Rendez-vous au 1

Version complète : [Les Fils du Soleil 1] Les tambours de Shamanka (Voyageur Solitaire)
Vous consultez actuellement la version basse qualité d’un document. Voir la version complète avec le bon formatage.
Pages : 1 2 3 4
Après avoir failli paraître en août 2014, en octobre 2014, en août 2015, en décembre 2015 et le 29 février 2016, Les tambours de Shamanka est donc finalement disponible sur nos écrans.

J'ai déjà donné mon opinion sur cette longue attente ponctuée d'annonces démenties les unes après les autres et je ne vais pas y revenir. Disons simplement que je prédis un grand succès à VS s'il décide un jour de monter "En attendant Godot" au théâtre.


L'AVH fait 605 paragraphes (dont pas mal de quasi-doublons). En partie en raison de sa structure, la durée de l'aventure n'est pas aussi importante qu'on pourrait le penser.

La difficulté n'est pas mince : il m'a fallu sept tentatives pour atteindre l'une des fins victorieuses. Tous mes échecs sauf un ont été causés par des combats (lesquels ne sont pas aussi rares que l'introduction le suggère). Ce n'est pas une coïncidence si ma tentative victorieuse a été celle où j'avais 44 points de vie ! La difficulté de l'AVH varie énormément selon les scores que l'on a tiré au départ.


Passons au contenu. Les tambours de Shamanka se déroule dans une version fantastique de l'Afrique noire, ce qui a incontestablement le mérite de l'originalité. Dans un tel cadre, j'aurais trouvé encore plus original qu'on incarne un héros local et noir plutôt qu'un étranger blanc qui s'est égaré dans le coin, mais ne pinaillons pas.

L'aventure démarre alors que nous fuyons vers le sud pour échapper à quelques ennuis. D'une manière ou d'une autre, nous allons nous parvenir dans la cité de Méroé et lier connaissance avec son souverain, Olmec.

Il n'est pas exagéré de dire que notre relation avec Olmec est le véritable coeur de l'aventure. A partir du moment où on le rencontre (ce qui peut être plus ou moins rapide selon les choix que l'on fait au début de l'aventure), il est constamment au centre de l'histoire et on est rarement séparé de lui pendant bien longtemps.

Il ne fait pas de doute que c'est un personnage bien développé, avec une personnalité originale. Mais il est peut-être trop amplement développé. Il étouffe complètement les autres éléments de l'histoire et tant d'espace lui est consacré que la plupart des autres personnages n'ont pas l'occasion d'acquérir une réelle dimension. Les nobles de Méroé sont très sommairement décrits, Makeda l'est à peine plus, Zarallo est un ennemi juré fort peu mémorable, Danaé est une jolie fille complètement transparente et superflue, etc. Lalibela et Keshan sont un peu plus intéressants (si on les rencontre, ce qui n'est pas forcément le cas), mais ils ne peuvent en fin de compte jouer qu'un rôle secondaire. L'aventure nous lie avec Olmec et on ne peut pas simplement décider de l'abandonner en cours de route.

(A noter que cette relation entre Olmec et le héros est si émotionnelle que je me suis quelquefois demandé s'il n'y avait pas une possibilité qu'elle devienne ouvertement homosexuelle. Ca ne va pas jusque-là en fin de compte... mais il y a tout de même certains passages ambigus.)

Le déroulement de l'aventure peut prendre des formes assez différentes, mais il y a en fin de compte deux "branches" essentielles : soit on rencontre Lalibela et/ou Keshan dans la première partie de l'AVH et le scénario est dominé par la question de l'alliance qu'Olmec pourrait passer avec l'un d'eux, soit on ne les rencontre pas (ou on refuse de leur servir de messager) et le scénario est dominé par les intrigues internes de Méroé.

L'introduction ne ment pas en disant qu'il y a bien des itinéraires possibles. Le petit problème, c'est qu'on n'a pas nécessairement un grand contrôle sur l'itinéraire que l'on suit. Certaines décisions que l'on prend ont des conséquences à long terme qui n'étaient absolument pas prévisibles au moment où on les prend (par exemple, le simple choix de direction du départ influe beaucoup sur nos chances de rencontrer Lalibela ou Keshan, ce qui a un impact majeur sur le reste de l'aventure). Beaucoup de renvois en fin de paragraphe nous demandent simplement si on a fait telle action ou rencontré telle personne auparavant.

Plus agaçant encore, il y a énormément de renvois qui dépendent du résultat d'un test de caractéristiques. Rater un test n'a quelquefois pour effet que de nous faire perdre quelques PV, mais il arrive souvent que cela ait des conséquences majeures, voire que cela nous dirige vers un PFA. Il aurait été appréciable, dans les situations périlleuses, de pouvoir plus souvent faire des choix tactiques au lieu de se reposer uniquement sur un jet de dés pour voir si on se débrouille bien ou non.

