Mini-Yaz 2025 – Débriefing – Nombre de signes
#1
Nous sommes ici unanimes.

Le règlement fournit le cadre pour écrire une AVH de 50 sections. C’est l’essence du Mini-Yaz.

Or, il semble que les contraintes ne cessent de s’accumuler. Pour rappel, il faut (a minima) :
1/ Écrire un récit combinatoire ;
2/ Dans un délai imparti ;
3/ Avec une date butoir ;
4/ Sur un thème donné ;
5/ De 50 sections ;
6/ De 150 000 signes ;
7/ Disponible en lecture sur le net (format).


Si une ou deux contraintes peuvent stimuler la créativité, l’accumulation la freine. Il nous paraît donc utile de revenir sur le nombre de signes.

Tout d’abord ce Mini-Yaz nous montre que les auteurs ont tôt fait de venir jouer avec les limites. Pour cette session, À la recherche du temps merdu fait 162 000 signes (nous arrondissons), L’étoile pourpre 149 500 et Le dernier archiviste 125 000. Hasard ou conditionnement induit ? Cela nous questionne.


• La taille de ces AVH les a-t-elle pénalisées ? Deux d’entre elles ont rencontrées le succès critique et la troisième a été lue sans problème. Il ne semble donc pas que le nombre de signes soit un facteur réellement discriminant. En fait, d’après les commentaires, le problème se résout naturellement de lui-même : les lecteurs n’iront pas au bout d’une AVH trop longue, ou se forceront – ce qui n’est jamais bon pour les votes. L’expérience semble donc indiquer que ces sont les jouquineurs qui fixeront leur limite, davantage qu’une limite  décrétée d’office.

• La limite est-elle bien définie ? Si peu d’AVH l’atteignent, elle est utile à la marge (pour cette session, une AVH aurait été disqualifiée). Elle trouve donc ici sa pertinence en écartant peu et ponctuellement. Si une majorité d’AVH atteint cette limite (ici, cela aurait pu être un tiers – voir ci-dessous), elle pourrait sembler mal calibrée. Peut-être pourrait-on alors suggérer de passer à 180 000 signes.

• Enfin, il faudra penser à définir le signe : avec espace, sans espace, les dessins codes sont-il des signes, les titres, les remerciements, le copyright, etc. ; et à s’interroger sur l’évaluation du nombre de signes pour des AVH jouquinables uniquement en ligne. Les assesseurs devront-ils demander un texte source ? Encore du travail définitionnel et juridique en perspective, et donc une contrainte réelle à gérer pour les auteurs.

Ce qui nous conduit à interroger la pertinence de cette limite avec L’étoile pourpre et Le dernier archiviste.

• Accordons à la première,L'étoile pourpre, une lecture réaliste : mettons-nous vraiment à la place du lecteur. Cette AVH comporte un nombre conséquent de textes copiés/collés qui ne varient qu’à la marge (accompagnée ou non par exemple), avec beaucoup de fins disponibles (7). Un lecteur moyen va rapidement comprendre à la deuxième ou troisième lecture de quoi il retourne. Les redites ne seront plus lues pour aller à l’essentiel, quelques fins seront atteintes, mais pas toutes. Résultat, sur les 149 500 signes, le lecteur n’en aura probablement lu que 100 000 (doigt mouillé).

• Si l’on est théorique (chaque section abordée est effectivement lue du début à la fin, peu importe le nombre de fois que l’on doit la lire), Le dernier archiviste explose le nombre de signes puisque certaines sections sont rejouées jusqu’à 4 fois par tentative, et que les échecs nous obligent à recommencer l’aventure plusieurs fois. Cette AVH flirte probablement davantage avec les 200 000 signes (doigt mouillé).


C’est tout le problème de la littéraction qui combine les sections : la taille du récit et sa durée de lecture seront différentes pour chacun d’entre-nous. Le nombre de signes est variable.

Or, cette taille est déjà déterminée par un critère essentiel : le délai imparti qui, par essence, empêchera les auteurs à produire des textes très longs, sauf à quelques rares exceptions, comme À la recherche du temps merdu (ce qui se remarque d’ailleurs toujours : finition, mise en page, etc).


Questionnons-nous ? Est-il raisonnable, au sein d’une littérature combinatoire, d’imposer cette contrainte finalement assez discutable, quand l’imposition d’un délai et l’appréciation des lecteurs contribuent naturellement à faire le tri ? Nous estimons que non.
Goburlicheur de chrastymèles
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