[Défis et Sortilèges] Les Héritiers de Dorgan
#1
L'introduction à ce nouveau cycle est stimulante. L'action se déroule 50 ans après le premier et un résumé de cette période nous est proposé ainsi que de nombreuses références à ce que sont devenus les quatre héros : Caïthness, Keldrilh, Péreim et Kandjar. Certains épisodes des aventures passées sont remis en valeur, il est fait référence à quelques anecdotes vécues, tout ça est bien sympathique.
Le système de jeu est nouveau tout en présentant des similitudes avec le précédent. Les quatre comportements possibles sont remplacés par la possibilité de faire face à chaque situation chaude en prenant le contrôle de l'un des quatre nouveaux personnages : Valkyr le paladin (simili-Péreim), Galidou l'illusionniste (simili-Keldrihl), Laurin le barde (simili-Caïthness) et Yamaël le démon (simili-Kandjar). Pas de perso féminin cette fois, c'est dommage. Le concept est intéressant pour les relectures car il donne des descriptions et des réactions différentes selon la psychologie du héros ainsi que des méthodes de combat variées.
Mais le livre fait seulement 200-250 paragraphes, dont un quart consacré aux choix entre les 4 personnages. C'est ainsi que Sagot fait l'exploit de rédiger une aventure à la fois courte et linéaire. C'est très frustrant et le gros point faible de ce LDVELH qui m'a pas mal déçu, surtout en rapport avec les attentes du début.
Car l'histoire est agréable à lire, j'étais pressé d'accomplir la quête en lisant les premiers paragraphes. Le style est bon, le décor bien planté avec un nouveau continent à explorer. Malheureusement, le scénario se révèle plutôt classique, sans grande surprise et le nouveau monde moins passionnant que celui de Dorgan. On a même droit à des elfes, des hobbits, des orques et des aigles géants... Il faut délivrer des esclaves gardés, of course, par des orques. Il y a bien une enquête mais elle est cousue de fil blanc. Surtout, comme dans la série Métamorphoses ou certains moments du 1er cycle, on trouve de longs passages linéaires et descriptifs sans action s'étalant sur plusieurs paragraphes n'apportant pas vraiment de profondeur aux personnages rencontrés. L'île de Mani m'a même paru ennuyeuse alors qu'on est censé être émerveillé par le peuple qui y vit.
Concernant le jeu, malgré la linéarité, la difficulté existe. Chaque combat est plutôt difficile à gagner et les PFA sont très nombreux dans la première partie. C'est par contre étonnant de voir que la seconde partie est à l'inverse trop facile. La toute fin est incroyable de frustration, j'ai eu peine à croire que j'avais atteint le paragraphe final. Je ne suis pas un acharné du combat final contre le big boss mais là, c'est vraiment une fin d'épisode de feuilleton.
Pour contrebalancer ces défauts, les quatre héros deviennent relativement attachants au fil de l'aventure. Cet aspect plus la bonne qualité d'écriture donnent quand même envie de lire la suite.
Répondre
#2
Je suis d'accord avec ta critique : l'aventure est brève, linéaire et manque d'intérêt. Tout le début, par exemple, traîne franchement en longueur sans apporter grand-chose d'intéressant (à noter un PFA inhabituellement injuste qui peut frapper Yamael).

Je ne suis pas un grand fan du "Choix de personnage", dont on ne contrôle pratiquement pas les conséquences. En-dehors de cela, les choix ne sont pas inexistants, mais tout de même bien limités.

Enfin, le problème principal est effectivement que le monde qu'on découvre n'a rien du tout d'excitant. Les lieux, les rencontres et les ennemis sont d'une banalité qui déçoit. Gildas Sagot s'en est incomparablement mieux tiré dans La Huitième Porte, où il entraîne le lecteur dans un univers désertique qui captive facilement l'intérêt.

Le scénario est faible et on n'a pas le sentiment d'avoir accompli grand-chose lorsqu'on atteint la fin. Bref, le tout fait figure d'introduction peu palpitante.
Répondre
#3
(11/09/2009, 11:25)Outremer a écrit : (à noter un PFA inhabituellement injuste qui peut frapper Yamael).

Oui, j'y ai eu droit!
Rarement le courage aura été aussi mal payé dans un LDVELH.
Répondre
#4
(11/09/2009, 16:32)Fitz a écrit :
(11/09/2009, 11:25)Outremer a écrit : (à noter un PFA inhabituellement injuste qui peut frapper Yamael).
Oui, j'y ai eu droit!