De manière générale, j'ai donc trouvé qu'on n'avait pas suffisamment de prise sur les évènements. Une rare exception : lors de ma troisième tentative, après avoir rencontré Keshan, j'ai apprécié le fait qu'on me permette de le trahir au profit de Lalibela (ça m'a valu un PFA un peu plus tard, mais pour une fois, je ne pouvais pas dire que je ne l'avais pas mérité). Ca n'est cependant qu'une exception limitée, car le choix de nos alliances/trahisons avec ces deux-là ne joue pas dans le déroulement de l'histoire un rôle aussi important qu'on aurait pu le penser.

Le cadre n'est pas dénué d'intérêt, mais l'atmosphère d'intrigue et de décadence de Méroé aurait gagné à être davantage étoffée. Après l'arrivée dans la cité, il y a plusieurs paragraphes (pendant lesquels s'écoulent un certain nombre de jours) où sont mentionnés les difficultés que rencontre Olmec avec ses nobles, mais tout cela nous est dit plutôt que montré.

Il y a un certain nombre de fins, mais elles tombent en fin de compte toutes dans deux catégories : soit on reste à Méroé aux côtés d'Olmec, soit on quitte la ville (généralement en proie au chaos après la mort de son souverain).
Alors là, franchement... Un feedback dès le lendemain, je m'incline très bas. Un grand MERCI à toi Outremer !
Je m'empresse de te répondre :

Pour les annonces de parution répétées, j'assume pleinement et m'en excuse, je veux toujours aller trop vite et trop en faire...

Alors... 

Olmec : il est clairement le pivot central de l'histoire, surtout si l'on se retrouve à rester à Méroé, que ce soit au palais ou en habitant en ville. Tout tourne alors autour de ce géant cyclothymique, de ce colosse qui a la mentalité d'un gamin ou d'un adolescent révolté. Aux dépends des autres personnages ? Oui, je l'accepte et le reconnais.
Les passages ambigus sont voulus car je peux confier ce secret : Olmec est bel et bien homosexuel (dans une première version, cela nous était même confirmé par Yavin, prêtre de Gandam, mais j'ai supprimé ce passage pour justement rester ambigu). Mais soyons clairs : Olmec n'a aucun désir physique pour le héros que l'on incarne. C'est un gamin, mentalement parlant. Cela ne veut pas dire qu'il est idiot, mais il ne se pose pas de questions. Seul dans un entourage qu'il sait hostile et menaçant, il voit le héros qu'on incarne débarquer, il décide qu'il peut lui faire confiance, il en fait son ami et c'est tout, pour lui ça ne va pas plus loin. Olmec est encore un gamin immature et impulsif, perdu, il est entier dans ses affections comme dans ses colères ou ses haines, sans guère de nuances. Il a parfois des paroles ou des attitudes qui peuvent paraître ambigües, mais elles ne le sont pas pour lui. A côté de ça, il reste violent, colérique et impulsif, possessif. Olmec reste très manichéen, très simpliste dans sa façon d'être. Sans oublier le lourd secret qui entoure la mort de son frère et pèse sur lui...

Pas de prise sur les évènements ? C'est voulu. On est un fugitif, perdu dans un monde inconnu, on a donc aucune prise sur les évènements effectivement. C'est au jour le jour, on essaie de s'en sortir sans trop savoir où on met les pieds. C'est particulièrement ressenti si on s'installe à Méroé où l'on est suspect vis à vis de la population noire mais pas pour autant intégré à la Haute-Caste. J'ai voulu cette impression, on est pas du tout dans un cadre, une "quête" bien définie. On vit au jour le jour en ne sachant pas trop sur quel pied danser...
Pour infos, si tu as trahi Keshan au profit de Lalibela, tu peux également faire l'inverse. Ces choix ont alors une incidence importante à plusieurs reprises :
- La nuit veille du départ pour aller consulter l'Oracle.
- La consultation de l'Oracle en elle-même surtout.
- La rencontre avec Keshan si l'on prend le chemin avec le montagnard Vinshko (Lalibela apparaît alors tout autre...)
Et là, le fait d'avoir servi Keshan ou Lalibela, d'avoir trahi l'un (ou pas) au profit de l'autre amène certains changements. Dont le fait de pouvoir retrouver Zarallo (allié à Keshan) et le tuer.

