L'échec dans les LDVH
#1
Généralement, le héros de LDVH lambda voit sa destinée globalement divisée en deux. D'un côté, le sort le plus enviable mais le plus difficile à atteindre : la victoire, avec possiblement à la clé monceaux d'or, pouvoirs inespérés, réputation de feu sur toute la surface du globe, voire, soyons fous, des réductions dans les magasins (sauf chez Yaztromo, faut pas déconner non plus).

Et de l'autre côté, y a l'échec, qui se solde par un PFA plus ou moins sinistre, plus ou moins détaillé selon les auteurs : je vous renvoie au sujet ouvert tantôt par l'ami Jehan et intitulé « Vos PFA préférés » pour quelques exemples. Mais tous les héros ne sont pas soumis aux mêmes types d'échecs. J'en distingue au moins trois :

- simple mais efficace : la mort dans des souffrances plus ou moins horribles. Sans doute l'échec le plus classique et le plus répandu.
- plus sadique : la mission est un échec retentissant, mais le héros reste en vie, ce qui lui permettra de s'arracher à loisir les cheveux en contemplant les armées du Grand Méchant conquérir le monde, avant de vraisemblablement périr en tentant de s'opposer à elles (tiens, ça fournirait une bonne base pour une AVH, ça).
- enfin, rarissimes : le héros échoue, mais cet échec n'ayant aucune implication sur le destin de l'univers, du monde, ni même du continent, il peut continuer à vaquer (presque) sans remords. Plusieurs PFA des Mercenaires du Levant me viennent tout de suite à l'esprit, il y a peut-être d'autres exemples.

Il est à mon sens dommage que la plupart des LDVH s'en tiennent au premier type d'échec, la mort pure et simple du héros, comme si celui-ci n'avait d'autre choix que la gloire ou la mort, ce qui est à peu près aussi réaliste qu'un labyrinthe bourré de pièges creusé sur l'ordre d'un baron cinglé (désolé, c'était trop tentant). Enfin bref, je suis trop crevé pour développer plus, mais le sujet me paraît intéressant et je vous invite donc à débattre dessus pendant que je vais rattraper mon manque de sommeil :P
"Hey it's me, I'm dynamite and I don't know why"
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#2
A partir du moment où la quête du héros se résume souvent à sauver le monde, il est normal qu'on ne voie quasiment pas de PFA du troisième type. Là je cherche un jeu de mots à faire, mais je ne le trouve pas.

Je pense que l'originalité des PFA est directement liée à l'originalité de la mission. Je parle bien d'originalité et de rien d'autre. Un PFA peut-être très classique et magnifiquement écrit, mais ce n'est pas le sujet.

D'ailleurs, le PFA le plus original qui me vienne à l'esprit est issu du tome 3 de Loup Solitaire, les Grottes de Kalte, où le but n'est que de ramener Vonotar pour qu'il soit jugé, sans que le destin de quoi que ce soit soit en jeu. Ce PFA nous voit, de mémoire, chuter au fond d'un gouffre et mourir, mais rester conservé dans la glace et être découvert par une équipe de spéléologues deux-mille ans plus tard !
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#3
J'ajouterais un quatrième type d'échec : celui où le héros est corrompu par les forces du mal et en vient à servir le sorcier/démon/autre qu'il combattait. C'est possible par exemple dans "La Vengeance des Démons", "L'Arpenteur de Lune", "La Créature venue du Chaos"...

La majorité des LDVH mettent en jeu le sort du monde (ou pas loin), ce qui expliquent que les conséquences de l'échec soient catastrophiques (et que le héros n'y survive généralement pas).

A noter qu'il serait également intéressant d'étudier comment se manifeste la victoire dans les LDVH. La plupart du temps, ça se traduit effectivement par la gloire, la fortune et la paix dans le monde (jusqu'au prochain livre), mais il y a des exceptions. La fin des "Esclaves de l'éternité" est justement célèbre pour son originalité et la conclusion des Chroniques Crétoises est des plus amères. "Heart of Ice" de Dave Morris (que je traduirai peut-être un jour, sait-on jamais) offre des fins très inhabituelles.
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#4
C'est vrai que les PFA dont tu parles apportent une agréable fraîcheur par rapport aux PFA traditionnels.
Cependant, la conséquence en a toujours été la même pour moi : à chaque fois je me dis que ce n'est pas LE meilleur paragraphe de fin et que je dois recommencer le livre pour trouver ledit paragraphe en question.
La mort a un côté tragique qui me touche en temps que lecteur. Ce qui me plaît dans les LDVELH est aussi le fait que l'on peut périr à tout instant et comme je parviens souvent à m'immerger dans les récits, cet aspect funeste me touche vraiment. Quand je perds un livre sans mourir, j'ai un côté "inachevé" qui me laisse un drôle de goût. Je me dis : non, non! je veux y retourner!

