Avancement des projets 2016
#61
J'avais raconté ici que je testais la technique de l'auto-hypnose.
Je l'ai fait, et c'est absolument inefficace pour générer plus de créativité. Par rapport à l'inspiration classique, c'est tout aussi aléatoire. Je n'ai absolument pas augmenté mon efficacité en le faisant. Donc je déconseille.
du coup, je me demande je ne tombe pas dans le piège habituel : c'est-à-dire que lorsque cela ne va pas je remets en question le fond, le sens de ce que j'écris alors qu'en fait c'est peut-être juste un problème purement technique, de structure.
Je suis du genre (sauf quand c'est un boulot sur commande où là je me contente de faire ce qu'on me demande) à me lancer dans dix mille projets en espérant qu'un seul réussisse. Avant d'arriver à finir mon premier roman perso, je crois que j'ai dépassé les vingt ou trente projets inachevés ou jetés car mauvais. Une perte de temps qui fut parfois formatrice, mais rarement en fait, car quand je compare mes premières nouvelles avec le style de mon roman, dans les passages où j'étais vraiment très inspiré, la différence n'est pas si énorme.
Ce que je pense depuis longtemps, c'est que la plus importante et capitale qualité d'un artiste est la capacité à juger rapidement la valeur de son travail, et s'il est nécessaire d'aller au bout. Cela permet de ne pas perdre de temps multiplier les tentatives jusqu'à arriver par hasard à un alignement des planètes.
Le problème, c'est que ce type d'écriture s'apparente à jouer à la machine à sous : on ne peut pas s'empêcher de commencer un nouveau projet parce que l'on se dit : si ça se trouve celui-là sera le bon. Et j'en ai marre de fonctionner comme cela, à obéir à des intuitions créatrices, de manière très animale en fin de compte.
Alors je me demande si la seule et unique solution de gagner en efficacité sur le rapport projet commencé/fini n'est pas en fait de faire la machine à sou pendant des années, et une fois que l'on a obtenu deux oeuvres qui nous satisfassent pleinement en tant qu'artiste et dont on peut se dire : voilà, ça c'est moi, c'est ça que je veux dire et personne d'autre à part moi n'aurait pu l'écrire, alors on les compare toutes deux et on cherche à y établir un maximum de points communs (du point de vue de la structure, des personnages...). De cette manière, on peut mieux se connaître, et se créer un système qui permette les variations pour éviter de donner l'impression de se répéter.
Quand je lis les auteurs que j'aime, j'ai quand même l'impression qu'un auteur a en général entre 1 et 4/5 formes/systèmes privilégiés et dont il fait infiniment des variations. En fait, on a très peu de manières de s'exprimer, le tout est de les enrober de manière à ce que ce ne soit pas trop répétitif.
Il se trouve qu'après 8 ans d'écriture intensive j'ai justement deux oeuvres romanesques dont je suis pleinement satisfait (même si l'une d'elle est plutôt une novella), donc je vais plutôt essayer de faire ça.


