[52] Le Dragon de la Nuit (Keith Martin)
#1
« Qu'est-ce qui se passe en Allansie ? Un méchant nécromancien veut encore conquérir le continent ?
- Euh, non, pas comme les 37 dernières fois.
- Une nécromancienne alors ?
- Non non, non plus. C'est euh...un Dragon. »

Eh oui, le Dragon de la Nuit ne va pas tarder à se tirer de son sommeil millénaire, et les bestiaux aussi puissants ont tendance à avoir un réveil méchamment musclé. C'est donc à vous qu'on va demander de l'arrêter, et pour ce faire, il vous faudra réunir trois artefacts anciens cachés dans les Marches des Dragons, non loin de votre ennemi : une Épée, une Armure et un Bouclier.

Le Dragon de la Nuit a beau avoir été le dernier DF paru en France, c'est quasiment par lui que j'ai découvert les Défis Fantastiques, et je lui porte donc une affection toute particulière. Mais, en essayant d'être objectif, on peut au moins lui trouver les qualités suivantes :

- l'aventure est très longue et nous fait visiter des lieux variés. On commence notamment l'aventure dans le fameux port de Sable-Noir, clin d'œil sympathique ;
- le style, s'il n'a rien d'exceptionnel, est tout de même très agréable ;
- la linéarité est assez faible : on peut aller chercher les trois artefacts dans l'ordre qui nous sied, et on peut encore visiter deux autres villes (Ismater et Carnex) à peu près quand on le veut ;
- les totaux additionnels (Honneur, Fuite du Temps et Oeil de la Nuit) sont originaux et bien gérés : ni trop présents, ni trop absents.

Bien sûr, le livre a aussi son lot de défauts :

- la technique des codes « convertissez ce nom en chiffres, additionnez-les et rendez-vous au paragraphe obtenu », qui, si elle permet d'éviter assez efficacement la triche, est assez lourde ;
- le scénario reste assez classique (réunissez les objets et allez au point X pour tuer le boss), mais il est heureusement sauvé par nombre de situations originales, dont notamment le Temps du Rêve, une espèce de monde parallèle onirique assez psychédélique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde ;
- les combats sont rapidement infernaux pour les petites Habiletés. Si vous tirez un 1 pour calculer vos stats, un seul conseil : relancez le dé.

Un très bon opus de Keith Martin, qui conclut de façon plus qu'honorable la série Défis Fantastiques (même si ce n'est pas le cas dans la VO).

Intérêt : 85%
Difficulté : 75%
"Hey it's me, I'm dynamite and I don't know why"
Répondre
#2
Hop, j'en profite pour placer ma critique.Tongue

Ah le Dragon de la Nuit ! Il s'agit de l'un des livres que je voulais lire depuis longtemps. Maintenant que c'est fait, voici ma critique :
Premièrement, la feuille d'aventure est un peu plus fournie que celle de la majorité des DF. Trois nouvelles caractéristiques entrent en effet en action : l'Honneur (déjà vu dans le vampire du château noir du même auteur), l'Œil de la Nuit et la Fuite du Temps. Si les deux premières ne servent finalement pas à grand-chose, le dernier en revanche s'avère assez important. (Il fait toutefois furieusement pensé aux points de Sang de la revanche du Vampire, toujours de Martin). Mais j'en parlerais plus loin, attaquons maintenant la critique.
L'introduction est excellente, se déroulant dans le fameux Port de Sable-Noir ce qui est une idée sympathique. On y apprend tout ce qu'il y a savoir sur le fameux Dragon et sur notre mission.
L'aventure est remarquablement bien dosée niveau longueur : ni trop courte ni trop longue, comme l'était la Revanche du Vampire. On bouge d'ailleurs autant que dans ce dernier : des villes, des montagnes, des forêts, bref, on est loin de s'ennuyer durant notre périple. Le but de ce fameux périple est d'ailleurs très simple : réunir les trois artefacts nécessaires à la destruction du dragon de la Nuit, se rendre dans l'antre de ce dernier et le tuer. Le scénario est donc très basique mais est sauvé par plusieurs choses : tout d'abord, on peut aller chercher les trois artefacts dans l'ordre qu'on veut, ce qui est fort appréciable. De plus, on peut encore visiter deux villes après (ou pendant), toujours dans l'ordre qu'on souhaite. C'est assez rare pour être souligné. Ensuite, la Fuite du Temps est un ajout très intéressant : plus on traîne en chemin et plus le boss final est fort quand on arrive dans son antre. (Ce concept a déjà été vu dans la revanche du Vampire, comme je l'ai déjà dit plus haut). Enfin, le style de Martin est comme toujours savoureux, assez différent de la monotonie de certains autres auteurs. Quelques situations originales viennent compléter ce tableau élogieux (le temps du rêve, le combat final)
Et les points faibles me direz-vous ? Je n'en vois que deux principaux: le scénario, même s'il est habilement traité n'a pas le mérite de l'originalité : cela se résume quand même à tuer le grand méchant dans son antre. Ensuite, les combats sont très difficiles pour les Habiletés faibles. Comme l'a dit Meneldur, si vous tirez 1, mieux vaut relancer le dé.

En conclusion, un excellent livre de Keith Martin. Même si ce n'est pas le meilleur le tous, il mérite amplement une place dans votre bibliothèque.

