d'enchaîner les cases autrement que de gauche à droite et de haut en bas, ça reste toujours très fluide pour le lecteur, supprimant totalement les arrêts pour gérer des éléments techniques tels que feuilleter à moitié au hasard pour retrouver le numéro d'arrivé.

Et je pense que vous comprenez aussi pourquoi dix ans après c'est toujours la seule BD du genre : Ça a clairement été horriblement compliqué à faire, à toutes les étapes de la chaîne de production, de la création à l'impression. Une expérimentation fascinante, mais pas adaptée aux contraintes réelles du marché du livre, et même, au-delà du pécuniaire, probablement, sans doute bien trop épuisante et chronophage pour son auteur.

Douze ans plus tard, Jason Shiga revient à la BD-jeu avec Léviathan, œuvre dont le surtitre français flirte avec les limites d'un copyright bien connu.

Un ouvrage avec une volonté marquée de faire plus simple. Si on garde le fil conducteur, on dit adieu aux languettes au profit de classiques numéros en bout de course.

Et force est de constater que, si ça donne un objet physique moins impressionnant, ça marche tout aussi bien en terme de confort de lecture. Les vieux pots, les meilleures soupes, tout ça.

D'ailleurs, ça a beau être simple, ça gère même, sans besoin d'ajouter une lourde boîte de narration, tout ce qui est « inventaire » : Il suffit d'associer à un numéro à « l'objet » (qui peut être une information) et de mettre une mini-case blanche au bout de la course permettant de l'utiliser :

[Image: PDYyTca.jpg]

C'est pas le cas ici, mais on pourrait tout à fait étendre le système en mettant une opération dans la case, comme « 120 + », pour permettre d'utiliser plusieurs objets à un endroit ou un même objet à plusieurs endroits.

De même, les redirections techniques sont très simples, c'est juste un numéro relié directement à un autre numéro dans un coin de page, sans avoir besoin d'une case dédiée.

Bon, il y la fausse bonne idée de s'être imposé la contrainte d'avoir chaque numéro de section égal au numéro de page, ce qui n'est pas plus simple pour le lecteur en pratique, et donne ce genre de choses, à base de micro-sections glissées dans les recoins des grosses.

Mais sinon, j'ai plutôt été convaincu par le système, fluide et efficace. Bon, après, je suis biaisé, tout ce qui permet d'éliminer les boîtes de narration omniscientes, je suis toujours pour.

Après, je dois avouer que contrairement à Vanille ou Chocolat ?, j'ai pas accroché à l'histoire et au jeu, que j'ai vraiment trouvé beaucoup trop simplistes. Alors, c'était clairement un objectif personnel de l'auteur de faire moins tordu qu'à son habitude. Mais le curseur est peut-être allé trop loin de l'autre côté.

On a aussi cette étrange erreur de débutant de dépenser énormément de place pour rien. Par exemple, une carte qui aurait pu tenir en une seule page se retrouve éclatée en une dizaine de cadrants. Cela donne une aventure très courte en dépit de l'épaisseur de l'ouvrage.

Le peu subtil « 1 » sur la couverture suggère cependant que c'est un galop d'essai pour une éventuelle suite, en laquelle je place beaucoup d'espoir si elle apprend de ses aînés.
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#2
Je lorgnais sur cette BD !
Petite question : le titre et les dessins naïfs sont-il trompeurs en terme d'histoire, de difficulté ? Est-ce que, à ton avis, un enfant de 11/12 ans peut se plonger dedans ? Merci.
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#3
Aucun problème pour Léviathan, c'est du tout public très accessible.

Vanille ou chocolat ? n'a, de mémoire (je ne l'ai pas relu dans un passé proche), rien de choquant pour un enfant de cet âge, visuellement ou dans ses dialogues. En revanche, certains thèmes de SF poussés assez loin risquent de soulever l'incompréhension plus que l'intérêt :
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Et, quitte à faire, l'auteur a fait une autre BD, pas jeu, dans le même style graphique, du nom de Démon, pour laquelle ma réponse sera "non", direct, sans avoir besoin de réfléchir.
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#4
Great !
Merci Skarn. Mon message était bancal car je parlais de "Vanille ou Chocolat", mais suite à tes explications, je vais offrir "Léviathan" à ma nièce. Il est temps de transmettre la flamme !
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