Sinon, pour la vieille fille et la mort, cela avance petit à petit. Avec cela, si vraiment le premier des critères des lecteurs est l'originalité, je pourrai peut-être avoir un bronze. Sinon, je me vois bien finir 4e ou 5e parce que vu la bête je pense que je vais en traumatiser certains, et pas toujours dans le bon sens. Mais je me fais plaisir à aller vraiment au bout du délire, mais vraiment au bout. C'est cela qui compte.
#62
Je sais qu'en ce qui me concerne, et bien que je n'aie aucune expérience professionnelle sur ce point, je me suis rendu compte qu'être capable d'aller au bout d'une chose est une qualité en soi, que l'on acquiert avec de l'expérience. Personnellement c'est le fait d'être allé au bout de ma thèse qui m'a donné la confiance nécessaire pour savoir que je pouvais aller au bout d'un projet... jusque là je n'avais jamais achevé un processus créatif (à part des nouvelles très courtes)
Aujourd'hui lorsque j'entame mes AVH je suis à peu près sûr d'aller au bout. Je travaille par itérations entre histoire et structure ludique jusqu'à ce que j'aie l'impression d'arriver à un bon équilibre entre les deux, mais en général je n'ai pas d'idée très ferme de ce que sera mon produit au début du processus (et je crois que c'est ce qui fait que j'arrive plus facilement au bout qu'avant, je me laisse énormément de marge de manoeuvre).
Je voulais initier un sujet sur le processus de création justement: personnellement j'avance beaucoup dans mes idées quand je passe l'aspirateur, je fais du jardinage, je fais la vaisselle à la main... en fait je ne suis pas sûr que ça soit tellement loin de l'hypnose, je me lance dans un truc répétitif et balisé qui libère mon esprit et me permet souvent de débloquer certaines difficultés.
J'aimerais bien savoir dans quelles situations les auteurs sur ce site trouvent le plus facilement l'inspiration ?
#63
(07/11/2016, 14:38)gynogege a écrit : J'aimerais bien savoir dans quelles situations les auteurs sur ce site trouvent le plus facilement l'inspiration ?

Salut !
Eh bien moi je n'ai pas de technique particulière si ce n'est penser à mon avh avant de dormir, et l'inspiration me vient très facilement (je ne sais pas si c'est dû au fait que mon esprit se repose), et je note mes idées sur un carnet... Voilà mon cas, pas sûr que ça t'ai vraiment aidé ^^
Ecrivain en herbe (rassurez-vous, ce n'est pas de la mauvaise herbe Wink)
#64
C'est pas une question de m'aider, c'est juste par curiosité, je trouve que c'est une expérience intéressante à partager Smile
#65
(07/11/2016, 14:38)gynogege a écrit : J'aimerais bien savoir dans quelles situations les auteurs sur ce site trouvent le plus facilement l'inspiration ?


Aucune en particulier. Je ne suis pas surpris que l'auto-hypnose ait déçu Sukumvit pour ce qui est d'apporter l'inspiration. Pour que ce type de méthode aide à écrire, il faudrait que nous ayons en nous une sorte de fontaine à idées (à la fois élaborées et originales), où nous pourrions puiser en ayant l'esprit suffisamment ouvert et ainsi écrire des histoires qui seraient exceptionnelles et reflèteraient puissamment notre personnalité. C'est de mon point de vue essentiellement une illusion.

Il m'est arrivé d'avoir des idées qui me paraissaient bonnes alors que j'étais dans un état de "conscience altérée", parce que j'étais à demi endormi ou un peu alcoolisé ou autre chose. La grande majorité du temps, lorsque je réexaminais ces idées à la lumière de la lucidité, je découvrais qu'elles étaient en fin de compte très banales ou trop vagues pour être vraiment utiles. (Il ne m'est arrivé qu'une seule fois d'écrire une oeuvre - une histoire courte - purement à partir d'une idée qui m'était venue de façon intuitive ; et je n'ai du reste jamais su ce que cette histoire valait vraiment.)

De mon point de vue, l'inspiration s'obtient essentiellement par des apports de l'extérieur et non de l'intérieur. En lisant des livres, en regardant des films, en apprenant des faits historiques, en entendant des faits divers, etc. La qualité de la source n'est pas essentielle, mais sa diversité l'est. Plus on tamise d'éléments, plus il y a de chances que l'un d'entre eux éveille en nous des échos et nous fasse entrevoir des possibilités.

(Pour la petite histoire, l'inspiration qui a donné naissance à Labyrinthe m'est venu de American McGee's Alice, un jeu vidéo auquel je n'ai absolument jamais joué et dont j'ai à peine vu quelques images.)
#66
De mon côté, énorme influence de la musique, de certains films et de certains livres.

