Long Live The Queen
#1
Il était une fois une jeune princesse venant de perdre sa mère. La coutume du royaume Disney voudrait qu'elle se lamente au clair de lune et exprime sa peine avec moult chansons, avant qu'un prince charmant ne vienne la délivrer de ses tourments. Mais, vivant dans la matriarchie de Nova, elle s'apprête à la place à reprendre le trône à sa majorité, dans moins d'un an. En attendant, si son père assume officiellement la régence, elle n'a pas le temps de chômer, déjà enfoncée jusqu'au cou dans de multiples intrigues politiques. Entre ceux qui voudraient la voir morte, ceux qui désireraient l'utiliser comme femme de paille, et ceux qui comptent juste profiter de cette faiblesse temporaire du pouvoir pour leurs noirs desseins, parviendra-t-elle à survivre jusqu'à son couronnement, et lui restera-t-il alors encore un pays à gouverner ? VOUS en déciderez. Un crayon, une gomme et une ramette de papier seront vos seules armes pour triompher de Long Live The Queen.

Long Live The Queen est un jeu déroutant. Dans son fonctionnement tout d'abord.

Chaque semaine, Elodie, notre héroïne doit choisir deux sujets à étudier. Histoire, étiquette, économie, stratégie militaire, combat à l'épée... Tout ce qui pourrait servir à une future reine. Cela monte la compétence correspondante.

Ensuite, elle doit s'occuper des problèmes du royaume, son père lui demandant régulièrement son avis sur les sujets les plus cruciaux et lui déléguant une partie des tâches de moindre importance. Cela se traduit par un dialogue, avec un choix de propositions. À cette occasion seront pratiqués des tests de compétences, c'est-à-dire que votre valeur dans cette compétence sera comparé à une certaine difficulté chiffrée, et selon le résultat, vous pourrez avoir des informations complémentaires, des possibilités en plus, ou tout simplement réussir ou échouer dans ce que vous entreprenez.

Concrètement, même si ce n'est pas vendu comme tel, cela se joue exactement comme un livre-jeu. On fait des choix, et l'ordinateur lance les dés à notre place pour savoir si on réussit ou non. Pour information et pour entrer dans le débat « mécanismes apparents ou mécanismes cachés », pour les puristes, il est possible de couper l'affichage des résultats des tests (les icônes « Intrigue => Réussite » ou « Combat à la lance => Échec »), mais il faut vraiment, vraiment aimé se faire du mal pour cela.

[Image: 875053tests.jpg]
Oui, ma princesse n'a pas bien étudié à l'école

En effet, la seconde chose qui surprend dans Long Live the Queen, c'est sa difficulté. Vous vous rendez à l'anniversaire d'une duchesse. Paf, une flèche dans la poitrine, vous êtes mort. Vous restez tranquillement chez vous ? Un assassin empoisonne votre nourriture ? Vous vous enfermez dans la paranoïa ? Une guerre civile éclate et vous renverse. Vous avez réussi à échapper à tous les problèmes précédents ? Un monstre géant à tentacules endormi depuis des siècles au fond des océans se décide soudain à se réveiller !

De même le jeu n'est pas tendre avec les chiffres. Il y a plus de quarante statistiques différentes (sans compter les cachées), et si leur utilité varie grandement, vous serez obligé de rater un test à plusieurs occasions, n'ayant pas tout simplement pas le temps de tout développer. L'astuce consiste bien sûr à s'arranger pour que vos échecs soient de faible importance, et vos réussites cruciales. Toutefois, cela nécessite d'avoir un peu d'expérience sur le jeu, c'est-à-dire d'avoir rempli quelques feuilles de notes sur les mécanismes et sur l'agenda de la princesse. En effet, il n'y a pas de part aléatoire dans les événements. Si une guerre civile doit éclater, elle éclatera toujours en semaine X, jamais avant, jamais après.

[Image: 614081stats.jpg]
Voilà où vous commencez. Plus qu'à remplir.