Sinon Meneldur, disgression du sujet mais je viens d'imprimer et de zieuter le 1er paragraphe de la montagne de Xaerfall. Un objet trouvé dès le paragraphe 1, ça annonce la couleur! Smile
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#5
Le fait est que quelque soit la série, notre personnage à toujours un objectif precis qui motive sa quete, et par conséquent ne pas remplir cet objectif, c'est echouer. Même lorsqu'on nous fait miroiter d'autres fins possibles, il y en a une mieux que les autres. Par exemple dans le premier cycle de Defis et Sortilèges, une fin positive et une négative, mais la positive étant plus dure d'accès et découlant de la réussite des objectifs que nous étaient donnés lorsqu'on avait réussis notre mission de base; elle représente selon moi la seul vrai fin (d'autant plus qu'elle sert de base pour le second cycle).

Un autre type de PFA, c'est la mort en héros, le seul exemple qui me viens en tête, c'est la Légende de Zagor, lors du dernier test d'Habileté, soit on réussis et direction le 400, soit on echoue, mais Zagor est quand même anéantie et le monde sauvé, mais on y laisse sa peau. Il doit y avoir d'autre exemples, d'ailleurs je suis surpris qu'il n'y ai pas plus de fin de ce type en fait, ce genre de fin pseudo-tragique est pourtant un cliché qui aurait sa place parmis les nombreux autres présents dans les gamebooks.
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#6
Salla a écrit :Un autre type de PFA, c'est la mort en héros, le seul exemple qui me viens en tête, c'est la Légende de Zagor, lors du dernier test d'Habileté, soit on réussis et direction le 400, soit on echoue, mais Zagor est quand même anéantie et le monde sauvé, mais on y laisse sa peau. Il doit y avoir d'autre exemples, d'ailleurs je suis surpris qu'il n'y ai pas plus de fin de ce type en fait, ce genre de fin pseudo-tragique est pourtant un cliché qui aurait sa place parmis les nombreux autres présents dans les gamebooks.

En effet, dans les Loup Solitaire du 3ème cycle, il y en a plusieurs où l'on peut mourir après avoir réussi l'objectif, et la fin est glorieuse, même si l'on meurt : Les Druides de Cener, l'Héritage de Vashna et la Tour de Cristal entre autres.
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#7
Les deux types de fin sont liés essentiellement à l'ENJEU: la sauvegarde du monde.
Donc si on réussit, tout nous est accordé, alors que si on échoue, tout s'écroule.

CF SdA, avec Aragorn et Sam qui rafflent la mise (et Frodon qui se choppe le PFA atypique).

Une aventure qui pourrait être intéressante serait déjà un monde où il n'y a plus d'ENJEU à sauvegarder : les scénarios post apocalyptiques sont idéals de ce point de vue, et dans le Combattant de l'autoroute, si on gagne, on n'aura accompli qu'un tout petit pas vers le renouveau de la civilisation, et si on perd, ben, un autre tentera sa chance.
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#8
Tout à fait d'accord avec Outremer sur le quatrième type de PFA. Il est également présent dans la Citadelle du chaos, c'est l'une des issues de l'excellent face-à-face avec Balthus.

Et également d'accord avec Salla, il n'y a en général qu'une seule vraie et bonne fin, après laquelle on puisse se dire : "J'ai gagné." Il y a cependant quelques exceptions. La Grande Menace des robots, dont j'ai déjà eu l'occasion de dire beaucoup de bien, possède trois fins victorieuses différentes. Les Défis et Sortilèges possèdent également deux fins "victorieuses" possibles, du moins si l'on en croit les règles, mais comme Salla je considère que la véritable fin est celle où l'on ne succombe pas au mal. L'autre n'est qu'un PFA - du quatrième type - certes très bon, mais PFA quand même.