Bien vu pour la structure avec les deux branches. Ces dernières se divisent néanmoins par la suite... Si l'on porte le message de Keshan ou Lalibela, il faut réussir à convaincre Olmec.
- Si ça marche, on part pour consulter l'Oracle et tout dépendra de qui on a choisi de servir, de qui on a trahi ou pas. Sans oublier la possible rencontre avec Vinshko qui change également la donne à ce passage.
- Si ça ne marche pas, on reste en ville et on est donc mêlé aux intrigues de Méroé avec soit le complot d'Alkemek, soit le terrible nuage de mouches et l'épidémie qui suit.
Pour le complot d'Alkemek, les fins sont très nombreuses, puisqu'on peut se réfugier au temple de Gandam seul, ou avec Danaé et Bélisa, fuir la ville avec les deux femmes ou fuir seul et c'est différent à chaque fois. Il y a également le fait d'habiter au palais ou en ville qui change certains passages, dont la possibilité de régler ses comptes avec Akemani. Si tu as rencontré Raskel le chasseur d'ivoire, tu peux également le retrouver plus tard, lors de la fuite de la ville après l'émeute.

Beaucoup de possibilités donc, de chemins et beaucoup de fins différentes.

Il semble que j'ai trop usé et abusé des compétences alors... Mea culpa. J'ai voulu faire original, je suis plus doué pour l'écriture que pour les règles hélas.
Pour la fréquence des combats, ça dépend vraiment des chemins choisis, certains sont plus "légers" dans ce domaine. Ce qui est sûr, c'est que les occasions de regagner des points de vie sont rares.

Voilà, j'espère avoir répondu à tes remarques et je te remercie encore de ta lecture et de ton retour !
(04/03/2016, 18:10)Voyageur Solitaire a écrit : [ -> ]Olmec est bel et bien homosexuel (dans une première version, cela nous était même confirmé par Yavin, prêtre de Gandam, mais j'ai supprimé ce passage pour justement rester ambigu). Mais soyons clairs : Olmec n'a aucun désir physique pour le héros que l'on incarne.

Bon, je suis rassuré de voir que je ne suis pas complètement mythomane !

Sans parler de désir physique, le comportement d'Olmec s'explique quelquefois mieux s'il éprouve pour le héros une affection un peu plus prononcée que la simple amitié.

Citation :Pour infos, si tu as trahi Keshan au profit de Lalibela, tu peux également faire l'inverse. Ces choix ont alors une incidence importante à plusieurs reprises :
- La nuit veille du départ pour aller consulter l'Oracle.
- La consultation de l'Oracle en elle-même surtout.
- La rencontre avec Keshan si l'on prend le chemin avec le montagnard Vinshko (Lalibela apparaît alors tout autre...)

Oui, je m'en suis rendu compte. Mais cette décision raisonnée de s'allier à l'un des deux (possiblement en trahissant l'autre) a en fin de compte bien moins d'impact sur la manière dont se déroule la dernière partie de l'aventure que le fait de rencontrer ou non Vinshko. Or le fait de rencontrer Vinshko dépend de deux choses : aller voir d'où vient un panache de fumée (une décision qu'on doit prendre sans beaucoup d'information) et réussir un test de Charisme (ce qui dépend uniquement des dés).

C'est ce que je voulais dire en parlant de ça. Il est bien sûr normal et réaliste que le hasard joue un rôle dans une aventure et que certaines actions du héros aient des conséquences qui n'étaient pas prévisibles, mais je pense que le joueur éprouve plus de satisfaction lorsque des évènements importants ont pour cause des décisions qu'il a faites en toute connaissance de cause.

- Comme je le mentionnais, je me suis fait mordre fatalement par un serpent parce que j'avais trahi Keshan. Cet échec m'a davantage satisfait (dans la mesure où un échec peut être satisfaisant) que mes diverses morts au combat parce qu'il était la conséquence directe d'un acte que j'avais accompli en ayant conscience des risques.

- Autre exemple : dans la dernière partie de l'aventure, alors que notre groupe est assiégé, il est question d'envoyer quelqu'un chercher des renforts à Méroé. On peut décider d'y aller nous-même ou envoyer quelqu'un d'autre. J'ai raisonné qu'il était plus sage que mon héros n'y aille pas lui-même parce qu'il ne connaissait guère le pays et ce raisonnement exact m'a évité un PFA (ce qui ne m'a pas empêché de me faire tuer peu après, à priori par Lalibela). Là encore, c'est satisfaisant parce que le joueur qui tombe dans le PFA paye son erreur de jugement.

Mais ce genre de décision est à mon avis trop rare dans l'aventure.


Citation :Pour la fréquence des combats, ça dépend vraiment des chemins choisis, certains sont plus "légers" dans ce domaine. Ce qui est sûr, c'est que les occasions de regagner des points de vie sont rares.!

Sans être rares, les combats ne sont pas en nombre excessifs. Mais je les trouve trop durs, d'autant qu'il y a effectivement peu d'occasions de regagner des points de vie.