Pourtant, le jeu n'est pas un one-true-path, loin de là. Il existe de nombreuses façons d'arriver à la fin l'aventure. À ce sujet, s'il n'y a qu'une seule fin au sens où tous les chemins victorieux se recoupent, il y a par contre une multitude d'épilogues différents selon la façon dont vous êtes arrivé jusque là. Vous aurez droit à votre pavé de texte personnalisé, décrivant le contre-coup de vos actions, depuis la vie des personnes principaux jusqu'à l'évolution des relations diplomatiques entre les différents acteurs politiques. Les variations possibles sont vraiment impressionnantes, le jeu se souvenant vraiment de tout... Et vos erreurs passées peuvent vous rattraper même dans la victoire.

En conséquence, le jeu ne tient pas un compteur de fins découvertes, mais juste une liste de succès, correspondant à des moments forts de l'aventure. Elle est bien loin d'être exhaustive, et j'en suis encore au stade où je découvre de nouvelles choses à chaque nouvelle partie.

À noter que le jeu n'est pas du tout manichéen, et que vous pouvez tout à fait gagner après avoir éliminé toute opposition dans un bain de sang. Et cela ne fait que renforcer votre avis sur le premier point étonnant du jeu : ses graphismes roses et mignons. Non sérieusement, j'ai rarement vu une dichotomie pareille entre le texte et l'image. Pour illustrer mon propos, voici l'image correspondant à la mort « Se vider de son sang » :

[Image: 124362roseetmignon.jpg]
Rose et mignon on vous dit !

En-dehors de ce point, le jeu est vraiment intéressant. Centré sur la lecture et des choix très fréquents, je le considère vraiment comme un livre-jeu mâtiné de gestion. Bien sûr, il s'agit d'un tout autre niveau de complexité, et une version papier serait probablement un opuscule de quelques milliers de paragraphes, mais la conversion est théoriquement possible. Elle n'est cependant pas souhaitable, l'ajout de l'ordinateur permettant de gérer tous les paramètres pénibles, comme la multitude de statistiques. Néanmoins, si vous êtes intéressé par une avh de gestion politique et que vous ne trouvez pas votre bonheur sur Littéraction actuellement, je ne peux que vous conseiller Long Live The Queen comme excellent substitut.
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#2
J'essaye d'imaginer le même jeu avec un Président de la République Française...
Le côté gestion et l'apparente complexité ont l'air bien intéressants.
Je suis par contre allergique à illustrations mangas au pays des bisounours, mais l'illustration gore me plaît bien ;-)
Ce jeu tourne sur quelle machine et comment l'essayer ?
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#3
C'est un jeu indé qui tourne sur Windows, Mac et Linux. Tu peux télécharger une démo gratuite correspondant à ta plate-forme sur le site officiel : Hanako Games.

Astuce de fin renard : par défaut, la touche Ctrl te permet de passer en accéléré le texte que tu as déjà lu, et le défilement s'arrête dès que tu as atteint un choix ou une plage de texte que tu n'as jamais croisé auparavant.
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#4
Merci Skarn !
Bon, ce n'est pas que j'ai du temps perso pour ça. M'enfin on ne sait jamais, peut-être fin septembre.
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#5
Il y a quelques mois, j'avais vaguement suivi un "Let's Play" de ce jeu. Il me semble que le joueur n'était pas arrivé extrêmement loin avant que son héroïne ne se fasse occire par une flèche empoisonnée !

J'avais trouvé très intéressante la diversité des compétences et notamment la manière dont elles reflètent le statut royal de l'héroïne (beaucoup de compétences liées aux relations humaines, aux activités de cour, et aux sujets politiques, économiques et historiques qu'un dirigeant a besoin de bien connaître).

Le fait de développer ses compétences est rendu plus complexe par le fait que l'état d'esprit de l'héroïne rend plus facile ou plus difficile le fait d'apprendre certaines d'entre elles. Par exemple, dans le tableau des compétences ci-dessus, l'héroïne est déprimée (son état d'esprit au départ de l'aventure), ce qui rend à peu près impossible d'améliorer sa Conversation, difficile d'améliorer sa Prestance Royale et son Athlétisme, mais plus facile d'améliorer l'Expression et l'Utilisation d'Animaux.
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#6
J'ai terminé la démo (bon ça prend pas de temps, je crois que ça se finit avant toute mort possible).
C'est marrant, ça m'aura évoqué un mélange entre les Princess Maker-like auxquels j'ai joué (Ayanami Raising Project et Project: Princess, sachant que j'ai jamais joué à leur modèle), et le jeu de rôle Pendragon.
Pour l'instant, j'ai déjà fait quelques achats de jeux vidéo et j'ai pas trop de sous, donc même pour 12$ ça attendra un peu.
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#7
Voilà un jeu qui a piqué ma curiosité ! Il a l'air intéressant et bien conçu. Et à un prix accessible, c'est toujours mieux^^. Je ne sais pas pourquoi, mais j'apprécie particulièrement l'idée du décalage entre les graphismes et le contenu... Et l'idée de me confronter à la gestion d'un royaume menacé par ses belliqueux voisins et d'une cour pleine de traîtres me plaît. Cela me rappellera mes cours d'histoire...
Je vais télécharger la démo et advienne que pourra.

