[22] La Grande Menace des Robots
#1
La première chose qu'on remarque au sujet de La Grande Menace des Robots... c'est justement son titre, qui est franchement assez ridicule. La deuxième, c'est que le bouquin semble fortement inspiré des cartoons américains de l'époque (et notamment d'une série en particulier, dont le titre commence par "T" et finit par "ransformers").
L'originalité du livre, ce sont les robots. On peut jouer au Marais aux Scorpions sans croiser un seul scorpion et aux Démons des Profondeurs sans rencontrer le moindre démon, mais on ne peut pas jouer à La Grande Menace des Robots sans avoir affaire à des robots. Menaçants ou pas, ils sont partout.

L'histoire se déroule dans un futur indéfini, dans un monde indéfini et vous-même n'êtes pas le héros le plus épais qui soit. Vous êtes propriétaire d'un ranch de dinosaures (il n'y a pas de sot métier) dans un pays qui s'appelle la Thoronie, où toutes les tâches matérielles sont désormais assurées par des robots, dont certains sont autonomes et d'autres, les plus complexes, ont besoin de pilotes.
Un beau matin, les vils Kalazariens envahissent votre beau pays. Aucune résistance n'est opposée, parce qu'ils ont trouvé le moyen de plonger toute la population dans un profond sommeil. Enfin, presque toute ! Pour une raison mystérieuse (et qui ne sera absolument jamais élucidée), vous êtes en effet immunisé. Ceignant votre épée (même dans le futur, certaines choses ne changent pas) et vous installant aux commandes de l'un de vos robots, vous décidez de régler leur compte aux Kalazariens à vous tout seul (un scénario qui est après tout celui de nombreux shoot'em up).

Comme dans les autres oeuvres de Jackson US, l'aventure est très non-linéaire. Il existe sept ou huit villes, qui comprennent chacune un petit nombre d'endroits à visiter. On peut se déplacer assez librement d'une ville à une autre, même si toutes les destinations ne sont pas toujours offertes. On peut revenir à une ville déjà visitée, comme dans le Marais, même si les secteurs et bâtiments ne peuvent généralement être explorés qu'une fois.

Il y a trois moyens de repousser l'invasion et les trois fins se valent les unes les autres. Elles nécessitent toutes d'avoir obtenu certains objets et certaines informations.

La difficulté m'a paru un poil plus élevé que dans les deux autres aventures de Jackson, mais elle n'a rien d'insurmontable. Recommencer l'aventure n'a rien de bien ennuyeux, étant donné la forte non-linéarité.

Il y a un déficit de rencontres intéressantes (comme tous les autres Thoroniens sont endormis, vous aurez rarement l'occasion de tailler une bavette). Les descriptions de l'environnement sont presque aussi succinctes que dans le Marais. Les villes ne sont pas inintéressantes, mais leur exploration n'est pas toujours très approfondie.

L'atout du livre, ce sont les robots. En règle générale, je n'aime pas beaucoup les robots géants, mais ils contribuent grandement à rendre distrayante cette aventure. Jackson a fait un gros effort pour diversifier les robots que l'on peut utiliser (et il y en a un sacré paquet) : certains sont terrestres, d'autres volent, plusieurs peuvent se transformer et la majorité ont des capacités spéciales. Les caractéristiques du robot que vous utilisez joueront un rôle pendant les combats, mais aussi en-dehors (la vitesse du robot et son mode de déplacement sont deux critères qui ont souvent leur importance).

Vous combattrez plus souvent à bord d'un robot qu'avec votre épée anachronique (excepté pendant l'exploration des bâtiments, vous êtes rarement à pied). A noter qu'il est parfois possible de survivre à la destruction de votre robot. Les combats sont généralement contre des Kalazariens, même si quelques dinosaures pourront vous donner du fil à retordre.

Bref, une aventure distrayante, qu'on a plaisir à essayer mais qui n'est pas aussi saisissante que d'autres. La non-linéarité est appréciable mais la fréquence et la liberté des déplacement entre les villes rendent un peu difficile le fait de s'immerger dans l'histoire. Le degré d'originalité est raisonnable, il y a des confrontations efficaces mais une absence quasi-totale de personnages intéressants, ce qui est regrettable. L'environnement dans lequel on évolue est assez peu décrit, mais ce laconisme n'a pas un effet aussi négatif que dans le Marais. Les robots sont extrêmement présents dans l'aventure et y contribuent de façon nettement positive (le livre serait très moyen sans eux).
J'avais nettement préféré Les Démons des Profondeurs, mais La Grande Menace des Robots reste un livre-jeu agréable, bien que limité par certains aspects.
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#2
Un livre-jeu agréable, c'est également mon avis. Ce bouquin n'est pas un chef d'œuvre, mais c'est l'un des rares que je referai toujours avec le même plaisir.