Un exemple dans la branche "intrigue" : si on a convaincu Danaé de nous révéler pourquoi elle a été envoyée (ce qui dépend uniquement d'un test de Charisme qu'on ne peut pas éviter), une créature est envoyée un peu plus tard pour la tuer et on doit l'affronter. Elle tape aussi fort que nous (touchant avec un 5 et infligeant 3 points de dégats supplémentaires) et a 36 points de vie (on peut avoir plus mais ce n'est pas très probable). On ne peut pas fuir, pas faire de choix tactique qui nous permettrait de l'affaiblir, pas utiliser d'objet spécial pour nous aider. Remporter le combat dépend uniquement de notre chance aux dés. En imaginant qu'on ait le même nombre de points de vie, ça signifie donc qu'on a 50% de chance de se faire tuer à ce moment là. Deux de mes tentatives se sont achevées sous les griffes de cette sale bête-là.
Il semble que j'ai donc mal dosé les combats (domaine où je ne suis guère brillant...). Il est vrai que 36 points de vie pour le démon-hyène envoyé par le sorcier noir d'Alkemek, c'est beaucoup, 30 ou 27 aurait été suffisant...
Je vais attendre les autres retours pour voir et si ça se confirme, je baisserai certaines stats pour une prochaine version. A voir donc...

Pour les sentiments d'Olmec, c'est une sorte d'amitié possessive, assez exclusive je dirais. Il est seul, détesté, entouré de complots... Il croit trouver en la personne du héros un ami (sûrement parce que ce type vient de très loin, étranger aux intrigues de Méroé), quelqu'un à qui il peut se fier. Alors, il se l'approprie, un peu comme un gosse avec un jouet préféré, d'une manière plutôt possessive. Et dans le passage où il se croit trahi, sa colère est proportionnelle à cette affection. D'ailleurs, deux personnes nous mettent en garde contre lui dans l'aventure, Yavin et la danseuse Salomé.
@Voyageur Solitaire : j'ai rajouté une version pdf + liens cliquables sur littéraction Wink

juste un truc énorme :
"Vous pouvez donc obtenir de 8 à 48 points de vie."
Entre nous, je vois pas comment maîtriser une telle variance dans l'équilibrage de ton AVH pour qu'elle ne soit pas mortelle pour le 8 et ennuyeuse pour le 48 (à moins de créer des passages spécifiques dans l'arborescence)
(05/03/2016, 02:02)Caïthness a écrit : [ -> ]juste un truc énorme :
"Vous pouvez donc obtenir de 8 à 48 points de vie."
Entre nous, je vois pas comment maîtriser une telle variance dans l'équilibrage de ton AVH pour qu'elle ne soit pas mortelle pour le 8 et ennuyeuse pour le 48 (à moins de créer des passages spécifiques dans l'arborescence)

Avoir 3 jets pour déterminer les pV devrait nous mettre dans la moyenne supérieure sauf cas de malchance carabinée. Il faudrait calculer le résultat moyen mais je le verrais dans les 36.
S'il y a quelque chose à reprendre dans les mécanismes ce serait plutôt au niveau du combat mais je ne suis pas encore allé assez loin pour voir si ça crée de réels problèmes.
Nan mais je comprends toujours pas l'intérêt de concevoir des systèmes de création de personnages déficients...
J'ai repris le système de Quête du Graal que j'ai toujours apprécié. Le problème, c'est qu'il semble que j'ai eu la main lourde sur les combats selon le retour d'Outremer... Ou alors, j'aurais dû permettre de regagner des points de vie plus souvent...
A confirmer ou infirmer avec les prochains retours.
C'est surtout un problème d'équilibrage de ton aventure à mon avis...
Je viens de terminer cette avh (après avoir crée moi-même des liens cliquables, n'ayant pas encore la version rectifiée) qui par son titre me paraissait mystérieuse. L'avh n'ayant pas vu le jour en 2014 ni en 2015 faute de manque de temps, je me suis dit que Voyageur solitaire avait pris bien soin de la perfectionner. J'étais donc en droit de m'attendre à quelque chose de grand et de très travaillé. Mais au final, cette avh me laissera un souvenir mitigé.

En effet, l'histoire est très travaillée en nous proposant plusieurs fins. L'histoire est centrée sur notre relation avec Olmec, le roi. Le cadre et la tension qui règne dans le pays qui s’achèvera sur un véritable fiasco est originale. Comme Outremer, je trouvais que la relation avec Olmec empêchait les autres personnages d'être mis en avant. C'est à peine si je me souvenais de Makeda alors qu'elle a provoqué l'invasion de mouches.En gros, cette avh me fait penser au matou et le narcisse noir avec la relation du personnage avec Elinor. Ici, elle est ambigue mais elle m'a quand même moins convaincu. Lorsque l'on protège l'esclave et que l'on subit des coups parce que le souverain a bu m'a refroidi. Si j'avais été à la place du héros, je me serais enfui du palais ds l'instant d'aprés. Dans l'ensemble, bon point pour le scénario plutôt original.