J'aimerais aussi citer les Messagers du temps. Cette série possède des PFA très particuliers : ce n'est pas nous qui gagnons, mais notre frère/soeur. Je trouve parfois ces PFA plus intéressants que le vrai paragraphe final, notamment pour le dernier opus, Objectif : Apocalypse.
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#9
je pense et même plus, j'en suis sure, il manque une fin des plus énervante!: le héros malgré ses efforts ne change rien à sa fin! (cf: l'emeraude de la rivière noire. sherlock holmes),et voit un autre personnage lui prendre l'honneur lors de la résolution de sa mission, qu'il ne va pas résoudre du tout!! voilà. le tour est faitWink
quand le corp meurt,l'esprit subsiste...
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#10
Fitz a écrit :En effet, dans les Loup Solitaire du 3ème cycle, il y en a plusieurs où l'on peut mourir après avoir réussi l'objectif, et la fin est glorieuse, même si l'on meurt : Les Druides de Cener, l'Héritage de Vashna et la Tour de Cristal entre autres.

C'est aussi possible dans "La Vengeance des Démons" et "Les Murailles de Spyte" (dans ce dernier livre, le côté héroïque du sacrifice est tempéré par le fait qu'il ne reste de toute façon que cinq minutes avant que les morts ne se relèvent pour le Jugement Dernier...).

Dans "Les grottes de Kalte", il y a une fin où on meurt empoisonné par les radiations d'une Pierre Maudite qu'on transporte sur nous. Vonotar nous exhibe alors comme trophée dans sa salle du trône... et, sans s'en rendre compte, subit à son tour les radiations, qui finissent par le tuer. Ca ne remplit pas tout à fait la mission posthumement (on était censé le ramener prisonnier, pas le tuer), mais ça s'en rapproche.
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#11
Outremer a écrit :J'ajouterais un quatrième type d'échec : celui où le héros est corrompu par les forces du mal et en vient à servir le sorcier/démon/autre qu'il combattait. C'est possible par exemple dans "La Vengeance des Démons", "L'Arpenteur de Lune", "La Créature venue du Chaos"...
On peut encore subdiviser ça en deux : soit le héros rejoint de son plein gré le camp des méchants, soit il y est forcé (soumis psychiquement, a oublié de faire un truc, lui manque un objet indispensable) et devient une espèce de zombie au service du grand méchant : il me semble que cette dernière sorte est la plus courante, par exemple dans l'Arpenteur.
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#12
Meneldur a écrit :soit le héros rejoint de son plein gré le camp des méchants

J'y ai pensé, mais est-ce qu'on peut vraiment considérer cela comme un PFA si le joueur choisit cette solution en toute liberté et en toute connaissance de cause ? Dans le cas de Défis & Sortilèges, contrairement à Salla, je pense qu'il existe deux fins, même si l'une est clairement préférable.
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#13
Outremer a écrit :J'y ai pensé, mais est-ce qu'on peut vraiment considérer cela comme un PFA si le joueur choisit cette solution en toute liberté et en toute connaissance de cause ? Dans le cas de Défis & Sortilèges, contrairement à Salla, je pense qu'il existe deux fins, même si l'une est clairement préférable.
Évidemment, ça dépend de la définition qu'on donne au mot « échec » : est-ce que toute fin où on n'accomplit pas notre objectif est un échec, même si on est sain et sauf et en pleine possession de nos moyens ?
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#14
A ce sujet, rapellons le très bon PFA dans "Le Marais aux Scorpions", où on peut vendre l'anneau magique à Pompatarte et finir riche à millions sans avoir levé le petit doigt. Ca, c'est du pragmatisme !LOL
Segna, adepte de Slangg...
[Image: vampire_icone.png] La Traboule de Segna
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#15
Fitz a écrit :la conséquence en a toujours été la même pour moi : à chaque fois je me dis que ce n'est pas LE meilleur paragraphe de fin et que je dois recommencer le livre pour trouver ledit paragraphe en question.

Les livres-jeux, comme leur nom l'indique, ne sont pas que des livres. Le challenge, le défi du livre est d'atteindre la fin, sans échouer, quand bien même on ne meurt pas. Comme toi j'ai pour but de réussir et donc d'atteindre ce paragraphe-là.

Les LDVELH qui ont beaucoup de PFA d'échecs sans mort sont les Sherlock Holmes. Leur nature (enquête policière) et leur cadre l'expliquent.

Jehan a écrit :J'aimerais aussi citer les Messagers du temps. Cette série possède des PFA très particuliers : ce n'est pas nous qui gagnons, mais notre frère/soeur. Je trouve parfois ces PFA plus intéressants que le vrai paragraphe final, notamment pour le dernier opus, Objectif : Apocalypse.

A part justement dans ce 4ème tome, je n'ai pas le souvenir de PFA de ce type. La fin des 3 premiers tomes est toujours une égalité entre les 2 héritiers du trône. J'ai Le Masque de Sang : peux-tu me donner le n° du PFA que tu décris, que je puisse juger ?
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