Il y a 6 heures
Lu REINE DE L'OUEST, livre-jeu érotique signé Hélène Lenoir aux éditions Sarbacane. Elle a aussi écrit Ollie Osselet et le Manoir maudit, chez le même éditeur, mais cette fois pour la jeunesse. Les deux couvertures ne portent que l'initiale du prénom, peut-être pour court-circuiter une catégorisation du livre en fonction du genre de l'auteur. Et puis, ça fait penser au Dr Lenoir des livres-jeu "Cluedo" !
Reine de l'ouest est un volume vraiment épais, c'est ce qui m'a ralenti dans ma prise en main et ma lecture, alors que je l'avais sur ma table depuis des mois. Je suis physiquement presque incapable de lire un livre-jeu épais. Ça va à l'encontre de toutes mes habitudes de lecture du genre à jouer, habitudes acquises dans les années 90 avec les tomes de poche Gallimard. Ce n'est absolument pas un reproche envers les livres en question ni envers les auteurs, c'est juste le constat d'une limitation qui est la mienne.
MECANIQUE : COMME UNE LOCO, SIMPLE ET EFFICACE
La mécanique de jeu est minimale. Pur choix, sans hasard ni système de scores. Il y a une liste de noms de personnages à cocher, si on les rencontre, ainsi qu'une liste de carrières possibles pour l'héroïne. Mécanique rappelant les trophées dans les jeux vidéo, et qui pousse à multiplier les tentatives jusqu'à platiner le jeu, comme disent les gamers (avoir tout coché).
On incarne une Miss Jones, la parente pauvre à charge d'une riche et pénible famille sur la côte est. On comprend vite que la donzelle est délurée, du genre pas froid aux yeux, et pas spécialement arrêté par les conventions bourgeoises ! Rien ne la retient, surtout pas ses tuteurs qui aimeraient la voir casée... Comme la servante éponyme de Fleurir en hiver, elle prend une grande inspiration et prend sa vie en main, pour mieux nous la confier. Les embranchement du train la menant vers l'ouest mimeront les aiguillages du récit : vers Silver Falls et une carrière d'infirmière, ou vers Cottonwood et une vie d'institutrice ? Des choix secondaires mèneront à des détours plus ou moins longs, entre les paluches de desperados qui attaquent le train, dans la chambre d'un journaliste (dans un hôtel borgne à Chicago en 1892, on frôle d'un cheveu de verser dans le tragique épisode H.H.Holmes et son hôtel des meurtres), etc.
FINS MULTIPLES
Chaque épisode marquant est centré sur la rencontre avec un homme, parfois une femme. La succession de rendez-vous plus ou moins réussis ou manqués, d'occasions saisies ou non, forment l'éducation sentimentale de la jeune Miss Jones, couronnée dans la plupart des parcoursd par une scène érotique forte et (parfois) un mariage. A feuilleter les fins, on s'aperçoit que toutes les formes d'amour y passent : la douceur saphique, les 50 nuances de SM, les épousailles sapio-pas-sexuelles, etc. La réussite amoureuse se double toujours d'une réussite professionnelle, depuis les plus prévisibles pour une femme de l'époque, aux plus étonnantes : desperado (despéradette ?), auteur à succès, femme-ours...
J'ai fait deux lectures, puis feuilleté un peu les chemins de traverse. Le seul mécanisme de jeu à m'être sauté aux yeux, c'était un hub où on se voyait rappeler deux ou trois possibilités, selon une rencontre faite en amont, rencontre assortie d'un chiffre à noter. Le hub nous invite logiquement à aller à la section portant ce numéro.
STYLE ET CONSEQUENCES
Les paragraphes sont longs, rédigés avec une verve rappelant les intros de JH Brennan. J'ai bien apprécié cet aspect ! Tout en ne pouvant m'empêcher e penser que bien des sections pouvaient voir leur longueur amputées d'un quart ou d'un tiers, sans perdre en efficacité dans le resserrement narratif. On aurait alors eu un tome moins épais, plus maniable. Saluons tout de même l'ergonomie bien pensée, avec des repères de paragraphes dans les marges extérieures, pour trouver facilement sa page à chaque "rendez-vous au". Ça manquait vraiment à l'autre tome adulte de l'année, Une citadelle en enfer de Soulié et Feraud (chez 10/18), moins bien maquetté de ce point de vue, malgré une écriture impeccable.
BILAN
Une très belle surprise ! Le genre à jouer, traditionnellement très masculin (dans ses auteurs et ses personnages) gagne à ce pas de côté avec un regard féminin. En outre, le livre explore un segment délaissé par le livre-jeu, le western, à part quelques rares titres comme la BD Makaka Your Town, ou un livre de Sunkmanitu paru autrefois chez Megara, Le Voyage initiatique. Je recommande cette Reine de l'ouest, et je suivrai avec intérêt la suite des aventures éditoriales d'Hélène Lenoir.
