Remise publique du Yaztromo
#61
L'échantillon est trop petit pour une statistique sérieuse, mais sur les salons, la demande en ldvelh horrifique émane plus souvent des jeunes femmes.
Comme quoi, ce n'est pas le thème qui les bloque, comme le rappelle VS, mais c'est quand ça sent trop la testostérone et les clichés, pas forcément par militantisme, mais par lassitude et manque d'intérêt.
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#62
L'intérêt du scénario horrifique, c'est qu'en général, le héros peut être n'importe qui, pas besoin de personnage musclé et guerrier ou de magicien aux superpouvoirs. Dans Le Manoir de l'Enfer, c'est nous, et une femme peut s'y retrouver je pense. Elle peut s'imaginer en rade de bagnole dans une campagne déserte, par un violent orage, et venant toquer à la porte d'une maison isolée pour demander du secours.

La Fantasy, par essence, est masculine, écrite par des hommes et pour des hommes. La femme, à la rare exception de la guerrière, y est traditionnellement reléguée au rôle de la potiche, de la princesse à sauver, souvent canon mais toujours en détresse. On a certes de grandes héroïnes féminines, celles de Marion Zimmer Bradley ou Agnès la Noire, Sonia la Rouge d'Howard, mais peu nombreuses, elles restent l'exception. Ou alors, il faut proposer un personnage différent, une elfe, une fée, une magicienne… C'est vrai que pour une femme, incarner le héros classique bardé de muscles en pagne de fourrure qui tabasse du troll, c'est pas très excitant...

Après, si on va par là, on peut aussi parler des héros noirs, asiatiques, gays… Par exemple, au cours de mes séjours en Afrique et en faisant des recherches pour mon forum, j'ai découvert qu'il existe toute une littérature Fantasy et SF africaine, avec des héros/héroïnes noires et récompensée par un prix :

http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org...africaines

Il y a aussi le mouvement Steamfunk, marginal mais qui existe, sorte de Steampunk avec des héros noirs, prenant souvent place pendant des périodes comme la Guerre de Sécession ou l'époque coloniale.

http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org...-steamfunk

Et je sais qu'il y a également une littérature, marginale aussi, de Fantasy gay.
Tout ça prouve bien qu'il y a un public qui ne se reconnaît pas forcément dans la Fantasy "classique" et qui est intéressé par de nouveaux genres dans lesquels ils se reconnaîtra mieux.
C'est peut-être à nous, auteurs, d'explorer de nouvelles voies et proposer des histoires différentes… Même si c'est pas évident...
Anywhere out of the world
http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org/
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#63
C'est vrai qu'on ne doit pas généraliser abusivement, mais il y a des publics "cible" souvent. Par exemple le public des polars est très féminin. Et en lisant les Nils Jacket je me suis dit qu'il y avait une difficulté: le thème et le genre devraient bien plaire à un public féminin, puisque le polar plaît, mais il y a ce côté séducteur chez Nils Jacket (fantasme de l'homme hétéro) qui doit être difficile à accepter, alors que dans un polar classique ce sera peut-être plus facile d'accepter que le héros est séducteur, voire macho, parce qu'il y a une distanciation supplémentaire. Après, il faudrait avoir l'avis des femmes...
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#64
Citation :La Fantasy, par essence, est masculine, écrite par des hommes et pour des hommes.

Dans un sujet qui portait à l'origine sur la remise d'un prix à Fitz, dont le pseudonyme vient d'une œuvre de fantasy très connue de Robin Hobb (alias Margaret Lindholm), cette phrase est d'une ironie délicieuse.

Dans le monde anglosaxon, la création de littérature interactive est également un domaine très féminin. Pour rappel, lors de l'IFComp d'où provient Cactus Blue Motel, il y a eu trois femmes sur les cinq premières marches du podium, alors qu'il s'agit pourtant d'un concours plutôt « vieille garde », avec un biais nostalgique fort et un noyau dur de votants très conservateurs.

Le trait semble encore plus marqué dans les productions sans ce bagage historique. Je ne vais pas sortir des valeurs chiffrées de mon chapeau, surtout qu'il est très facile de compartimenter genres et sous-genres de façon à les faire varier dans un sens ou un autre. Mais on est en tout cas très loin d'une présence anecdotique, et peut-être même est-elle majoritaire.

Bref, c'est plutôt la surreprésentation de la testostérone rance en ces lieux qui est bizarre que l'inverse.
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#65
Je vais chercher beaucoup trop loin. Le dernier Windhammer Prize, soit ce qui se rapproche le plus d'un équivalent direct du concours Yaztromo en anglais, a été remporté par une aventure steampunk australienne d'une autrice qui écrit maintenant pour Tin Man Games.
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