J'aurais juste une question. Est-il possible de l'acheter autrement que par carte bancaire ? À titre personnel, j'essaye toujours d'éviter de payer par carte sur internet, mais j'ai l'impression que ce ne sera pas possible avec ce jeu. Quel est le lien que vous avez utilisé ? N'y a-t-il pas eu de problèmes ?
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#8
Citation :C'est marrant, ça m'aura évoqué un mélange entre les Princess Maker-like auxquels j'ai joué (Ayanami Raising Project et Project: Princess, sachant que j'ai jamais joué à leur modèle), et le jeu de rôle Pendragon.

Sur Tvtropes, le jeu est décrit comme un Princess Maker qui se déroulerait dans l'univers du Trône de Fer. Je trouve cela un peu exagéré, mais l'idée est là. Je le trouve cependant Long Live bien meilleur sur la gestion des statistiques : le fait que tu aies besoin de compétences très vite (premier test en troisième semaine), et que tu ne puisses pas être bon partout, t'oblige à faire des choix cornéliens, et à te battre pour quelques points, là où dans un PM, tu passes le premier quart du jeu à monter bêtement toutes tes valeurs chiffrées.

Pour les curieux avec un émulateur DOS, Princess Maker 2 est d'ailleurs disponible en abandonware (et en anglais).

Citation :J'aurais juste une question. Est-il possible de l'acheter autrement que par carte bancaire ? À titre personnel, j'essaye toujours d'éviter de payer par carte sur internet, mais j'ai l'impression que ce ne sera pas possible avec ce jeu. Quel est le lien que vous avez utilisé ? N'y a-t-il pas eu de problèmes ?

Après vérification, si tu vis aux États-Unis, il est apparemment possible de l'acheter directement aux créateurs en convention. Sinon, c'est uniquement par Internet et par CB. Le jeu sera peut-être sur Steam un jour, mais pour l'instant, l'acheter sur le site officiel semble la seule solution. La paiement lui-même passe par un intermédiaire, BMT, qui semble relativement sérieux. Tu n'auras donc à mettre tes coordonnées bancaires sur un site louche ou vulnérable.

À noter que 12,95$ HT ~ 12,50€ TTC (le dollar est moins fort que l'euro, mais vous devez rajouter 19.6 de TVA).
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#9
Je ne sais pas, dans Ayanami Raising Project, tu avais assez vite les combats contre les premiers anges qui arrivait, donc monter vite tes 2 ou 3 scores utiles au combat était utile. (Cela dit, tu étais facilement très en avance, et à partir du milieu du jeu, tu poutrais tous les anges combattables en un seul coup...)
Et puis blinder les capacités sociales de Rei dans les premiers jours pour la voir sourire tout de suite était clairement un atout pour la suite. Surtout si tu voulais qu'elle tombe amoureuse de toi (elle peut au choix être amoureuse de personne, de son camarade Shinji, du Commandant Ikari (le père de Shinji), ou de toi, son tuteur... le jeu s'attarde pas vraiment sur le fait que c'est un peu douteux d'élever une fille mineure de 14 ans spécialement dans le but de la séduire, mais bref).

Dans le genre des Princess Maker y aussi le Date Sim "Sim Girls". Même si, effectivement, tu passes les premiers jours à blinder tes caracs avant de commencer aux différentes filles à séduire, y a des événements très tôt (concours de natation, examens scolaires, événements cachés) où c'est pas toujours évident d'avoir la stat qu'il faut suffisamment à temps !

Mais peut-être que dans les PM originaux tu es tranquille pendant un bon quart du jeu sans test de carac. Je sais pas j'ai pas joué.