J'écris toujours en musique avec en général une musique "épique" ou "New Age" on va dire... Basil Poledouris pour la BO de Conan, Dead Can Dance (pour ceux qui connaissent), Vangelis, mais aussi des morceaux de New Wave (Talk Talk, mon groupe culte) ou plus classique avec Ryiuchi Sakamoto par exemple, voire du Jean-Michel Jarre ou du Depeche Mode. Pour Les tambours de Shamanka, j'ai écouté en boucle l'album Spiritchaser de Dead Can Dance et de nombreuses versions instrumentales de tubes comme Such a shame de Talk Talk. African skies de Simple Minds aussi, en boucle.

Pour les films, ça dépend du sujet de l'AVH mais j'ai toujours une réserve de films cultes, le plus souvent historiques ou/et Fantasy qui constituent un "fond" dans lequel je puise parfois une situation, un bout de dialogue, une idée...

Et puis surtout, les bouquins. Pas que du Howard, Clark Ashton Smith, Abraham Merritt ou Tanith Lee d'ailleurs... Souvent des romans historiques, des poèmes, des livres "littéraires"... Indispensable pour trouver les mots, le rythme, les synonymes, les tournures de phrases, la fluidité nécessaire pour faire passer mes descriptions très poussées parfois... Le choix des mots est primordial, un mot bien choisi et à la bonne place peut changer le sens, le ressenti de toute une phrase. Y a pas de secret, pour aimer écrire, il faut aimer lire, il faut aimer les mots, jouer avec eux. Surtout avec le français, langue très riche et complexe. On n'est pas obligé d'écrire du Proust, si on choisit bien ses mots, on peut faire passer une image, un ressenti, avec peu.
Un bon dico (ou Tata Wikipédia) reste indispensable pour éviter certaines bourdes, surtout dans les descriptions. Histoire d'éviter par exemple de mettre un tigre en Afrique ou une aurore boréale dans le désert. Pour Les tambours de Shamanka, j'ai fait des recherches sur la végétation africaine, la faune, la flore, le climat... Histoire de pas mettre une forêt de sapins sur une colline en pleine brousse... J'exagère là, mais c'est pour donner une idée.

