Sondage : Quel est le ton de dialogue que vous préférez dans une avh ?
Ce sondage est fermé.
Familier
18.75%
3 18.75%
Courant
43.75%
7 43.75%
Soutenu
37.50%
6 37.50%
Total 16 vote(s) 100%
* Vous avez voté pour cette proposition. [Voir les résultats]

style familier ou très littéraire ?
#1
Je poste un sujet qui m'intrigue.
Que préférez-vous lire dans une avh quant au style et au ton employés ? Je m'explique :
Est-ce qu'en tant que lecteur et du coup "acteur", vous arrivez à vous identifier plus facilement lorsque le ton familier est employé (j'ai bien écrit familier, pas forcément grossier Wink )ou bien lorsque le héros ou les protagonistes de l'avh emploient un langage très "littéraire" ? En clair, préférez-vous lire :
"Hâlte là étranger, que viens-tu faire dans notre village ?"
"Arrête toi (étranger), qu'est ce que tu fais ici, dans notre village ?"
ou encore " Arrête toi là, tu viens faire quoi dans notre village ?"

De même il me semble que le langage et le ton employés dans les films sont un peu "plats" sur papier :
Verriez vous John mac Clane, par exemple, dire :
" Stop ne bougez-plus ! Levez les mains ou je vais devoir utiliser la force !"
ou le verriez-vous plutôt dire :
" Bouge plus ! Lève tes mains bien haut ou j'te flingue !"

Je me pose cette question depuis un bon moment et il est vrai que certains dialogues dans les films paraissent non pas "récités" mais au moins "pas naturels"... Sur papier, c'est encore plus flagrant, à mon sens.
Il est vrai que le contexte de l'avh influe aussi sur la façon d'écrire les dialogues, pas du tout le même style employé si l'on écrit une avh se déroulant au moyen-âge ou si l'on écrit une avh cyber punk...
De plus peut-on à votre idée utiliser un langage soutenu pour les descriptions, histoire de mettre du "beau" dans nos images, et utiliser sans transition du courant ou familier dans les dialogues ?
Qu'en pensez-vous ? Wink
lorsque chantent les cigales, sois sûr d'avoir des glaçons au congel... Proverbe provençal amateur de pastaga
Répondre
#2
Le ton dépend du contexte, y compris pour ton exemple de village : on peut imaginer un monde où les villageois seraient éduqués xD
Sinon langage courant ou familier bien sûr toujours pour cet exemple.

D'une manière générale, si on prend un langage familier, je dirais qu'il faut autant en prendre un qui le soit vraiment, sinon ça fait maladroit sans donner un ton très fort à la discussion.

Bien entendu dans un livre j'aurais tendance à apprécier un langage de bon niveau, sauf si c'est justifié par l'histoire.

Et la voix du narrateur et celles des personnages étant disjointes, je suppose qu'on peut mélanger les genres, au risque de créer tout de même un certain contraste, faut voir. Par exemple, le style de Gwalchmei pourrait contraster trop fortement avec celui d'un hors-la-loi : dans son cas, je suppose qu'il rendra les propos du brigand moins familier afin d'éviter une trop grande différence.

En gros, je pense que des dialogues réalistes, c'est ce qu'il y a de mieux, vu que ça plonge vraiment dans l'ambiance.
[Image: litteraction5.png]Littéraction.fr
Le site de livres-jeux dont VOUS êtes l'auteur !
Répondre
#3
Un dialogue est tout l'inverse d'un exercice de style (que peut être la narration). Pas de chichi, pas de réflexion de la part de l'écrivain pour l'enjoliver, le dialogue doit être naturel comme le dit Alendir.

Mais en effet, le contexte est vital. Pour que ça sonne vrai, il faut tenir compte du rang social du personnage, de son éducation, de ses origines géographiques, de son caractère, de son état présent (stressé/détendu), de sa volonté ou non de plaire à son interlocuteur... la liste est infinie.
Tous ces paramètres permettent de choisir le niveau de langage utilisé et après, ça doit rouler.

Evidemment, c'est plus facile à expliquer comme ça qu'à l'appliquer. Mais dans l'absolu, le but est que tout sonne vrai.

Après, ce que je trouve surtout compliqué à titre personnel dans les dialogues, c'est l'utilisation des "...", des exclamations, la ponctuation. Tout ce qui permet de le rythmer pour qu'en le lisant à voix haute, ça sonne bien. D'ailleurs, c'est un très bon révélateur que de relire à voix haute ses dialogues.
Répondre
#4
Jouer sur le contraste entre une narration de style soutenue, voire léchée, et des dialogues bruts de décoffrage, c'est un bon moyen justement d'immerger le lecteur.
Quand un récit est bien écrit, le lecteur est en quelque sorte pris par la main : il n'a plus qu'à se laisser entraîner et pardonnera volontiers les maladresses éventuelles des dialogues qui sont, à mon sens, le plus dur à rédiger.
Répondre
#5
Je voterais pour un style neutre dans la narration, et un style de dialogue qui correspond au personnage (comme l'explique Fitz).