Je crois me souvenir que c'était pratiquement impossible d'être bon dans toutes les caracs dans Ayanami Raising. Il y a des caracs qui baissaient si tu entraînais les autres. C'est pas typique des PM ça ?
Dans Sim Girls, par contre, c'était presque l'objectif d'avoir toutes les caracs blindées à fond. 2 caracs suffisent pour terminer avec l'une des filles, mais il faut les 3 pour terminer avec un harem de toutes les filles.

Bon après, Sim Girls n'est pas un PM-like mais il y a quand même des grosses similitudes (entraînement des caracs, objets spéciaux qui boostent les caracs...)
Mr. Shadow

"Ce n'est pas un dragon martien...
-Alors il vient d'où ?
-Les dragons les plus grands et puissants naissent sur Terre... Mais ils viennent hiberner ici, sur Mars. Et tous les un-certain-nombre de milliers d'années, ils redescendent sur Terre."
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#10
Non mais franchement, on sort tout et n'importe quoi, dans ce monde.
Adieu vieux frère, ton nom sera à jamais gravé dans mon coeur. Repose en paix.
~ Force et Honneur.. ~
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#11
Les graphismes sont franchement bien nunuche mais le concept en lui-même me semble très intéressant avec tous ces paramètres à gérer.
Gérer les coulisses du pouvoir avec ses intrigues et manœuvres, soigner l'apparence pour le peuple, user de diplomatie tout en développant son armée pour contrer les menaces des royaumes voisins...
Pour moi c'est tout à fait le genre de jeu auquel j'aimerai jouer malgré sa complexité, pour peu qu'il soit assez bien équilibré et que le "tout bourrin" comme le "tout sage" n'ait strictement aucune chance de gagner.
- Ne vous avais-je pas promis un confort incroyable, un moelleux incomparable?
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- Tous nos produits sont créés sur-mesure. VolponeSofà, artigiani della qualità!
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#12
Le jeu est arrivé sur Steam et j'ai réussi à obtenir un exemplaire gratuit à cette occasion !

J'ai fait deux tentatives jusqu'à présent, la première centrée sur l'étude de la tactique et de l'intrigue, la deuxième sur les qualités sociales et la maîtrise de la magie. Dans les deux cas, ça n'a pas empêché l'héroïne de mourir assez tristement (la première fois, d'une flèche dans le buffet ; la deuxième fois dans un duel magique où je n'ai pas réalisé que créer une épée enchantée était une idée stupide pour quelqu'un qui ne connaissait rien à l'escrime).

Le jeu est dur, donc. Et parfois frustrant, parce qu'on rate une quantité énorme de tests. Notre héroïne apprend très vite, mais au début du jeu, elle ne sait vraiment rien de rien.

Toutes les compétences ne me paraissent pas également utiles pour l'instant, mais il est sans doute un peu tôt pour juger.
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#13
Juste au cas où, le jeu est également disponible sur GOG (c'est à dire des jeux achetables et téléchargeables directement en ligne SANS LA MOINDRE DRM).

Et grace à vous, ils viennent de faire une vente de plus, bravo :p
La violence n'est pas la bonne réponse !
La violence est la question. La bonne réponse est "oui".
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#14
J'ai l'impression que le jeu est nettement plus difficile à réussir si on choisit de ne pas devenir une Magical Girl. J'ai trouvé un moyen de le faire, mais ça n'a pas été évident !

La voie de la Mahou Shoujo a ses propres embûches, cela dit (l'une des trois compétences magiques peut attirer des ennuis mortels à l'héroïne si elle est trop élevée).

En ce qui concerne les autres compétences, je n'ai toujours pas découvert une seule occasion d'avoir recours à la Méditation.
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#15
Y'a pas mal de compétences auxquelles je n'ai trouvé aucune utilité, mais d'un autre côté j'ai toujours orienté ma princesse "dirigeante" (donc histoire, militaire, intrigue, royauté, ce genre de choses).

Je me casse les dents sur ce qui semble être la grosse épreuve de la fin, donc je pense qu'il va falloir que je me focalise mieux. C'est bête, simple mais vraiment prenant comme jeu ^^
La violence n'est pas la bonne réponse !
La violence est la question. La bonne réponse est "oui".
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