Et puis, dans une moindre mesure, le dessin. Ayant, sans me vanter, un joli coup de crayon, j'ai souvent un bout de papier à côté et des fois je crayonne un costume, un bijou, un accessoire, le visage d'un de mes personnages. Cela me permet de mieux visualiser mon idée. Et bien sûr, les dessin des autres : Frazetta, Boris Vallejo, Keith Parkinson, Nightrhino... mais aussi des images trouvées sur le net, des illustrations...
Anywhere out of the world
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#67
C'est vrai que j'ai décrit les moments où j'arrivais à structurer mes idées en un tout cohérent, mais pas mes sources d'inspiration... et là j'avoue que je n'ai pas beaucoup de recul par rapport aux oeuvres dans lesquelles je puise ! Depuis que j'ai des enfants ma consommation de lecture, musique ou cinema a fortement diminué (ou alors elle s'est décalée vers Tchoupi et les Pokemeon Smile ), donc je me réfère forcément à des souvenirs assez anciens. Et je m'aperçois souvent que j'ai besoin d'une remise à niveau sur le vocabulaire et Loup Solitaire m'aide pas mal là-dessus (j'ai vraiment le sentiment que les oeuvres de notre jeunesse sont plus riches que celles qu'on donne à lire à nos enfants).
#68
Le problème pour moi n'est pas en soi d'arriver à finir une oeuvre ou de trouver des idées, ça j'y arrive très bien, le problème c'est que je veux être plus qu'un artisan, je veux être capable de réaliser des oeuvres qui soient vraiment sincères et personnelles, que personne d'autre ne pourrait avoir écrit à part moi. Et comme je me rends compte la plupart du temps plus ou moins tardivement que ce n'est pas le cas, du coup j'arrête.
D'où cette tentation logique d'aller se poser des questions sur le fond, alors qu'en ce moment je suis en train de me demander si ce n'est pas une erreur. ce serait peut-être juste une question de structure. Quand j'écrivais de la poésie, j'avais le même problème au début, puis j'ai découvert les poèmes en prose de Henri Michaux, cela m'a débloqué et maintenant que j'utilise cette forme qui me convient, j'ai la sensation que tout ce que j'écris est vraiment personnel. C'est peut-être juste une question de forme. en essayant de trouver les liens entre les rares œuvres que j'assume pleinement, peut-être que je peux me créer un système qui serait une colonne vertébrale. C'est ce que j'essaye de faire en ce moment, je vous dirai si cela a marché, comme pour l'auto-hypnose. Ce que je peux dire pour l'instant, c'est que ces deux méthodes sont inverses :
autohypnose : on a tendance à trop se focaliser sur les idées obtenues ce qui au final éloigne d'autres idées qui pourraient arriver pendant l'écriture. Cela enferme.
structurer en cherchant des similitudes entre oeuvres passées : cela permet au contraire de faire des liens entre des éléments qui n'ont a priori n'ont aucun sens. cela m'a rappelé plein de souvenirs et d'oeuvres, globalement cela ouvre et excite la créativité.
#69
J'avoue que ça me manque un peu de ne plus écrire d'AVH... je me ferait bien une petite avh de 50 paragraphes.. Enfin, ça ne se fera pas de sitôt...
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~
#70
Attends avril, y'a les mini-yaz Wink
— Je suis la nouvelle impératrice ! Et toi tu vas mourir.
Lempi Chukwumoguey
#71
Ah tiens, oui, pourquoi pas.
On connait déjà le thème???
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~
#72
nan, il se décide lors de l'ouverture des hostilités Mrgreen
— Je suis la nouvelle impératrice ! Et toi tu vas mourir.
Lempi Chukwumoguey
#73
Ah ok, cool, fort bien.
Car j'ai eu une lubie pour une idée de thème: pourquoi ne pas écrire une "suite" ou un "spin-off" ou une "extension" d'un livre dont vous êtes le héros déjà existant? On pourrait choisir la série Défis Fantastiques, au hasard
.
Par exemple, rajouter une extension au chemin du retour avec le camion dans le Combattant de l'autoroute, ou raconter le chemin du retour dans le Sorcier de la Montagne de Feu, ou décrire la traque des derniers guerriers de l'armée du Roi-lézard après sa mort
dans le livre éponyme, ou expliquer comment la résistance humaine a fini par vaincre les Arcadiens dans la Planète Rebelle.
Qui n'aurait pas rêvé de voir une suite ou une rallonge à certains défis fantastiques? De plus, on emprunterait les mêmes règles, comme ça pas de prise de tête et chacun
pourra se consacrer uniquement sur son récit.
Bien sûr, les points "négatifs" de cette idée seraien
t qu'on ne pourra juger une œuvre qu'à partir des idées qu'elle contient, de son intérêt, de ses péripéties, de son appartenance avec le livre d'origine, etc, et non sur d'éventuelles règles originales.
Voilà une idée, à creuser si elle
plaît.
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~
#74
En fait, c'est le vainqueur du dernier mini-yaz qui propose 3 thèmes et les yaz d'argent et de bronze en éliminent un chacun : le survivant est le thème du concours. Va falloir corrompre tout ce petit monde pour que ton idée passe Mrgreen
— Je suis la nouvelle impératrice ! Et toi tu vas mourir.
Lempi Chukwumoguey
#75
Lol, ok... Bon, ben si jamais ça peut donner une idée au vainqueur et qu'elle plaise aux lauréats des Yaz d'Argent et de Bronze, et bien tant mieux, lol.
Mais faut pas que je gagne une fois ces Mini-Yaz, car je ferai des propositions super chiantes! Lool
Bon, sur ce, je ne vais pas faire du hors sujet pour longtemps. Merci de m'avoir lu, Caït!
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~




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