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Le Labyrinthe des Romains - Version imprimable

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Le Labyrinthe des Romains - Dagonides - 21/08/2019

Le Labyrinthe des Romains est un livre-jeu de 1991, cinq ans après le premier titre de la collection pédagogique, Le Labyrinthe d'Errare (1986).

[Image: 81kcwq11.jpg]
Vue imprenable sur le petit commerce
de Lulu la Nantaise, pas tellement loin de Saïgon.

Flèche Fiche sur le site Planète LDVEH.


ENFIN UNE REUSSITE DANS LA COLLECTION
Je crois que c'est le livre-jeu pédagogique le plus parfait que j'aie lu, avec Le Labyrinthe du Dieu Hermès (1989) des mêmes auteurs, Brigitte Decroix et Jean-Paul Gourevitch. D'ailleurs les deux livres pourraient presque être connectés, une erreur de parcours chez les Grecs menant chez les Romains, et inversement. Les auteurs auraient alors inventé le concept de Fabled Lands quatre ans avant Dave Morris !
Intro crédible, règles simples, pas de bug, une action variée en quatre parties différentes. Le livre-jeu Retz a ici atteint la maturité après le long parcours ennuyeux d'Errare ou des Mille Calculs, les règles foutraques d'Atlas ou du Moyen Âge en péril, les bugs du Pharaon. ENFIN !

Et fin du fin, le jeu est réellement pédagogique, contrairement au Labyrinthe d'Anglomania qui capilotractait des cheveux coupés en quatre, au lieu de viser la connaissance utile. C'est un livre-jeu de révision, qui correspond à ce qu'un collégien devrait avoir retenu de l'option latin en 4ème ou 3ème. Là où d'autres Retz ont vieilli, on pourrait republier celui-là dès demain, il suffirait :
- d'un habillage un peu plus moderne (illustrations, couverture). 
- de quelques fiches thématiques à la fin avec les principales infos utiles.


L'INTRIGUE
Le héros est un jeune volontaire du comité chargé des festivités pour l'an 2000. Le coup d'envoi sera donné à Rome, centre de notre civilisation, avec des spectacles mettant à l'honneur la culture antique. Mais....... Julius Bibliobus, le président du comité, a disparu ! Lui seul connaissait tous les détails pour terminer l'organisation* ! Fortunatus, son assistant nous charge de le retrouver avant la date fatidique. Pourquoi ce n'est pas lui qui s'en charge ? « Ma vie professionnelle est très chargée », autrement dit : j'peux pas, j'ai piscine. D'habitude cette réponse n'est qu'une facilité pour expliquer que Yaztromo reste sur le banc de touche pendant que le chevalier casqué gagne le terrain. Mais comme dans Y (de Skarn), la feinte fera en réalité partie de l'histoire !
*(en gros c'est comme si Vatel se suicidait juste avant un grand repas de fête donné par Louis XIV. Le bordel.)

On va donc remettre de l'ordre dans les projets laissés en plan par Julius Bibliobus :
Flèche dans les studios Cinecita, les bobines des films commémoratifs sur L'Enéide ont été mélangées.
Flèche au journal La Repubblica, il faut trier et corriger les articles du numéro spécial qui doit paraître pour les fêtes.
Flèche au parc d'attractions**, on assiste à une reconstitution de la bataille d'Alésia qui ne se passera pas comme prévu...
Flèche dernière partie dans le palais où est enfermé Julius Bibliobus, et on ira de révélation en révélation. L'une est déjà prévisible, on a compris depuis longtemps l'assistant Fortunatus est un traître.
Si on se débrouille assez bien, chaque épisode se termine sur un QUITUS (une récompense), mais on peut gagner sans avoir reçu les quatre QUITUS.
**(Le parc Astérix a ouvert en 1989, référence à peine cachée.)

[Image: asteri10.jpg]
Rome, la plus belle ville du monde après Montauban.
On ne devrait jamais quitter Montauban.

Les mini-énigmes ne se répètent pas : éléments à mettre dans l'ordre, mots fléchés, mots anacroisés (au 200), quizz souvent bien intégrés au récit, parfois avec plusieurs bonnes réponses possibles (par exemple au 156). Des BONUS servent de compteur de réussite. En cas d'erreur, on peut soit se rattraper grâce à une autre question, soit céder un BONUS pour continuer.

L'enchaînement des parties nous fait explorer l'histoire de l'empire romain : la fondation, les premiers rois, la République, les guerres des Gaules, les empereurs. La chute de l'empire n'est pas évoquée, mais le dernier paragraphe laisse espérer une suite (qui n'est jamais venue) :

Citation :44
Tu ne crains en effet qu'une seule chose : que ce diable d'homme mijote pour le Bimillénaire une nouvelle recette de son cru : Le Retour de Fortunatus...


AVIS et DIVERS
Flèche Jeu assez impeccable, à condition de posséder les principales connaissances avant de lire. C'est un livre pour réviser plutôt que pour apprendre.
Flèche Des jeux de mots rigolos, une certaine verve d'écriture :
Citation :65
Puisque tu as su reconstituer le dossier de la fondation de Rome, tu mérites bien un verre de... rhum !
Une boisson d'hommes, quoi.

Flèche Petit clin d'oeil à Astérix et la potion magique au 146.
Flèche Cas unique, une scène de viol au 160. Si on affronte les soldats, il laissent leur victime en évoquant « le vin, la chaleur » pour excuser leur geste... Autre élément surprenant, l'évocation du Satyricon adapté par Fellini (au 200).

[Image: satyri10.jpg]
Les films de Fellini ça ose tout.
c'est même à ça qu'on les reconnait.

Flèche L'exploration des sous-sols du palais de Fortunatus rappelle beaucoup le Nom de la Rose : livre caché, bibliothèque dérobée, vieil homme au fond d'une alcôve secrète, dédale et catacombes... Cette partie ressemble beaucoup à un Escape Game, avec Fortunatus qui s'amuse en nous regardant tourner comme un rat dans un labyrinthe de verre. Il joue le game master et nous donne des indices (en ricanant) si on se trompe. Le héros cherche une porte de sortie, verrouillée par un code en alphabet latin... Le parallèle est étonnant, quand on sait que les Escape Games n'existaient pas en 1991.
Flèche Deux regrets :
> d'une, le lieutenant de Fortunatus semble prêt à passer de notre côté, puis pouf, il disparait.
> de deux, l'idée du livre caché dans le labyrinthe n'est pas correctement exploitée. Les auteurs étaient inspirés par un jeu de mots : en latin, liber veut dire à la fois « livre » et « libre », et justement on cherche la sortie d'une bibliothèque... Mais re-pouf, on termine sans avoir vraiment vu le fameux livre, relégué en marge du récit. Soit les auteurs étaient pressés de finir (la dernière partie est un peu moins bien fabriquée), soit ils se gardaient cet élément sous le coude pour une suite qui n'a jamais été écrite.
 
Un excellent livre-jeu pédagogique à redécouvrir pour les amateurs de culture romaine !

QUIZZ : à quel film français les sous-titres des images faisaient-ils référence ?