Mini-Yaz 2018 Disruption (Gynogege)
#16
C'est ce qui arrive quand on refuse de prendre ses médicaments !
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#17
(je copie-colle le post de La Taverne)

Une expérience de lecture dépaysante. En prenant connaissance de la 1ère de couverture, de l'exergue et des premières lignes de l'intro, je me suis dit « Tiens, un brûlot politique, Dave Morris et son brexit, etc. » Puis j'ai avancé dans ma lecture de l'intro et apparemment... c'est autre chose. Le côté SF et expérience d'apprenti sorcier m'ont saisi, d'autant qu'à mesure des paragraphes s'installe un certain malaise. Le côté « Je découvre en même temps que le héros, et ce que je découvre ne me plaît pas ». Cela fonctionne par suggestion, par petites touches plutôt que par étalage de couleur grossier : zut, ils sont gentils 5mn ces robots, mais est-ce qu'à un moment je vais rencontrer un humain dans cette capitale ?

L'écriture, comme celle d'une autre mini-AVH lue hier soir, est très maîtrisée. Je parle en terme de style, de phrasé. Cette AVH semble avoir été très travaillée et je le dis.

Des détails intéressants, qui en disent parfois plus longs que de grandes explications...
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La fin, enfin.
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Je rejoins les remarques de Bruenor concernant la facilité / difficulté d'atteindre telle ou telle fin ; j'ai dû faire des choix autres que ceux qui me tentaient pour découvrir une autre fin que la Noire.

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#18
Nous incarnons ici un personnage qui ressemble pas mal à l’actuel président de république française. Dans une réalité alternative cauchemardesque où il est réélu pour un second mandat, il décide de se faire cryogéniser pour être ramené à la vie en 2080 pour voir par lui-même les effets de sa politique de destruction de l’État (enfin de l’État démocratique surtout).

Confronté aux premiers aléas, il découvre un environnement où seuls des robots sont là pour l’accueillir, et va découvrir petit à petit ce que réserve ce nouveau monde dont il pense être le prophète, que dis-je, le créateur. Le grand intérêt de l’aventure est la découverte de ce Paris futuriste. Les révélations se font au compte-goutte, et les robots sensés nous guider dans cette découverte donnent assez vite l’impression de pas tout nous dire, sans pour autant nous mentir, créant ainsi une ambiance oppressante, mais surtout mystérieuse.

La principale difficulté pour ma part a été l’identification au personnage principal. La question rejoint celle de la difficulté d’incarner un ‘méchant’. Ici, le personnage est inspiré d’une personnalité politique, donc forcément clivante. Je ne sais pas comment peuvent vivre l’aventure ceux qui lui sont favorables, et je serais curieux d’en voir des retours, mais pour ma part, je me suis au début demandé ‘comment dois-je agir ?’ Comme je le ferais moi-même ? Ou comme j’imagine le personnage faire ? Ou comme l’auteur imagine le personnage faire ? Il nous est donné suffisamment d’éléments, à travers les réflexions du personnage, pour pouvoir comprendre comment il devrait agir, mais je n’ai pas pu me résoudre à intégrer sa logique.

Personnellement, j’ai donc, à ma première lecture, fini à la fin noire. De façon assez systématique, j’ai rejeté toutes les nouvelles technologies. Il faut dire qu’elles ont limite une étiquette ‘je vais te prendre ta liberté’ collée sur elles. Le chemin qui mène à cette fin m’a apporté que peu de réponses, et c’est donc avec l’intention d’en savoir plus que je me suis lancé une seconde fois. Lors de cette seconde tentative, j’ai eu le sentiment de dérouler l’aventure de façon logique, guidé par ma curiosité, pour atterrir à la fin rouge. J’ai donc découvert tout cette univers à mi-chemin entre l’horreur et le comique, grâce à la narration qui permet de susciter juste ce qu’il faut de fascination et de dégoût pour ce nouveau monde.

Cette aventure de SF nous offre une critique politique d’un mode de pensée, et de ce vers quoi il peut nous mener, d'une façon certes plus symbolique que réaliste scientifiquement, bien au-delà du personnage qu’elle met en scène. J’ai un peu tendance, trop exagérément probablement, à rattacher le point de vue exprimé à la critique qu’il m’arrive de faire de la vision technocrate du monde, très en vogue chez beaucoup de gens, et surtout de politiques, ces derniers temps. Et c’est probablement pour ça que j’ai apprécié l’aventure, même si la très bonne narration, et les mécaniques y sont aussi pour beaucoup. Elle tient parfaitement dans les 50§, et les deux caractéristiques me semblent faire leur office en obligeant un minimum le lecteur à accepter certains contraintes (pour la caractéristique Santé), tout en l’invitant à ne pas se faire happer par le système (avec la caractéristique Volonté).