Personnellement, je ne suis pas fan des styles narratifs littéraires/recherchés/soutenus/châtiés/léchés, car ils donnent, à mon oreille (ou à mes yeux…) une impression de prétention, de présomption… j'ai l'impression de ressentir l'orgueil de l'écrivain qui cherche à m'éblouir par sa maîtrise de la langue française, plutôt que d'apprécier les scènes et des événements à leur propre valeur. À mon avis, quelques mots bien choisis, une fois de temps en temps, suffisent à bâtir un style acceptable, sans que chaque phrase ne doive contenir une clause au subjonctif plus-que-parfait. Désolé, mais je suis incapable de prendre au sérieux une phrase comme "Il eût fallu que nous le sussions" alors qu'il est parfaitement possible d'écrire "Il aurait fallu qu'on le sache" ! Lorsqu'une phrase sur deux est construite comme ça, je décroche complètement de l'œuvre.
Répondre
#6
Bon donc d'après les premiers avis, le courant semble le plus approprié aux dialogues si on veut qu'ils sonnent vrai. On est d'accord. Peut être qu'un langage soutenu peut en jeter pour "un" personnage de notre avh, mais volontairement alors pour ce cas précis.
Et pour les descriptions, personnellement moi aussi je préfère un style précis et détaillé à un style trop complexe, trop élaboré qui me rappellerait trop vite les œuvres de littérature française classique qui me rebutaient tant lorsque j'étais plus jeune.
lorsque chantent les cigales, sois sûr d'avoir des glaçons au congel... Proverbe provençal amateur de pastaga
Répondre
#7
Je pense que la plupart des personnages doivent avoir un langage courant.

Après c'est toujours intéressant de proposer du contraste avec un personnage au langage châtié, et un autre au langage de... charretier!

Il peut aussi y avoir un jargon spécifique connu des seuls "initiés", ce qui peut être très intéressant par exemple pour amener un sentiment d'immersion d'un PJ qui découvre un nouveau milieu. Il peut progressivement, par l'intermédiaire du narrateur, au fil des conversations se mettre à prononcer les mots du milieu, signe qu'il en a adopté les codes (et qu'il a assimilé ce "nouveau langage").
- Ne vous avais-je pas promis un confort incroyable, un moelleux incomparable?
- Si, et vraiment vous n'avez pas menti chère Senyakase... on est si bien installé...
- Tous nos produits sont créés sur-mesure. VolponeSofà, artigiani della qualità!
Répondre
#8
Perso, je pense qu'il faut adapter le style de language au personnage : une fille de la rue ou une serveuse de taverne ne s'exprimera pas comme une aristocrate ou une prêtresse. Un aventurier endurci n'aura pas le même vocabulaire qu'un érudit ou un marchand. Celà permet même d'affiner le caractère et la personnalité du personnage.
Anywhere out of the world
Répondre
#9
Le problème c'est qu'il y a beaucoup de sentiments, de situations ou d'objets complexes pour lesquels existent des termes précis. Comme toutes ces choses reviennent raremment leurs noms sont peu connus et celui qui les emploie se voit taxé de pédant. Par conséquent il peut carrément décider de se censurer lui-même ! C'est dommage, parce que des mots utiles, vieillis, finissent ainsi par disparaître. Le temps que des néologismes compensent ces pertes, la langue est appauvrie : entre le style familier enrichi constamment, qui s'étend aux argots et jargons propres à chaque époque et à chaque milieu, et le style soutenu qui conserve des tournures et des expressions du français classique (comme la fameuse conjugaison ampoulée dont parle Oiseau)... hé bien le langage courant, s'il était employé seul, se retrouverait singulièrement pauvre. Or il y a une différence marquée entre le langage parlé (au vocabulaire limité) et le langage écrit. Le second calqué sur le premier, cela donne des textes monotones, ennuyeux, bref nuit au divertissement. Plus le lexique est riche, mieux c'est, non ? À partir de là, je ne peux pas trouver prétentieux de chercher à utiliser les mots exacts quand ils existent. Au contraire, c'est vouloir se borner à l'usage de mots "simples" qui me semble plutôt méprisant pour le lecteur...

Si l'on convient que la richesse de la langue est une bonne chose, prétendre se contenter d'un niveau courant, moyen, de l'expression est une impasse logique, puisque c'est cela qui l'appauvrit.

Je vous le dit, c'est même l'occasion de joindre l'utile à l'agréable : dans chaque livre on devrait au moins apprendre un mot !
Répondre
#10
Lol… N'allons pas à l'autre extrême non plus. Je n'ai jamais dit qu'il fallait que tout reste dans un style pauvre avec des mots simples qu'un enfant de huit ans peut comprendre. Un "mot juste" lorsqu'il en faut un est tout à fait acceptable. C'est le fait de trouver un "mot du dictionnaire" dans chaque phrase qui m'agace. Ça, et les conjugaisons si exotiques qu'elles ne correspondent plus du tout au langage parlé/écrit moderne.