Note : 8.5/10
Difficulté : 7/10
Debout, debout cavaliers de Théoden!
Les lances seront secouées, les boucliers voleront en éclat,
Une journée de l'épée, une journée rouge avant que le soleil ne se lève !
Au galop ! au galop ! courez ! Courez à la ruine et à la fin du monde !
Répondre
#3
L'idée de la Fuite du Temps est originale, mais ca a été très mal géré : même si on traine énormément, ca n'augmentera en fin de compte que très peu la puissance du Dragon.
Répondre
#4
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, je le place dans ma dizaine préférée de la série Défis Fantastiques.
C'est vrai que le scénario est très banal puisque l'objectif est de tuer un puissant dragon sur le point de se réveiller pour semer la mort et la désolation (nécromanciens, dragons : même combat). Comme par hasard, seul un humain solitaire mais héroïque est capable de le terrasser. Il faut cependant s'équiper au préalable et trouver trois armes et armures magiques avant de se mesurer au monstre.
Mais cette aventure conventionnelle est construite de manière très intéressante. Plusieurs règles ont été ajoutées : l'honneur, le temps qui passe et l'oeil de la nuit qui représente notre discrétion vis à vis des séides du dragon qui sont très nombreux. La région est en effet infestée de cultistes souhaitant notre mort et il est indispensable de les éviter autant que possible tant ils sont nombreux et puissants. Le temps a aussi son importance. Ce procédé a déjà été utilisé dans la Revanche du Vampire mais il est ici mieux géré, de manière plus réaliste. Ainsi, les provisions deviennent un véritable problème quand on marche longtemps dans le froid à la recherche des artefacts et cette lutte pour la survie apporte une dimension stratégique à l'aventure.
L'or est vital et sert à plein de choses. Les choix financiers sont cruciaux puisque plein d'objets acquérables paraissent indispensables à la réussite de la mission. C'est un nouveau facteur de stress et d'hésitation.
Le héros est libre de visiter beaucoup d'endroits mais en contrepartie, le temps s'écoule et l'on se doute que cela ne sera pas anodin au moment du combat final (même si le bémol d'Outremer est justifié). Les lieux traversés sont relativement variés : villes, voyage en bateau, étendues glacées, donjons. A noter que dans les villes, certaines parties "enquêtes" sont bienvenues et apportent une dimension plus réfléchie à cette aventure qui regorge d'action et de souffrances.
Les combats sont nombreux et très difficiles. Cependant, il existe de multiples moyens d'acquérir des objets ou des renseignements permettant de les éviter ou de gagner soi-même en puissance. Du coup, si l'on emprunte le bon chemin, le livre est largement gagnable à la loyale. Mais il faudra plusieurs essais avant de trouver la voie la plus sûre.
Le combat final est, comme dans tous les Keith Martin, particulièrement long et héroïque.
Bref, j'ai trouvé que l'aspect ludique de ce LDVELH frisait l'excellence.
A contrario, l'histoire est conventionnelle malgré de longs paragraphes à certains moments et quelques scènes marquantes (le conclave des dragons, le monde du rêve, les nains de pierre...). Quelques énigmes sont proposées mais rien de follement original. Quelques autres défauts ont à mes yeux légèrement affaibli la tenue générale du bouquin. Ainsi, cette manie d'attribuer des numéros anti-triches à tous les objets trouvés devient particulièrement agaçante, surtout que par deux fois ces fameux calculs sont buggés (l'addition des trois artefacts et autre chose vers la fin). Il est aussi dommage que le succès soit quasi impossible avec 7 ou 8 points d'habileté au départ.
Mais j'ai néanmoins trouvé ce LDVELH très abouti, jamais ennuyeux même s'il ne faut pas être réfractaire à la gestion permanente de la feuille d'aventure.
Répondre
#5
S' il suffisait d'avoir 7 ou 8 en habileté pour gagner, nimporte kel paysan aurait vaincu LE dragon de la nuit ! Il faut du héros bougre de bougre ! Est ce que Ted Rouquin aurait vaincu le balrog de la Moria ? (c'est bon, je rigole)
Répondre
#6
Pour les heureux possesseurs du Dragon de la Nuit, notez un errata qui n'a pas été relevé auaparavant:

Paragraphe 82, remplacez:
"rendez-vous au 4" par "rendez-vous au 295".
Répondre
#7
J'ai attendu 20 ans avant de me frotter au dragon de la nuit !
C'était un dernier livre édité lors de l'âge d'or (l'époque où je les lisais en grande surface pendant que ma mère faisait ses courses) et il a disparu des rayons ensuite, pour se retrouver sur priceminister / ebay à partir de 15-20 euros.
Je l'ai donc lu en pdf sur mon smartphone, après avoir téléchargé un pack de ldvelh scanné.

J'ai apprecié de jouer, à surveiller mon or, qui me permet d'acheter des provisions qui sont ma réserve de d'endurance. A gérer des ressources. A rencontrer le conclave, le culte secret, à parcourir trois donjons et le temps du rêve version DF avant de défier le dragon.
C'est un livre particulièrement difficile avec de nombreux combats difficiles jusqu'à ce qu'on recupère assez d'artefacts magiques pour avoir beaucoup plus de FA que les ennemis. Ainsi, ce sont les premiers donjons qui sont difficiles, le reste ça va.

La fuite du temps est effectivement un challenge titillant mais il n'augmente que trop peu la force du dragon de la nuit. Une bonne idée mal exploitée.

L'aventure est plutôt à classer parmi les bons DFs mais j'ai l'impression que quelque chose manque pour qu'il soit génial. Peut être un antagoniste plus présent, ou que le livre ne cherche pas à utiliser l'épopée à tout prix en se prenant trop au sérieux.
Répondre
#8
J'en garde aussi un très bon souvenir. Le gros point noir: les illustrations qui bavent Sad Heureusement, on peut se rabattre sur la VO Smile
Répondre




Utilisateur(s) parcourant ce sujet : 1 visiteur(s)