Pour résumer, une excellente aventure d’anticipation, avec sa part de réflexion sur notre monde actuel, rôle premier d’un tel récit à mon sens.
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#19
Merci de ce retour très intéressant Salla ! Tu mets le doigt sur plusieurs points cruciaux de cette AVH. D'abord je suis content que tu te sois senti embarrassé d'incarner un personnage auquel tu n'adhères pas. Ca fait partie des effets recherchés de l'AVH, même si c'est un peu sadique. D'un autre côté, comme tu le soulignes, tout le monde n'est pas forcé de trouver que c'est un salaud.
Après je précise que malgré les références ce serait réducteur d'identifier complètement le personnage à notre président actuel. J'ai essayé d'introduire des éléments qui le différencient, voire qui pourraient renvoyer à d'autres présidents (comme les infidélités conjugales par exemple), pas seulement pour éviter des procès mais parce que je pense que la logique décrite va bien au-delà d'une personne. Au final je note que tes convictions ont fait que tu n'as pas expérimenté la fin Bleue Smile
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#20
La menace éventuelle posée par le développement des nouvelles technologies en général, et des IA en particulier est un thème souvent abordé en littérature, d’où la difficulté d’en faire quelques choses d’original. Avec cette aventure pourtant, Gynogege s’en sort très bien pour nous proposer une dystopie bien grinçante assez unique dans le genre.

Je pense que ce qui contribue beaucoup à l’originalité de cette aventure est l’association de grands thèmes de science-fiction - constamment réinventés par de nombreux auteurs - avec des thèmes politiques très contemporains. Nous incarnons en effet un président français dont le prénom pourrait être Emanuel, tout juste réveillé après un sommeil cryogénique de près de soixante ans, qui retrouve une France bien différente de celle qu’il a laissée. Dans cet État dominé par des machines, il va vite se rendre compte que son pouvoir n’est pas grand chose de plus qu’une façade... À nous de voir si nous allons accepter de nous soumettre aux robots, ou essayer de lutter contre cette technocratie à laquelle nous avons permis de voir le jour!

En terme de jeu, ces décisions sont mesurées par notre score de volonté : à chaque fois que nous plions devant les machines, à chaque fois que nous utilisons les technologies des années 2080, il devient plus difficile de s’en passer par la suite. Un autre score nous tient lieu de jauge de santé, mais comme d’autre avant moi l’ont fait remarquer, je le trouve un peu superflu (je ne sais même pas s’il est possible de tomber à 0, mais peut-être que c’est juste moi).
La conséquence logique de ces mécanismes est la possibilité d’atteindre deux fins victorieuses différentes selon notre parcours : la fin bleue, traduisant une soumission totale au système, ou la fin rouge, signifiant son rejet. Un choix moins tranché nous amène à la fin Noire, seul véritable PFA de cette aventure. Ces fins sont intéressantes, même si elles ne sont pas véritablement satisfaisante (ce qui n’est pas ici réellement une mauvaise chose, je vais y revenir).

L’aspect qui m’a probablement le plus plu dans cette AVH est peut-être son caractère « meta », si je peux dire. Je m’explique : l’une des raisons pour lesquelles nous apprécions les LVDEH, c’est la possibilité de faire des choix, d’influencer par nos actions le déroulement d’une histoire. Or, ici, les robots qui entourent notre personnages travaillent activement à l’empêcher de véritablement choisir, et à emprunter gentiment le petit chemin tout tracé par le système. On en arrive à devoir pratiquement se battre pour faire des choix, sans que la volonté de notre personnage ne soit émoussée par cet équipage de robot qui l’entourent. Peut-être que c’est juste moi qui regarde trop loin, mais j’ai trouvé particulièrement intéressant que les mécanismes de l’aventure permettent de servir le propos de cette façon.