Par contre pour la jouabilité, c'est une déception. Je suis mort dés le premier combat. Etant accoursé par un chien enragé qui fait des dégâts de +2, il a fini par me trucider (je n'avais que 12 points de vie). J'ai donc imaginé que l'on avait affaire à une jouabilité complètement déséquilibré. L'écart qu'il existe pour les points de vie (40) est démesuré et confirme mon impression. Je n'ai donc plus fait les combats. Mais en plus de ce problème, il existe des pfa suite à des points de vie perdus qui sanctionnent des échecs aux tests. En gros, l'aventure ne me parait jouable que si on a les stats au max, et encore, je n'en suis pas certain.

Enfin niveau cohérence, j'ai noté des problèmes.
D'une part, lorsque le héros discute avec le baladin (j'aurais dit un griot d'ailleurs), on apprend que nos poursuivants sont sur nos traces. Dans ce cas, pourquoi ne pas repartir dans notre patrie natale, nos poursuivants étant persuadé que l'on se dirigeait vers ces terres inconnues. personne n'aurait eu l'idée de le retrouver en revenant sur ses pas. Le héros agit contre toute attente en décidant de se rendre à la cité la plus proche dans un pays où les blancs sont moins nombreux et plus facilement identifiables. Rien que pour ce détail ,j'ai trouvé que l'histoire perdait toute sa crédibilité.
D'autre part, Olmec fait confiance au premier inconnu venu uniquement parce qu'il est blanc en lui confiant ses secrets et ses plans. Il n'a pas eu l'idée que l'on aurait pu servir d'espion ou autre chose de ce genre? Pourquoi n'a til pas fait confiance à des nobles restés fidèles et moins enclins à céder à leurs ambitions? les seigneurs Néroli et Mongo sont d'ailleurs des exemples sur lesquels Olmec aurait pu s'épauler.
Merci à toi Titipolo pour ce retour.

Bon, il est clair que j'ai bien merdé sur les combats et la difficulté générale, c'est décidément pas mon truc... Dans quelques temps, je reprendrai tout ça pour une nouvelle version plus équilibrée.
C'est ma faute aussi, j'accorde plus d'attention et de soins à l'histoire, l'univers et les personnages qu'aux règles, je suis plus dans le roman que l'AVH en fait.

Sinon...
La remarque sur la bagarre avec Olmec est judicieuse et j'avoue ne pas avoir pensé à cette possibilité de l'envoyer chier suite à cet évènement. On pourrait dire que le héros n'ose pas trop susciter sa colère, craignant peut-être une poursuite ou autre, Olmec pouvant être impulsif et colérique. Le héros que l'on incarne a déjà fui pendant des jours, poursuivi, il se pose enfin, il n'a peut-être pas forcément envie de recommencer... Il est dans un monde qu'il ne connaît pas, Zarallo est peut-être toujours à sa recherche, alors il préfère la sécurité momentanée qu'offre la protection d'Olmec, quitte à supporter ses colères ou son sale caractère... Explication un peu bancale, mais là, tu me prends de cours, je l'admets.

Pour le passage avec le Baladin, Méroé est quand-même un refuge plus proche. On est fatigué, poursuivi, sans monture, avec peu d'eau et de nourriture, j'imagine mal vouloir se retaper toute la traversée vers le nord alors qu'on a une ville proche où l'on pourra se réfugier, se fondre dans la foule, ne serait-ce que le temps de se reprendre, de souffler un moment. C'est du moins comme ça que je l'ai vu.

Pour Olmec, il fait confiance au héros pour certaines raisons.
C'est un blanc, mais qui ne fait pas partie des Anciens, c'est quelqu'un qui vient de loin alors que même les marchands des pays du nord ne viennent plus à Shamanka. Cela l'intrigue, pique sa curiosité, ce personnage a l'attrait de la nouveauté dans un monde fermé et isolé.
C'est un étranger, donc étranger justement aux intrigues de Méroé. Olmec sait qu'il n'a rien à attendre de son entourage, il est seul, isolé, sur la défensive. Et quelque part, c'est également le cas de ce personnage qui débarque sans prévenir. Olmec y a peut-être vu un "lien" entre eux, tous deux seuls et un peu perdus, se disant qu'ils pouvaient s'épauler ? N'oublions pas qu'Olmec est quelqu'un de simple, qui ne se pose pas trop de questions et d'assez entier. Il agit plus sur un coup de tête qu'autre chose et une fois que c'est fait, il ne revient pas sur ce qu'il a décidé (ou difficilement).
Enfin, pour Néroli et Mongo, Olmec ne les a peut-être pas "repérés"... Il est seul, taciturne, se méfie de tout le monde, sur la défensive. Il ne fait confiance à personne et du coup, passe peut-être à côté de certains qui lui sont pourtant fidèles, enfermé dans sa solitude et sa méfiance.