En fait, il ressemble à un jeu vidéo, tant par l'univers que par la jouabilité. À l'époque, ma fin préférée était celle où l'on affrontait Leish dans un duel de robots. Je m'amusais à essayer de le vaincre avec plusieurs robots différents, en les ayant au préalable équipés du missile à tête chercheuse.

Évidemment, il souffre de lacunes. Ça ne me gêne pas tant que ça que rien n'explique notre éveil alors que tous nos compatriotes sont endormis (au fond, qu'est-ce que cela aurait rajouté à l'aventure ?), en revanche, le coup des Kalazariens qui disparaissent tous d'un coup si on arrive à réveiller le pays me déplaît beaucoup. Ça fait tour de magie et ça n'a strictement aucun sens.

De même, les descriptions sont en effet assez sommaires. L'absence de personnages ne me gêne pas, cela dit (faut bien respecter le scénario !).

Mais l'amusement qu'on a à piloter un robot, à s'amuser à en changer, à les améliorer compensent ce manque de profondeur dans l'écriture et nous fait passer un agréable moment.
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#3
Jehan a écrit :rien n'explique notre éveil alors que tous nos compatriotes sont endormis

j'ai une téhorie la dessus; Au départ de l'aventure , on nous signale bien que contrairement a d'ahbitude nous décidons de ne pas prendre les pillulles alimentaires mais un vrai petit déjeuner. UN poison dans les pillulles smeble donc etre la cause du sommeil (et expliquerai pourquoi nous sommes épargnés)
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#4
Francois22 a écrit :j'ai une téhorie la dessus; Au départ de l'aventure , on nous signale bien que contrairement a d'ahbitude nous décidons de ne pas prendre les pillulles alimentaires mais un vrai petit déjeuner. UN poison dans les pillulles smeble donc etre la cause du sommeil (et expliquerai pourquoi nous sommes épargnés)

J'y ai pensé et c'est en effet ce qui se rapproche le plus d'une explication. Mais il est objectivement invraisemblable que tous les autres habitants de la Thoronie aient avalé leurs pilules virtuellement en même temps (ce qui devraient pourtant être le cas puisque tout le monde s'endort à peu près en même temps) et que personne sauf nous n'y ait échappé.

Cela dit, il est effectivement probable que c'est l'explication que Jackson avait en tête.
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#5
Ca doit etre une combinaison des pillules et des avions qu'on voit dans le ciel
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#6
La Thoronie étant un nouveau continent, soumis sûrement à des lois radicales, ça m'étonnerait pas qu'il y ait une chaîne de radio qui fasse "et avalez vos pilules MAINTENANT" et pouf tout le monde s'est endormi Big Grin
Il ne faut pas attendre d'être heureux pour sourire... il faut sourire pour être heureux.
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#7
Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié ce livre. Il faut dire que le fait de pouvoir utiliser des robots contribue grandement à mon intérêt. En plus de ça, j'ai trouvé le livre agréable car non linéaire et nous pouvons visiter les villes un peu près comme on veut. Il y a aussi plusieurs manières de terminer le livre. Dommage qu'il manque pas mal d'ambiance, ce qui est vraiment le point faible de Steve Jacksons ricain, même si ces livres sont tous bons voire très bons pour moi.
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~
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#8
Je souscris à la chronique d'Outremer. Il a bien résumé ce que je pense du livre.