Le propos, d’ailleurs, est bien présenté par un univers particulièrement sinistre pour les humains (ou ce qu’il en reste), que l’on peut un peudécouvrir avec quelques recherches. Notre personnages est peut-être un peu trop perdu au début, mais d’un autre côté, il a été congelé pendant soixante ans. Comme pour les choix, découvrir les secrets de ce futur possible n’est pas facile, et demandera d’explorer en résistant à la pression de nos conseillers mécaniques. Le tout nous est présenté avec un style sobre, mais maîtrisé, sur lequel je n’ai pas grand chose à redire.
Dans le format, en revanche, je ne sais pas vraiment quoi penser de l’ « activation » de certains paragraphes par des codes. Ça fonctionne, mais le contrecoup est de nous donner un certain nombre de paragraphes courts, à mon sens légèrement superflu. Peut-être aurait-il été possible de les intégrer à d’autres paragraphes, ce qui aurait permis d’ajouter d’autres actions/décisions? Mais je chipote un peu...

Terminons par les fins :
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En somme, une dystopie grinçante, des idées créatives, un sous-texte politique intéressant, malgré quelques petits bémols pas vraiment gênants. Une aventure qui m’a bien plue donc!
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#21
Merci pour cette critique à laquelle je ne vois pas trop quoi rajouter parce qu'elle correspond bien à l'idée que je me fais de cette AVH !
Juste pour l'activation des codes, j'ai choisi ce procédé pour deux raisons:
- éviter de donner trop d'indices en première lecture;
- rentrer dans la contrainte des 50 paragraphes;
J'ai au moins eu un retour me confirmant que la première raison (la seule bonne raison Wink ) avait fonctionné. Au départ je voulais faire ça sous forme de "lexique" à la fin, mais je ne voulais pas tricher avec la numérotation des paragraphes.
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#22
De toutes les aventures de cette session du mini-Yaz, je crois que c'est celle-ci qui m'a le plus impressionné. C'est simple, je ne lui trouve aucun défaut. Ce n'est pourtant pas la vision complètement loufoque qu'elle présente de l'avenir qui m'a convaincu - impossible pour moi d'imaginer que les machines puissent un jour prendre le dessus sur l'homme. Non, c'est plutôt l'aspect humoristique et parodique qui m'a emballé. L'AVH fourmille de petites trouvailles rigolotes qui m'ont vraiment fait passer un bon moment.

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J'ai aussi beaucoup apprécié d'incarner le héros de cette aventure. Je n'ai personnellement aucun sentiment particulièrement négatif ou positif pour son modèle (j'attends de voir la suite), je suis donc rentré dans sa peau sans à priori. Le personnage que j'ai découvert, imbu de lui-même, sûr d'avoir tout réussi, et qui se retrouve soudain confronté à la réalité des conséquences ses actes... ce personnage m'a beaucoup séduit. Je l'ai finalement trouvé très humain, avec ses défauts et ses qualités, car en dépit de son arrogance il n'est pas dénué de volonté et de courage, en particulier sur la voie rouge. Son désappointement progressif est aussi excessivement bien rendu. C'est très subtil, très fin. Bravo!

J'ai obtenu la fin rouge à ma quatrième tentative, après être passé à un doigt de l'atteindre à ma première tentative. A mon avis, c'est la seule fin qui puisse être considéré comme un réussite.

Cette AVH aurait pu être un brûlot un peu lourdingue pour quiconque ne partage pas les idées altermondialistes (j'avoue que c'est mon cas, même si la société actuelle ne me fait pas particulièrement rêver), mais c'est tout le contraire. A aucun moment on ne nous dit: "attention, si vous ne détruisez pas immédiatement votre smartphone (à coups de club de golf) et ne quittez pas la civilisation pour aller élever des chèvres dans le Larzac, voilà ce qui va arriver". C'est une vision d'un avenir peut-être possible (enfin dans l'esprit, hein!), mais tellement improbable qu'elle ne se prend pas elle-même vraiment au sérieux.
Et ça c'est vraiment très très bien. Big Grin
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#23
Merci Kraken.
J'avais essayé de faire en sorte que ça ne soit pas impossible de s'identifier au personnage, même s'il a certains côtés très limite... de ce point de vue ta réaction me fait plaisir, même si je pense que tu es le premier à réagir de cette manière.
Après concernant le sérieux ou pas, l'impossible ou le probable...
Je prends toujours ce que je dis ou écris au sérieux, même quand c'est de l'humour ! Un de mes films préférés c'est "Underground" d'Emir Kusturica (je ne sais pas si tu l'as vu). Est-ce qu'il faut prendre ce film au sérieux ? En tous cas c'est ce genre de sérieux que j'aime.
Pour finir je dirais juste que pour moi l'improbable devient possible si on est persuadé qu'il est tellement improbable qu'on n'a pas besoin d'effort pour l'empêcher d'arriver. Mais ça n'engage que moi !
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#24
A propos du personnage: dans le cadre des aventures interactives, j'aime beaucoup jouer des personnages en demi-teinte; je trouve ça plus intéressant que d'incarner le sempiternel héros tout blanc tout lisse. C'est souvent ce genre de personnages que j'emploie dans mes propres AVH. Je suppose que c'est parce que ça me change de la vie réelle, où je ne pense pas être un mauvais garçon (Je paie mes impots et quand je croise un escargot perdu sur une route je l'aide à traverser). Mais ça fait du bien de jouer à être méchant, parfois...