Merci encore pour ta lecture et ton retour !
Bon sur le point de la loyauté de ses sujets, c'est un détail, c'est vrai. Disons que quand on est souverain, la première règle à savoir est de se faire des alliés parmi les ses sujets sinon cela se termine par des complots incessants. Après, c'est peut être voulu de ta part. Tu as peut être souhaité qu'Olmec aie une personnalité qui ne luoi permette pas de régner normalement comme le ferait tout bon suzerain.

Pour la bagarre, je ne pensais pas l'envoyer paître juste aprés mais réaliser qu'il peut se montrer très violent et décider de prendre ses cliques et ses claques en se demandant si on ne s'est pas trompé de route en s'alliant avec lui finalement. C'est une fin que j'aurais proposé même (fin qui existe si on s'exile seul) qui s'achève sur des réflexions et une philosophie.

Autre point qui ne m'a pas paru trés logique (mais pas trés important non plus): la fille abandonnée que l'on prend sous notre aile. Pourquoi rester de marbre lorsqu'elle voit la servante qui devait l'escorter gisant au sol inconsciente. A ta place, j'aurais imaginé qu'elle criait, pleurait ou autre chose de ce genre et que le héros ému par se détresse pouvait la consoler, la rassurer et l'escorter pour l'amener en sécurité. Ici, ce n'est pas explicité. La fille le suit sans se méfier de lui, sans se poser de questions. Lorsque on part avec les réfugiés, étrangement, elle éclate en sanglots lorsque les femmes s’occupent d'elle alors qu'elles ont plus un esprit maternel et rassurant que les hommes. Or ici, c'est l'inverse, il faut que ce soit le héros qui se charge de cette tâche alors qu'elle ne le connait pas plus que les autres.


Un point que j'allais oublier, tu as par contre bien amené les conséquences de nos actions notamment les possibilités de trahisons qui nous font comprendre qu'il ne faut pas faire l'andouille. Par contre dans les règles du jeu, n'en parle pas car on se doute que cela va arriver et enlève de l’intérêt à l'histoire (si on rencontre les personnages concernés). Explique seulement que chaque action aura des conséquences.

Pour en revenir sur le début, le meilleur moyen de se fondre dans la foule, c'est parmi les blancs. Or dans la ville, il y en a très peu. Zarello avait plus de chances de repérer le héros que dans une cité normale, il y en a tellement que cela lui aurait brouillé les pistes. J'ai même cru qu'on allait le revoir dans cette cité tellement cela me paraissait évident. A la limite, change la réplique du baladin qui ne prétend avoir vu personne. Ainsi le héros s'imaginera en sécurité et décide d'aller faire du tourisme dans ce nouveau pays sans se douter que ses ennemis sont sur ses traces. Mais bon, si le héros était revenu sur ses pas, il n'y aurait pas eu d'avh   Mrgreen 

Bon à part le dernier problème que je te conseille de rectifier, ce sont des détails bien entendu et n'enlève pas l’intérêt à l'histoire.
Pour Olmec, j'ai essayé par petites touches, de montrer son caractère violent et impulsif, afin de créer le doute dont tu parles dans l'esprit du joueur. On a ainsi deux personnages, Yavin et Salomé, qui nous mettent en garde contre lui. Et cela culmine si l'on apprend le secret concernant son frère.
Mais je n'ai peut-être pas assez exploité cette option, c'est vrai. J'aurais peut-être dû proposer le choix à un moment, après cette bagarre justement : allez-vous continuer avec lui ou préférez-vous prendre vos cliques et vos claques ?

Pour la petite, je suis parti sur un état de choc, elle est presque tétanisée, elle ne comprend pas... Je trouvais ça plus marquant, plus dérangeant qu'une crise de pleurs ou des cris. A débattre.

Pour ce qui est des trahisons, c'est un jeu risqué, mais pas forcément fatal. Après, comme tu l'as souligné, il est logique qu'à un moment ou un autre, on en assume les conséquences...

