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[08] Shakespeare Vs. Cthulhu - What Dreams May Come - Dagonides - 07/07/2026 Profitant du début de mes vacances, j'ai fait une partie de Shakespeare Vs Cthulhu, lu en VO, en attendant de pouvoir lire la VF de Dracula (Alkonost, trad. Joël Mallet) dans la même série : les "Contes Tordus", où Jonathan Green revisite des classiques de langue anglaise. Le sous-titre, What Dreams May Come, n'est pas évident à rendre : La Nuit d'effroi (des rois) ? Songe d'une nuit impie ? Songe d'une nuit de R'lyeh (d'été) ? PRISE EN MAIN Le livre est vraiment beau en tant qu'objet. Sa couverture est travaillée. Le logo de la série sur fond blanc en ressort d'une manière particulière. Le texte en bas de couverture imite, par sa police et son orthographe, les pages de garde des livres des 16ème ou 17ème siècle : WRITTEN BY THE RENOWNED AUTHOR
MR JONATHAN GREEN
ILLUSTRATED BY THE ESTEEMED ARTISTE
SR HERALDO MUSSOLINI
En feuilletant, on remarque une Feuille d'Aventure élégante au début. En dernières pages, surprise : des portraits des principaux contributeurs au financement participatif, en personnages de théâtre ! On reconnaît même quelques Français ! D'ailleurs, en feuilletant, on les recroise dans plusieurs illustrations. Jon Green lui-même fait un cameo en Dr Faustus, un invocateur à la John Dee.
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LES REGLESOn joue ici un seul personnage, William Shakespeare, contrairement à d'autres tomes de la série où on avait le choix du personnage (Peter Pan, Wendy Darling, le Capitaine Crochet, etc.) Les règles nous sont familières désormais : CROSSOVER PAS SI IMPROBABLE Le titre annonce le pitch, et c'est un des mieux trouvés de la série ! La couv' accroche l'oeil, et l'idée d'un Will Shakespeare se colletant avec les acteurs du Roi en jaune, met notre matière grise en ébullition... Mais attention, "Horor, horror, horror", l'intrigue ne tiendra pas complètement cette promesse ludique (voir mon avis, ci-dessous). Lever de rideau : William Shakespeare, dans les coulisses du Globe (son théâtre), galère pis que Scapin à écrire une pièce commandée par un mécène, le Comte de Gloucester. Celui-ci lui rend un visite impromptue. Des indices gros comme une maison et... les clichés du genre, nous invitent à nous méfier de lui. Mais, comment refuser son argent ? La troupe des King's Men n'est pas riche... Sommé de finir vite son travail, William s'endort d'épuisement, la joue sur son manuscrit. Commence alors le plus étrange des rêves, une enfilade de saynètes issues de tout le répertoire shakespearien, comédies comme tragédies. Là, on peut noter le talent certain de Jon Green pour y insérer de manière organique et pas si contre-naturelle les bestioles ou péripéties issues du Mythe de Cthulhu. Un exemple : le cimetière où se situe la fameuse scène du crâne, "être ou ne pas être", se trouve creusé de galeries d'où émergent des goules, les créatures canines du Portrait de Pickman signé Lovecraft... Comment sortir de ce rêve, ou plutôt ce cauchemar ? SHAKE OU SPEARE ? Attention, les deux inspirations ne sont pas égales sur la balance. La matière vient bien davantage des pièces du Barde que des nouvelles du reclus de Providence. Il n'y a pas de scène prise dans un récit de Lovecraft. En fait, tout se passe comme si on parsemait un pot-pourri des scènes les plus connues de Shakespeare de créatures piochées (intelligemment) dans un manuel du JdR L'Appel de Cthulhu. Le tome Dracula a, pour autant que je m'en rende compte, été plus travaillé en termes de jeu. Alors que la description des monstres ne m'a pas paru emprunter beaucoup à l'écriture de Lovecraft, les dialogues sont fréquemment issus des pièces de Shakespeare. Mais détournés : "lourde à porter est la couronne", soupire Will quand Macbeth a sombré dans la folie à force de voir les horreurs qui assiègent son château. BILAN Un beau livre-objet qui doit faire plaisir aux foulanceurs dont la générosité est reconnue. Manifestement un tome que Green a pris plaisir à écrire ! La preuve, il a voulu y apparaître en cameo. Mais peut-être pas son plus abouti en termes de ludicité : intrigue sans trop d'à-côtés, un seul personnage à incarner, challenge pas super élevé. C'est plutôt un tome à lire pour l'amusant jeu de références. A titre personnel, je n'accroche pas complètement au style illustratif, sauf dans les imitations de gravures d'époque sur bois qui ornent les pages de séparation du livre en ACTE I, ACTE II, etc. jusqu'à V. Un Cthulhu en xylographie, il fallait y penser ! |