A propos de la possibilité du scénario: c'est vrai que l'avenir que tu décris dans ton AVH me semble complètement impossible - si on s'en tient à la lettre. Mais dans l'esprit, en effet, pourquoi ne pas imaginer un futur ou l'homme deviendrait l'esclave de ses propres technologies? Dans une certaine mesure, n'est-ce pas déja le cas? Après on ne me ferait revenir en arrière pour rien au monde, il n'y a qu'à voir les merveilles qu'on accomplit aujourd'hui dans le domaine médical...
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#25
On est déjà "esclave" de la technologie. En fait, je dirai plutôt dépendance totale. C'est sans doute plus inquiétant car être esclave signifie l'espoir d'une libération, d'un affranchissement. Or on ne peut s'affranchir de la technologie. Ou alors ce serait au prix d'un bouleversement drastique tant on y est imbriqué. Imaginez demain un monde où l'approvisionnement en électricité serait définitivement coupé. Pour un nomade des steppes mongoles l'impact serait limité. Mais pour nous pratiquement rien ne fonctionnerait de tout ce qui fait notre quotidien et tout deviendrait très vite invivable.
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#26
Bien que j'ai eu le plaisir de tester Disruption en avant-première et que j'ai déjà posté une sorte de mini-feedback sous spoiler au début de ce fil, je pense que l'AVH de Gynogege mérite largement un retour plus étoffé, après plusieurs relectures sans pression.

Tout d'abord, parce que je ne voudrais pas m'y attarder mais qu'il s'agit quand même j'imagine d'une des motivations profondes de l'auteur, le fond.
L'un des aspects de la Science-Fiction que je préfère, c'est qu'elle permet d'explorer des facettes du réel avec la plus grande liberté, en les isolant en quelque sorte de la gangue de l'époque ou de l'Histoire.
Par conséquent, même si l'univers proposé par Disruption semble "improbable" ou tout du moins grotesque par certains aspects, cela n'empêche pas selon moi de considérer précautionneusement la réalité qui est présentée ici. Les éléments que Gynogege met en avant, ceux qui se dévoilent devant nous au fil de l'histoire, m'ont fait réfléchir d'une manière totalement inédite à certains aspects de notre société, de notre présent. Cette originalité et cette pertinence (car le sujet est crucial) m'ont vraiment séduit.

J'avoue être épaté par la manière dont cette ambition se traduit en un texte souvent drôle, en tous cas coloré par une distanciation réjouissante !

L'AVH m'est apparue plus comme une nouvelle interactive qu'un mini-jeu de rôle, ce qui n'est pas du tout un bémol car l'expérience vécue, à la fois ludique (les choix sont intéressants et on se débat pour faire avancer le Président dans ce monde bizarre et contrariant) et littéraire (tout est maîtrisé et remarquablement cohérent, jusqu'au style neutre et presque aseptisé) m'a vraiment marqué.
Je me souviens de mes premières lectures où j'étais très enthousiaste. Même aujourd'hui, je l'ai parcourue sans aucune lassitude.

S'il faut trouver des bémols... peut-être justement le côté un peu trop délirant du personnage ou du monde proposé : on est toujours à la limite du réaliste, à la limite du grotesque (et finalement la fin rouge me semble une apothéose tout à fait dans le ton, d'une certaine manière), à la limite de l'identification (étrange de détester un personnage, ses réflexions sur les femmes, les gens, et en même temps de se mettre à sa place et se débattre pour exister).
Et le thème, moins bien intégré que pour d'autres mini-AVH.