Sinon, pour en revenir aux personnages, dans une première version, j'en avais développé deux :
- Salomé, dont on découvrait qu'elle est en fait la reine des amazones noires, venue espionner à Méroé en se faisant passer pour une danseuse et préparant un raid de ses guerrières sur la ville, prête à leur ouvrir les portes. On avait alors le choix entre s'allier à elle ou prévenir Olmec. Mais on arrivait à 650 paragraphes...
- Yavin, dont on apprenait que c'est Olmec qui est responsable de son infirmité, l'ayant violemment frappé un jour où le vieux prêtre l'accusait en public de la mort de son frère. Là aussi, on pouvait choisir de se retourner contre Olmec, mais là aussi, trop de paragraphes...
Les tambours de Shamanka est une aventure sur laquelle j'ai bien du mal à me faire un avis. Je crois comprendre ce qu'elle essaye d'accomplir, mais elle me laisse un goût d'inachevé.

Elle a pour sujet le parcours d'un exilé devenu mignon d'un roi d'un pays de fantasy inspiré de la Nubie (le terme mignon n'a pas forcément de connotation sexuelle, mais comporte tout de même une ambigüité qui est finalement assez à sa place ici).

Le seigneur qu'il sert, c'est Olmec. Olmec est un personnage compliqué. À sa décharge, il n'a pas hérité d'une civilisation facile. Ses ancêtres eux aussi venus de loin ont conquis la région par les armes des générations auparavant, et règnent depuis trop longtemps sur des ethnies locales auxquelles ils ne se sont pas vraiment mélangés. Autrement dit, Olmec est le roi blanc d'un peuple noir (et de quelques hommes-buffles qui traînent), membre d'une caste ultra-minoritaire et à la démographie négative, mais concentrant pourtant tous les pouvoirs.

Il n'aide cependant guère à apaiser la situation en étant un politicien exécrable, au sang bouillant, victime de terrifiantes pulsions d'ultra-violence.

Comme l'a dit Outremer, Olmec est clairement le point focal de l'histoire, qui tourne presque entièrement autour de lui et de sa relation avec le héros. Il étouffe totalement les autres personnages, et son omniprésence empêche de réellement explorer les aspects socio-politiques de la ville par un autre prisme que le sien (les discussions avec les autres personnages étant limitées en nombre et en durée).

Niveau ambiance, le cadre est assez intéressant, même si j'ai un peu regretté que les héros soient des européens blancs ou assimilables. Il y avait vraiment matière à explorer d'autres cultures, et c'est pour moi une occasion manquée.

La cité-état de Méroé, par son passé, m'a un peu fait penser à un avant-poste de Melniboné, mais les civilisations avancées décadentes renversées par des barbares, ce n'est pas ce qui manque dans la fantasy, ni même dans l'histoire fantasmée (Rome par exemple). Ses mythes (par exemple l'histoire racontée au 154) ont une consonance plutôt grecque, mais là encore, les légendes ont été plagiées en tous sens à travers tous les pays du monde.

La Méroé réelle était la capitale de la Nubie, pays que l'on pourrait qualifier de porte de l'Afrique pour les Égyptiens antiques, sous l'influence culturelle de leur puissant voisin du nord, mais issu d'une tradition profonde plus australe. Accessoirement, contrairement aux égyptiens, les nubiens étaient noirs, ce qui créaient déjà des différents stupides à l'époque.

Dans tous les cas, il n'est pas illogique que la Méroé de cette aventure ne soit finalement pas si éloignée des civilisations antiques bien connues en Europe, celles du bassin méditerranéen. Mais, là encore, j'y vois une occasion manquée de vraiment explorer les particularités de l'Afrique australe, ce que j'espérais fortement à la lecture de l'introduction. On reste finalement en terrain familier alors qu'il y avait matière à bien plus.

Pour Olmec, là encore, le mot d'ordre est « oui, mais ». Cette relation complexe, inégale (le roi et l'exilé), homosexuelle, aurait pu donner de grandes choses... Mais est brutalement interrompue par un final expédié, l'aventure n'étant finalement pas si longue que cela.

La faute en revient à une structure duale (en gros, il y a deux aventures parallèles, à la façon de L'Épée du samouraï) et à une multitude de paragraphes qui ne sont que des variantes d'autres existants, aux trois-quarts identiques, donnant l'air à l'aventure d'être plus grosse qu'elle ne l'est réellement, et faisant qu'elle est finalement bien plus dirigiste qu'elle n'en a l'air de prime abord.

Enfin, le gros point noir pour moi, c'est le système de jeu. Soyons clair, j'ai arrêté de jouer les combats dès que j'ai vu que le premier ennemi (un chien je crois) était strictement plus fort que moi (plus de points de vie, tape le premier, pas assez de différence sur la touche et les dégâts pour compenser). Le fait d'avoir des points de vie allant de 8 à 48, même avec des relances, brise toute possibilité d'équilibrage, et les faibles possibilités d'en regagner rendent deux combats d'affilé à peu près toujours mortels.