Reine de l'ouest est un volume vraiment épais, c'est ce qui m'a ralenti dans ma prise en main et ma lecture, alors que je l'avais sur ma table depuis des mois. Je suis physiquement presque incapable de lire un livre-jeu épais. Ça va à l'encontre de toutes mes habitudes de lecture du genre à jouer, habitudes acquises dans les années 90 avec les tomes de poche Gallimard. Ce n'est absolument pas un reproche envers les livres en question ni envers les auteurs, c'est juste le constat d'une limitation qui est la mienne.
MECANIQUE : COMME UNE LOCO, SIMPLE ET EFFICACE
La mécanique de jeu est minimale. Pur choix, sans hasard ni système de scores. Il y a une liste de noms de personnages à cocher, si on les rencontre, ainsi qu'une liste de carrières possibles pour l'héroïne. Mécanique rappelant les trophées dans les jeux vidéo, et qui pousse à multiplier les tentatives jusqu'à platiner le jeu, comme disent les gamers (avoir tout coché).
On incarne une Miss Jones, la parente pauvre à charge d'une riche et pénible famille sur la côte est. On comprend vite que la donzelle est délurée, du genre pas froid aux yeux, et pas spécialement arrêté par les conventions bourgeoises ! Rien ne la retient, surtout pas ses tuteurs qui aimeraient la voir casée... Comme la servante éponyme de Fleurir en hiver, elle prend une grande inspiration et prend sa vie en main, pour mieux nous la confier. Les embranchement du train la menant vers l'ouest mimeront les aiguillages du récit : vers Silver Falls et une carrière d'infirmière, ou vers Cottonwood et une vie d'institutrice ? Des choix secondaires mèneront à des détours plus ou moins longs, entre les paluches de desperados qui attaquent le train, dans la chambre d'un journaliste (dans un hôtel borgne à Chicago en 1892, on frôle d'un cheveu de verser dans le tragique épisode H.H.Holmes et son hôtel des meurtres), etc.
FINS MULTIPLES
Chaque épisode marquant est centré sur la rencontre avec un homme, parfois une femme. La succession de rendez-vous plus ou moins réussis ou manqués, d'occasions saisies ou non, forment l'éducation sentimentale de la jeune Miss Jones, couronnée dans la plupart des parcoursd par une scène érotique forte et (parfois) un mariage. A feuilleter les fins, on s'aperçoit que toutes les formes d'amour y passent : la douceur saphique, les 50 nuances de SM, les épousailles sapio-pas-sexuelles, etc. La réussite amoureuse se double toujours d'une réussite professionnelle, depuis les plus prévisibles pour une femme de l'époque, aux plus étonnantes : desperado (despéradette ?), auteur à succès, femme-ours...
J'ai fait deux lectures, puis feuilleté un peu les chemins de traverse. Le seul mécanisme de jeu à m'être sauté aux yeux, c'était un hub où on se voyait rappeler deux ou trois possibilités, selon une rencontre faite en amont, rencontre assortie d'un chiffre à noter. Le hub nous invite logiquement à aller à la section portant ce numéro.
STYLE ET CONSEQUENCES
Les paragraphes sont longs, rédigés avec une verve rappelant les intros de JH Brennan. J'ai bien apprécié cet aspect ! Tout en ne pouvant m'empêcher e penser que bien des sections pouvaient voir leur longueur amputées d'un quart ou d'un tiers, sans perdre en efficacité dans le resserrement narratif. On aurait alors eu un tome moins épais, plus maniable. Saluons tout de même l'ergonomie bien pensée, avec des repères de paragraphes dans les marges extérieures, pour trouver facilement sa page à chaque "rendez-vous au". Ça manquait vraiment à l'autre tome adulte de l'année, Une citadelle en enfer de Soulié et Feraud (chez 10/18), moins bien maquetté de ce point de vue, malgré une écriture impeccable.
BILAN
Une très belle surprise ! Le genre à jouer, traditionnellement très masculin (dans ses auteurs et ses personnages) gagne à ce pas de côté avec un regard féminin. En outre, le livre explore un segment délaissé par le livre-jeu, le western, à part quelques rares titres comme la BD Makaka Your Town, ou un livre de Sunkmanitu paru autrefois chez Megara, Le Voyage initiatique. Je recommande cette Reine de l'ouest, et je suivrai avec intérêt la suite des aventures éditoriales d'Hélène Lenoir.

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