[Œil Noir 14] Les Hiéroglyphes de l'Horreur
#1
J'ai déjà touché un mot de cette... chose dans le sujet sur le pire LDVELH, j'ai trouvé le temps de faire une critique plus complète.

Bon, on s'en doute, je n'ai guère d'estime pour cet opus. Le livre commençait pourtant bien, avec une introduction à laquelle je n'ai pas grand-chose à reprocher. J'irais même jusqu'à soutenir qu'il y a un peu de talent littéraire là-dedans. Le contraste avec la suite est d'autant plus surprenant, car les 191 paragraphes rivalisent en mauvaise qualité... Avoue, Claus : tu employais un négre littéraire, et tu as découvert au moment d'attaquer la partie jouable que tu n'avais plus les moyens de le payer ?

Donc, à partir du paragraphe numéro 0 (!), commence le supplice. On a souvent l'impression d'avoir affaire à un brouillon et non au texte final : Claus donne les mensurations de la pièce où l'on se trouve, énumère les objets à piller, utilise le même schéma répétitif pour les paragraphes d'ouverture de portes, ou se tire d'affaire avec des phrases de ce genre :


Citation :87 : Faites ce que l'on vous a demandé de faire.
149 : Dix Tannés surgissent du néant et vous attaquent.
Claus Lenthe : pourquoi se fatiguer à faire des descriptions compliquées ? Le lecteur a qu'à utiliser son imagination !

Quand il va au-delà de ce minimum syndical, estimez-vous heureux. Enfin, quand ce n'est pas pour dévoiler le pot aux roses (une histoire de vaisseau spatial que notre héros médiéval avale comme si on lui indiquait le chemin de la boulangerie) en une poignée de phrases décousues, du niveau d'une rédac d'un élève de CM1... Ou nous servir quelque chose de l'acabit du mendiant Zidrou (ou Zidru, car l'orthographe change entre les paragraphes; mais ce doit être le traducteur qu'il faut blâmer), un personnage qui sort de nulle part et à coté duquel le mercenaire de l'Oeil d'Emeraude est tout à fait crédible.

Autre chose qui agace fondamentalement : le nombre de paragraphes inutiles. Les 25 derniers paragraphes (soit plus de 13% de l'ensemble !) sont exclusivement consacrés à des paragraphes d'ouverture de porte (tous aussi ennuyeux les uns que les autres), dont la seule raison d'être est de servir d'intermédiaire entre deux lieux. Et c'est loin de s'en tenir à ces 25 paragraphes. A maints endroits, Claus multiplie les étapes qui n'ont aucune raison d'être. Tenez, pour illustrer mes propos, j'exhibe les trois derniers paragraphes de la victoire.

Citation :35
N'oubliez pas de réclamer votre prime à la princesse Sybia et rendez-vous au 94.

94
Pendant que vous sellez votre dragon à Ancopal, vous entendez une détonation assourdissante; le Sans-Nom se disloque et le vaisseau spatial enfourche un colonne de feu et fonce vers le ciel. Rendez-vous au 105.

105
Nous avons encore quelque chose à vous dire : soyez discret lorsque vous parlerez de vaisseau spatial, de robot et d'ordinateur à la princesse Sybia ou à ceux qui poseront des questions à ce sujet. Aucun habitant d'Aventurie ne croira ce que vous raconterez. Vous ferez mieux d'imaginer une bonne histoire passe-partout peuplée de nombreux Dragons légendaires.
Festival Claus Lenthe

Pièce à conviction accablante. Avoue, Claus : t'étais rémunéré au nombre de paragraphes ?

Je pourrais m'acharner sur quelques autres détails, mais je préfère m'arrêter là et terminer avec cette sentence : dans les Hiéroglyphes de l'Horreur, les Hiéroglyphes n'interviennent que dans l'introduction. Pour la partie jouable, ne reste que l'Horreur.
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#2
Pauvre Claus Lenthe, en tout cas, ta critique m'a bien fait rire !

JB
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#3
(15/08/2009, 08:49)Ourgh a écrit : Autre chose qui agace fondamentalement : le nombre de paragraphes inutiles.

Ca me fait penser au labyrinthe de La Fille du Calife, un ensemble de galeries souterraines décrites de façon lapidaire, qui doit occuper 15 ou 20 paragraphes, où il n'y a rien du tout à rencontrer ou à trouver, et qui ne nous ramène qu'à notre point de départ. L'auteur essaie ensuite de couvrir son je-m'en-foutisme du voile de l'humour en prétendant que personne ne nous a forcé à entrer dans ce labyrinthe. C'est ce genre de détails qui donne vraiment l'impression d'avoir affaire à quelqu'un qui respecte ses lecteurs (et qui n'essaie bien sûr pas du tout de torcher au plus vite ce qu'il est en train d'écrire).
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#4
Le Labyrinthe de la Fille du Calife est certes on ne peut plus douteux, mais après tout, on ne se fait avoir qu'une fois, contrairement aux Hiéroglyphes où on doit obligatoirement se farcir les paragraphes inutiles. Et puis, même si le reste de l'aventure n'est pas sans reproches, Ulrich Kiesow reste quand même un bon cran au-dessus de mon copain Claus.
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#5
De mémoire également, dans la Fille du Calife, il est mathématiquement impossible, du moins très peu probable, d'arriver où il faut. D'après mes souvenirs, c'est un lancer de dés qui indiquent le nombre de salles que l'on peut explorer, et que si l'on suit les règles, on revient toujours à la case départ. Bref, c'est très déplaisant pour un l'Oeil Noir, qui de toute manière est un jeu de rôle et ne devrait pas servir de support pour un LDVH. Preuve faite avec ces deux bouquins.
Il ne faut pas attendre d'être heureux pour sourire... il faut sourire pour être heureux.
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#6
Je suis obligé de démentir. On ne se réfère pas au hasard pour savoir combien de salles on peut explorer, et on ne revient pas toujours à la case départ (en revanche, on est forcé de traverser une cour intérieure où l'on doit lancer les dés pour savoir si on réveille les loups de garde). Et le livre est tout à fait jouable une fois qu'on a repéré le bon itinéraire et les astuces/objets qui permettent de réduire les risques.
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