Les autres caractéristiques sont à la fois trop et trop peu utilisées. Trop peu, car avec quatre statistiques différentes pour une aventure finalement assez courte, chacune ne sera employée que de 0 à 2 fois. Trop, car elles décident souvent de notre destin au détriment de nos choix.

Dans l'absolu, ce système ne colle pas avec le scénario. Pour une aventure basée sur l'ambiance, le relationnel, voire le sentimental, la dernière chose qu'on a envie de faire est de mettre en pause la lecture pour lancer une flopée de dés pendant plusieurs minutes. Cela appelle un système simple, voire simpliste, qui ne brise pas le rythme, avec peu ou pas de hasard.

Bon, c'est un joli pavé que voilà, mais qui ne fait que répéter en boucle la même chose au final : plein de bonnes idées, mais qui ne vont pas assez loin. Un énorme potentiel, mais encore prisonnier de sa coquille.

À noter que je ne dis pas que l'aventure soit trop courte. Je pense au contraire qu'elle gagnerait à élaguer certains passages (comme la fuite du début) pour se concentrer sur ce qui fait réellement son originalité (la relation avec le roi). En fait, je n'arrive pas à me dépêtrer de l'idée que l'écriture a été contrainte, même inconsciemment, par les « obligations » des anciens Livres dont vous êtes le Héros : des dés, des combats, de l'action.

Des chaînes qui ne demandent qu'à être brisées.
Merci pour ce retour Skarn !

Bon, je crois qu'il est temps ici de l'avouer : Les tambours de Shamanka est en fait un roman au départ... Un roman qui me trottait dans la tête depuis longtemps et qui commence dans les dernières semaines du règne d'Ahamès, le frère et prédécesseur d'Olmec. Un roman dont le titre original est d'ailleurs L'homme venu de loin, le héros.
Mais voilà, trop d'idées, trop d'envies, trop de personnages qui se bousculaient dans ma tête... D'où la solution, au final, d'exploiter toutes ces idées en transposant l'histoire sous forme d'AVH, format qui permet de développer toutes ces options sans avoir à en choisir uniquement une. D'où ce côté "pièce rapportée" des combats et des dés. Voilà, voilà...

Bon, je ne reviens pas sur les combats, je me suis complètement viandé, je prépare une nouvelle version, bien plus équilibrée, même chose pour les compétences.

L'histoire souffre donc de certains retranchements que j'ai dû faire par rapport au roman, c'est évident, ce qui explique le côté inachevé qu'on peut ressentir. Certains personnages sont ainsi bien plus développés dans l'oeuvre originale dont Yavin et Salomé, mais aussi le jeune seigneur Néroli et Alkemek. J'ai voulu également laisser une grande liberté de choix au joueur, beaucoup de possibilités, ce qui me paraît plus réaliste (rien de pire que le tragique "irez-vous à droite ou à gauche ?"), ce qui explique les nombreux doublons et le nombre de paragraphes élevé.


C'est vrai que je me suis focalisé, dans la version AVH, sur Olmec. Je voulais introduire quelque chose de vraiment nouveau dans l'univers des AVH avec ce personnage complexe et j'ai dû forcer un peu la dose...
Le terme mignon me gêne un peu, je préfère celui de favori. Encore une fois, Olmec aime les hommes, mais sa relation avec le héros que l'on incarne n'a rien de sexuel, elle est uniquement sur le plan affectif. Olmec est certes ambigu parfois dans ses gestes ou ses paroles, mais c'est sa manière d'être. Pour moi, il est même asexuel, il cherche plutôt un ami, un soutien, un lien affectif, mais il le fait à sa manière, possessive et entière, sans nuances.

Pour le monde de Shamanka, je me suis majoritairement inspiré de l'Ethiopie en fait pour les lieux et bien sûr, de l'Afrique du Sud de l'Apartheid pour la situation politique à Méroé. Pour faire un parallèle avec notre monde, Méroé se situerait donc en Afrique Australe comme tu l'as judicieusement noté et les Anciens serait un peuple venu du bassin méditerranéen effectivement. Les seigneurs de Méroé sont blancs, mais les cheveux noirs et les yeux sombres en général, plus latins que nordiques. La blondeur lumineuse de l'esclave Danaé n'en attire que plus l'attention.

Voilà, voilà... Pour l'instant, j'hésite encore : persévérer dans le format AVH avec une nouvelle version profondément remaniée suivant vos retours, au niveau des règles comme de l'histoire, ou en rester là.
A suivre...
En tous cas, merci de ta lecture et de ton analyse !
Pages : 1 2 3 4