Un exemple de Fitz m'est resté en mémoire (c'était son héros Joan qui s'exprimait) : il disait quelque chose comme "J'eus peine à croire que ce rustre fût le géniteur de la douce Anna" (au lieu de "J'avais peine à croire que ce rustre soit le père d'Anna"). Venant d'un type de 16 ans qui était censé être un garçon d'auberge, disons que ça frappait ! ^_^ (Bon, d'accord, l'histoire était racontée post-mortem par le fantôme de Joan ; je suppose qu'il s'était annobli entretemps.)

Tout ça pour dire que je m'en tiens à un juste milieu quand j'écris, et qu'il s'agit donc de ma préférence personelle quand je lis.
Répondre
#11
(05/08/2010, 00:16)Oiseau a écrit : Un exemple de Fitz m'est resté en mémoire (c'était son héros Joan qui s'exprimait) : il disait quelque chose comme "J'eus peine à croire que ce rustre fût le géniteur de la douce Anna" (au lieu de "J'avais peine à croire que ce rustre soit le père d'Anna"). Venant d'un type de 16 ans qui était censé être un garçon d'auberge, disons que ça frappait ! ^_^ (Bon, d'accord, l'histoire était racontée post-mortem par le fantôme de Joan ; je suppose qu'il s'était annobli entretemps.)

Hum.
Au moins, ça confirme ce que je redoutais (pardon, ce dont j'avais peur) : que j'étais le premier visé par ta tirade (ou plutôt ton post) au sujet de la pédance (zut, la vantardise je voulais dire) de ceux qui utilisent un vocabulaire trop châtié à tes yeux.
Au moins, je sais à quoi m'en tenir sur ce que tu penses de moi, c'est ce qu'on appelle le mérite de la franchise.
Répondre
#12
Euh, attends un peu, là … Je ne vise personne, je dis que c'est un exemple qui m'est resté en tête. J'en ai vu plein d'autres. Ce n'était pas une attaque personnelle contre quiconque. Je dis simplement que j'ai une préférence pour un style d'écriture correct sans être recherché ; c'est mon opinion. Je n'ai aucune rancune envers ceux qui pensent différemment.
Répondre
#13
Bon bin maintenant t'as même plus le mérite d'être franc Mrgreen
[Image: litteraction5.png]Littéraction.fr
Le site de livres-jeux dont VOUS êtes l'auteur !
Répondre
#14
Heureusement que je comprends ce que tu veux dire, autrement, ça pourrait être perçu comme "je pense que Fitz pue mais je n'ai pas la franchise de le dire". ^_^ … Sérieusement, je ne sais pas ce qui se passe ces derniers temps sur le forum. Il y a comme un vent de susceptibilité dans l'air. Ce n'est pas la première bisbille de l'année.

Pour éviter tout quiproquo, je me permets de clarifier mes paroles. Je vois où est le problème : après avoir dit que je ressentais un effet de vantardise de la part de l'auteur lorsque je lisais des textes riches, j'ai commis l'erreur, sans faire de lien volontaire entre les deux posts, de citer un passage d'une aventure de Fitz. Bien entendu, quiconque lit la conversation de haut en bas fera l'amalgame de ces deux posts et pensera que j'ai une dent contre Fitz. Ce n'est pas le cas. J'avais bel et bien fait la remarque, dans ma critique des Sabres d'Asguenn, selon lequel je trouvais le niveau littéraire trop élevé pour une AVH, mais ça reste un avis personnel. Je n'ai gardé aucune rancœur contre Fitz ! (J'ai fait la même remarque à JFM pour Nils Jacket d'ailleurs)

Donc, tracez une ligne rouge entre mes posts #5 et #10 ci-dessus et n'y voyez aucune attaque volontaire. Ce n'était pas mon intention. Si j'ai froissé quelqu'un — Fitz ou un autre — je m'en excuse.
Répondre
#15
(05/08/2010, 21:43)Oiseau a écrit : Heureusement que je comprends ce que tu veux dire, autrement, ça pourrait être perçu comme "je pense que Fitz pue mais je n'ai pas la franchise de le dire". ^_^
Euh c'était pour moi là ? Je me moquais gentiment de toi si tu n'as pas compris (bizarre que j'insiste pour que tu comprennes que je me moquais de toi, mon niveau de diplomatie est sérieusement en chute libre...).

Personnellement j'avais saisi que tu avais fait une boulette involontaire (ça devient fréquent sur ce forum...), et de toutes manières, tu ne parles que "d'impression". Tu ne le penses donc pas vraiment, même si ça te vient parfois à l'esprit.

A la décharge de Fitz, il faut dire qu'il n'y a pas beaucoup d'AVH utilisant le registre soutenu. On a eu le prototype de Gwalchmei (pour lequel tu as tenu les mêmes propos, c'est pourquoi j'avais plutôt l'impression que c'était lui qui était visé). Quoi d'autre comme AVH vraiment stylée?
[Image: litteraction5.png]Littéraction.fr
Le site de livres-jeux dont VOUS êtes l'auteur !
Répondre




Utilisateur(s) parcourant ce sujet : 1 visiteur(s)