En tous cas, je ne le répèterai jamais assez : j'ai aimé lire ce texte, en parler avec mes proches, le relire, le commenter. Merci Gynogege, un vrai coup de coeur !  Big Grin
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#27
(28/08/2018, 14:13)MerlinPinPin a écrit : ...faire avancer le Président dans ce monde bizarre et contrariant

Ça décrit très bien le ressenti à la lecture, l'impression que les choses nous résistent et que ÇA NOUS ENERVE !!!! (c'est le but)

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#28
Un brûlot politique sous forme d'AVH, pas même besoin de regarder le nom de l'auteur pour deviner qui a pu l'écrire Big Grin
J'ai eu un peu peur au début (la politique, c'est vraiment très casse-gueule, on risque de très facilement tomber dans la propagande ou de braquer ceux qui ne sont pas de notre avis), mais j'ai constaté avec plaisir que, dans l'ensemble, Gynogege s'en sortait quand même plutôt bien et évitait les plus gros écueil.
En particulier, il a réussi à faire un pastiche qui ne sombre pas dans la caricature primaire, et à traîter sa Némésis (le président que l'on incarne) en une réelle personne ayant ses propres opinions et même une forme de droiture personnelle.

Le mélange d'humour politico-burlesque et de dystopie terrifiante donne une ambiance toute particulière à l'AVH, et permet d'étendre le champs du possible à des aspect franchement outranciers qui ne seraient pas passés dans un thème plus réaliste, tout en servant de manière assez bien foutue à une mise en garde contre les dérives possibles de notre temps.

Contrairement à d'autres, je n'ai eu aucun problème à prendre la place de M. PasMacronIlParait : le fait d'incarner un personnage ayant sa propre personnalité est pour moi un élément normal du jeu de rôle, et je dirais même que c'est un jeu en soit d'essayer de se projeter et de se dire "ok, LUI il ferait quoi à ce moment ?".

Sans atteindre la profondeur ni la qualité littéraire de La Chute, on se retrouve quand même avec une AVH intelligente, ayant une ambiance bien à elle, faisant passer un message sans sombrer dans la caricature et avec une écriture tout à fait honorable.
Je valide !
La violence n'est pas la bonne réponse !
La violence est la question. La bonne réponse est "oui".
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#29
Merci encore de ces retours ! Ce qui me marque c'est la présence de termes comme "burlesque", "outrancier", "délirant", alors que ce ne sont pas des ingrédients que j'ai eu véritablement envie de mettre, en tous cas pas à ce point là (même si l'ironie ou le cynisme là j'assume). En réfléchissant c'est vrai que j'ai essayé de reproduire la façon dont je percevais les conséquences possibles d'une philosophie ou d'un discours qui affiche aujourd'hui une forme de prédominance (le PDG d'une grosse boîte dont je préfère taire le nom parlant même d' "auto-disruption"). Et moi-même je perçois ce discours comme outrancier, délirant, voire burlesque... sauf que ceux qui tiennent ce discours sont aujourd'hui aux manettes de l'économie et de l'industrie, du coup ça fait forcément sérieux. J'ai donc relégué ce côté farce dans mon inconscient mais il est naturellement ressorti dans le texte... c'est vraiment une richesse de ce site je trouve d'avoir un retour approfondi sur ce qu'on a écrit !

Merlinpinpin, j'aimerais bien savoir quelles réflexions "inédites" a pu susciter la lecture de l'AVH ! Smile
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#30
(01/09/2018, 20:01)gynogege a écrit : Merci encore de ces retours ! Ce qui me marque c'est la présence de termes comme "burlesque", "outrancier", "délirant", alors que ce ne sont pas des ingrédients que j'ai eu véritablement envie de mettre, en tous cas pas à ce point là (même si l'ironie ou le cynisme là j'assume).

À mon sens, tout est (malheureusement) crédible sauf le twist principal qui va un peu trop loin.

L'alternative « vraisemblable » qui me vient à l'esprit n'est cependant guère plus réjouissante puisqu'elle implique des humains sans bras ni jambes (on coupe ce qui ne sert plus, on garde ce qui est difficile à remplacer comme les organes internes) dans des cuves, chacun relié au réseau et traitant des requêtes mineures en provenance d'objets connectés. En somme, une évolution macabre du Mechanical Turk d'Amazon (je vous laisse chercher sur Google et entrer en dépression vous-même).
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