Moi aussi. C'est l'un des problèmes que j'ai avec les Choix de Personnage : la plupart du temps, soit ils ne changent pratiquement rien aux évènements (notamment lors des combats), soit ils ont des conséquences importantes mais que le lecteur ne pouvait rationnellement anticiper. En plus du caractère injuste de ce PFA (il n'y a rien qui suggère une menace mortelle dans la situation en question), il y a aussi le fait que Valkyr, Laurin et Galidou n'ont strictement rien à craindre à ce moment de l'aventure. Plus tard dans l'aventure, il y a un moment où les quatre héros se séparent pour explorer une forêt : les dangers et les récompenses qu'ils peuvent découvrir rendent certains choix beaucoup plus profitables que d'autres !

(Dans l'opus 2, une bonne partie des Choix de Personnages consiste en des cauchemars linéaires qui affligent chacun des héros, lesquels n'ont d'autre impact concret que d'augmenter les Points de Pouvoir du héros choisi).
Répondre
#5
À noter que les « choix du Livre du Pouvoir » du premier cycle souffrent un peu du même défaut. On choisit un type d’attitude (agressif, bon, prudent ou rusé) sans vraiment savoir la façon dont va agir notre personnage. Parfois, les actes sont même en contradiction avec les choix dont ils découlent.

Du second cycle, je ne connais que La Huitième Porte, que j’ai beaucoup aimé. Dommage que les autres tomes ne paraissent pas à la hauteur.
Répondre
#6
Je ne saurai que te dire, Jehan : j'ai été particulièrement déçu par la Huitième Porte, où l'auteur passe trois ans à décrire des grains de sable et quelques mots pour décrire la soi-disant terrible confrontation finale. Dans les Héritiers de Dorgan, je trouve ce défaut moins horrible. Peut-être aimeras-tu ce tome 5, alors...


(10/09/2009, 21:52)Fitz a écrit : La toute fin est incroyable de frustration, j'ai eu peine à croire que j'avais atteint le paragraphe final. Je ne suis pas un acharné du combat final contre le big boss mais là, c'est vraiment une fin d'épisode de feuilleton.

En fait, le principal (et impardonnable) défaut de ce volet, c'est celui-là. Au moment où l'histoire commence à démarrer, tout s'arrête. Sèchement. D'un coup. Je me suis demandé si ce n'était pas un bug, mais non...

Dans ce tome, j'ai pas mal aimé jouer Yamaël. Je ne me souviens pas de ce PFA.
Répondre
#7
(14/09/2009, 21:07)JFM a écrit : Dans ce tome, j'ai pas mal aimé jouer Yamaël. Je ne me souviens pas de ce PFA.

Vers le début, pendant le voyage en bâteau, si on choisit Yamael lors d'un Choix de Personnage, il arrive à sa cabine pour trouver un matelot en train de la fouiller ; s'il choisit d'entrer, l'homme - qui est sous l'effet d'un maléfice - utilise un objet magique qui le désintègre et Yamael avec. C'est un peu digne d'un DF, ce genre de PFA !
Répondre
#8
(14/09/2009, 21:07)JFM a écrit : Je ne saurai que te dire, Jehan : j'ai été particulièrement déçu par la Huitième Porte, où l'auteur passe trois ans à décrire des grains de sable et quelques mots pour décrire la soi-disant terrible confrontation finale. Dans les Héritiers de Dorgan, je trouve ce défaut moins horrible. Peut-être aimeras-tu ce tome 5, alors...

C’est sûr que la confrontation finale est particulièrement expéditive. Mais j’ai beaucoup aimé l’univers entièrement neuf de ce tome. Je l’ai trouvé original et doté de très bonnes idées. De plus, j’ai adoré certaines scènes, et j’apprécie toujours autant le style de Gildas Sagot.
Répondre
#9
La découverte d'un monde varié et surprenant était l'une des choses que j'appréciais particulièrement dans le premier cycle de la série. C'est en partie pour ça que je n'aime pas énormément les deux premiers livres du second cycle, où j'ai trouvé l'élément découverte décevant, et que j'aime bien le troisième, où il ne l'est pas (je classerais le quatrième quelque part à mi-chemin).
Répondre




Utilisateur(s) parcourant ce sujet : 1 visiteur(s)