Un avantage qu'a ce livre sur les deux autres du même auteur : le challenge est mieux construit. ça me rappelle un peu Rendez-vous avec la MORT en moins élaboré : plusieurs façons de finir, en récoltant une série d'objets ou d'infos nécessaires.
A ce titre, si certains n'ont pas fini le livre des trois façons, je peux lancer un topic SOS sans spoilers pour les guider, sur le même modèle que Rendez-vous avec la MORT (avec uniquement des indices pour savoir où chercher).
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#9
Souvent oublié lorsqu'on parle des DF des science-fiction, celui-ci est pour ma part d'un intérêt supérieur à la plupart, mais quand même en retrait de la Planète Rebelle. L'idée des robots géants que l'on pilote est séduisante au premier abord, surtout que l'on peut régulièrement changer de machine. Un peu trop souvent même, à tel point que l'on ne craint guère d'avoir un robot abimé, tant on tombe facilement sur d'autres appareils en parfait état et on a alors la possibilité de faire l'échange.
La grande qualité du livre est son immense liberté d'action. Le principe est que l'on peut visiter toutes les villes du pays, dans l'ordre que l'on désire, avec quelques rencontres en chemin. Dans chaque cité se trouvent plusieurs lieux intéressants que l'on peut là aussi explorer dans l'ordre de notre choix. Et surtout, il se passe des événements différents si l'on retourne dans un lieu ou une ville pour la deuxième fois. Le Marais aux Scorpions peut presque aller se rhabiller...
Ces allers-retours sont plutôt bien gérés par l'auteur, sans bug notable, et l'on se trouve donc dans un cadre très vivant, pas du tout figé. Enfin, le challenge est intéressant puisqu'il existe plusieurs façons de terminer victorieusement l'aventure, que la difficulté est bien dosées avec pas mal de rencontres funestes dans certains lieux (et pas de combat obligatoire), et plein de codes et mots de passe à trouver.
Cependant, le récit pêche par son style littéraire plutôt lapidaire avec des paragraphes des trois lignes parfois. Le scénario n'est pas non plus très réaliste. La façon dont les Thoroniens sont endormis et le moyen qui nous est proposé pour les réveiller en particulier laissent quelque peu dubitatif. Les illustrations non plus ne m'ont guère bottées, je les trouve désagréables et parfois enfantines. Disons que la couverture façon Goldorak contre Godzilla se retrouve aussi à l'intérieur du bouquin... Tous ceci fait que l'immersion dans le récit en est un peu gâchée. C'est surtout l'enquête et les énigmes qui donnent l'envie de le terminer mais pas vraiment l'histoire. Un LDVELH très original néanmoins, presque une curiosité.
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#10
L'intérêt du livre est la possibilité de choisir son robot.
On a le choix entre un mastodonte très bon au combat (je me souviens même de roquettes qui l'abrègent - du coup, une des fins possibles ne pose aucun problème) ou un petit volant fragile mais suffisamment agile pour relancer les dés si on rate la cible.
Il y a aussi les robots qui se transforment : volant/guerrier.
En revanche, on se déplace à la même vitesse entre les villes, qu'on pilote un volant ou non.

Une des fins est relativement facile, et un peu surréaliste : il s'agit d'arriver jusqu'au grand méchant et de le défier en combat singulier. On se demande comment un peuple a pu se développer avec une coutume qui le rend vulnérable au premier Chuck Norris venu. Si on n'a pas l'épée qui fait de nous officiellement le champion du peuple - parce qu'être le seul à ne pas faire la sieste ne suffit pas - on affronte un lieutenant. J'avais apprécié la scène suivante où un autre officier nous soigne avant qu'on n'affronte le boss.
A se demander comment un peuple aussi chevaleresque a pu s'abaisser à endormir ses ennemis avant d'attaquer.
En un couloir où l'eau viendra couler,
Garde-toi bien de reculer.
Retiens ton souffle et va au fond,
L'épreuve dépend du plongeon.
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#11
C'est marrant que tu dises ça AllezAu14, car lors de mes deux lectures de ce livre, je suis toujours tombé sur cette fin! J'aimerais bien affronter Leish dans un duel de robot, moi Pale
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~
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#12
Jin a écrit :C'est marrant que tu dises ça AllezAu14, car lors de mes deux lectures de ce livre, je suis toujours tombé sur cette fin! J'aimerais bien affronter Leish dans un duel de robot, moi
Ça dépend des villes qu'on visite.
Pour affronter Leish, il faut trouver un brouilleur de signal et l'installer près de la base, ce qui nécessite une bonne opération d'infiltration avec robot. Une fois en marche, c'est la panique chez les ennemis, et Leish, qui ne contrôle plus que son propre robot, nous affronte. On a intérêt à avoir choisi une bête de combat car ses caractéristiques sont assez élevées.

L'autre fin possible est de réunir les ingrédients de l'antidote au somnifère (barman, café noir pour tout le monde ! LOL LOL ) et de le répandre dans l'atmosphère. On gagne alors sans combat. Il faut en conclure que, chevaleresques comme ils sont, les envahisseurs ont trop honte de leur stratagème et rentrent chez eux se suicider dans la dignité. LOL
En un couloir où l'eau viendra couler,
Garde-toi bien de reculer.
Retiens ton souffle et va au fond,
L'épreuve dépend du plongeon.
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#13
Oui, si on tient à affronter le grand méchant dans un combat mécanique, il vaut mieux avoir découvert la base militaire secrète, où on peut trouver le robot le plus puissant du jeu. Et je crois qu'il faut de toute façon utiliser un robot terrestre.

Quand au brouilleur, il n'a rien d'impossible à trouver, mais il faut avoir un peu de chance.
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#14
Une question m'avait bien taraudé à l'époque : quand on pilote un robot qui se transforme (tout droit sorti de Robotech), celui-ci a une Habileté et une Endurance pour chaque forme. Que fait-on quand il a pris des dégâts sous une de ses formes ? On les reporte sur la seconde forme ou on gère les deux formes séparément ?
En un couloir où l'eau viendra couler,
Garde-toi bien de reculer.
Retiens ton souffle et va au fond,
L'épreuve dépend du plongeon.
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#15
Il me semble bien qu'il est dit que les dommages se reportent d'une forme sur l'autre, ce qui est au fond assez logique (d'accord, les LDVH ne brillent pas tous par leur logique profonde...).
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